Colombie : information sur l’existence de services de santé mentale et leur accessibilité, particulièrement à Bogotá, à Cartagena et à Barranquilla; le traitement réservé par la société et les autorités aux personnes vivant avec une maladie mentale; la protection offerte par l’État, y compris les mécanismes d’aide et de plainte en cas de mauvais traitements (2024–juin 2026) [COL202606.EF]

Direction des recherches, Commission de l’immigration et du statut de réfugié du Canada

1. Aperçu

D’après l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS), une branche de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la population de la Colombie se chiffrait à 52 886 363 habitants en 2024 (Nations Unies 2024-10-02).

Selon les renseignements contenus dans un projet d’ordonnance présenté par le Secrétariat de la santé (Secretaría de Salud) du département de Bolívar en 2025, les facteurs qui ont une incidence sur la santé mentale des Colombiens sont notamment le conflit armé, les inégalités sociales et économiques, l’accès limité aux services de santé mentale (en particulier dans les zones rurales) ainsi que l’ostracisme et les barrières culturelles associées au recours à de l’aide en santé mentale (Bolívar 2025-09-01, 71).

Infobae, un site Internet argentin de nouvelles en langue espagnole (The Washington Post 2016-06-08), signale que, en octobre 2023, le ministère de la Santé et de la Protection sociale (Ministerio de Salud y Protección Social – MinSalud) de la Colombie et le Centre national de consultation (Centro Nacional de Consultoría – CNC) [1] ont mené conjointement une enquête sur la santé mentale auprès de 3 430 habitants du pays âgés d’au moins 18 ans (2023-10-11). D’après l’article, 6 répondants sur 10 ont affirmé que leur santé mentale était [traduction] « très bonne ou bonne », tandis que 30 % la jugeaient « assez bonne » et 10 %, « mauvaise ou très mauvaise » (Infobae 2023-10-11).

Le Département administratif national de statistique (Departamento Administrativo Nacional de Estadística – DANE) de la Colombie fournit les données suivantes concernant le taux de suicide par tranche de 100 000 habitants dans chaque région :

  2023 2024 2025 [2]
National 6,3 5,8 5,4
Bogotá 5,7 4,8 4,7
Cartagena 6,0 3,7 4,5
Barranquilla 3,8 3,1 3,3

(Colombie 2026-03, 14)

Le DANE souligne en outre que, en 2025, le suicide représentait 13,4 % de tous les décès de causes non naturelles chez les garçons et les filles adolescents et qu’il était la principale cause de décès chez les adolescentes (20,7 %) (Colombie 2026-03-20, 6). La même source ajoute que 5,8 % des décès de causes non naturelles chez les personnes âgées de 18 à 28 ans étaient dus à un suicide (Colombie 2026-03-20, 6).

2. Lois

Dans une communication écrite envoyée à la Direction des recherches, le Secrétariat de la santé du district de Bogotá (Secretaria Distrital de Salud de Bogotá) a signalé que, en Colombie, les soins de santé mentale sont une composante du droit fondamental à la santé et [traduction] « doivent s’articuler autour de la promotion, de la prévention, du diagnostic, du traitement, de la réadaptation et de l’inclusion sociale », comme le prescrivent la loi no 1616 de 2013 (Ley 1616 de 2013) et la politique nationale de santé mentale du pays (Bogotá 2026-06-10).

2.1. Loi no 1616 de 2013 et loi no 2460 de 2025 (Ley 2460 de 2025)

La loi no 1616 de 2013, qui a été modifiée par la loi no 2460 de 2025, comporte les dispositions suivantes :

[traduction]

ARTICLE 4. Garantie en matière de santé mentale (modifié par l’article 4 de la loi n° 2460 de 2025). L’État, au moyen du Système général de sécurité sociale en matière de santé, ainsi que les établissements d’enseignement publics et privés dans le cadre de leurs compétences, garantiront à la population colombienne, en accordant la priorité aux enfants, aux adolescents, aux jeunes, aux personnes en situation de handicap et aux personnes âgées, une éducation émotionnelle, la promotion de la santé mentale et la prévention des troubles mentaux, ainsi qu’une prise en charge globale et intégrée comprenant le diagnostic, le traitement et la réadaptation en matière de santé pour tous les troubles mentaux. […]

ARTICLE 5. Définitions.

[…]

3. Soins de santé mentale complets et intégrés. On entend par « soins de santé mentale complets » la combinaison du talent humain et des ressources pertinents et suffisants dans le domaine de la santé pour répondre aux besoins en matière de santé mentale des Colombiens, y compris la promotion et la prévention secondaire et tertiaire, le dépistage précoce, le traitement, la réadaptation et l’inclusion sociale.

« Soins intégrés » s’entend de la combinaison de divers niveaux de complexité, de complémentarité et de continuité des soins de santé mentale en fonction des besoins de santé individuels.

[…]

ARTICLE 6. Droits de la personne. En plus des droits énoncés dans la Déclaration de l’Association médicale mondiale de Lisbonne, la Convention relative aux droits des personnes handicapées et d’autres instruments internationaux, les droits de la personne en matière de santé mentale au titre de la Constitution et de la Loi générale sur la sécurité sociale en matière de santé (Ley General de Seguridad Social en Salud) comprennent les suivants :

1. le droit de recevoir des soins complets, intégrés et compatissants de la part d’un personnel et de services spécialisés en santé mentale;

2. le droit de recevoir en temps opportun de l’information claire, véridique et complète sur les circonstances se rapportant à son état de santé, au diagnostic, au traitement et au pronostic, y compris le but, la méthode, la durée probable et les bienfaits attendus du traitement, sur les risques et les effets secondaires, sur les faits et les causes de la détérioration de son état de santé, ainsi que sur les circonstances relatives à la sécurité sociale;

3. le droit de recevoir des soins et traitements spécialisés et interdisciplinaires s’appuyant sur les meilleures connaissances scientifiques à la lumière des percées scientifiques dans le domaine de la santé mentale;

4. le droit de subir les interventions qui comportent le moins de restrictions aux libertés individuelles conformément à la loi en vigueur;

5. le droit de suivre une psychothérapie dont la durée et le nombre de séances assurent un traitement dans la dignité qui produit des résultats sur les plans du changement, du mieux-être et de la qualité de vie;

6. le droit à une éducation psychologique individuelle et familiale concernant son trouble mental et les formes d’autotraitement;

7. le droit de recevoir des indemnités d’invalidité professionnelle, selon les modalités et conditions établies par le professionnel de la santé traitant, de manière à garantir le rétablissement;

8. Le droit d’exercer ses droits civils et, en cas d’incapacité d’exercer ses droits civils, que cette incapacité soit déterminée conformément aux dispositions de la législation en vigueur. (Modifié par l’article 6 de la loi n° 2460 de 2025)

[…]

9. Le droit de ne pas faire l’objet de discrimination ou de stigmatisation en raison de son statut de personne bénéficiant de soins de santé mentale. En outre, le droit de ne pas être soumis à des traitements cruels et inhumains. (Modifié par l’article 6 de la loi n° 2460 de 2025)

[…]

10. le droit de recevoir ou de refuser un soutien religieux ou spirituel, conformément à ses convictions;

11. le droit d’avoir accès au système d’éducation et au marché du travail, de maintenir ses liens avec ces derniers, et de ne pas se voir exclure en raison d’un trouble mental;

12. le droit de toujours recevoir les médicaments requis à des fins de traitement ou de diagnostic;

13. le droit d’exiger que le consentement éclairé soit envisagé avant le traitement;

14. le droit de ne pas subir d’essais cliniques ou de traitements expérimentaux sans consentement éclairé;

15. le droit à la confidentialité des renseignements relatifs aux soins et au respect de la vie privée d’autres patients;

16. le droit de retourner dans sa famille et dans sa communauté;

17. Le droit à une éducation en matière de santé mentale dès l’enfance, assurée par les établissements d’enseignement, visant à promouvoir des habitudes saines et des valeurs démocratiques au sein des familles, des communautés et des institutions, ainsi qu’à favoriser l’éducation émotionnelle, l’orientation, l’accompagnement et le suivi dans la gestion des émotions. (Ajouté par l’article 6 de la loi n° 2460 de 2025).

[…]

ARTICLE 8. Promotion. Le ministère de la Santé et de la Protection sociale mènera des activités de promotion de la santé mentale en vue d’agir positivement sur les facteurs liés à la santé mentale. Ces facteurs comprennent : l’inclusion sociale, l’élimination de la réprobation sociale et de la discrimination, le traitement approprié et la prévention de la violence, le harcèlement, l’intimidation à l’école, la prévention du suicide, la prévention de la consommation de substances psychoactives, la participation sociale, et la sécurité économique et alimentaire, entre autres.

[…]

ARTICLE 12. Réseau complet de prestation de services de santé mentale. Les organismes territoriaux et les sociétés de gestion de régimes d’avantages sociaux doivent mettre en place un réseau complet de prestation de services de santé mentale publics et privés, à l’intérieur d’un réseau général de services de soins de santé.

Ce réseau fournira des services dans le cadre de la stratégie des soins primaires sous la forme d’un modèle de soins complets qui comprend la prestation de services à tous les niveaux de complexité. Il garantit la prestation rapide, suffisante, constante et pertinente de soins de qualité en facilitant l’accès à des services de promotion de la santé mentale, de prévention, de dépistage précoce, de diagnostic, d’intervention, de traitement et de réadaptation.

Ce réseau interconnecté sera coordonné au moyen d’un système d’aiguillage qui garantit le renvoi efficace des cas au premier niveau de soins.

[…]

ARTICLE 13. Modalités des soins de santé mentale complets et intégrés. Le réseau complet de prestation de soins de santé mentale doit inclure les modalités et services de soins suivants, intégrés aux services généraux de soins de santé dans les établissements de soins de santé.

1. Soins en clinique externe

2. Soins à domicile

3. Soins préhospitaliers

4. Centre de traitement pour toxicomanes et services liés à la toxicomanie

5. Centre communautaire de santé mentale

6. Groupes de soutien des patients et des familles

7. Hôpital de jour pour adultes

8. Hôpital de jour pour les enfants et les adolescents

9. Réadaptation communautaire

10. Unités de santé mentale

11. Urgence psychiatrique

[…]

ARTICLE 24. Intégration scolaire. L’État, la famille et la communauté devraient favoriser l’intégration des enfants et des adolescents souffrant de troubles mentaux dans les écoles.

Les ministères de l’Éducation et de la Protection sociale ou les organismes qui agissent en leur nom doivent unir leurs forces, élaborer des stratégies qui favorisent l’intégration dans les classes régulières et cibler les facteurs qui peuvent avoir une incidence sur le rendement scolaire des enfants et des adolescents atteints de maladie mentale.

Les entités territoriales certifiées en éducation doivent adapter les moyens et conditions d’enseignement et préparer les enseignants à tenir compte des besoins individuels, en misant sur le soutien d’une équipe interdisciplinaire qualifiée dans un centre de soins de santé près de l’école.

ARTICLE 25. Services de santé mentale pour les enfants et les adolescents. Les organismes territoriaux et les sociétés gestionnaires de prestations doivent disposer de services complets en matière de santé mentale, comprenant des modalités de prise en charge particulières pour les enfants et les adolescents, garantissant une prise en charge opportune, suffisante, continue, pertinente et facilement accessible aux services de promotion, de prévention, de dépistage précoce, de diagnostic, d’intervention, de soins et de réadaptation psychosociale en santé mentale, conformément aux dispositions de la présente loi et de ses règlements d'application.

[…]

ARTICLE 38. Incapacité liée à la santé mentale. Les personnes atteintes de troubles mentaux qui, de façon provisoire ou permanente, sont incapables d’exercer leur profession ou leur métier habituel auront droit à des prestations d’invalidité suivant les conditions énoncées dans le règlement en vigueur visant les travailleurs salariés et autonomes (Colombie 2013, en italique dans l’original).

La loi no 2460 de 2025 prévoit ce qui suit :

[traduction]

ARTICLE 36. DISTRIBUTION DE MÉDICAMENTS. L’organisme de santé ou toute autre entité agissant en son nom doit garantir la continuité du traitement des personnes souffrant de troubles mentaux et de troubles du spectre neurologique. Ainsi, il ne peut à aucun moment suspendre la prescription ni la délivrance des médicaments destinés à la prise en charge de ces troubles, dans le cadre de la réadaptation. Cette disposition ne s’applique pas en cas de décision du patient ou du médecin traitant, après obtention du consentement éclairé du patient et/ou de son représentant légal, le cas échéant, dans le cadre de la réadaptation (Colombie 2025)

D’après un article d’El Universal, un quotidien de Cartagena en langue espagnole, la loi no 2460 vise à établir un [traduction] « modèle de prise en charge global qui prévoit non seulement le traitement clinique, mais aussi l’éducation émotionnelle, la prévention communautaire et la garantie d’un approvisionnement continu en médicaments pour les patients » (2025-07-10). La même source ajoute que la loi no 2460 s’attaque aux problèmes du [traduction] « nombre limité de rendez-vous en psychologie ou en psychiatrie, des délais d’attente qui peuvent excéder 2 mois et du manque de professionnels dans les [régions] difficiles d’accès » (El Universal 2025-07-10). Citant un psychologue qui travaille dans un centre médical, l’article ajoute que, selon la loi no 2460, [traduction] « les établissements de santé de première ligne sont tenus d’avoir du personnel formé pour prendre en charge les crises psychologiques, l’anxiété, la toxicomanie et d’autres troubles afin d’éviter que les cas s’aggravent parce que les patients sont orientés tardivement » (El Universal 2025-07-10).

On peut lire dans l’article d’El Universal que la loi no 2460 désigne les femmes, les enfants, [traduction] « les populations diverses », les victimes du conflit armé et les membres de groupes ethniques comme des « groupes vulnérables nécessitant une attention particulière » (2025-07-10).

Dans une communication écrite envoyée à la Direction des recherches, un chercheur en santé mondiale ayant mené des travaux universitaires sur la mise en œuvre de la politique de santé mentale en Colombie a expliqué que, bien que la loi no 2460 propose un [traduction] « modèle institutionnel "idéal" qui englobe une vaste gamme de services, […] une grande incertitude subsiste quant à sa mise en œuvre concrète et au caractère adéquat des infrastructures » (chercheur en santé mondiale 2026-06-08). Parmi les sources qu’elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n’a pas trouvé de renseignements additionnels ni de renseignements allant dans le même sens.

2.2. Loi no 2377 de 2024 (Ley 2377 de 2024)

La loi no 2377 de 2024, qui [traduction] « crée des bureaux communautaires de psychologie dans le cadre des programmes de psychologie » postsecondaires, prévoit ce qui suit :

ARTICLE 2. Définition. Le bureau communautaire de psychologie constituera un espace d’apprentissage pratique qui permettra aux étudiants d’un programme universitaire en psychologie de maîtriser les processus d’accompagnement et de counselling destinés aux personnes en situation de vulnérabilité qui ont besoin d’un soutien personnel sur le plan de la santé mentale.

Le processus d’accompagnement psychologique sera effectué dans un milieu contrôlé et supervisé par le personnel enseignant et administratif désigné par l’établissement d’enseignement supérieur respectif et autorisé à offrir le programme universitaire en psychologie; ce personnel accompagnera, guidera et autorisera toutes les interventions des étudiants dans le cadre de la pratique et dans le cadre des études et de la formation professionnelle.

Les services fournis par l’entremise des bureaux communautaires de psychologie seront gratuits; c’est pourquoi les étudiants et le personnel enseignant ne pourront en aucun cas recevoir une compensation pécuniaire de la part des patients.

[…]

ARTICLE 3. Principes. Le fonctionnement des bureaux communautaires de psychologie sera régi conformément aux principes généraux suivants :

[…]

• Intérêt général : les soins dispensés par les bureaux communautaires de psychologie visent à offrir des services de santé mentale aux personnes les plus défavorisées. Ces bureaux visent ainsi à pallier l’absence de services en psychologie offerts dans les services de soins de santé du pays et à réduire les problèmes de santé mentale.

• Gratuité : les bureaux communautaires de psychologie offrent des services gratuits aux bénéficiaires en raison de leurs conditions socioéconomiques.

• Accessibilité : les bureaux garantissent un accès sans discrimination pour les étudiants, le personnel enseignant et les patients à leurs installations, à des renseignements et aux plateformes utilisées pour offrir les services psychologiques. Les bureaux offrent aussi aux bénéficiaires de leurs services différentes plages horaires et des plateformes virtuelles de rendez-vous pour faciliter l’accès à des services d’accompagnement psychologique.

[…]

• Fonction sociale : les interventions des bureaux communautaires de psychologie visent à offrir des soins complets aux personnes qui n’ont pas les moyens financiers de retenir des services professionnels en psychologie ou, de manière générale, aux personnes ou aux groupes qui, en raison de circonstances particulières, se trouvent en situation de vulnérabilité ou sans défense. De plus, ces bureaux s’emploient à donner une formation à des professionnels compétents et éthiques qui pourront avoir une incidence positive sur leurs patients et la société.

ARTICLE 4. Objectifs des bureaux communautaires de psychologie

1. Renforcer la formation professionnelle des étudiants en psychologie au moyen d’expériences dans le cadre desquelles sont organisées les connaissances théoriques et pratiques, en offrant des services aux patients ayant besoin de soutien psychologique.

2. Faciliter l’accès aux services de santé mentale et aider les personnes en situation de vulnérabilité à obtenir des soins psychologiques opportuns et de qualité.

3. Générer une prise de conscience quant à l’incidence de la santé mentale dans la société et à la nécessité d’un soutien psychologique pour les enfants et les jeunes en développement, ainsi que pour les personnes à risque à la suite de violences ou de mauvais traitements.

4. Promouvoir les soins psychologiques offerts par les bureaux communautaires de psychologie pour combler les écarts du système de santé face à la demande élevée de services et à l’impossibilité d’obtenir des soins en temps opportun.

5. Garantir un soutien psychologique complet pour prévenir et traiter les troubles psychologiques au moyen de protocoles de diagnostic, d’interventions et d’enquêtes.

6. Encourager les soins psychologiques dans les milieux familiaux, scolaires et professionnels pour favoriser une meilleure connaissance de soi et une prise de conscience personnelle qui contribuent à créer des milieux sains pour le développement et à améliorer la vie personnelle et sociale.

[…]

ARTICLE 6. Bénéficiaires des services. Les bureaux communautaires de psychologie fourniront des services d’accompagnement psychologique, de préférence aux personnes en situation de vulnérabilité et à celles qui bénéficient d’une protection au titre de la constitution, comme les personnes qui ne disposent pas des moyens financiers pour retenir des services professionnels en psychologie ou obtenir des services en temps opportun par l’entremise des mécanismes offerts par le gouvernement. Le bureau devra faire l’évaluation préalable de la situation socioéconomique particulière du patient qui demande un soutien psychologique. Dans les cas où la prestation de soins au patient est jugée inappropriée, le bureau devra en informer le patient et justifier sa décision.

Paragraphe 1. Seront considérés comme patients bénéficiant d'une prise en charge prioritaire ceux qui satisfont aux conditions socioéconomiques mentionnées précédemment et qui ont des troubles psychologiques ou sont victimes de violence ou de toute forme de harcèlement.

[…] (Colombia 2024a).

Dans une entrevue avec le quotidien colombien El Espectador, la directrice générale de l’Association colombienne des facultés de psychologie (Asociación Colombiana de Facultades de Psicología) s’est dite préoccupée par l’incidence de la loi no 2377 sur l’autonomie universitaire, en raison du [traduction] « fardeau financier additionnel » que représentent les cliniques pour les établissements universitaires, et par les « possibles risques éthiques et professionnels » auxquels les étudiants qui travaillent dans les cliniques pourraient faire face (El Espectador 2024-06-24). Le même article cite une ancienne ministre de l’Éducation qui s’inquiète de la possibilité que les cliniques restreignent la capacité des établissements d’enseignement publics à concevoir et à structurer leurs propres programmes universitaires (El Espectador 2024-06-24). On peut également lire dans l’article que la directrice générale de l’Association colombienne des facultés de psychologie craint que l’objectif de la loi visant à soigner les victimes du conflit armé entraîne la [traduction] « revictimisation » de survivants susceptibles d’avoir des « problèmes psychologiques complexes et profonds » (El Espectador 2024-06-24).

3. Existence et accessibilité des services de santé mentale

3.1. Existence de services de santé mentale à l’échelle nationale

Le chercheur en santé mondiale a déclaré que les services de santé mentale offerts dans le pays sont [traduction] « largement concentrés dans les principaux centres urbains » (2026-06-08). Dans une communication écrite envoyée à la Direction des recherches, un chercheur indépendant en santé mentale, qui a publié des articles universitaires sur les soins de santé mentale en Colombie, a affirmé que la gamme de soins de santé mentale dispensés dans les [traduction] « grandes » villes, comme Bogotá, Cartagena et Barranquilla, est « beaucoup plus vaste » que dans les régions rurales, où les services en la matière sont « extrêmement restreints à tous les égards » (chercheur en santé mentale 2026-06-08). Dans un rapport d’octobre 2025 sur les politiques de la Colombie en matière de santé mentale, le Bureau de l'inspecteur général de la Colombie (Procuraduría General de la Nación) signale que 68,9 % de l’ensemble des services de santé mentale offerts au pays le sont à Bogotá et dans les départements d’Antioquia, de Valle del Cauca et d’Atlántico (Colombie 2025-09-22, 143).

Selon le Bureau de l'inspecteur général, les programmes universitaires et les professionnels en santé mentale sont concentrés dans les grandes villes, comme Bogotá, Medellín, Cali et Barranquilla, tandis que, dans [traduction] « les régions intermédiaires, rurales et périphériques », l’accès à des professionnels qualifiés en santé mentale est « limité » (Colombie 2025-09-22, 142). Le rapport souligne en outre que l’accès aux soins représente un [traduction] « défi majeur », car il y a toujours de « grandes disparités » en matière d’accès à des services de santé mentale de qualité, en particulier dans les régions rurales et celles qui sont touchées par le crime ou le conflit armé (Colombie 2025-09-22, 143).

D’après le chercheur en santé mondiale, il y a [traduction] « une pénurie persistante de professionnels en santé mentale qualifiés, capables de répondre aux besoins complexes du pays en matière de santé mentale, en particulier ceux des victimes du […] conflit armé » (2026-06-08).

Le chercheur en santé mentale a fait observer que le manque de formation spécialisée à l’intention des professionnels de la santé en première ligne nuit aux patients atteints de problèmes de santé mentale complexes, comme la schizophrénie, le trouble bipolaire ou le trouble de la personnalité limite, ces derniers pouvant être [traduction] « traumatis[és] de nouveau » ou se voir « administr[er] des sédatifs » sans faire l’objet d’une « prise en charge thérapeutique globale » (2026-06-08). Selon l’article d’Infobae consacré à l’enquête menée en 2023 par le MinSalud et le CNC, 70,9 % des répondants (à Bogotá, ce chiffre atteint 77 %) ont affirmé que leurs professionnels de la santé ne leur posaient [traduction] « pratiquement jamais » de questions sur leur santé mentale lors de leurs consultations médicales (2023-10-11).

Le même article d’Infobae ajoute que 34,6 % des répondants estimaient que les services de santé mentale étaient [traduction] « mauvais ou très mauvais », tandis que 40,6 % des répondants les décrivaient comme « assez bons » et 24,8 %, comme « bons ou très bons » (2023-10-11). L’article d’El Universal fait observer que, selon des données compilées par l’Observatoire national de la santé mentale (Observatorio Nacional de Salud Mental) de la Colombie, [traduction] « plus de » 66 % des Colombiens présentent des symptômes d’anxiété ou de dépression, mais « seule une minorité d’entre eux reçoit des soins adéquats » (2025-07-10).

Dans un article publié par Re:solve Global Health [3], Laura Ospina-Pinillos – professeure adjointe à l’Université pontificale Javeriana en Colombie et psychiatre pour enfants et adolescents – affirme que le système de santé mentale destiné aux jeunes en Colombie est [traduction] « fragmenté et manque de ressources » (Ospina-Pinillos 2025-09-02). Laura Ospina-Pinillos ajoute que le milieu de la santé mentale en Colombie utilise [traduction] « peu » d’outils technologiques et que le pays fait preuve de « lenteur » dans leur mise en œuvre, ce qui a pour effet « [d']exclure une grande partie de la population » et de créer un « fossé numérique en matière de santé mentale » (2025-09-02). D’après un article de Portafolio, un site Internet de nouvelles colombien axé sur les enjeux économiques appartenant à l’entreprise propriétaire du journal El Tiempo, les stratégies de télésanté dans le domaine de la santé mentale connaissent des [traduction] « problèmes opérationnels »; en mars 2025, la ligne nationale d’assistance en santé mentale avait été fonctionnelle durant 16 des 40 mois depuis sa création en 2020 (Portafolio 2025-03-19). La même source ajoute que, si [traduction] « certaines » villes, comme Bogotá et Antioquia, ont augmenté les budgets qu’elles consacrent aux soins de santé mentale depuis la pandémie de COVID-19, des problèmes structurels persistent, notamment un « manque de personnel qualifié et [de] coordination entre les organismes » (Portafolio 2025-03-19).

Le chercheur en santé mentale a fait remarquer que les citoyens colombiens ont accès à 3 types de couverture médicale, selon leur situation :

  • Services prépayés : [traduction] « les soins de santé prépayés ou la consultation d’un psychologue en cabinet privé offrent un accès très rapide, mais excessivement coûteux »; cette option « demeure inaccessible au grand public »;
  • Services privés ou « soins de santé cofinancés par l’employeur » : « ces services sont abordables et subventionnés en partie par le gouvernement », ce qui favorise l’accès initial des salariés du secteur formel, bien que ceux-ci « se heurtent à d’importants obstacles opérationnels » qui entraînent des délais d’attente de 3 à 4 mois pour obtenir un premier rendez-vous et des délais d’attente similaires pour les rendez-vous suivants;
  • Services publics [Sisbén] : il s’agit de soins entièrement pris en charge par l’État auxquels ont droit les travailleurs du secteur informel, mais qui se caractérisent par un « accès très limité aux professionnels, aux établissements » et aux rendez-vous (2026-06-08).

En ce qui concerne les services de santé mentale privés cofinancés auxquels les travailleurs du secteur formel ont accès, la même source a ajouté que ce système a un [traduction] « défaut majeur », à savoir que les rendez-vous de suivi sont « souvent » attribués à d’autres professionnels, ce qui « rompt la continuité et compromet » la stabilité « essentielle » à la relation « entre le clinicien et le patient » (chercheur en santé mentale 2026-06-08).

Les renseignements sur l’accessibilité des services de santé mentale contenus dans le paragraphe suivant ont été fournis en 2024 par le ministère de la Santé et de la Protection sociale dans la politique nationale de santé mentale pour 2024-2033 (Política Nacional de Salud Mental 2024-2033) de la Colombie :

En 2024, 208 [traduction] « établissements nationaux » offraient des « services de santé mentale à des adultes hospitalisés », selon le Registre spécial des prestataires de services de santé (Registro Especial de Prestadores de Servicios de Salud – REPS). Au total, 8 286 lits étaient destinés aux soins de santé mentale en milieu hospitalier, soit 6 240 (75 %) dans le système privé et 2 046 (25 %) dans le système public (ce dernier étant géré par des « entreprises publiques à vocation sociale »). En moyenne, la Colombie compte 15,8 lits d’hospitalisation en santé mentale par tranche de 100 000 habitants. Ce chiffre est « légèrement supérieur à la moyenne dans les Amériques » (13,58 lits par tranche de 100 000 habitants, selon un rapport de l’OPS publié en 2023) (Colombie 2024b, 46).

Selon les données compilées par le REPS citées dans la politique nationale de santé mentale, la Colombie avait un ratio de 4,3 psychologues par tranche de 100 000 habitants en mars 2024 (Colombie 2024b, 47). En 2025, des sources signalaient qu’il y avait 2 psychiatres pour 100 000 habitants (Colombie 2025-09-22, 143) ou 2,5 pour 100 000 habitants (Portafolio 2025-03-19). Le Bureau de l'inspecteur général fait remarquer que la Colombie compte un cinquième du nombre de psychiatres par personne que l’OMS recommande, ce qui est tout de même plus que la moyenne en Amérique latine (Colombie 2025-09-22, 143).

Citant des associations de professionnels de la santé mentale, le Bureau de l'inspecteur général précise que 84 % des services de santé mentale sont offerts par des prestataires privés (Colombie 2025-09-22, 143). On peut lire dans l’article de Portafolio que l’investissement public en santé mentale en Colombie est [traduction] « remarquablement faible », de sorte qu’il y a une « pénurie de lits spécialisés dans les hôpitaux » et que l’accès aux psychiatres est « limité » (2025-03-19).

3.2. Accessibilité des services de santé mentale à l’échelle nationale

Le chercheur en santé mentale, faisant référence à une analyse universitaire publiée à ce sujet, dénombre 5 obstacles majeurs à l’accès aux soins de santé mentale en Colombie :

  • [traduction] « [L’]aspect social », notamment la réprobation, la discrimination et l’absence de réseaux de soutien communautaires;
  • « [L’]aspect familial », c’est-à-dire que le manque d’information ou l’insuffisance des ressources exacerbe « l’accablant fardeau économique et affectif » que la maladie mentale peut « imposer » à la famille élargie;
  • « [L’]aspect personnel », à savoir que « des barrières psychologiques, une méconnaissance de son propre état de santé » ou des contraintes financières entraînent une « résistance à demander de l’aide »;
  • « [L’]aspect institutionnel », soit les « lacunes opérationnelles » des prestataires de soins de santé, la « pénurie » de rendez-vous disponibles et le « fort roulement du personnel », qui se traduisent par une « infrastructure de soins de santé [qui] est complètement débordée et extrêmement bureaucratisée »;
  • « [L’]aspect gouvernemental », c’est-à-dire les « défaillances structurelles dans la mise en œuvre des politiques publiques et l’enveloppe budgétaire insuffisante », qui nuisent à la qualité des services cliniques (2026-06-08).

Selon la politique nationale de santé mentale, le Superintendant national de la santé (Superintendencia Nacional de Salud) de la Colombie [4] a reçu [traduction] « plus de 50 000 pétitions, griefs, réclamations et plaintes » concernant les soins de santé mentale en 2023, « la plupart » contre des agences de promotion de la santé (entidades promotora de salud – EPS) [5] (Colombie 2024b, 49). La même source ajoute que les plaintes de patients faisaient état de refus d’accès aux rendez-vous ou aux consultations et de délais pour obtenir des rendez-vous ou des médicaments (Colombie 2024b, 49).

On peut lire dans la politique nationale de santé mentale que, à la fin de 2023 et tout au long de 2024, il y a eu des pénuries de médicaments utilisés en santé mentale dans le contexte d’une pénurie généralisée de médicaments (Colombie 2024b, 50). Un article d’avril 2026 du journal El Colombiano, citant l’Association colombienne de psychiatrie (Asociación Colombiana de Psiquiatría), signale que le pays fait face à une pénurie de médicaments prescrits en psychiatrie, y compris des antidépresseurs, des anxiolytiques, des antipsychotiques et des médicaments utilisés pour traiter le trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (El Colombiano 2026-04-06). En outre, il est dit dans l’article que la pénurie de médicaments est attribuable à divers facteurs, notamment des problèmes d’importation de matières premières, les dettes des EPS à l’égard de leurs fournisseurs et des retards dans les processus réglementaires (El Colombiano 2026-04-06).

Le chercheur en santé mondiale a affirmé que [traduction] « [l]es obstacles administratifs au sein du système de santé, en particulier » le fait que le système « met l’accent sur la rentabilité financière des compagnies d’assurance, […] sapent souvent le droit aux soins de santé reconnu par la loi » (2026-06-08). Selon la même source, la Colombie a par conséquent connu [traduction] « un grand nombre d’actions en justice, appelées tutelas [6], auxquelles les personnes ont recours pour garantir leur accès aux traitements dont elles ont besoin » (chercheur en santé mondiale 2026-06-08). Une professeure adjointe à l’Université nationale de Colombie, qui se spécialise dans la psychologie de la santé et mène des recherches sur la mise en œuvre d’interventions psychosociales et de politiques de santé publique, a déclaré dans une communication écrite envoyée à la Direction des recherches que la qualité des services de santé offerts par le système colombien [traduction] « laisse à désirer », « en particulier en ce qui concerne la rapidité d’accès » (professeure adjointe 2026-06-09). La même source a ajouté que l’accès à [traduction] « la plupart » des services tarde, et que le problème est « particulièrement marqué » dans le domaine de la santé mentale (professeure adjointe 2026-06-09).

Le chercheur en santé mondiale a souligné que les obstacles liés à la géographie et aux déplacements ont [traduction] « une incidence considérable » sur l’accès aux soins de santé mentale, en particulier pour les personnes âgées et celles qui vivent dans les régions rurales (2026-06-08). Le chercheur en santé mentale a déclaré que les régions rurales ou les petites villes des régions périphériques de Cartagena et de Barranquilla font face à [traduction] « [d’]importants » obstacles géographiques en matière d’accès aux soins de santé mentale, étant donné qu’il peut falloir jusqu’à 5 heures pour atteindre les établissements de soins de santé mentale les plus proches (2026-06-08). Le chercheur en santé mondiale a affirmé que, bien que la télémédecine puisse atténuer certains obstacles géographiques, son [traduction] « efficacité est limitée parce que les patients n’ont pas accès à la technologie et que leurs compétences numériques sont insuffisantes » (2026-06-08).

3.3. Existence et accessibilité des services de santé mentale à Bogotá

Le chercheur en santé mondiale a déclaré que [traduction] « près de » 52 % des professionnels colombiens de la santé mentale se trouvent à Bogotá (2026-06-08).

Le Secrétariat de la santé du district de Bogotá a souligné, en citant les REPS, que des fournisseurs de soins de santé mentale sont accessibles à Bogotá, notamment pour [traduction] « les consultations spécialisées externes, la psychologie, la psychiatrie, les hospitalisations en santé mentale, les hospitalisations partielles et les services associés au traitement des troubles mentaux, à la toxicomanie et à d’autres maladies connexes » (Bogotá 2026-06-10). La même source a ajouté que, dans les faits, l’accès individuel des habitants de Bogotá dépend de facteurs tels que la compagnie d’assurance et l’état de santé de la personne, ainsi que les contraintes opérationnelles des cliniques (nombre de lits, personnel, heures d’ouverture, etc.) (Bogotá 2026-06-10).

Les renseignements contenus dans le reste de la présente section sont tirés d’une étude sur les soins de santé mentale conçue conjointement par le Secrétariat de la santé du district de Bogotá et l’OPS, et menée par le Secrétariat de la santé du district en collaboration avec l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC). Dans le cadre de l’étude, un sondage a été rempli par 15 151 résidents de Bogotá âgés de 7 ans à [traduction] « 60 ans ou plus ».

Au total, 13,66 % des répondants ont affirmé avoir obtenu une aide professionnelle pour un problème de santé mentale à un certain moment de leur vie. Parmi eux, 55,21 % avaient reçu des soins dans les 12 mois précédents : 31,42 % avaient été vus de 1 à 2 fois, 14,46 % avaient consulté de 3 à 5 fois et 11,29 % avaient été traités 6 fois ou plus.

Dans chaque groupe d’âge, le pourcentage suivant de personnes a déclaré avoir déjà obtenu des soins de santé mentale :

  • Adolescents (de 12 à 17 ans) : 14,84 %;
  • Jeunes adultes (de 18 à 28 ans) : 19,08 %;
  • Adultes (de 29 à 59 ans) : 12,99 %;
  • Personnes âgées (60 ans ou plus) : 8,48 %.

Dans chaque strate socioéconomique de Bogotá [7], le pourcentage suivant de personnes a déclaré avoir déjà accédé à des soins de santé mentale :

  • Strate 1 : 8,85 %;
  • Strate 2 : 11,95 %;
  • Strate 3 : 15,92 %;
  • Strates 4 à 6 : 25,62 %;
  • Régions rurales : 3,01 %.

Les localités de Teusaquillo (25,26 %), Antonio Nariño (20,99 %) et Barrios Unidos (20,94 %) comptaient la plus grande proportion de personnes ayant eu recours à des soins de santé mentale au cours de leur vie, tandis qu’Usme (9,82 %), Sumapaz (9,57 %) et San Cristóbal (9,18 %) avaient la plus basse proportion.

Au total, 41,38 % des répondants ont dit qu’il avait été difficile d’obtenir leur dernier rendez-vous. Les principales difficultés rencontrées étaient les longs délais d’attente (65,35 % des répondants), les [traduction] « délais excessifs » pour obtenir une autorisation de la part de leur compagnie d’assurance (26,97 % des répondants) et les nombreux appels téléphoniques nécessaires (20,78 % des répondants).

En ce qui concerne les temps d’attente, les répondants ont fait les remarques suivantes :

  • Quelque 32,16 % des hommes ont pu être vus dans un délai de 1 à 5 jours, tandis que 22,8 % des femmes ont été vues dans ce délai. Aucun des répondants « intersexués » [8] n’a signalé avoir été vu dans un délai de 5 jours et la plupart (67,28 %) ont déclaré avoir attendu de 2 à 3 mois pour obtenir un rendez-vous.
  • Les répondants des localités de Chapinero (44,87 %), de Rafael Uribe Uribe (41,28 %), de La Candelaria (39,82 %), de Los Mártires (39,07 %), de Suba (36 %) et de Teusaquillo (35,26 %) étaient les plus susceptibles d’affirmer qu’ils avaient été vus dans un délai de 5 jours.
  • Plus de la moitié des répondants (52,9 %) ont affirmé avoir obtenu un rendez-vous 2 mois ou plus après en avoir fait la demande. C’était surtout le cas des répondants des localités de Bosa (60,88 %), d’Usme (52,4 %) et de Tunjuelito (45,36 %).

Parmi les répondants vivant dans des régions rurales de Bogotá, 41,33 % ont déclaré qu’on leur avait refusé l’accès à « certains » services de santé mentale pour des raisons inconnues; 16,74 % des répondants urbains ont affirmé la même chose. Les répondants étaient plus susceptibles de signaler un tel refus de service dans les localités de Ciudad Bolívar (33,52 %), de Rafael Uribe Uribe (32,83 %) et de Sumapaz (27,55 %).

Les répondants ont signalé ce qui suit concernant la qualité des services de santé mentale :

  • 64,08 % des répondants ont affirmé que la durée de leur consultation avec le prestataire était « "adéquate ou suffisante" ».
  • 58,19 % ont qualifié le service de « "bon ou très bon" », 23,72 % « "d'assez bon" » et 18,09 % de « "mauvais ou très mauvais" ».
  • Quelque 60,74 % des hommes, 56,28 % des femmes et 46,69 % des personnes intersexuées ont estimé que le service reçu était « bon ou très bon », tandis que 17,4 % des hommes, 18,49 % des femmes et 36,02 % des répondants intersexués ont estimé que le service était « mauvais ou très mauvais ».
  • Les habitants de Chapinero (88,18 %), d’Usme (70,88 %) et d’Engativá (69,98 %) étaient les plus susceptibles de qualifier les services de « très bons ou bons ». Les habitants de Tunjuelito (39,19 %), de Puente Aranda (29,66 %) et de San Cristóbal (29,24 %) étaient les plus susceptibles de qualifier les services de [traduction] « mauvais ou très mauvais ».
  • Les localités où les répondants signalaient le plus souvent avoir été victimes de « discrimin[ation] » en santé mentale en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre étaient Barrios Unidos (27,5 %) et Rafael Uribe Uribe (22,94 %), tandis que cette situation était le moins souvent signalée à Ciudad Bolívar (1,64 %) et Bosa (0,33 %) (Bogotá & Nations-Unies 2023-12, 28, 44, 235, 57, 236, 237, 245, 249, 252, 253, 257, 251, 252, 259, 247).

3.4. Existence et accessibilité des services de santé mentale à Cartagena et à Barranquilla

Selon le chercheur en santé mondiale, bien que les données soient souvent peu détaillées pour Cartagena et Barranquilla, ces 2 villes doivent être [traduction] « considérées comme faisant partie du cadre urbain où est concentrée la majorité des services, par opposition aux régions rurales où les services de base, comme les médecins généralistes ou les laboratoires, peuvent être inexistants » (2026-06-08).

Interrogés en 2024 et cités dans le projet d’ordonnance présenté en 2025 par le Secrétariat de la santé de Bolívar, les résidents de Dique et de Norte, des sous-régions de Bolívar [qui comprennent Cartagena], ont déclaré ce qui suit :

  • [traduction] « Il n’y a pas de psychologue ici […] et personne ne nous écoute »;
  • « [Nous n’avons] pas le temps ni les ressources pour demander de l’aide »;
  • « Nous nous sentons seuls, sans personne à qui parler de nos problèmes » (Bolívar 2025-09-01, 77, 114).

On peut lire dans un article d’El Universal que, lors de consultations publiques visant l’élaboration d’une politique de santé mentale à Cartagena, [traduction] « [l’]augmentation des troubles mentaux, des comportements suicidaires et d’autres problèmes de santé mentale » a été désignée comme la « principale » difficulté de la ville liée à la santé mentale (2025-11-11). L’article précise en outre que ce problème est [traduction] « exacerbé » en partie par un manque de services de santé mentale (El Universal 2025-11-11). D’après El Universal, les priorités stratégiques de la politique concernant les soins et les traitements de santé mentale sont les suivantes :

[traduction]

  • l’accès équitable aux services,
  • l’intégration de la santé mentale dans les soins de première ligne,
  • la mise sur pied de services communautaires visant à remplacer progressivement l’hospitalisation prolongée,
  • le soutien et la réadaptation sur le plan psychosocial (2025-11-11).

4. Traitement réservé par la société

D’après le chercheur en santé mondiale,

[traduction]

[l]es personnes vivant avec une maladie mentale font l’objet d’une réprobation et d’une discrimination importantes au sein de la société colombienne en raison de perceptions sociales et d’idées fausses profondément ancrées. [Elles] sont souvent considérées comme indésirables ou jugées à la lumière de stéréotypes, notamment de croyances selon lesquelles les troubles mentaux sont d’origine spirituelle et découlent par exemple d’une punition divine ou de mauvais esprits, ou sont le reflet d’un manque de caractère (chercheur en santé mondiale 2026-06-08).

La professeure adjointe a déclaré que la condamnation sociale [traduction] « demeure un des obstacles les plus persistants et les plus profondément ancrés dans le domaine de la santé mentale en Colombie », et que les personnes qui vivent avec une maladie mentale sont exposées à un « fort rejet social, à l’étiquetage et à l’exclusion » de la part de leur famille, de la collectivité et des institutions (2026-06-09). Le chercheur en santé mentale a souligné que le traitement que réserve la société aux personnes qui vivent avec une maladie mentale en Colombie se caractérise par [traduction] « la réprobation, l’ignorance et l’exclusion structurelle » (2026-06-08). La même source a ajouté que, dans les contextes urbains de Bogotá, de Cartagena et de Barranquilla, le diagnostic d’un patient [traduction] « a une incidence directe […] sur son inclusion dans la société, ses droits fondamentaux s’en retrouvant drastiquement limités » (chercheur en santé mentale 2026-06-08).

Le chercheur en santé mondiale a signalé que, en Colombie, la [traduction] « perception générale » veut que les personnes vivant avec une maladie mentale soient « dangereuses [ou] incompétentes », ou « appartiennent à une catégorie sociale inférieure » (2026-06-08). D’après la professeure adjointe, les médias colombiens contribuent à [traduction] « établir un lien entre la maladie mentale, d’une part, et la dangerosité et le crime, d’autre part », ce qui « renforce les préjugés de la société » (2026-06-09).

Le chercheur en santé mentale a fait l’observation suivante :

[traduction]

un trouble mental sévère (comme la schizophrénie, le trouble affectif bipolaire ou le trouble de la personnalité limite) limite l’inclusion au sein de la société à un niveau minimal, voire nul. Les personnes concernées se heurtent à d’importants obstacles pour accéder au système éducatif, poursuivre leur parcours scolaire, obtenir un emploi formel ou trouver un logement décent (2026-06-08).

Selon la même source, le fait que la société perçoit les personnes vivant avec une maladie mentale comme [traduction] « "dangereuses" » ou « "totalement invalides" » peut nuire gravement aux relations qu’entretiennent ces personnes avec les autres (chercheur en santé mentale 2026-06-08).

Le chercheur en santé mondiale a souligné que, comme les familles, les communautés et les médias renforcent le sentiment de honte associée à la maladie mentale, les personnes qui vivent avec une maladie mentale [traduction] « dissimulent fréquemment leurs symptômes, évitent de se faire soigner par des professionnels et font abstraction de leur diagnostic, ce qui finit par entraîner une aggravation de leurs problèmes de santé mentale » (2026-06-08). La professeure adjointe a abondé dans le même sens, précisant qu’il a été démontré que la réprobation et la discrimination découragent les personnes qui vivent avec une maladie mentale de chercher de l’aide et accroissent leur [traduction] « isolement » (2026-06-09).

Selon l’article d’Infobae sur l’enquête de 2023 du MinSalud et du CNC, le MinSalud estime que les résultats du sondage montrent [traduction] « une réduction de la réprobation liée aux problèmes de santé mentale et au fait de demander l’aide d’un professionnel » (2023-10-11). Infobae ajoute toutefois que les personnes dont les problèmes de santé mentale sont connus ou visibles subissent encore [traduction] « l’opprobre »; 22,3 % des répondants au sondage ont déclaré avoir peur de telles personnes (2023-10-11).

Le Secrétariat de la santé du district de Bogotá a fait observer que, si la ville commence à faire [traduction] « des progrès sur le plan de l’empathie », l’instauration d’une « culture pleinement inclusive, respectueuse et exempte de préjugés » reste un « défi » (Bogotá 2026-06-10).

5. Traitement réservé par les autorités

Selon la professeure adjointe, bien que la relation entre les personnes vivant avec une maladie mentale et l’État colombien soit [traduction] « officiellement régie par un cadre juridique fondé sur des droits », « [l']écart entre ce que la loi prévoit et ce que les personnes vivent concrètement » est « important » (2026-06-09). Le chercheur en santé mentale a de même affirmé qu’il existe un [traduction] « écart considérable » entre le cadre juridique officiel de la Colombie et la « protection réelle auxquels les citoyens vivant avec une maladie mentale ont accès », y compris dans des villes comme Bogotá, Cartagena et Barranquilla (2026-06-08). Le chercheur en santé mondiale a souligné que, [traduction] « historiquement », les autorités ont « négl[igé] » les personnes vivant avec une maladie mentale, ne les considérant pas comme prioritaires; le gouvernement a été « critiqué pour n’avoir jamais accordé de place à la santé mentale dans les programmes et système nationaux de santé » (2026-06-08). La même source a ajouté que de telles [traduction] « défaillances structurelles » contribuent à « accentuer la vulnérabilité juridique et sociale » des personnes atteintes de maladie mentale, qui sont notamment exposées à un « risque accru d’être victimes d’un crime » et à une plus grande probabilité que leurs pairs « [d']av[oir] des démêlés avec le système judiciaire » (chercheur en santé mondiale 2026-06-08). La professeure adjointe a affirmé que les forces de l’ordre, le système judiciaire et [traduction] « même les établissements de santé ont toujours affiché des lacunes sur le plan de la formation, des protocoles et des ressources nécessaires pour interagir de façon adéquate avec les personnes en crise » et celles qui ont de [légers] problèmes de santé mentale (2026-06-09). La même source a précisé que les personnes qui vivent avec des problèmes de santé mentale sont [traduction] « fréquemment exposées à la négligence, à la coercition ou à une réponse inadéquate de la part des autorités » (professeure adjointe 2026-06-09).

6. Protection offerte par l’État

6.1. Services de soutien offerts par l’État

Selon une étude menée par une équipe de 8 chercheurs et publiée dans l’International Journal of Social Psychiatry, une publication à comité de lecture (Sage Journals s.d.), le gouvernement a établi en 2013 le Programme de prise en charge psychosociale et de santé intégrale à l’intention des victimes (Programa de Atención Psicosocial y Salud Integral a Víctimas, PAPSIVI) dans le cadre des efforts de la Colombie pour officialiser les droits des civils ayant survécu au conflit armé dans le pays (Constable Fernandez, et al. 2025, 1282). Citant le MinSalud, la même source ajoute que le PAPSIVI a été conçu pour appuyer les survivants du conflit par l’intermédiaire [traduction] « d’interventions psychologiques individuelles, de thérapies familiales ou de groupe et de travail communautaire, supervisés par des travailleurs sociaux, des psychologues et des intervenants communautaires » (Constable Fernandez, et al. 2025, 1282). La même source précise que, en 2023, le PAPSIVI a aidé plus de 530 000 survivants (Constable Fernandez, et al. 2025, 1282).

6.1.1. Bogotá

D’après un article publié sur le site Internet de la mairie de Bogotá, la ville a mis en place un service téléphonique 24 heures sur 24, administré par le Secrétariat de la santé du district, qui offre [traduction] « un soutien et un accompagnement psychologiques » aux personnes qui appellent (Bogotá 2025-05-07). L’article souligne que, de janvier à avril 2025, [traduction] « plus de 40 000 interventions » ont été effectuées par l’intermédiaire du service téléphonique; dans 10 561 cas, les personnes ont été orientées vers des « soins en santé mentale ou psychosociaux » (Bogotá 2025-05-07). D’après les renseignements accessibles sur le site Internet de la mairie de Bogotá, le service téléphonique, appelé Línea 106, est assuré par des professionnels en psychologie (Bogotá s.d.).

6.1.2. Barranquilla

En mai 2025, la mairie de Barranquilla a annoncé l’ouverture de l’hôpital San Camilo, un nouveau centre de santé mentale à Barranquilla (Barranquilla 2025-05-16). D’après des sources, l’hôpital San Camilo est inauguré alors que plusieurs autres hôpitaux publics du département d’Atlántico – y compris Cari Mental, le seul hôpital psychiatrique de la région (Infobae 2025-04-16) – connaissent d’importantes difficultés financières (Infobae 2025-04-16; El Tiempo 2025-04-16).

D’après un article publié en septembre 2023 par la mairie de Barranquilla, la ville a créé en 2020 plusieurs [traduction] « centres d’écoute » appelés Hablemos (Parlez-nous) (Barranquilla 2023-09-05). La même source ajoute qu’il y a des centres d’écoute dans les 5 localités de Barranquilla, ainsi que des stations [traduction] « mobiles » qui se déplacent dans des lieux publics, notamment des écoles, des installations sportives et des sites d’événements (Barranquilla 2023-09-05). L’article souligne que ces centres permettent aux clients d’obtenir [traduction] « une prise en charge, des conseils et un accompagnement spécialisé assurés par des psychologues, des travailleurs sociaux et des psychiatres », et ajoute que, de 2020 à 2023, ce service a été utilisé par « plus de » 100 000 personnes (Barranquilla 2023-09-05).

La mairie de Barranquilla signale également que, depuis 2012, elle propose un service téléphonique 24 heures sur 24 afin de [traduction] « fournir un accompagnement et une prise en charge immédiate et complète en santé mentale » aux personnes qui ont des problèmes tels que « des idées suicidaires, des [crises de] panique, la dépression, la dépendance et la violence conjugale » (Barranquilla 2023-09-05). On peut lire dans un article de la mairie de Barranquilla daté de décembre 2024 que le programme de santé mentale ChatLemos de la ville prévoit une ligne WhatsApp où il est possible de joindre une équipe de psychologues 24 heures sur 24 (Barranquilla 2024-12-29). Un article publié en mai 2025 sur le site Internet de la mairie explique qu’il est désormais possible de passer des appels vidéos à des psychologues professionnels dans le cadre du programme ChatLemos de la ville (Barranquilla 2025-05-18).

6.1.3. Cartagena

Un article paru en octobre 2025 dans El Universal fait état de la création d’un service téléphonique de santé mentale gratuit, Hablemos, qui fournit des services psychosociaux dans le département de Bolívar, 24 heures sur 24, 7 jours par semaine, par téléphone ou par WhatsApp (El Universal 2025-10-05). La même source ajoute que le service téléphonique Hablemos a été lancé par le Secrétariat de la santé de Bolívar et qu’il sera assuré par [traduction] « une équipe interdisciplinaire de psychologues et de professionnels en premiers soins psychologiques » (El Universal 2025-10-05).

6.2. Mécanismes d’aide et de plainte en cas de mauvais traitements

Le Secrétariat de la santé du district de Bogotá a fourni les renseignements suivants sur les mécanismes de protection accessibles aux personnes qui ont des problèmes de santé mentale en Colombie :

[traduction]

Au sein du système de santé et conformément à la réglementation actuelle, un particulier peut déposer [des requêtes,] des plaintes ou des réclamations auprès des organismes qui régissent les régimes de prestations de santé (Entidades Administradoras de Planes de Beneficios – EAPB) ou des établissements de santé (Instituciones Prestadoras de Salud, IPS) [9] en cas de problèmes liés aux soins, tels que des retards, une mauvaise qualité de service ou des obstacles à l’accès aux [soins de] santé mentale […] En l’absence de résolution, le particulier peut s’adresser au Superintendant national de la santé […] Dans les cas liés à la santé mentale, le Superintendant peut intervenir pour exiger la prestation de soins, une hospitalisation, des traitements médicamenteux ou tout autre service qui a été refusé à tort.

[…]

En plus de mécanismes administratifs, la Constitution politique de Colombie établit l’action en tutela comme outil juridique permettant de protéger immédiatement les droits fondamentaux des personnes. On recourt à ce mécanisme lorsque l’absence de soins de santé mentale met en péril des droits, tels que le droit à la vie, le droit à la sécurité personnelle, le droit à la dignité humaine, ou […] le droit à la santé. L’action en tutela a été largement utilisée pour obtenir d’un tribunal qu’il ordonne aux établissements de santé de fournir les traitements, les thérapies, les médicaments ou les services spécialisés nécessaires au rétablissement ou à la stabilisation du patient.

En outre, des institutions comme le Bureau du protecteur du citoyen (Defensoría del Pueblo) et les Bureaux municipaux du protecteur du citoyen (Personerías Municipales) offrent un accompagnement et un soutien aux personnes vivant avec une maladie mentale et leur famille. Ces entités peuvent fournir gratuitement des conseils juridiques, aider au dépôt d’actions en tutela, suivre les dossiers et intervenir auprès des autorités compétentes lorsqu’il y a des atteintes manifestes aux droits d’une personne. Leur intervention est particulièrement importante lorsque la personne concernée est dans une situation vulnérable ou a de la difficulté à exercer directement son droit de se défendre.

Toute personne victime de sévices, de mauvais traitement, de violence physique ou psychologique, d’exploitation, d’abandon ou de privation arbitraire de liberté peut également déposer une plainte auprès du Bureau du procureur général (Fiscalía General de la Nación) pour que l’éventuel comportement criminel fasse l’objet d’une enquête. […]

En général, le système judiciaire colombien protège les personnes atteintes de maladies mentales contre les mauvais traitements, la criminalité, la discrimination ou les obstacles à l’accès aux services de santé; ces personnes peuvent recourir à des mécanismes administratifs, judiciaires ou constitutionnels pour exiger la protection de leurs droits et un dédommagement en réparation des préjudices causés (Bogotá 2026-06-10).

Le chercheur en santé mentale a signalé que, en cas de violence, de négligence institutionnelle ou de violations de leurs droits, les patients ont 2 possibilités : faire appel au Superintendant national de la santé et, dans les villes comme Bogotá, Cartagena et Barranquilla, au Bureau national du protecteur du citoyen ou au Bureau municipal du protecteur du citoyen (2026-06-08).

Le chercheur en santé mondiale a mentionné que, à [traduction] « l’échelle de la municipalité, du district et du département, les secrétariats de la santé, ainsi que les EPS et les IPS (fournisseurs de soins de santé), ont l’obligation légale » de fournir des « canaux de communication par lesquels les utilisateurs peuvent déposer des demandes, des plaintes et des rapports en temps voulu » (2026-06-08).

La professeure adjointe a fait remarquer que, bien que le cadre juridique du pays pour la protection des droits en matière de soins de santé ait été [traduction] « considérablement élargi dans les dernières années », la littérature à ce sujet « fait systématiquement état d’un vaste écart entre les engagements formels et les mécanismes réellement mis en œuvre » (2026-06-09). Selon la même source, des recherches indiquent que [traduction] « des disparités de financement, la fragmentation de la coordination entre les institutions et l’absence d’infrastructure communautaire limitent considérablement la portée réelle des protections que la loi garantit en principe » aux personnes qui vivent avec des problèmes de santé mentale (professeure adjointe 2026-06-09).

D’après le chercheur en santé mondiale, les mécanismes de protection relatifs aux services de santé mentale [traduction] « sont connus » pour leur lenteur et ce n’est que quand un juge dépose une action en tutela qu’on « a tendance à accélérer le processus » (2026-06-08). Le chercheur en santé mentale a déclaré que les actions en tutela constituent le [traduction] « principal mécanisme de recours » en cas de litige lié aux soins de santé mentale et qu’elles sont devenues « l’outil le plus utilisé et le plus efficace » pour contester les « refus systématiques des assureurs d’autoriser des rendez-vous, des traitements ou des médicaments ou leur lenteur à les autoriser » (2026-06-08). Selon un rapport sur les actions en tutela publié par le Bureau du protecteur du citoyen, il y a eu une augmentation [traduction] « considérable », « au fil des ans », du recours au système judiciaire pour demander l’accès à des services de santé (Colombie 2026-04, 4). Le même rapport, qui s’appuie sur des données de 2024 provenant de la Cour constitutionnelle de la Colombie, indique que les actions en tutela sont entreprises pour surmonter les obstacles à l’obtention de soins de santé, notamment pour remédier aux [traduction] « lacunes sur le plan de la rapidité, de l’exhaustivité et de la continuité des soins » (Colombie 2026-04, 8).

Des sources soulignent que la Colombie connaît une pénurie de médicaments utilisés pour traiter les troubles mentaux (El Colombiano 2026-04-06; Colombie 2024b, 50). Le chercheur en santé mondiale a souligné que, au titre de la loi no 2460 de 2025, les fournisseurs de soins de santé ont [traduction] « l’interdiction de suspendre la prescription ou la distribution de médicaments essentiels pour la santé mentale » afin de garantir la « continuité des soins » et d’éviter les « abus administratifs » (2026-06-08).

Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l’aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais fixés. Cette réponse n’apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d’une demande d’asile. Veuillez trouver ci-dessous les sources consultées pour la réponse à cette demande d’information.

Notes

[1] Le CNC est une société colombienne de recherche et de conseil (CNC s.d.).[retour]

[2] Selon le DANE, les données figurant dans ce rapport pour l’année 2025 sont [traduction] « préliminaires » et susceptibles de changer (Colombie 2026-03, 14).[retour]

[3] Re:solve Global Health est une plateforme de nouvelles en ligne [traduction] « indépendante » qui publie des articles sur les systèmes de santé dans le monde (Re:solve Global Health s.d.).[retour]

[4] Le Superintendant national de la santé [traduction] « supervise le système de santé, exerce des fonctions d’inspection, de surveillance et de contrôle, reçoit les plaintes, enquête sur les irrégularités et ordonne la prise de mesures pour garantir la prestation de services adéquats » (Bogotá 2026-06-10).[retour]

[5] Les EPS sont [traduction] « des entités publiques ou privées qui fournissent de l’assurance maladie » et gèrent des ressources publiques dans les systèmes de santé public et privé de la Colombie (IBA [2025], 1).[retour]

[6] L’action en tutela est un [version française du Canada] « mécanisme » prévu par la Constitution colombienne en vertu duquel « quiconque peut demander à un juge constitutionnel de protéger immédiatement ses droits constitutionnels fondamentaux si ces derniers n’ont pas été respectés ou risquent de ne pas l’être par suite de l’action ou de l’inaction d’une autorité publique » (Canada 2024-11-05). [retour]

[7] Les quartiers de Bogotá sont classés en strates socioéconomiques numérotées de 1 à 6, 1 étant la plus pauvre et 6, la plus riche (The Guardian 2017-11-09). Selon un article paru en 2017 dans le Guardian, plus de la moitié des résidents de Bogotá vit dans les strates 1 et 2, [traduction] « principalement dans des bidonvilles densément peuplés » (2017-11-09).[retour]

[8] Il est souligné dans le rapport que la marge d’erreur pour les données sur les personnes intersexuées est supérieure à 15 % de sorte qu’il est recommandé de faire preuve de [traduction] « prudence » lors l’utilisation de ces données (Bogotá & Nations Unies 2023-12, 253).[retour]

[9] Les IPS sont des établissements de santé privés ou publics, comme des cliniques ou des hôpitaux, qui fournissent, au sein du système de santé mixte de la Colombie, des services de santé directement aux patients (IBA [2025], 1). Les IPS sont établis par les EPS, et les patients peuvent obtenir des services de santé de n’importe quel IPS faisant partie du réseau de leur EPS, [traduction] « généralement » celui qui est le plus proche de leur lieu de résidence (IBA [2025], 1).[retour]

Références

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Barranquilla. 2025-05-16. Alcaldía de Barranquilla. « '¡Inauguramos el nuevo Hospital San Camilo en el barrio La Paz!': alcalde Char ». [Date de consultation : 2026-06-29]

Barranquilla. 2024-12-29. Alcaldía de Barranquilla. « Fomentando la salud mental en Barranquilla: 'ChatLemos' finaliza el año con más de 300.000 ciudadanos beneficiarios ». [Date de consultation : 2026-05-28]

Barranquilla. 2023-09-05. Alcaldía de Barranquilla. « Con 'Hablemos' y 'Línea de la Vida', Distrito atiende la salud mental de los barranquilleros ». [Date de consultation : 2026-05-28]

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Centro Nacional de Consultoría (CNC). S.d. « Somos CNC ». [Date de consultation : 2026-07-03]

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Professeure adjointe, Universidad Nacional de Colombia. 2026-06-09. Communication écrite envoyée à la Direction des recherches.

Re:solve Global Health. S.d. « About Re:solve Global Health ». [Date de consultation : 2026-05-26]

Sage Journals. S.d. « International Journal of Social Psychiatry ». [Date de consultation : 2026-06-29]

The Washington Post. 2016-06-08. « Infobae Now Powered by The Washington Post's Arc Technology ». [Date de consultation : 2026-06-09]

Autres sources consultées

Sources orales : Así Vamos en Salud; Asociación Colombiana contra la Depresión y el Pánico; Asociación Colombiana de Facultades de Psicología; Asociación Colombiana de Psiquiatría; Asociación Colombiana de Salud Pública; Barranquilla – Secretaría de Salud; Cartagena – Alcaldía Distrital; Clínica CEMIC de Cartagena; Colombie – Ministerio de Salud y Protección Social; Fundación Saldarriaga Concha; Fundación Santa Fe de Bogotá; Fundamental Colombia; Nations Unies – Organisation panaméricaine de la Santé en Colombie; professeur de médecine dans une université de Medellín; professeur de psychiatrie dans une université de Bogotá (2); professeur de psychologie dans une université de Barranquilla (2); professeur de psychologie dans une université de Bogotá; professeur de psychologie dans une université de Cartagena (3); Revista Colombiana de Psicología.

Sites Internet, y compris : Asociación Colombiana contra la Depresión y el Pánico; Asociación Colombiana de Facultades de Psicología; Asociación Colombiana de Psiquiatría; Asociación Colombiana de Salud Mental; Asociación Colombiana de Salud Pública; Banque mondiale; Barranquilla – Secretaría de Salud; Borgen Magazine; Cartagena – Alcaldía Distrital; CitiesRISE; Colombie – Instituto Colombiano de Bienestar Familiar; Croix-Rouge autrichienne – ecoi.net; Doctoralia; El Heraldo; El Paciente Colombiano; Factiva; Fundación Saldarriaga Concha; Fundación Santa Fe de Bogotá; Instituto de Investigación del Comportamiento Humano; La Papaya; Médecins sans frontières; MedicosDoc; Mutante; Nations Unies – Refworld; Organisation des États américains – Commission interaméricaine des droits de l’homme; Pontificia Universidad Javeriana – Programa Intervenciones en Salud Mental; Razón Pública.

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