Direction des recherches, Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada
Cette Réponse à la demande d’information remplace les réponses suivantes : PAK103835 publiée en janvier 2012, PAK104714 publiée en janvier 2014, PAK106223 publiée en janvier 2019, PAK106395 publiée en janvier 2020 et PAK200539 publiée en août 2023.
1. FIR
Des sources décrivent le FIR comme un rapport enregistré par la police pour signaler une infraction recevable [1] (CPDI Pakistan s.d., 1) ou un incident ou une infraction criminelle (Amnesty International 2021-11, 12). Selon d'autres sources, il s'agit d'un document préparé par la police lorsqu'elle reçoit des informations selon lesquelles une personne a commis un crime (Crisis Group 2022-09-05, 12) ou une infraction recevable (Sardar & Co. s.d.a). D'après les sites Internet de la police du Pendjab et du Baloutchistan, [traduction] « [u]n FIR est un compte rendu d'une infraction recevable (c'est-à-dire sur laquelle la police a compétence), consigné dans un format précis dans un registre au poste de police » (Pendjab s.d.a; Baloutchistan s.d.).
1.1 Utilité et fonctions
Des sources signalent que le FIR a pour fonction de [traduction] « mettre en marche l'appareil judiciaire » (RSIL & NPB du Pakistan 2016-07, 61) ou qu'il [traduction] marque le début d'une enquête (Abbas Zaidi 2016-04, 13).
Selon les Country Reports on Human Rights Practices for 2023 publiés par le Département d'État des États-Unis, un FIR est [traduction] « le fondement juridique de toute arrestation, produit lorsque la police est informée qu'une infraction "recevable" a été commise » (É.-U. 2024-04-22, 13). De même, dans un recueil des lois sur la police et des procédures pénales au Pakistan qui est daté de 2016 [2], il est signalé que la police ne peut procéder à une arrestation sans avoir d'abord enregistré un FIR, et que la personne accusée [traduction] « ne peut réclamer l'occasion d'être entendue » avant l'enregistrement du FIR (RSIL & NPB du Pakistan 2016-07, 61).
Les Country Reports 2023 signalent en outre qu'un FIR [traduction] « permettait à la police de détenir un suspect pendant 24 heures, après quoi un juge pouvait ordonner sa détention pour une période additionnelle de 14 jours si la police démontrait que la détention était nécessaire pour recueillir des éléments de preuve importants en lien avec l'enquête » (É.-U. 2024-04-22, 14).
En ce qui concerne les effets d'un FIR et les circonstances où la police pourrait décider de ne pas mener d'enquête à la suite de son enregistrement, le Code de procédure pénale de 1898 (Code of Criminal Procedure, 1898) du Pakistan, modifié en 2017, prévoit ce qui suit :
[traduction]
156. Enquête sur une affaire recevable. (1) Tout agent responsable d'un poste de police peut, sans ordonnance d'un magistrat, enquêter sur toute affaire recevable sur laquelle un tribunal ayant compétence dans le secteur englobant le territoire dudit poste de police serait habilité à faire enquête ou toute affaire que le tribunal serait habilité à instruire au titre des dispositions du chapitre XV.
(2) Aucune action d'un policier dans le cadre d'une telle affaire ne peut être mise en cause à quelque étape que ce soit au motif que le policier n'était pas habilité à enquêter par la présente disposition.
(3) Tout magistrat habilité au titre de l'article 190 peut ordonner la tenue d'une enquête telle que celle susmentionnée.
[(4) Nonobstant toute disposition des paragraphes (1), (2) ou (3), aucun policier ne peut enquêter sur une infraction prévue à l'article 497 ou à l'article 498 du code pénal du Pakistan, sauf concernant une plainte déposée par l'époux de la femme, ou, en son absence, par une personne qui avait la charge de cette femme en son nom au moment où une telle infraction a été commise.]
[…]
157. Procédure lorsqu'une infraction recevable est suspectée. (1) Si, à partir de renseignements reçus ou autrement, un agent responsable d'un poste de police a un motif de soupçonner qu'une infraction qu'il est habilité à enquêter en vertu de l'article 156 a été commise, il envoie immédiatement un rapport à un magistrat habilité à prendre connaissance de cette infraction sur rapport de la police, et procède en personne, ou délègue un de ses subalternes – [dont le grade n'est pas inférieur à celui que le [gouvernement provincial] peut, par ordre général ou spécial, prescrire à cette fin] – sur les lieux, pour enquêter sur les faits et les circonstances de l'affaire, [et, si nécessaire, pour prendre des mesures] pour trouver et arrêter le contrevenant :
Selon les dispositions suivantes :
- Lorsqu'il n'y a pas d'enquête locale. Lorsqu'une information concernant la commission d'une telle infraction est fournie contre une personne en la nommant et que l'affaire n'est pas de nature grave, l'agent responsable du poste de police n'est pas tenu de procéder en personne ou de déléguer un agent subordonné pour mener une enquête sur les lieux;
- Lorsqu'il apparaît à l'agent responsable du poste de police qu'il n'y a pas de motif suffisant pour procéder à une enquête. S'il apparaît à l'agent responsable du poste de police qu'il n'y a pas de motif suffisant pour procéder à une enquête, il n'enquêtera pas sur l'affaire.
(2) Dans chacun des cas mentionnés aux alinéas (a) et (b) du paragraphe (1), l'agent chargé du poste de police indique dans son rapport les raisons pour lesquelles il ne se conforme pas pleinement aux exigences de ce paragraphe, [et, dans le cas prévu à l'alinéa (b), l'agent doit aussi aviser immédiatement l'informateur, le cas échéant, de la manière prescrite par le [gouvernement provincial], qu'il n'enquêtera pas sur le cas ou que l'affaire ne fera pas l'objet d'une enquête] (Pakistan 1898, en gras et entre crochets dans l’original, notes de bas de page omises).
1.2 Dépôt des FIR
Des sources signalent que le FIR est enregistré dans le registre des FIR du poste de police (Pendjab s.d.a; Baloutchistan s.d.). Dans une communication écrite envoyée à la Direction des recherches en 2019, un avocat de la Haute Cour qui pratique à Lahore a affirmé que des copies conformes des FIR sont envoyées au Bureau de l'inspecteur général et au Bureau du procureur, et que le poste de police concerné en conserve une seule copie (avocat de la Haute Cour à Lahore 2019-11-28).
Un article du Express Tribune, un journal pakistanais affilié au New York Times (The Express Tribune s.d.), annonce, le 17 septembre 2022, l'enregistrement d'un [traduction] « premier FIR informatisé » dans le district de Khyber, au Khyber Pakhtunkhwa, et mentionne qu'auparavant, ce service n'était disponible que dans la province du Pendjab (The Express Tribune 2022-09-17). Cependant, un article paru en juin 2018 dans le News International, un quotidien en anglais du Pakistan, souligne que le directeur des relations publiques de la police du Khyber Pakhtunkhwa a déclaré que, depuis le lancement d’un portail à une date non précisée, la police du Khyber Pakhtunkhwa avait enregistré 2 643 FIR en ligne à l'échelle de la province; l’article détaille le nombre d’enregistrements dans certains districts et celui du Khyber n'y est pas mentionné (The News International 2018-06-14). Par ailleurs, d'après un article publié dans le journal pakistanais Dawn en octobre 2018, la police du Khyber Pakhtunkhwa maintenait en 2018 une base de données centrale qui conservait les dossiers numérisés de tous les FIR à l'échelle de cette province et, entre 2010 et 2018, plus de 1,43 million de FIR avaient été numérisés (Dawn 2018-10-07). Le News International signalait de même en 2019 que la police du Khyber Pakhtunkhwa avait numérisé ses FIR (The News International 2019-01-12).
Selon le site Internet du Conseil des technologies de l’information du Pendjab (Punjab Information Technology Board – PITB), un organisme [traduction] « autonome » du gouvernement du Pendjab chargé de répondre aux besoins en matière de technologies de l'information, de développer des initiatives et de les mettre en œuvre dans la province (Pendjab s.d.b), le Pendjab bénéficie d'un processus automatisé d'enregistrement et de suivi des FIR qui a été inauguré en mars 2017 et qui est disponible dans les 714 postes de police de cette province :
[traduction]
[Le registre] couvre tout le cycle d'existence d'un FIR, y compris l'enregistrement, la désignation des coupables, les recouvrements, les arrestations, les dossiers, les actions en justice et la fermeture des dossiers. Le système produit des copies électroniques des FIR et tous les rapports requis à différents niveaux du leadership de la police du Pendjab (de [l'agent responsable du poste de police] à [l'inspecteur général]) (Pendjab [2017]).
Selon des informations mises à jour le 28 janvier 2021 sur le site Internet de la police du Pendjab, le Système de gestion des archives des postes de police (Police Station Record Management System – PSRMS) est en fonction dans tous les postes de police du Pendjab :
[traduction]
Actuellement, tous les FIR sont saisis dans le système et les entrées correspondantes dans les différents registres sont effectuées électroniquement par le système lui-même. Les agents superviseurs peuvent voir le statut d'une affaire précise et obtenir d'autres informations telles que le recouvrement, les témoins, les cautions, les journaux de la police, le nom des victimes, le nom de l'accusé, le nom des témoins, la date du challan [3], la prochaine date d'audience, le genre des victimes, etc. Jusqu'à présent, 4 659 730 FIR ont été saisis dans le système (Pendjab 2021-01-28).
Le PITB signale que lui-même et la police du Pendjab ont déjà [traduction] « répliqué » le système d'automatisation des FIR pour la police du Sindh et que les autorités du Gilgit-Baltistan et du Baloutchistan ont aussi « demandé l'installation » du logiciel (Pendjab [2017]).
Parmi les sources qu'elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n'a trouvé aucun renseignement indiquant si les autres provinces du Pakistan disposent d'un système d'enregistrement électronique des FIR.
1.3 Partage des données
Parmi les sources qu'elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches a trouvé peu d'information sur les liens entre le système d'enregistrement des FIR et les autres bases de données des autorités ou sur les possibilités de retrouver une personne grâce à ces systèmes.
Dans un rapport paru en 2025 sur le Pakistan, le ministère des Affaires étrangères et du Commerce (Department of Foreign Affairs and Trade – DFAT) de l’Australie fait observer que les corps policiers de chaque province du pays travaillent [traduction] « de manière indépendante » (Australie 2025-04-30, paragr. 5.12). De plus, le Pakistan n’a [traduction] « pas de système centralisé ou national regroupant les bases de données policières ou les casiers judiciaires »; il est donc « difficile de rechercher ou de repérer les délinquants » (Australie 2025-04-30, paragr. 5.12). Les Country Reports 2023 publiés par les États-Unis signalent que le gouvernement du Pakistan utilise des technologies et des [traduction] « pratiques » pour « suivre » des personnes (É.-U. 2024-04-22, 27).
Les renseignements contenus dans le paragraphe suivant sont tirés d'un article du Dawn paru le 7 octobre 2018 :
Au moment de la publication de l'article, le service de police du Khyber Pakhtunkhwa était en train de [traduction] « relier [le] système [d'enregistrement des FIR] au système de vérification des casiers judiciaires », qui renfermait « des empreintes, photos et autres documents numérisés » se rapportant à plus de 9 000 individus, et « les travaux étaient en cours » pour relier ce système policier à la base de données de l'Autorité nationale sur les bases de données et l'enregistrement (National Database and Registration Authority – NADRA). « [D]es agents désignés aux postes de police et aux postes de contrôle » pouvaient consulter la base de données à même leur téléphone cellulaire pour faire une vérification sur un suspect identifié dans un FIR, à condition d'avoir le nom du suspect, son numéro de carte d'identité nationale, le nom de son père et son adresse. Selon un représentant de la police, [traduction] « si un FIR avait été enregistré contre le suspect n'importe où dans la province, les agents recevraient, dans un délai de 30 secondes, un message texte décrivant l'infraction et les détails connexes » (Dawn 2018-10-07).
Des médias signalaient, en 2018 et 2019, que, avec d'autres technologies, la numérisation des FIR avait permis à la police d'effectuer des vérifications et d'arrêter des personnes recherchées (The News International 2019-01-12; Dawn 2018-10-07).
Les renseignements contenus dans les 2 paragraphes suivants au sujet du registre des FIR au Pendjab sont tirés de publications du PITB :
Le registre des FIR est intégré à la NADRA, au Système d'information sur la gestion des ressources humaines de la police (Police Human Resource Management Information System) et au Système antivol de véhicules (Anti Vehicle Lifting System), entre autres (Pendjab [2017]). Le PSRMS (le système de gestion des FIR), comme d'autres applications liées à la loi et l'ordre, est intégré au Système de gestion des casiers judiciaires (Criminal Record Management System – CRMS), [traduction] « un système numérisé qui contient les détails personnels […] des criminels », y compris la Carte d'identité nationale informatisée (Computerized National Identity Card – CNIC) et une description de l'aspect physique de la personne ainsi que des photos (Pendjab s.d.c). On peut chercher dans le CRMS avec un numéro de CNIC ou des données biométriques (Pendjab s.d.c). Le logiciel Centre intelligent de facilitation de la police (Smart Police Facilitation Center), utilisé par les agents de réception des Centres de services de la police (Police Service Centres) [ou Police Khidmat Markaz (PKM)], est intégré à des systèmes parents, comme le système de gestion des FIR (Pendjab s.d.d).
Le système de gestion des FIR peut être consulté via un mécanisme en ligne, un téléphone intelligent ou un SMS (Pendjab s.d.c). [traduction] « Grâce au CRMS, un enquêteur en fonction dans n'importe quel poste de police du Pendjab peut appliquer des filtres avec des informations connues et effectuer une recherche dans la base de données centrale » (Pendjab s.d.c). À partir du registre des FIR, les policiers ont accès à toutes les FIR ainsi qu'à leur statut (Pendjab [2017]).
Un article publié en mai 2022 dans le journal Express Tribune annonce le retour de l'obligation, pour se conformer au texte de la loi, d'enregistrer les FIR manuellement, en plus de les enregistrer électroniquement dans le PSRMS (2022-05-02). Le même article décrit le système d'enregistrement numérique comme suit :
[traduction]
Des salles de contrôle centrales informatisées, appelées « salles des opérations », ont été mises en place dans le bureau de l’IGP [inspection générale de la police (Inspector General of Police)] et dans tous les RPO et DPO [bureaux de police régionaux et de district], où toute entrée effectuée dans le système de la police était accessible. Des guichets publics reliés par Internet au Système de gestion des archives des postes de police ont également été mis en place. Dans le cadre de ce système, les entrées dans les registres des postes de police, y compris les FIR, étaient téléchargées instantanément dans le système informatique centralisé auquel tous les officiers supérieurs avaient accès.
[…] Aujourd'hui, tous les FIR sont saisis dans le système et les entrées correspondantes dans les différents registres sont effectuées électroniquement (The Express Tribune 2022-05-02).
2. Présentation
2.1 Contenu, y compris la signature ou l’empreinte du pouce
Des sources signalent que les renseignements suivants devraient être fournis au moment de déposer un FIR :
- le nom et l'adresse du plaignant (CPDI Pakistan s.d., 2);
- la date, l'heure et le lieu de l'incident signalé (CPDI Pakistan s.d., 2);
- les faits se rapportant à l'incident (CPDI Pakistan s.d., 2);
- les noms des personnes accusées et leurs [traduction] « traits saillants » (Abbas Zaidi 2016-04, 13) ou [traduction] « [l]es noms et la description des personnes impliquées dans l'incident » (CPDI Pakistan s.d., 2);
- les rôles des personnes accusées dans l'infraction signalée (Abbas Zaidi 2016-04, 13);
- les noms et adresses des témoins, le cas échéant (CPDI Pakistan s.d., 2);
- la signature ou l'empreinte du pouce gauche du plaignant apposée sur le FIR (CPDI Pakistan s.d., 2).
Selon ce que l'on peut voir sur un modèle de FIR en anglais envoyé à la Direction des recherches en décembre 2018 par un militant des droits de la personne, commentateur publié et avocat à Lahore, un FIR comprend les rubriques suivantes :
- le nom du poste de police;
- le numéro du FIR;
- la date et l'heure de l'événement rapporté;
- la date et l'heure de l'enregistrement du rapport;
- le nom et l'adresse de l'informateur et sa plainte;
- une brève description de l'infraction et des biens volés, le cas échéant;
- le lieu où s'est produit l'incident et sa distance par rapport au poste de police;
- les mesures prises concernant l'enquête et une explication du retard dans l'enregistrement de l'information, le cas échéant;
- la date et l'heure à laquelle des agents ont été envoyés sur place;
- un espace pour ajouter des détails (document annexé 1).
Dans une communication écrite envoyée à la Direction des recherches, un avocat qui est associé dans un cabinet de Karachi a affirmé que, lorsqu’un policier en service enregistre un FIR à un poste de police, il recueille la déposition du plaignant et signe le FIR (associé 2025-11-24). La même source a ajouté que la signature du plaignant est apposée sur la copie imprimée du FIR, comme l’exige l’article 154 du code de procédure pénale de 1898, ou l’empreinte de son pouce (associé 2025-11-24).
En revanche, un avocat qui est associé administratif dans un cabinet ayant des bureaux à Lahore et à Karachi, et qui exerce entre autres le droit pénal, a affirmé que la signature ou l’empreinte de pouce est apposée seulement sur la plainte écrite, et non sur le FIR, une fois qu’elle a été enregistrée par l’agent responsable du poste (associé administratif 2025-11-25).
De plus, dans une communication écrite envoyée à la Direction des recherches, un avocat de la Haute Cour qui est aussi avocat principal dans un cabinet de Sialkot, au Pendjab, et qui pratique entre autres le droit pénal, a déclaré qu’un plaignant qui dépose une plainte en ligne doit généralement se rendre au poste de police ou au PKM pour confirmer le contenu de la plainte et la signer (avocat de la Haute Cour à Sialkot 2025-11-25).
Selon un formulaire d'enregistrement en ligne d'un FIR qui apparaît sur le site Internet de la police du Khyber Pakhtunkhwa, le plaignant doit aussi indiquer son numéro de téléphone mobile, le nom de son père, son genre, son pays, sa province, son district et le poste de police de sa localité, et préciser s'il s'est déjà présenté au poste de police (Khyber Pakhtunkhwa s.d.a). Le formulaire d'enregistrement d'un FIR donne aussi l'option d'inclure son numéro de CNIC, son âge et son adresse courriel (Khyber Pakhtunkhwa s.d.a).
Dans le recueil des lois sur la police et des procédures pénales au Pakistan, on peut aussi lire, au sujet du FIR, qu'il [traduction] « contient la version initiale des événements qui est transmise aux fins de la poursuite », mais qu'il n'est pas censé être un « document exhaustif » et que, « si les faits détaillés n'y figurent pas, cela ne mine pas sa validité » (RSIL & NPB du Pakistan 2016-07, 61).
2.1.1 Renseignements sur les castes
Selon des sources consultées par la Direction des recherches en 2018, il n'est pas obligatoire d'inclure des renseignements sur les castes dans les FIR (militant 2018-12-20; cabinet d'avocats 2018-12-18; avocat de la Haute Cour à Islamabad 2018-12-14). Cependant, dans une communication écrite envoyée à la Direction des recherches en 2018, le militant des droits de la personne a affirmé que la police insère [traduction] « souvent » des renseignements sur la religion ou la caste dans les FIR (militant 2018-12-20). Dans une communication écrite envoyée à la Direction des recherches en 2018, un représentant d'un cabinet d'avocats à Lahore a souligné que les renseignements sur les castes sont inscrits dans les FIR si la caste d'une personne fait partie de son nom (cabinet d'avocats 2018-12-18). Un avocat de la Haute Cour à Lahore a, pour sa part, signalé, dans une communication écrite envoyée à la Direction des recherches en 2018, que la police mentionnera les renseignements sur la caste si ces renseignements sont fournis par le plaignant (avocat de la Haute Cour à Lahore 2018-12-15). Le représentant du cabinet d'avocats à Lahore a de même affirmé que [traduction] « le plaignant peut demander à la police d'indiquer la caste de l'accusé » (cabinet d'avocats 2018-12-18). Dans une communication écrite envoyée à la Direction des recherches en 2018, un avocat de Lahore a expliqué que la mention des renseignements sur les castes dans un FIR était [traduction] « autrefois une pratique habituelle » pour éviter la confusion entre différentes personnes portant le même nom, mais que ce n'est plus le cas aujourd'hui puisque « tout le monde » détient maintenant une carte d'identité nationale (avocat à Lahore 2018-12-21).
2.2 Format et aspect
L'avocat de la Haute Cour à Lahore a affirmé en 2019 que le format des FIR était le même partout au Pakistan et en Azad-Cachemire, mais que, dans quelques endroits, les FIR étaient [traduction] « informatisés (rédigés à l'ordinateur) », alors qu'ailleurs, ils étaient encore écrits à la main (avocat de la Haute Cour à Lahore 2019-11-28).
Dans une communication écrite envoyée à la Direction des recherches, un expert en renseignements sur les pays d'origine (RPO) qui mène des recherches sur le Pakistan pour le compte de la Cedoca, l'unité de recherche du Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides (CGRA) de la Belgique, s'exprimant à titre personnel et à la lumière de renseignements obtenus dans le cadre d'une mission d'enquête effectuée au Pakistan en 2017 et puisés dans des sources écrites, a expliqué en 2019 que le papier utilisé pour les FIR est distribué directement à la police par les gouvernements provinciaux (expert en RPO 2019-12-09).
Le rapport d'information sur le Pakistan de 2025 du DFAT de l'Australie fait observer que les FIR [traduction] « sont rédigés au moyen de formulaires types, où les renseignements pertinents sont inscrits à la main » (Australie 2025-04-30, paragr. 5.64).
Selon les sites Internet de la police du Pendjab et de la police du Baloutchistan, la copie du FIR remise au plaignant est signée par le policier et porte le timbre du poste de police (Pendjab s.d.a; Baloutchistan s.d.).
Un spécimen de FIR rédigé en anglais, de même qu’une traduction française du document, sont annexés à la présente réponse (document annexé 1). Les traductions française et anglaise de 2 spécimens de FIR sont également annexées à la présente réponse (documents annexés 2 et 3). Un formulaire d'enregistrement de FIR est disponible en ligne sur le site Internet de la police du Khyber Pakhtunkhwa (s.d.a).
2.3 Caractéristiques de sécurité
Parmi les sources qu'elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches a trouvé peu d'information sur les caractéristiques de sécurité des FIR. L'avocat de la Haute Cour à Lahore a affirmé en 2019 que les FIR n'avaient pas de caractéristiques de sécurité particulières (avocat de la Haute Cour à Lahore 2019-11-28).
2.4 Documents frauduleux
Dans son rapport d'information sur le Pakistan de 2025, le DFAT de l'Australie fait observer que les FIR [traduction] « sont relativement faciles à contrefaire » et ajoute que, selon des « sources au pays », « la police a accepté des pots-de-vin pour confirmer l'authenticité de FIR frauduleux » (Australie 2025-04-30, paragr. 5.64). Selon l'expert en RPO interrogé en 2019, il est possible de fabriquer des FIR ou d'en adapter le contenu (expert en RPO 2019-12-09).
3. Enregistrement des FIR
3.1 Exigences
Le site Internet de la police d'Islamabad signale que l'enregistrement d'un FIR est un droit fondamental de toute personne victime d'un crime (Territoire fédéral de la capitale Islamabad s.d.a). D'après les sites Internet de la police du Pendjab et de la police du Baloutchistan, [traduction] « [t]oute personne a le droit de signaler toute affaire au poste de police concerné et de faire enregistrer une affaire [pénale (Baloutchistan s.d.)] sous la forme d'un FIR » (Pendjab s.d.a; Baloutchistan s.d.). Selon un guide sur les FIR à l'intention des citoyens préparé par le Centre pour les initiatives de paix et de développement du Pakistan (Centre for Peace and Development Initiatives Pakistan – CPDI Pakistan), une ONG qui se voue à la promotion des institutions démocratiques et des droits de la personne, [traduction] « toute personne qui a connaissance de la commission d'une infraction recevable peut déposer un FIR », que ce soit une victime, un témoin, ou un autre individu, y compris un policier (CPDI Pakistan s.d., 1). Les Country Reports 2023 signalent de même que les FIR sont [traduction] « habituellement » enregistrés par des tiers mais que la police peut le faire de sa propre initiative (É.-U. 2024-04-22, 13). Le recueil des lois sur la police et des procédures pénales au Pakistan fournit les précisions suivantes :
- il n'est pas nécessaire que le plaignant ait été témoin de l'incident;
- un mineur peut déposer un FIR;
- une [traduction] « [d]éclaration de mourant » peut être traitée comme un FIR (RSIL & NPB du Pakistan 2016-07, 61).
Selon la même source, une enquête préliminaire n'est pas requise avant d'enregistrer un FIR (RSIL & NPB du Pakistan 2016-07, 61).
3.2 Marche à suivre
L'article 154 du Code de procédure pénale du Pakistan décrit la procédure d'enregistrement des FIR comme suit :
[traduction]
154. Information relative aux cas recevables. Tout renseignement relatif à une infraction recevable donné de vive voix au responsable d'un poste de police est consigné par ce dernier ou toute autre personne sous sa direction et est lu à l'informateur. Tout renseignement de ce type, qu'il soit donné par écrit ou qu'il soit consigné tel qu'il est susmentionné, est signé par la personne qui le fournit, et le rapport ainsi obtenu est versé dans un registre gardé par le responsable, conformément à la manière déterminée par le [gouvernement provincial]. (Pakistan 1898, en gras et entre crochets dans l'original, notes de bas de page omises).
D’après des sources, une infraction peut être signalée oralement ou par écrit (CPDI Pakistan s.d., 1; Pendjab s.d.a; Baloutchistan s.d.), directement à un poste de police ou à un policier en patrouille (Pendjab s.d.a; Baloutchistan s.d.). D'après le guide sur les FIR du CPDI du Pakistan, un message téléphonique [traduction] « peut être traité comme un FIR » (CPDI Pakistan s.d., 1). En revanche, le recueil des lois signale que [traduction] « [l]es messages téléphoniques enregistrés par la police » ne peuvent pas être considérés comme des FIR (RSIL & NPB du Pakistan 2016-07, 61).
Des sources signalent que l'agent à qui un rapport est transmis de vive voix doit le consigner par écrit (Pendjab s.d.a; Baloutchistan s.d.; CPDI Pakistan s.d., 2), puis le verser dans le registre des FIR (Pendjab s.d.a; Baloutchistan s.d.). Le plaignant a le droit de demander à la police de lui relire les renseignements consignés, et le plaignant devrait ensuite signer le document ou y apposer l'empreinte de son pouce gauche (CPDI Pakistan s.d., 2).
3.2.1 Enregistrement en ligne
Des sources ont souligné qu’il est important de comprendre la distinction entre un FIR et une plainte (associé administratif 2025-11-25; avocat de la Haute Cour à Sialkot 2025-11-25). Selon des sources, une [traduction] « plainte » peut être déposée en ligne par l'intermédiaire des portails des corps policiers provinciaux; cependant, une intervention de la police est nécessaire pour qu’on considère qu’un FIR est enregistré (associé administratif 2025-11-25; avocat de la Haute Cour à Sialkot 2025-11-25). L’associé administratif a écrit qu’une plainte devient un FIR dès lors que l’agent responsable du poste consigne la plainte dans le registre officiel des FIR (2025-11-25).
Des sources affirment que certaines personnes passent par les portails en ligne pour formuler des plaintes par écrit, mais que, dans les faits, la plupart des plaintes sont encore déposées manuellement au poste de police de quartier (associé administratif 2025-11-25; avocat de la Haute Cour à Sialkot 2025-11-25; Salman et al. 2023-09-15, 26). L’avocat de la Haute Cour à Sialkot a expliqué que, puisque les infractions sont [traduction] « habituellement » commises sur le territoire d’un poste de police de quartier, il est plus rapide pour les plaignants de se rendre au poste en personne (2025-11-25). Dans un article sur la technologie adoptée par la police d’Islamabad, qui a été rédigé par des chercheurs [et des professeurs agrégés (NUST s.d.])] de l’Université nationale des sciences et de la technologie (NUST) à Islamabad [4], on peut lire que les préposés à l’accueil aux postes de police d’Islamabad interrogés pour l’article ont affirmé que le système en ligne à Islamabad était dépourvu de [traduction] « plusieurs éléments essentiels » pour qu’une plainte puisse être dûment enregistrée, et qu’un « enregistrement supplémentaire » était nécessaire (Salman et al. 2023-09-15, 22). L’article signale également que [traduction] « [l]a plupart » des 11 participants à l’enquête ont déclaré qu’ils « ne connaissaient pas le système de plainte en ligne et se présentaient généralement en personne au poste de police » (Salman et al. 2023-09-15, 14, 25). La même source précise que [traduction] « la plupart » des participants ne savaient pas comment déposer une plainte au moyen du système en ligne (Salman et al. 2023-09-15, 27).
L’associé administratif a affirmé qu’un plaignant qui dépose une plainte en ligne doit fournir [traduction] « certains détails » de l’événement, son numéro de téléphone, ainsi que son numéro de CNIC ou de passeport, et joindre une plainte écrite signée/numérisée (2025-11-25). Après examen de la plainte en ligne, l’agent responsable du poste peut la convertir en FIR en la consignant dans le registre et en lui attribuant un numéro unique de FIR, s’il juge qu’une infraction recevable a été commise (2025-11-25). La même source a déclaré que le plaignant recevra une copie estampillée du FIR, délivrée par la police (2025-11-25). L’avocat de la Haute Cour à Sialkot a déclaré que, si la police enregistre un FIR, une copie du FIR doit être remise sans frais au plaignant; il a ajouté que, au Pendjab, la copie imprimée est générée automatiquement et comporte un code QR (2025-11-25).
Les traductions anglaise et française de 3 spécimens de FIR imprimés automatiquement, qui ont été fournis par l’avocat de la Haute Cour à Sialkot, sont annexées à la présente réponse (documents annexés 4 à 6).
Un blogue portant sur les FIR, publié sur le site Internet du cabinet d'avocats Sardar & Co., qui est situé à Karachi, dans le Sindh (Sardar & Co. s.d.b), signale que si une personne ne veut pas visiter un poste de police pour faire enregistrer un FIR, [traduction] « des portails en ligne ont été mis en place pour recevoir les plaintes dans chaque province du Pakistan. Ils sont accessibles par l’intermédiaire des sites Internet officiels des organismes provinciaux chargés de l'application de la loi » (Sardar & Co. s.d.a). Des sources interrogées en 2018 ont déclaré qu'il est possible de déposer des FIR en ligne à Karachi (avocat à Karachi 2018-12-24; avocat à Lahore 2018-12-21; cabinet d'avocats 2018-12-18), au Pendjab et au Khyber Pakhtunkhwa (cabinet d'avocats 2018-12-18).
Citant l'inspecteur général de la police du Pendjab, 2 articles en date du 24 août 2022 signalent des nouveaux services inaugurés ce jour-là par la police du Pendjab : un service de gestion de plaintes en ligne (Online Complaint Management System) et des services WhatsApp (Punjab Police WhatsApp Services) (Dawn 2022-08-24; Minute Mirror 2022-08-24). Des médias soulignent que, selon l'inspecteur général, ces nouveaux services permettront aux citoyens d'enregistrer des FIR électroniquement (Minute Mirror 2022-08-24; The Current 2022-08-24). Toujours selon l'inspecteur général, signalent les mêmes sources, les Pakistanais hors du pays pourront accéder aux informations et aux services depuis n'importe quel endroit au moyen de ces systèmes (The Current 2022-08-24; Minute Mirror 2022-08-24).
D’après le site Internet de la police du Khyber Pakhtunkhwa, la population peut soumettre des [traduction] « demande[s] en ligne » pour enregistrer un FIR (Khyber Pakhtunkhwa s.d.b). Le [traduction] « Formulaire d’enregistrement d’un FIR en ligne » du Khyber Pakhtunkhwa qui apparaît sur le même site Internet signale que quiconque « soumet une plainte » recevra un « numéro de suivi de plainte en 24 à 48 heures » et que cette personne pourra « suivre l'évolution de la plainte soit par le portail Internet, soit par l'application PAS [A]ndroid » (Khyber Pakhtunkhwa s.d.a). Selon l'article paru en juin 2018 dans le News International, le directeur des relations publiques de la police du Khyber Pakhtunkhwa a déclaré que, depuis le lancement du portail, la police du Khyber Pakhtunkhwa avait enregistré 2 643 FIR en ligne à l'échelle de la province, dont 2 154 qui [traduction] « "[avaient] été traités conformément à la loi" » (2018-06-14).
Des médias signalent en 2022 que la police du Territoire fédéral de la capitale a inauguré un système de gestion de plaintes en ligne qui permet aux citoyens d'accéder à plusieurs services, y compris l'enregistrement des FIR, sur le site Internet de la police (The News International 2022-03-25; The Nation 2022-02-24).
Selon ProPakistani, une source d'informations pakistanaise axée sur la technologie (ProPakistani s.d.), en janvier 2021, la police du Baloutchistan a mis en œuvre un système numérique qui, entre autres services, offre aux individus la possibilité d'enregistrer des FIR en ligne (ProPakistani 2021-01-20).
Des sources font observer que la possibilité d’enregistrer une plainte électronique varie d’une région à l’autre, car certaines provinces ou villes disposent de systèmes plus perfectionnés que d’autres (avocat de la Haute Cour à Sialkot 2025-11-25; Pays-Bas 2024-07-05, paragr. 3.3.2; associé 2025-11-24). L’avocat de la Haute Cour à Sialkot a affirmé que ces variations sont [traduction] « importantes » et que, en matière de services numériques, c’est la police du Pendjab qui est « le plus en avance » (2025-11-25). Le PSRMS est en fonction dans toute la province, et [traduction] « [p]resque tous » les FIR sont informatisés au Pendjab (avocat de la Haute Cour à Sialkot 2025-11-25). Dans d’autres provinces (par exemple dans les régions isolées du Baloutchistan ou la région intérieure du Sindh), l’infrastructure numérique est [traduction] « moins développée »; la rédaction manuelle des FIR dans un registre physique (appelé Roznamcha) demeure la « procédure normale », et l’enregistrement en ligne est « pratiquement inexistant » (avocat de la Haute Cour à Sialkot 2025-11-25). L’associé a fait observer que le système en ligne est offert dans les zones urbaines, mais rarement en milieu rural (2025-11-24). Selon les sources citées dans le rapport de 2024 sur le Pakistan publié par le ministère des Affaires étrangères des Pays-Bas, le système de plainte en ligne est accessible au Pendjab, au Sindh, à Islamabad, au Khyber Pakhtunkhwa et au Baloutchistan, mais les services numériques ne sont pas encore [traduction] « entièrement mis en œuvre » et l’accès est limité (Pays-Bas 2024-07-05, paragr. 3.3.1).
Parmi les sources qu'elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n'a trouvé aucun renseignement sur l'enregistrement en ligne des FIR au Gilgit-Baltisan et en Azad-Cachemire.
3.3 Obstacles à l'enregistrement et corruption
Des sources signalent qu'il arrive que des personnes souhaitant enregistrer un FIR soient confrontées à la résistance des policiers (É.-U. 2024-04-22, 14; Amnesty International 2021-11, 12). Selon les Country Reports 2023, [traduction] « [l]a police locale a parfois tenté de décourager les FIR pour des délits moins graves, encourageant plutôt les individus à trouver d'autres voies de droit, comme la médiation » (É.-U. 2024-04-22, 14). La Commission des droits de la personne du Pakistan (Human Rights Commission of Pakistan – HRCP) signale dans son rapport sur la situation des droits de la personne en 2021 qu'un groupe de personnes transgenres de Peshawar, au Khyber Pakhtunkhwa, ont rapporté que [traduction] « la police refusait souvent d'enregistrer des FIR » contre les responsables lors d'incidents de violence à l'égard des membres de cette communauté (HRCP 2022, 94). Dans un communiqué de presse sur le Pendjab, inclus dans le même rapport, la HRCP signale que, selon [traduction] « des citoyens », il devient « de plus en plus difficile d'enregistrer des FIR, en particulier dans les cas où des proches ont été tués lors de "rencontres" avec la police ou en détention, ou dans les cas d'acquisition illégale de terres par des personnes influentes » (2022, 230). Dans un rapport portant sur les disparitions forcées au Pakistan, Amnesty International signale que sur 10 familles de personnes disparues de force qu'elle a interrogées, 8 avaient signalé avoir rencontré des difficultés pour enregistrer un FIR auprès de la police (2021-11, 12). La même source signale que [traduction] « [c]ertaines » familles de personnes disparues de force lui ont rapporté qu'il arrivait que la police refuse de nommer ou désigner les agences de renseignement ou les forces militaires dans un FIR (Amnesty International 2021-11, 12).
Selon les Country Reports 2023, [traduction] « certaines autorités auraient […] refusé d'enregistrer [des FIR], bien que des preuves suffisantes aient été soumises, à moins que le plaignant ne paie un pot-de-vin » ou auraient exigé de l'argent pour financer des enquêtes (É.-U. 2024-04-22, 14). Dans un article publié dans le News International en 2018, l'avocat Muhammad Ahmad Pansota écrivait que [traduction] « [l]es policiers ont tendance à abuser de leur fonction avant et après l'enregistrement d'un FIR. Ainsi, les gens se sentent obligés de verser des gratifications illicites à la police » (Pansota 2018-06-07).
Le rapport du DFAT de l’Australie de 2025 cite des [traduction] « [s]ources au pays » qui affirment que des auteurs de violence fondée sur le genre ont réussi à soudoyer les policiers pour éviter qu’un FIR soit déposé contre eux (Australie 2025-04-30, paragr. 3.208). De plus, un article du Dawn paru en avril 2025 signale que, selon un [traduction] « récent rapport » de l’Unité de surveillance spéciale (Special Monitoring Unit - SMU) du ministre en chef du Pendjab, « l’inefficacité et la corruption » sont présentes à l’échelon des postes de police (2025-04-28). Selon le Dawn, la SMU a écouté et analysé 3 216 appels de personnes qui souhaitaient enregistrer un FIR et a recueilli leurs commentaires, et 1 550 d’entre elles lui ont signalé de multiples problèmes; les plaintes portaient notamment sur [traduction] « "la lenteur du service, l’absence de réponse de la part des autorités concernées ou des policiers, la corruption et le règlement inadéquat des plaintes" » (2025-04-28). La même source ajoute que le rapport fait état de multiples cas où des policiers du Pendjab ont demandé de l’argent à des plaignants avant de consigner leur plainte ou de la traiter; à [traduction] « de nombreuses reprises », les policiers n’ont pas « donné suite rapidement aux plaintes » (Dawn 2025-04-28).
Un article du Dawn signale en outre que, en 2025, un jugement de la Cour suprême a fait état [traduction] « de refus et de retards très fréquents et systématiques » dans l’enregistrement des FIR par la police, qui peuvent avoir de « lourdes conséquences » pour les personnes touchées par des crimes, et qui sont « généralement fréquents » quand les cas se rapportent à des groupes marginalisés (Dawn 2025-09-23).
D’après l’Associated Press of Pakistan (APP), une agence de presse [traduction] « financée par l’État » (BBC 2023-03-21), le jugement de la Cour suprême a précisé que les policiers sont tenus par la loi d’enregistrer les plaintes dans les plus brefs délais, et qu’un policier ne peut pas retarder l’enregistrement d’une plainte (APP 2025-07-11). La même source signale que la Cour suprême a observé une [traduction] « tendance » « inquiétante » à remettre à plus tard l’enregistrement des FIR au Sindh (APP 2025-07-11). Selon cette même source, les raisons qui expliquent cette lenteur sont les croyances religieuses, les tentatives de réconcilier les plaignants, et les pratiques culturelles qui n’étaient [traduction] « pas conformes à la loi » (APP 2025-07-11).
Dans le rapport de 2024 sur le Pakistan publié par le ministère des Affaires étrangères des Pays-Bas, on peut lire qu’il est [traduction] « presque impossible pour les personnes défavorisées » de faire enregistrer un FIR pour « torture », et que les coupables sont donc « peu à risque de subir la moindre conséquence véritable » (Pays-Bas 2024-07-05, paragr. 3.3.9). Selon le rapport des Pays-Bas, cette situation compte parmi les [traduction] « échecs démontrables » de la loi du Pakistan contre la torture et les décès en détention (prévention et sanctions) (Torture and Custodial Death (Prevention and Punishment) Act), adoptée en 2022 dans l’intention de protéger les personnes incarcérées contre la torture infligée par les fonctionnaires (Pays-Bas 2024-07-05, paragr. 3.3.9).
3.3.1 Obligations et voies de droit
Selon le recueil des lois au Pakistan, [traduction] « [l']article 154 [du code de procédure pénale du Pakistan] exige que [l'agent responsable du poste de police] dépose un FIR à la lumière des renseignements qui lui sont transmis, faisant état de la commission d'une infraction recevable, peu importe que ces renseignements soient exacts ou non » (RSIL & NPB du Pakistan 2016-07, 61). La même source ajoute que, [traduction] « [s]uivant la loi, l'enregistrement du FIR est obligatoire dans le cas d'une infraction recevable. Dans le cas des infractions non recevables, l'information doit être saisie dans le registre et, dans l'un ou l'autre cas, la saisie dans le registre ne peut pas être refusée » (RSIL & NPB du Pakistan 2016-07, 61). De même, sur les sites Internet de la police du Pendjab et de la police du Baloutchistan, il est écrit [traduction] « [qu']aucun agent de police n'est autorisé à refuser l'enregistrement d'une affaire » (Pendjab s.d.a; Baloutchistan s.d.). Le CPDI précise que le défaut d'un policier d'enregistrer un FIR [traduction] « est une infraction et peut justifier la prise de mesures disciplinaires contre le policier concerné » (CPDI s.d., 1). Dans un article paru en décembre 2018, le média pakistanais The Nation signale le cas de 2 policiers qui avaient refusé d'enregistrer un FIR à la suite de cambriolages de domicile; un des agents a été suspendu et l'autre a fait l'objet de [traduction] « sanctions internes » (2018-12-31).
Parmi les sources qu'elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n'a trouvé aucun renseignement additionnel sur les mesures disciplinaires qui peuvent être infligées aux policiers qui refusent d'enregistrer un FIR.
D'après les sites Internet de la police du Pendjab et de la police du Baloutchistan, [traduction] « [s]i un crime est signalé et que l’affaire n'est pas enregistrée, la personne ayant signalé le crime doit en informer l'officier subdivisionnaire, le surintendant de la police ou l'officier de district chargé du maintien de l'ordre dans le secteur concerné » (Pendjab s.d.a; Baloutchistan s.d.). De même, dans le guide sur les FIR à l'intention des citoyens, le CPDI signale que, si la police refuse d'enregistrer un FIR, le plaignant peut porter plainte à l'officier de district (District Police Officer – DPO), à l'officier de la capitale (Capital City Police Officer – CCPO) ou à [traduction] « d'autres agents supérieurs », y compris l'inspecteur général adjoint de la police (Deputy lnspector General – DIG), ou encore l'officier provincial (Provincial Police Officer – PPO), qui peut ordonner l'enregistrement d'un FIR s'il est « convaincu » par la plainte (CPDI s.d., 3). D'après le guide du CPDI, il est également possible de porter plainte auprès de l'Autorité du district pour la sécurité publique et les plaintes contre la police (District Public Safety and Police Complaints Authority) ou de déposer une plainte privée devant un tribunal (CPDI s.d., 3). Dans son rapport sur les disparitions forcées, Amnesty International souligne que, parmi les 8 familles de personnes disparues qui ont été interrogées, 2 [traduction] « ont dû déposer des requêtes auprès de la Cour suprême du Pakistan pour obtenir l'enregistrement d'un FIR » (2021-11, 12).
Selon le rapport du DFAT de l’Australie de 2025, l’armée pakistanaise a fait pression sur la police pour que des FIR soient déposés contre des membres du Tehreek-e-Labbaik [5] qui ont tenté de [traduction] « profaner » des mosquées ahmadies en 2023, afin de renforcer la protection offerte aux Ahmadis (Australie 2025-04-30, paragr. 3.92). Parmi les sources qu’elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n’a pas trouvé de renseignements additionnels ni d’autres renseignements allant dans le même sens.
3.4 Enregistrement de faux FIR
Selon les Country Reports 2023, [traduction] « [c]ertaines » autorités enregistreraient des FIR contre des détenus dans le but de les « harceler » ou de les « intimider » (É.-U. 2024-04-22, 14). L’organisation Amnesty International signale des cas où, à la suite de manifestations contre les disparitions forcées en 2021, des policiers auraient enregistré des FIR contre des manifestants pour avoir [traduction] « "bloqué la route" » ou pour avoir « désobéi à la loi » alors qu'ils participaient à une marche pacifique (2022-08-11, 17). La HRCP, dans un rapport sur la liberté de réunion pacifique, signale de même plusieurs cas d'enregistrement de FIR par des policiers contre des manifestants ou des participants à des rassemblements dans diverses régions du Pakistan (2022-04, 96, 97). Dans un rapport sur les violences intercommunautaires au Pakistan, l'International Crisis Group (Crisis Group) signale que, selon un haut fonctionnaire de lutte contre le terrorisme interrogé en mai 2022, [traduction] « [l]a police continue d'enregistrer des FIR contre les organisateurs de processions chiites » (2022-09-05, 16). La même source souligne, citant des entrevues avec des militants des droits de la personne, des avocats et des employés de la HRCP, que la police [traduction] « a même déposé des FIR contre des personnes » pour avoir reçu « des contenus prétendument blasphématoires sur leur téléphone portable » (Crisis Group 2022-09-05, 12).
La HRCP signale le cas d'un FIR enregistré par la police contre 9 résidents de Nagar Colonie, à Gilgit, qui manifestaient contre des coupures de courant; le FIR a ensuite été annulé par le tribunal principal (chief court) qui a estimé que les résidents avaient le droit de manifester pacifiquement (2021, 174). Dans son rapport sur l’état des droits de la personne en 2021, la HRCP souligne aussi un cas au Baloutchistan où la police a enregistré un FIR contre des étudiants qui manifestaient contre des irrégularités dans les tests d'admission à un collège de médecine pour ensuite les arrêter, puis les relâcher (2022, 117). Les étudiants se sont remis à manifester, puis contre l'enregistrement du FIR et le gouvernement, après [traduction] « quelques jours », a retiré le FIR (HRCP 2022, 117).
La HRCP souligne par ailleurs une [traduction] « pratique dangereuse » des autorités qui consiste à enregistrer des FIR contre des centaines, voire des milliers de « "personnes non-identifiées" » (2022-04, 103). Les Country Reports 2021 font état de l'enregistrement de 2 FIR contre 3 150 travailleurs [traduction] « connus et inconnus » du Mouvement démocratique du Pakistan (Pakistan Democratic Movement) en vertu de l'ordonnance du Pendjab sur les maladies infectieuses à la suite d'un rassemblement à Multan (É.-U. 2022-04-12, 40).
Dans un rapport sur les lois contre le blasphème en Asie, la Commission des États-Unis sur la liberté de religion internationale (US Commission on International Religious Freedom – USCIRF) explique ce qui suit au sujet des FIR :
[traduction]
Ces systèmes de plainte existent dans plusieurs pays d'Asie du Sud et du Sud-Est. Étant donné que tout particulier peut déposer une plainte, les FIR ne sont pas toujours déposés de bonne foi et peuvent être utilisés pour favoriser des vendettas personnelles, ternir des réputations ou attirer une attention négative (É.-U. 2020, 40, notes de bas de page omises).
Selon l'article de Muhammad Ahmad Pansota, [traduction] « [l']enregistrement de faux FIR pour dénoncer des personnes innocentes par animosité personnelle est une pratique courante au Pakistan » (2018-06-07). Un article publié en septembre 2022 dans le Nation par Syed Kaleem Imam, ancien inspecteur général de police, et Hammad Rohila, un avocat en droit des affaires, signale de même que la tâche du ministère public est alourdie par les actions de [traduction] « membres de l'élite au pouvoir et de téméraires » qui déposent de fausses plaintes pour se venger ou pour exercer un pouvoir sur d'autres personnes (Imam & Rohila 2022-09-12).
Des sources signalent qu'un journaliste, rédacteur au Express Tribune, a été arrêté en septembre 2020, à cause d'un FIR enregistré contre lui par un plaignant qui alléguait avoir découvert du matériel [traduction] « "hautement répréhensible" », y compris contre l'armée pakistanaise, sur ses comptes Twitter et Facebook (HRCP 2021, 61; Dawn 2020-09-11). Le Dawn signale que, selon les renseignements apparaissant dans le FIR, le plaignant était un citoyen privé (2020-09-11). Des sources soulignent que, selon le Syndicat des journalistes de Karachi (Karachi Union of Journalists – KUJ), son arrestation faisait partie d'une campagne visant à [traduction] « museler » les voix indépendantes (HRCP 2021, 61; Dawn 2020-09-11). La HRCP signale, dans son rapport sur les droits de la personne en 2020, qu'après [traduction] « plusieurs heures » en détention, le journaliste a été libéré sous caution (2021, 61).
Des sources font état d'un FIR enregistré contre un journaliste pour [traduction] « "propagande négative" » visant l'armée pakistanaise (HRCP 2021, 138, 217; The Express Tribune 2020-09-15; Dawn 2020-09-15) et d'autres institutions de l'État (The Express Tribune 2020-09-15; Dawn 2020-09-15). Des médias soulignent que l'arrestation a eu lieu en septembre 2020 et signalent que le FIR avait été enregistré par un résident de Rawalpindi, au Pendjab (The Express Tribune 2020-09-15; Dawn 2020-09-15). Dans son rapport sur les droits de la personne en 2021, la HRCP signale en outre qu'au cours des 4 dernières années, les cas de [traduction] « faux FIR » enregistrés contre des journalistes ont augmenté au Gilgit-Baltistan (2022, 180).
Dans une déclaration faite en mars 2025, Amnesty International parle d’une [version française d’Amnesty International] « répression » exercée par les autorités pakistanaises contre les militants baloutches à Quetta et à Karachi, notamment par l’enregistrement de « nombreux faux procès-verbaux introductifs [FIR] et [l’usage] de la détention provisoire au titre de l’Ordonnance sur le maintien de l’ordre public » (2025-03-27).
De même, selon le rapport du DFAT de l’Australie de 2025, des membres du mouvement Pashtun Tahafuz, un mouvement de protection des droits des Pachtounes issu de manifestations de jeunes en 2018 et classé comme [traduction] « organisation terroriste » par le gouvernement du Pakistan en 2024, ont été arrêtés et ont déclaré que de «" faux" FIR » avaient été déposés contre eux et également qu’ils avaient été « torturés en détention » (Australie 2025-04-30, paragr. 3.148, 3.150).
D’après Amnesty International, dans la période entourant les fêtes religieuses musulmanes telles que l’Aïd el Kebir, en juin 2024, des FIR ont été enregistrés contre 14 membres de la communauté ahmadie en vertu des lois contre le blasphème; plusieurs de ces FIR ont été déposés par des [version française d’Amnesty International] « partisans du Tehreek-e-Labbaik Pakistan […], un parti connu pour alimenter les discours de haine et la violence à l’égard des minorités religieuses au Pakistan » (2024-06-21).
D’après le rapport des Pays-Bas de 2024, [traduction] « une source » a affirmé qu’il est « assez facile » d’inclure de faux renseignements dans un FIR; à titre d’exemple, cela « se produit dans le cas des fausses accusations contre des Ahmadis » (2024-07-05, paragr. 3.3.2). Le rapport des Pays-Bas signale aussi que [traduction] « les pots-de-vin, les menaces, l’influence politique et les relations personnelles » peuvent permettre d’obtenir un FIR (Pays-Bas 2024-07-05, paragr. 3.3.2). La même source précise que la rapidité du traitement d’un FIR peut être influencée par [traduction] « le statut, le pouvoir et les moyens financiers » de la personne qui porte plainte (Pays-Bas 2024-07-05, paragr. 3.3.2).
3.4.1 Protection
Le CPDI du Pakistan souligne, dans son guide, qu'une personne qui communique une fausse information à la police ou l'induit en erreur peut être poursuivie en vertu de l'article 182 du Code pénal du Pakistan, que celle qui refuse de signer son FIR peut être poursuivie en vertu de l'article 180, et que celle qui dépose une fausse accusation d'infraction dans l'intention de nuire à une autre personne peut être poursuivie en vertu de l'article 211 (s.d., 2).
Le Code pénal du Pakistan (The Pakistan Penal Code, 1860), modifié en 2017, prévoit ce qui suit :
[traduction]
180. Refus de signer une déclaration. Quiconque refuse de signer sa déclaration alors qu'un fonctionnaire légalement compétent pour exiger qu'il signe cette déclaration exige qu'il signe, est passible d'une simple peine d'emprisonnement pouvant aller jusqu'à trois mois, ou d'une amende pouvant aller jusqu'à [1 500 roupies (7,49 $CAN)], ou les deux.
[…]
182. Fournir de faux renseignements dans l'intention qu'un fonctionnaire utilise ses pouvoirs pour porter préjudice à une autre personne. Quiconque donne à un fonctionnaire une information qu'il sait ou croit fausse, dans l'intention de faire en sorte, ou qui sait qu'elle est susceptible de faire en sorte que –
- ce fonctionnaire fasse ou omette de faire quoi que ce soit qu'il ne devrait pas faire ou omettre de faire s'il connaissait l'état réel des faits, ou
- ce fonctionnaire utilise ses pouvoirs et cause un préjudice ou des ennuis à quiconque, est passible d'une peine d'emprisonnement de l'une ou l'autre description d'une durée [pouvant aller jusqu'à –
- sept ans lorsque les faux renseignements fournis se rapportent à une infraction passible de la peine de mort;
- cinq ans lorsque les faux renseignements fournis se rapportent à une infraction passible de l'emprisonnement à perpétuité;
- un quart de la plus longue peine d'emprisonnement prévue ou de l'amende prévue pour l'infraction lorsque les faux renseignements fournis se rapportent à une infraction qui n'est pas visée aux alinéas (a) ou (b).]
[…]
211. Porter de fausses accusations avec l'intention de causer un préjudice. Quiconque, avec l'intention de causer un préjudice à une personne, engage ou fait engager une procédure pénale contre cette personne, ou accuse faussement une personne d'avoir commis une infraction, sachant qu'il n'y a pas de motif juste ou légitime pour une telle procédure ou accusation contre cette personne, devra purger une peine d'emprisonnement de l'une ou l'autre description d'une durée maximale de deux ans, ou devra payer une amende, ou les deux;
en outre, si une telle procédure pénale est engagée sur le fondement d'une fausse accusation relative à une infraction punissable de mort, [d'emprisonnement à perpétuité] ou d'emprisonnement pour une durée minimale de sept ans, la peine d'emprisonnement de l'une ou l'autre description sera d'une durée maximale de sept ans et sera également passible d'une amende (Pakistan 1860, en gras et entre crochets dans l’original, notes de bas de page omises).
Sur les sites Internet de la police du Pendjab et du Baloutchistan, on peut cependant lire que
[traduction]
[l']article 182 du code pénal du Pakistan prévoit l'infliction d'une peine maximale de six mois d'emprisonnement ou d'une amende, ou les deux, à quiconque fait délibérément enregistrer une fausse affaire. Toutefois, l'article établit une infraction non recevable, c'est-à-dire que la police ne peut pas enregistrer automatiquement une plainte au titre de l'article 182. Un tribunal doit ordonner à la police d'agir contre une personne visée à l'article 182 [...] (Pendjab s.d.a; Baloutchistan s.d.).
Parmi les sources qu'elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n'a pas trouvé d'exemples de poursuites en vertu de ces articles du Code pénal du Pakistan. Syed Kaleem Imam et Hammad Rohila déclarent, au sujet des faux FIR, que bien que les fausses déclarations devant des agents publics soient criminalisées, le problème est plutôt de [traduction] « trouver la volonté d'utiliser [le Code pénal] plus souvent » afin de les contrer (2022-09-12).
4. Copies
4.1 Possibilité d'obtenir une copie
Des sources signalent que le plaignant qui enregistre un FIR a le droit d'en obtenir une copie (Pendjab s.d.a; Baloutchistan s.d.; CPDI Pakistan s.d., 2) sans frais (CPDI Pakistan s.d., 2). De même, l’associé a affirmé en 2025 qu’une copie du FIR est remise au plaignant (2025-11-24). D'après les sites Internet de la police du Pendjab et celle du Baloutchistan, [traduction] « [u]ne copie certifiée du FIR, signée par un agent et portant le timbre du poste de police, doit être remise à la personne qui signale l'infraction » (Pendjab s.d.a; Baloutchistan s.d.). De même, l’associé administratif, dans une communication écrite envoyée en 2025, a déclaré que le plaignant reçoit une copie du FIR estampillée (2025-11-25). Le guide du CPDI du Pakistan rappelle aux citoyens que s'ils enregistrent un FIR, il est de leur droit d'obtenir une copie du FIR gratuitement et qu'ils devraient toujours la demander, [traduction] « si la police ne la [leur] donne pas » (s.d., 2).
Parmi les sources qu'elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches a trouvé peu d'information au sujet des personnes qui sont autorisées à demander une copie d'un FIR. Dans une communication écrite envoyée à la Direction des recherches, un avocat de la Cour suprême (Supreme Court) a affirmé en 2011 que [traduction] « les FIR sont accessibles à tous » (avocat de la Cour suprême 2011-09-14). L’associé a affirmé dans sa communication écrite en 2025 que toute personne accusée d’une infraction dans un FIR, de même que n’importe qui d’autre, peuvent obtenir des copies de FIR en s’adressant à la cour, au poste de police concerné ou au procureur public, puisque les FIR sont des documents publics (2025-11-24). Un rapport de l'Agence frontalière (Border Agency) du Royaume-Uni publié en 2011 signale que le 2 octobre 2008, au cours d'un entretien avec la Commission nationale pour la justice et la paix (National Commission for Justice and Peace – NCJP), [traduction] « un organisme chrétien de défense des droits de la personne au Pakistan », celle-ci avait souligné que [traduction] « "même la presse peut réussir [à obtenir] des copies de FIR" » (R.-U. 2011-01-17, paragr. 19.31). Parmi les sources qu'elle a consultées, la Direction des recherches a trouvé plusieurs exemples de médias qui signalent détenir des copies de FIR (The Express Tribune 2022-11-29; Dawn 2022-10-11; The News International 2022-06-16).
Certaines sources ont affirmé en 2011 que les FIR n'étaient pas des documents publics (Pakistan 2011-12-19; avocat à Karachi 2011-10-07). Cependant, dans une communication écrite envoyée à la Direction des recherches, également en 2011, un avocat de la Haute Cour à Lahore a affirmé que les FIR étaient des documents publics et qu'il était possible, [traduction] « mais pas toujours facile », d'en obtenir des copies (avocat de la Haute Cour à Lahore 2011-09-28). Dans sa communication écrite de 2025, l’avocat de la Haute Cour à Sialkot a déclaré que, bien que les FIR soient en principe des documents publics, ils ne sont pas automatiquement distribués à des tiers; pour obtenir une copie, un tiers doit généralement remplir une demande officielle adressée à l’agent responsable du poste ou au surintendant de police (2025-11-25). Selon des sources citées dans le rapport des Pays-Bas de 2024, [traduction] « dans certains cas », un FIR peut être montré à un tiers sur « demande spéciale » au poste de police (Pays-Bas 2024-07-05, paragr. 3.3.2). Le même rapport fait observer qu’il y a des renseignements contradictoires sur la question de savoir si tous les FIR sont ou non considérés comme des documents publics (Pays-Bas 2024-07-05, paragr. 3.3.2).
4.2 Exigences et marche à suivre pour obtenir une copie
Parmi les services offerts dans les Centres de service de la police du Pendjab, le PITB nomme la délivrance de copies de FIR (Pendjab s.d.d). Les sites Internet de la police du Pendjab et celle du Territoire fédéral de la capitale Islamabad signalent qu'il est possible d'obtenir une copie d'un FIR d'un Centre de service de la police en fournissant quelques informations de base : l'original ainsi que 2 copies de la CNIC du demandeur, la raison pour laquelle une copie du FIR est réclamée, le numéro du FIR et le nom du commissariat de police [où il a été enregistré] ainsi qu'une copie des [traduction] « documents pertinents » (Territoire fédéral de la capitale Islamabad s.d.b; Pendjab s.d.e). Les mêmes sources annoncent que le service est gratuit et disponible en 5 à 10 minutes (Territoire fédéral de la capitale Islamabad s.d.b; Pendjab s.d.e).
L'avocat de la Haute Cour à Lahore a affirmé que, bien que le plaignant ait le droit d'obtenir une copie du FIR en tout temps, dans certains cas, il peut s'avérer [traduction] « difficile » de l'obtenir sans verser un pot-de-vin à la police (avocat de la Haute Cour à Lahore 2019-11-28).
Parmi les sources qu'elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n'a trouvé aucun renseignement sur la disponibilité de copies de FIR dans les autres provinces du Pakistan.
4.3 Obtenir une copie par l'intermédiaire d'un mandataire, par procuration, ou à partir de l'étranger
Parmi les sources qu'elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches a trouvé peu d'information depuis 2011 sur la possibilité d'obtenir une copie d'un FIR à partir de l'étranger et/ou par l'intermédiaire d'un mandataire.
Les renseignements contenus dans le paragraphe suivant ont été fournis par un avocat établi à Karachi dans une communication écrite envoyée à la Direction des recherches en 2011 :
[traduction] « [I]l n'est pas possible pour une personne à l'étranger d'obtenir une copie certifiée d'un FIR par l'intermédiaire d'un mandataire ». « [L]a seule personne qui a le droit d'obtenir une copie (normalement une copie conforme du FIR) est le plaignant. Les autorités policières ne donnent de copie à personne d'autre ». Il est « pratiquement » impossible d'obtenir une copie d'un FIR « de quelque façon que ce soit [et] par l'intermédiaire de quiconque ». L'obtention d'une copie pourrait prendre plusieurs années et aller jusqu'en Cour suprême. L'incapacité d'obtenir des FIR par l'intermédiaire d'un mandataire s'applique à toutes les régions du Pakistan. Il est possible d'obtenir une copie non certifiée d'un FIR en soudoyant la police (avocat à Karachi 2011-10-07). Parmi les sources qu'elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n'a pas trouvé d'autres renseignements allant dans le même sens.
Cependant, dans une communication écrite envoyée à la Direction des recherches, un représentant du haut-commissariat du Canada au Pakistan a déclaré en septembre 2011 [traduction] « [qu'] une personne n'a qu'à se présenter, demander le document au nom d'une autre, et elle recevra une copie conforme du FIR sur laquelle sera apposé un timbre à l'encre du bureau » (Canada 2011-09-08). La même source a affirmé qu'un membre du Groupe de lutte contre la fraude (Anti-Fraud Group) du haut-commissariat qui s'était informé auprès du secrétariat de police à Islamabad au sujet de l'obtention de copies de FIR s'était fait dire que [traduction] « tout le monde au Pakistan peut obtenir une copie certifiée d'un FIR pour une autre personne » (Canada 2011-09-08). L'avocat de la Haute Cour à Lahore a de même affirmé en 2011 qu'une procuration n'était pas nécessaire pour obtenir une copie de FIR (avocat de la Haute Cour à Lahore 2011-09-28).
D'après le représentant du haut-commissariat du Canada au Pakistan, le secrétariat de police avait déclaré [traduction] « [qu']il n'y a pas de marche à suivre précise en place pour les ressortissants à l'étranger qui désirent obtenir une copie certifiée d'un FIR par l'intermédiaire d'un mandataire » (Canada 2011-09-08). Cependant, dans une communication écrite envoyée à la Direction des recherches en 2011, un représentant du haut-commissariat du Pakistan à Ottawa a déclaré qu'une procuration selon laquelle le demandeur autorise le mandataire à aller chercher une copie du FIR en son nom est requise (Pakistan 2011-12-19).
Les renseignements contenus dans le paragraphe suivant ont été fournis par un représentant du haut-commissariat du Pakistan à Ottawa dans 2 communications écrites envoyées à la Direction des recherches en 2011 :
Le demandeur doit s'adresser à un notaire public pour faire authentifier la procuration (Pakistan 2011-12-19) et y mentionner la raison pour laquelle il a besoin du FIR (Pakistan 2011-09-14). Après avoir fait authentifier la procuration par un notaire, le demandeur doit apporter la lettre au haut-commissariat du Pakistan pour la faire attester; son identité et sa signature seraient alors vérifiées, puis un sceau et un timbre seraient apposés sur le document (Pakistan 2011-12-19). Le haut-commissariat du Pakistan à Ottawa impose des frais de 20 $CAN pour l'attestation et met [traduction] « quelques jours » pour la délivrer (Pakistan 2011-09-14). Le demandeur doit envoyer la procuration au mandataire au Pakistan avec une copie de sa pièce d'identité (Pakistan 2011-12-19). Le mandataire doit ensuite apporter la procuration et la copie de la pièce d'identité du demandeur au poste de police où le FIR a été enregistré (Pakistan 2011-12-19). Le mandataire doit ensuite montrer sa propre pièce d'identité pour obtenir une copie du FIR du demandeur (Pakistan 2011-12-19). Le représentant a souligné qu'il n'avait pas encore reçu de demandes d'attestation de procurations en vue d'obtenir un FIR (Pakistan 2011-09-14). Sauf pour un mandataire qui suit la procédure afin d'obtenir un FIR, la police ne divulguera un FIR à quiconque n'est pas concerné par l'affaire (Pakistan 2011-12-19).
Bien que le représentant du haut-commissariat du Canada au Pakistan ait affirmé en 2011 que, selon le secrétariat de police, un mandataire n'a pas besoin d'un affidavit ni d'une lettre notariée, il a recommandé qu'un demandeur à l'étranger signe et fasse authentifier par un notaire une lettre qui donne au mandataire l'autorisation d'obtenir une copie certifiée du FIR en son nom (Canada 2011-09-08).
Le site Internet de la police du Pendjab mentionne des services de PKM « Global » qui sont fournis dans les missions diplomatiques du Pakistan, dont le consulat général du Pakistan à Toronto (Pendjab s.d.f). Pour y obtenir une copie d'un FIR, le demandeur peut se présenter en personne ou envoyer un membre de sa famille avec un [traduction] « consentement écrit », fournir son numéro de CNIC, le numéro du FIR et le nom du poste de police où il a été enregistré (Pendjab s.d.f).
4.4 En ligne
Selon l'article du Express Tribune de 2022, les plaignants peuvent obtenir une copie informatisée de leur FIR dans les provinces du Khyber Pakhtunkhwa et du Pendjab (The Express Tribune 2022-09-17). Le site Internet du PKM Kiosk donne l'option de commander en ligne une copie de FIR pour le Pendjab (Pendjab s.d.g).
Sans fournir d’autres précisions, l’avocat de la Haute Cour à Sialkot a affirmé que n’importe qui peut télécharger une copie d’un FIR en se connectant à une application (comme celle de la police du Pendjab) et en remplissant le formulaire en ligne (2025-11-25). Selon des sources citées dans le rapport de 2024 des Pays-Bas, il est possible d’accéder en ligne à certains FIR, mais pas à tous, via le portail des citoyens du Pakistan, au moyen d’un numéro de CNIC (Pays-Bas 2024-07-05, paragr. 3.3.2).
4.5 Vérifications de FIR
Parmi les sources qu'elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches a trouvé peu d'information sur la vérification de FIR.
L'avocat de la Haute Cour à Lahore a affirmé en 2011 que, si un [traduction] « organisme étranger a besoin de faire vérifier le FIR, il peut présenter une demande au chef de police de la ville en question » (avocat de la Haute Cour à Lahore 2011-09-28).
Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais fixés. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile. Veuillez trouver ci-dessous les sources consultées pour la réponse à cette demande d'information.
Notes
[1] Une infraction recevable est [traduction] « une infraction pour laquelle la police peut arrêter une personne sans mandat. La police est autorisée à lancer une enquête sur un cas recevable de sa propre initiative et elle n'a pas besoin d'une ordonnance de la cour pour ce faire » (CPDI Pakistan s.d., 2). Une infraction non recevable est [traduction] « une infraction pour laquelle la police n'a pas le pouvoir d'arrêter une personne sans mandat. La police ne peut pas lancer une enquête sur une telle infraction sans l'autorisation de la cour » (CPDI Pakistan s.d., 2).[retour]
[2] Le recueil des lois sur la police et des procédures pénales a été publié par la Société de recherche sur le droit international (Research Society of International Law – RSIL) du Pakistan et le Bureau de la police nationale (National Police Bureau – NPB) du ministère de l'Intérieur du Pakistan (RSIL & NPB du Pakistan 2016-07, iii). La RSIL est décrite comme [traduction] « un groupe de réflexion qui veut favoriser une plus grande sensibilisation nationale et internationale aux normes et obligations du droit international » au Pakistan, notamment au moyen de recherches et de publications (RSIL & NPB du Pakistan 2016-07, 11).[retour]
[3] Selon le Oxford Advanced Learner's Dictionary, le mot challan signifie soit [traduction] « un document qui contient une déclaration officielle de la police selon laquelle quelqu'un a commis un crime ou une infraction routière », soit « un formulaire officiel ou un document concernant un paiement » (Oxford Advanced Learner's Dictionary s.d.).[retour]
[4] L’information présentée dans l’article sur l’adoption de la technologie par la police d’Islamabad repose sur des entrevues menées entre novembre 2022 et mars 2023 avec 10 préposés à l’accueil de divers postes de police d’Islamabad et 11 personnes qui avaient déposé un FIR dans les 18 mois précédant les entrevues (Salman et al. 2023-09-15, 14).[retour]
[5] Le Tehreek-e-Labbaik est un [traduction] « groupe islamiste d’extrême droite » qui a été interdit par le gouvernement en 2021 et s’est reconstitué en tant que parti politique en novembre 2023 (R.-U. 2025-12-01, paragr. 11.1.2).[retour]
Références
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Autres sources consultées
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Documents annexés
- Pakistan. 2017. Spécimen de FIR en anglais. Envoyé à la Direction des recherches par le militant, 2018-12-20. Traduit vers le français par le Bureau de la Traduction, Services publics et Approvisionnement Canada.
- Pakistan. S.d. Traductions vers l’anglais et vers le français d’un spécimen de FIR tapé en urdu et délivré à Lahore. Document original envoyé à la Direction des recherches par le militant, 2018-12-20. Traduit par le Bureau de la Traduction, Services publics et Approvisionnement Canada.
- Pakistan. S.d. Traductions vers l’anglais et vers le français d’un spécimen de FIR écrit à la main en urdu et délivré à Lahore. Document original envoyé à la Direction des recherches par le militant, 2018-12-20. Traduit par le Bureau de la Traduction, Services publics et Approvisionnement Canada.
- Pakistan. 2025. Traductions vers l’anglais et vers le français d’un spécimen de FIR généré automatiquement en urdu et délivré à Bhawana. Document original envoyé à la Direction des recherches par l’avocat de la Haute Cour à Sialkot, 2025-12-10. Traduit par le Bureau de la Traduction, Services publics et Approvisionnement Canada.
- Pakistan. 2023. Traductions vers l’anglais et vers le français d’un spécimen de FIR généré automatiquement en urdu et délivré à Sialkot. Document original envoyé à la Direction des recherches par l’avocat de la Haute Cour à Sialkot, 2025-12-10. Traduit par le Bureau de la Traduction, Services publics et Approvisionnement Canada.
- Pakistan. 2025. Traductions vers l’anglais et vers le français d’un spécimen de FIR généré automatiquement en urdu et délivré à Lahore. Document original envoyé à la Direction des recherches par l’avocat de la Haute Cour à Sialkot, 2025-12-10. Traduit par le Bureau de la Traduction, Services publics et Approvisionnement Canada.