World Report 2011

Les élections générales de juin se sont soldées par une troisième place pour le parti anti-immigration, le Parti de la Liberté, avec 24 sièges au parlement. Fin septembre, après des mois de négociations, le Parti Libéral et les Démocrates Chrétiens ont annoncé une coalition de centre droit reposant sur le soutien du Parti de la Liberté.

En octobre, le leader du Parti de la Liberté, Geert Wilders, a comparu devant un tribunal pour incitation à la discrimination et à la haine contre les Musulmans, les immigrants non occidentaux, et plus particulièrement les Marocains, ainsi que pour diffamation collective contre les adeptes de l'Islam. Quelques semaines plus tard, de nouveaux juges ont été désignés suite à une contestation soulevée par Geert Wilders pour partialité présumée ; l'affaire est toujours en cours au moment où nous rédigeons cet article.

De nouvelles règles fixées au mois de juillet ont prolongé la durée de la procédure d'asile accélérée qui est passée de 48 heures à huit jours tout en en faisant la procédure par défaut, malgré des critiques tant au niveau national qu'international invoquant le fait que huit jours ne sont pas suffisants pour une évaluation en bonne et due forme, en particulier dans les cas complexes et ceux concernant des groupes vulnérables. En février, le Comité des Nations Unies pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes a critiqué les procédures accélérées néerlandaises comme étant inadaptées pour les femmes victimes de violences et les enfants non accompagnés et a vivement insisté pour que le gouvernement reconnaisse officiellement les violences domestiques et les persécutions basées sur le sexe comme constituant des motifs d'asile.

La CEDH a jugé en juillet que l'expulsion vers la Libye d'un Libyen, acquitté en 2003 par un tribunal néerlandais des accusations de terrorisme pesant contre lui, serait une violation de l'interdiction des renvois en cas de risque de torture.

En septembre, en application d'une nouvelle politique annoncée en juillet, le gouvernement a expulsé à Mogadiscio un Somalien auquel l'asile avait été refusé, en dépit des directives de l'UNHCR déconseillant tous renvois vers la région du centre-sud de la Somalie.