Direction des recherches, Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada
1. Portrait de la situation relative aux gangs et au crime organisé
Dans un rapport publié par Infosegura [1] reposant sur des données du gouvernement du Guatemala, on peut lire que le trimestre allant de janvier à mars 2024 est celui où le Guatemala a enregistré son taux d’homicides moyen le plus bas depuis janvier 2019 (2024-05-08). S’appuyant sur des chiffres officiels, Diálogos, un groupe de réflexion guatémaltèque qui [traduction] « encourage la formation, la recherche et l’innovation fondées sur des données et des éléments factuels au sein des autorités publiques et des organisations de la société civile ainsi que chez les journalistes » (ACLED s.d.), signale qu’il y a eu 16,1 homicides par tranche de 100 000 habitants en 2024, et 16,7 en 2023 (Diálogos 2025-01-21). Des sources font observer que le taux d’homicides est en baisse (Infosegura 2024-05-08; Diálogos 2025-01-21) depuis 2009 (Diálogos 2025-01-21). Toutefois, selon Diálogos, les cas d’extorsion ont augmenté de 39 % de 2023 à 2024, passant de 18 096 à 25 151 (2025-01-21).
D’après l’avis aux voyageurs pour le Guatemala, publié par le Conseil consultatif de sécurité outre-mer (Overseas Security Advisory Council – OSAC) des États-Unis, bien que le taux d’homicides au Guatemala soit en baisse, il demeure [traduction] « élevé », notamment en raison du trafic de drogues et de la violence liée aux gangs (É.-U. 2024-03-12, 2). De même, dans ses conseils aux voyageurs pour le Guatemala, le gouvernement du Canada souligne que les crimes violents sont [version française du Canada] « courants » et se produisent « dans tout le pays », « [l]a plupart des incidents » étant liés à la drogue et aux gangs (Canada 2024-03-04). L’OSAC souligne que la [traduction] « majorité » des crimes liés à la drogue se produisent le long de la frontière qui sépare le Guatemala et le Mexique (É.-U. 2024-03-12, 3). Selon l’indice de transformation de la Fondation Bertelsmann (Bertelsmann Stiftung's Transformation Index – BTI) de 2024, qui [traduction] « examine la transition vers la démocratie et l’économie de marché ainsi que la qualité de la gouvernance dans 137 pays », le trafic de drogues est un « facteur déterminant » de la violence dans « plusieurs régions éloignées » (Bertelsmann Stiftung 2024, 2, 31).
Des sources signalent que, depuis mars 2022, la répression que fait subir le gouvernement du Salvador aux gangs a poussé des milliers de membres de gang à se réfugier dans des pays à proximité, dont le Guatemala (S-RM 2023-07-17; BBC 2025-05-22).
1.1 Acteurs
Selon InSight Crime, un groupe de réflexion et média se concentrant sur la question du crime organisé dans les Amériques (InSight Crime s.d.), il existe [traduction] « une multitude » de groupes criminels actifs au Guatemala, certains « très complexes [et d’autres] rudimentaires », dont des organisations mexicaines et colombiennes de narcotrafic (2024-01-18). Le Laboratoire sur les migrations et l’asile (Migration and Asylum Lab) de l’Université de Stanford, qui fournit une [traduction] « analyse impartiale » des conditions dans les pays, désigne Los Huistas, la Mara Salvatrucha (MS-13) et le Barrio 18 [gang de la 18e Rue] comme acteurs criminels « majeurs » au Guatemala, au même titre que le Cartel de Jalisco Nouvelle Génération (Cartel Jalisco Nueva Generación – CJNG), Los Zetas et le Cartel de Sinaloa, des organisations criminelles mexicaines (Migration and Asylum Lab 2023-11, ii, 5).
L’Initiative mondiale contre la criminalité organisée transnationale (Global Initiative Against Transnational Organized Crime – GI-TOC), [traduction] « une organisation indépendante de la société civile dont le siège est à Genève » (GI-TOC s.d.), écrit à propos du Guatemala dans son indice du crime organisé de 2023 que les cartels mexicains contrôlent [traduction] « une grande partie » du trafic de drogues au Guatemala et travaillent avec des groupes criminels locaux (2023, 5). D’après le BTI de 2022, les groupes criminels locaux interagissent avec des organisations transnationales de narcotrafic [traduction] « sans recourir à la violence » (Bertelsmann Stiftung 2022, 6).
Des sources signalent que d’anciens militaires [et agents du renseignement (InSight Crime 2024-01-18)] ainsi que des policiers, des fonctionnaires et des trafiquants de drogue œuvrent au sein des organisations criminelles guatémaltèques (GI-TOC 2023, 5; InSight Crime 2024-01-18). Les mêmes sources soulignent que les organisations criminelles guatémaltèques [traduction] « collaborent étroitement » avec certains secteurs du gouvernement (InSight Crime 2024-01-18) ou [traduction] « créent des alliances avec des acteurs de tous les échelons gouvernementaux » (GI-TOC 2023, 4). Selon le BTI de 2022, au lieu d’utiliser la violence, les [traduction] « groupes armés non étatiques » se tournent de plus en plus vers « la corruption et la création de liens solides entre le milieu criminel et la sphère politique » pour protéger leurs intérêts commerciaux illicites (Bertelsmann Stiftung 2022, 6).
1.2 Activités
Des sources soulignent que les groupes criminels au Guatemala sont impliqués dans les activités criminelles suivantes :
- culture de marijuana, de pavot à opium et de coca;
- traite de personnes et trafic de drogues et d’armes;
- enlèvements;
- blanchiment d’argent;
- extorsion (GI-TOC 2023, 5; InSight Crime 2024-01-18).
Selon un article paru dans le quotidien guatémaltèque Prensa Libre qui fait mention de statistiques de la Police nationale civile (Policía Nacional Civil – PNC) du Guatemala couvrant une période de 2 ans, parmi les crimes les plus souvent signalés au centre d’appels et sur la plateforme en ligne du gouvernement [traduction] « Échec au crime » (Crime Stoppers) figurent le trafic de drogues et d’autres crimes liés à la drogue, suivis de la traite de personnes (Prensa Libre 2024-01-03).
Selon le BTI de 2024, dans les zones urbaines, les gangs criminels ont modifié leurs activités pour se concentrer [traduction] « davantage sur la vente de drogues et la petite extorsion », et moins sur les affrontements avec d’autres gangs au sujet du territoire (Bertelsmann Stiftung 2024, 32). La Prensa Libre cite les propos du directeur de la PNC, selon lesquels le Barrio 18 et la MS-13 tentent depuis juillet 2024 de dominer le marché illicite de la drogue au pays (2025-08-01).
Des sources signalent que les [traduction] « grandes » prisons (É.-U. 2024-04-22, 6) ou les prisons [traduction] « les plus importantes » (Bertelsmann Stiftung 2024, 14) du pays sont sous l’emprise de groupes criminels (Bertelsmann Stiftung 2024, 14; É.-U. 2024-04-22, 6). Des sources soulignent que des prisonniers se livraient à des activités illégales [traduction] « tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des prisons » (É.-U. 2024-04-22, 6) ou que des chefs de gang [traduction] « coordonnaient » leurs activités de l’intérieur des prisons (GI-TOC 2023, 6). Selon InSight Crime, [traduction] « il est connu que des prisonniers dirigent des rackets d’extorsion, des réseaux de marché noir et la vente de drogues de l’intérieur des prisons » (2024-01-18). D’après l’Agence France-Presse (AFP), le président du Guatemala a qualifié une prison, reprise depuis par les forces de l’ordre, de [traduction] « "quartier général" » pour la perpétration d’activités criminelles comme l’extorsion, le trafic de drogues et les assassinats sur commande (2024-11-06). Des médias signalent que, selon [traduction] « les autorités », les demandes exigeant le recours à l’extorsion proviennent pour « la plupart » de l’intérieur des prisons (ChapinTV 2025-02-25; AFP 2024-11-06).
1.3 Zones d’opération
D’après l’avis aux voyageurs publié par l’OSAC, la [traduction] « majeure partie » des crimes liés au trafic de drogues se produisent près de la frontière avec le Mexique; les groupes criminels sont « très présents » dans les départements de San Marcos et de Huehuetenango, alors que la présence des forces de l’ordre y est « limitée » (É.-U. 2024-03-12, 3). Il est écrit dans un article de la Prensa Libre, où sont reprises des statistiques de la PNC concernant les signalements reçus par son centre d’appels relativement aux crimes et sur la plateforme en ligne, que le crime le plus signalé dans les départements de Quetzaltenango, de San Marcos, de Chiquimula, de Zacapa et de Petén est le trafic de drogues, tandis que dans le Suchitepéquez, il s’agit en parts égales du trafic de drogues et des assassinats sur commande (2024-01-03).
Les renseignements contenus dans le paragraphe qui suit ont été fournis par un représentant du projet de données sur les lieux et les évènements de conflits armés (Armed Conflict Location & Event Data – ACLED), une organisation sans but lucratif établie aux États-Unis qui recueille des données sur les conflits violents et les manifestations dans diverses régions du monde (ACLED s.d.), dans une communication écrite envoyée à la Direction des recherches.
La violence des gangs est [traduction] « très concentrée » dans le département de Guatemala, notamment dans la ville de Guatemala et dans les « municipalités environnantes », comme Mixco, Villa Nueva, San Pedro Ayampuc, Santa Catarina Pinula, Villa Canales et San Juan Sacatepéquez. Les gangs comme la MS-13 et le Barrio 18 sont « très présents et contrôlent une grande partie du territoire » dans cette région. D’autres villes, comme Chimaltenango, Puerto Barrios, Quetzaltenango, Jalapa et Escuintla, sont aussi « de plus en plus touchées par la présence de gangs » (ACLED 2025-07-11).
De même, on peut lire dans une étude portant sur les gangs au Guatemala, menée par José Miguel Cruz et al. [2] et financée par l’Agence américaine pour le développement international (United States Agency for International Development – USAID), que [traduction] « [l]a plupart » des membres de gang se trouvent à Guatemala et dans des « municipalités de banlieue », et que « certains » sont à Quetzaltenango et à Escuintla (Cruz et al. 2020-12, 1). Il est écrit dans l’article de la Prensa Libre que, suivant les données de la PNC, les crimes liés aux gangs et la vente de drogues sont les infractions les plus couramment signalées dans le département de Guatemala (2024-01-03). Se fondant sur des entretiens avec des [traduction] « experts de la sécurité » anonymes, R. Evan Ellis, chercheur principal à l’Institut Jack D. Gordon de politiques publiques (Jack D. Gordon Institute for Public Policy) [3], déclare dans un article publié sur le site Internet de l’Institut que la présence des gangs au Guatemala était [traduction] « limitée aux banlieues marginales de la ville de Guatemala, plus particulièrement » Villa Nueva et Mixto (Ellis 2024-07-23). La même source ajoute que des gangs étaient aussi présents [traduction] « dans une certaine mesure » à Escuintla (Ellis 2024-07-23).
Le représentant de l’ACLED a affirmé que, dans les départements ruraux comptant de [traduction] « grandes populations autochtones », comme les départements de Zacapa, de Petén, de Huehuetenango et de Santa Rosa, les groupes de trafiquants de drogue sont les « principaux acteurs criminels » (2025-07-11). José Miguel Cruz et al., s’appuyant sur des entretiens menés auprès d’anciens membres de gang, déclarent que la population est [traduction] « principalement » autochtone dans le Nord-Ouest du Guatemala et que les cartels de la drogue sont présents dans l’Est et le Sud du pays; les gangs y sont mal acceptés par ces 2 groupes (2020-12, 20). Un ancien membre de gang a également expliqué que les communautés autochtones [traduction] « lyncheront ou tueront » les membres de gang et que les membres de gang capturés par des trafiquants de drogue seront tués (Cruz et al. 2020-12, 20). De même, R. Evan Ellis signale que les zones situées à l’extérieur de la ville de Guatemala sont [traduction] « dominées » par « les narcotrafiquants et les élites conservatrices », ce qui empêche la MS-13 et le Barrio 18 de pénétrer ces territoires (2024-07-23).
Dans un article publié par Voice of America (VOA), un diffuseur international situé aux États-Unis qui est financé par le Congrès américain (VOA s.d.), on peut lire que, selon la police guatémaltèque, les groupes criminels [traduction] « contrôlent » les zones 5, 6, 14, 16 et 18 de la ville de Guatemala (2024-06-07). Parmi les sources qu’elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n’a pas trouvé d’autres renseignements allant dans le même sens.
2. Gangs (maras)
Des sources affirment que tant la MS-13 que le Barrio 18 sont composés de clicas (cliques), des cellules de quartier (Paarlberg 2021-08-26; Cruz et al. 2020-12, 15). Les mêmes sources précisent que la taille des clicas peut varier (Paarlberg 2021-08-26; Cruz et al. 2020-12, 15); elles peuvent compter de 30 à 500 membres (Cruz et al. 2020-12, 15) ou [traduction] « de moins d’une dizaine à plusieurs centaines de membres » (Paarlberg 2021-08-26). Des sources soulignent que la MS-13 et le Barrio 18 ont chacun un conseil de commandement au Guatemala, appelé rueda (cercle) (Tol Gutiérrez 2024, 34; Cruz et al. 2020-12, 15), composé de [traduction] « membres de rang supérieur emprisonnés » (Cruz et al. 2020-12, 2).
Selon des sources, les clicas fonctionnent [[traduction] « largement » (Paarlberg 2021-08-26)] [traduction] « de manière indépendante » (Cruz et al. 2020-12, 15; Paarlberg 2021-08-26). José Miguel Cruz et al. ajoutent que, bien que les clicas soient [traduction] « dirigées par des membres de rang supérieur » et que ces chefs coopéreront parfois avec d’autres chefs de clica, un chef ne sera pas à la tête de plusieurs clicas (2020-12, 15). Dans un article de Manuel Antonio Tol Gutiérrez [4] paru dans Diálogo Forense, une revue à comité de lecture publiée par l’Institut national de sciences judiciaires (Instituto Nacional de Ciencias Forenses – INACIF) (INACIF s.d.), chaque clica a un chef (ranflero) qui en dirige les activités et veille à ce que les ordres de chefs au-dessus de lui soient exécutés (Tol Gutiérrez 2024, 35).
José Miguel Cruz et al. s’appuient sur des déclarations faites par [traduction] « des autorités » et des participants à l’étude pour affirmer que la MS-13 est « mieux organisée, plus professionnelle et plus riche » que le Barrio 18, bien que ce dernier compte plus de membres et « soit actif sur un plus grand territoire » (2020-12, 15).
2.1 Barrio 18
Le Barrio 18 est une [traduction] « organisation criminelle internationale bien établie et un gang de rue violent » (É.-U. 2024-12-09) ou [traduction] « l’un des plus grands gangs de jeunes de l’hémisphère occidental » doté de « cellules actives un peu partout, de l’Amérique centrale au Canada » (InSight Crime 2023-11-14). Le groupe est né à Los Angeles dans les années 1980 (InSight Crime 2023-11-14; É.-U. 2018-01-18, 1). Des sources signalent que le groupe a une présence [traduction] « forte » (InSight Crime 2024-01-18) ou [traduction] « notable » (AQ 2021, 39) au Guatemala (InSight Crime 2024-01-18; AQ 2021, 39). Dans un discours prononcé en 2018 devant un sous-comité de la Chambre des représentants des États-Unis (US House of Representatives), le sous-secrétaire d’État adjoint aux affaires relatives à l’exécution de la loi et à la lutte au narcotrafic international a déclaré que les gangs transnationaux, [traduction] « tout particulièrement » le Barrio 18, « étendent de plus en plus leurs opérations » au Guatemala à cause de « l’intensification » des mesures prises pour les combattre au Salvador et au Honduras (É.-U. 2018-01-18, 1).
Il est écrit dans un article de la Prensa Libre que, selon le ministère de l’Intérieur (Ministerio de Gobernación – Mingob), le Barrio 18 est composé de [traduction] « plus de » 20 clicas au pays, chacune ayant son propre commandement et sa propre zone d’opération (2024-05-29). Des sources soulignent que, au Guatemala, le conseil de commandement du Barrio 18, la rueda, [traduction] « coordonne » (InSight Crime 2023-11-14) ou [traduction] « supervise » (Tol Gutiérrez 2024, 34) les activités du groupe (InSight Crime 2023-11-14; Tol Gutiérrez 2024, 34).
La revue Americas Quarterly (AQ) [5] reprend les propos d’un professeur de l’Université de la Défense nationale, à Washington, selon lesquels le Barrio 18 a une [traduction] « réputation de violence irrationnelle et de cruauté extrême » (AQ 2021, 39). De même, dans le profil qu’il dresse du groupe en 2018, InSight Crime signale que le Barrio 18 contribue à la violence contre les communautés locales [traduction] « dans une plus grande mesure » que la MS-13 (2018-02-13).
Selon des sources, les activités criminelles du Barrio 18 comprennent les suivantes :
- assassinats sur commande (AQ 2021, 39; InSight Crime 2018-02-13; Cruz et al. 2020-12, 15);
- vente de drogues (InSight Crime 2018-02-13) ou [traduction] « petit trafic de drogues » (AQ 2021, 39; Cruz et al. 2020-12, 15);
- extorsion (AQ 2021, 39; VOA 2024-06-07; Acuña Jerónimo 2023-09-01, 40);
- traite de personnes (AQ 2021, 39; La Hora 2025-03-28);
- prostitution (InSight Crime 2018-02-13);
- vols (InSight Crime 2018-02-13);
- enlèvements (InSight Crime 2018-02-13; Cruz et al. 2020-12, 15).
Selon des sources, les revenus du gang proviennent principalement de l’extorsion (Cruz et al. 2020-12, 15; InSight Crime 2024-01-18; Acuña Jerónimo 2023-09-01, 40). Au cours d’une entrevue accordée à Lizandro Alberto Acuña Jerónimo et publiée dans la Revista Análisis de la Realidad Nacional [6], le chef de l’équipe spéciale de lutte contre les gangs de la PNC (División Nacional Contra el Desarrollo Criminal de las Pandillas – DIPANDA) a déclaré que le Barrio 18 extorque sans discrimination et prendra pour cible [traduction] « n’importe qui » (Acuña Jerónimo 2023-09-01, 41). Parmi les sources qu’elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n’a pas trouvé d’autres renseignements allant dans le même sens.
2.2 MS-13
Tout comme le Barrio 18, la MS-13 est une organisation criminelle née à Los Angeles dans les années 1980 (Ruiz 2022-01, 3; AQ 2021, 38). Des sources soulignent que le groupe a une présence [traduction] « forte » (InSight Crime 2024-01-18) ou [version française du Canada] « importante » (Canada 2025-02-20) au Guatemala (InSight Crime 2024-01-18; Canada 2025-02-20). D’après InSight Crime, la MS-13 constitue une [traduction] « grave menace pour la sécurité des citoyens » dans les zones urbaines du Guatemala (2025-04-03).
D’après des sources, les activités criminelles de la MS-13 comprennent les suivantes :
- extorsion (Cruz et al. 2020-12, 15; InSight Crime 2025-04-03; AQ 2021, 38);
- [traduction] « petit » trafic de drogues (Cruz et al. 2020-12, 15; InSight Crime 2025-04-03; AQ 2021, 38);
- enlèvements (Cruz et al. 2020-12, 15);
- blanchiment d’argent (AQ 2021, 38);
- assassinats sur commande (Cruz et al. 2020-12, 15; AQ 2021, 38);
- [traduction] « soutien » à la traite de personnes et au trafic de drogues à l’échelle internationale (InSight Crime 2025-04-03).
Selon des sources, les revenus du gang proviennent principalement de l’extorsion (Cruz et al. 2020-12, 15; InSight Crime 2024-01-18; Acuña Jerónimo 2023-09-01, 40). Au cours de l’entrevue accordée à Lizandro Alberto Acuña Jerónimo, le chef de la DIPANDA a déclaré que la MS-13 est [traduction] « plus sélective » dans ses activités d’extorsion que le Barrio 18 et qu’elle prend pour cible les entreprises (Acuña Jerónimo 2023-09-01, 41). Des sources signalent que les entreprises de transport sont une cible d’extorsion privilégiée par le groupe (InSight Crime 2025-04-03; ACLED 2025-07-11).
3. Clans familiaux et groupes criminels organisés
D’après InSight Crime, les groupes de trafiquants de drogue au Guatemala comprennent les clans des familles Mendoza, Lorenzana, Ortiz López et León (2024-01-18). La même source souligne que, auparavant, ces groupes [traduction] « contrôlaient des zones stratégiques près des frontières et entretenaient de solides relations avec des représentants des forces de sécurité et des cercles politiques », mais qu’ils ont été « en grande partie démantelés » par les forces de l’ordre dans les années 2010 (InSight Crime 2024-01-18). Ainsi, cet espace laissé vacant a été rempli par des [traduction] « groupes de plus petite taille et moins connus » qui forgent « souvent » des « alliances » avec les représentants locaux des forces de sécurité et des autorités (InSight Crime 2024-01-18). Toutefois, l’ACLED a écrit que la famille Lorenzana est toujours présente dans le Zacapa et le Petén (2025-07-11). Selon InSight Crime, le groupe de trafiquants de drogue Los Huistas, dans l’Ouest du Huehuetenango, n’a pas pu être démantelé dans les années 2010 et a tissé des [traduction] « liens stratégiques avec des politiciens d’influence » (2024-01-18). De même, l’ACLED a affirmé que, en date de 2025, les Huistas ont une présence au Huehuetenango (2025-07-11).
La GI-TOC signale que les trafiquants de drogue guatémaltèques [traduction] « sont soupçonnés d’avoir influencé les élections municipales locales »; ils utilisent également leur pouvoir pour inciter des « acteurs intégrés à l’État et corrompus » à soutenir et à protéger leurs opérations illégales (2023, 5).
Selon InSight Crime, les trafiquants de drogue [traduction] « cherchent le pouvoir municipal », car les maires jouissent d’une « immunité politique », exercent une influence sur les forces de l’ordre locales et ont accès à des marchés publics dont ils peuvent se servir pour blanchir de l’argent (2023-06-20).
On peut lire dans un article publié par InSight Crime en mai 2024 que les maires guatémaltèques, parce qu’ils contrôlent les forces de sécurité, peuvent faire passer les envois de drogues [traduction] « sous le radar », tandis que l’immunité dont ils bénéficient [pendant leur mandat (InSight Crime 2021-01-29)] leur accorde une « protection supplémentaire » (2024-05-21). Dans un article paru en 2023, Ojoconmipisto [7] nomme 5 maires du département de San Marcos qui sont visés par des arrêtés d’extradition des États-Unis en cours d’exécution ou déjà exécutés pour trafic de drogues (2023-03-28). De même, dans un communiqué de presse du département de la Justice des États-Unis publié en août 2025 au sujet de l’extradition de Romeo Ramos Cruz vers les États-Unis, il est écrit que, selon des documents judiciaires, cet homme, alors qu’il était maire de Santa Lucia dans le département d’Escuintla de 2022 à 2024, [traduction] « s’est servi de son poste officiel » afin de jouer un « rôle pivot » pour le compte d’une organisation criminelle guatémaltèque faisant le trafic de cocaïne destinée aux marchés américains (É.-U. 2025-08-06).
3.1 Los Huistas
Les renseignements contenus dans le paragraphe qui suit sont tirés d’un communiqué de presse publié en 2022 par le département du Trésor des États-Unis sur les sanctions contre des membres des Huistas.
Le groupe Los Huistas [traduction] « domine » le trafic de drogues dans le département guatémaltèque de Huehuetenango. Ses chefs sont Eugenio Darío Molina López et Aler Baldomero Samayoa Recinos. Les Huistas se livrent aux activités suivantes :
- contrebande de cocaïne, de méthamphétamine et d’héroïne depuis le Nord du Guatemala jusqu’aux États-Unis, en collaboration avec des organisations mexicaines comme le Cartel de Sinaloa et le CJNG;
- production d’héroïne et de méthamphétamine destinées aux États-Unis;
- culture du pavot dans les départements de Huehuetenango et de San Marcos;
- fabrication de méthamphétamine;
- blanchiment d’argent (É.-U. 2022-03-18).
Dans un communiqué du département de la Justice des États-Unis, on dit ce qui suit à propos des Huistas :
[traduction]
[Le groupe Los Huistas] a agi comme un maillon essentiel de la chaîne d’approvisionnement illicite de cocaïne, qui va de l’Amérique du Sud aux États-Unis en passant par les cartels mexicains. [Ses chefs] auraient contrôlé et exploité un réseau de transport complexe au Guatemala, comprenant entrepôts, routes empruntées par les poids lourds et propriétés à la frontière entre le Guatemala et le Mexique, pour transporter de la cocaïne depuis le Guatemala jusqu’au Cartel de Sinaloa (É.-U. 2025-05-15).
Selon le département du Trésor des États-Unis, les 2 chefs des Huistas ont été inculpés pour trafic de drogues par des tribunaux américains, tout comme 2 membres de leur famille (É.-U. 2022-03-18). Le département de la Justice des États-Unis a annoncé en mai 2025 que Aler Baldomero Samayoa Recinos et son gendre, Freddy Arnoldo Salazar Flores, avaient tous 2 comparu devant un tribunal fédéral américain (É.-U. 2025-05-15). Des sources soulignent que Freddy Arnoldo Salazar Flores représentait le Guatemala au Parlement d’Amérique centrale (Parlamento Centroamericano – Parlacen) (Infobae 2022-03-18; É.-U 2022-03-18) de 2020 à 2024 (Infobae 2022-03-18). Des sources signalent que l’épouse de Freddy Arnoldo Salazar Flores, la fille d’Aler Baldomero Samayoa Recinos, a également été élue au Parlacen en 2019 (Soy502 2022-03-18; La Hora 2025-05-15).
Des médias signalent que Sofia Hernández Herrera, une députée du Congrès du Guatemala, est liée aux Huistas par des membres de sa famille (eP Investiga 2025-03-12; Prensa Libre 2022-03-18; Plaza Pública 2024-03-04) :
- Son neveu, accusé de trafic de drogue, a été extradé vers les États-Unis pour ce motif (Plaza Pública 2024-03-04; InSight Crime 2023-06-20; É.-U. 2023-12-12) en 2022 et a plaidé coupable de contrebande de cocaïne (Plaza Pública 2024-03-04; É.-U. 2023-12-12).
- Un de ses frères a été arrêté pour le rôle qu’il a joué dans un complot visant à faire obstruction à la justice au nom d’un membre des Huistas (Prensa Libre 2022-03-18; eP Investiga 2025-03-12). Il a plaidé coupable et a été reconnu comme tel (Plaza Pública 2024-03-04; Prensa Libre 2022-03-18).
- Un autre de ses frères entretenait des liens avec un [traduction] « réseau d’entreprises » appartenant à des membres des Huistas, selon ce que des procureurs ont conclu (InSight Crime 2023-06-20).
Des sources soulignent que Sofia Hernández Herrera représente le département de Huehuetenango au Congrès (Prensa Libre 18-03-2022; Plaza Pública 2024-03-04). Selon eP Investiga, un site d’actualités du Guatemala (eP Investiga s.d.), cette femme n’est pas la seule membre de sa famille à exercer un mandat politique; d’autres occupent également des [traduction] « postes clés » dans le Huehuetenango (eP Investiga 2025-03-12).
3.2 Los Pochos
Les renseignements contenus dans le paragraphe qui suit sont tirés d’un communiqué de presse publié par le département du Trésor des États-Unis annonçant de nouvelles sanctions contre les Pochos en 2024.
Le groupe Los Pochos est une organisation établie au Guatemala, dont l’activité [traduction] « principale » est la contrebande de cocaïne vers les États-Unis et qui entretient des liens avec le Cartel de Sinaloa, au Mexique. Des membres des Pochos sont actifs sur la scène politique locale. C’était le maire de la ville d’Ayutla [à la frontière mexicaine], Erik [Erick] Salvador Súñiga Rodriguez, qui dirigeait les Pochos jusqu’à ce qu’il soit extradé vers les États-Unis en 2019. Son gendre, Juan Jose Morales Cifuentes, est alors devenu chef des Pochos. Juan Jose Morales Cifuentes a la réputation de recourir à la violence, notamment aux exécutions, pour « résoudre les conflits » et il a été arrêté en 2023. En février 2024, il attendait son extradition vers les États-Unis. Isel Aneli Súñiga Morfin, son épouse et la fille d’Erik Salvador Súñiga Rodriguez, est devenue mairesse d’Ayutla en 2023 et « se servirait de ses relations politiques » pour aider les Pochos. Les Pochos « comptent sur des fonctionnaires corrompus – policiers, militaires, procureurs et autres représentants des autorités guatémaltèques – pour faciliter » leurs activités criminelles (É.-U. 2024-02-28).
En réponse aux questions d’InSight Crime, le directeur adjoint de l’unité de lutte contre les stupéfiants du Bureau du procureur public du Guatemala [également traduit par ministère public et Bureau du procureur général] (Ministerio Público), a déclaré que les Pochos recevaient l’aide de la police municipale et avaient notamment accès aux caméras de police pour surveiller la population (InSight Crime 2021-08-03). Parmi les sources qu’elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n’a pas trouvé d’autres renseignements allant dans le même sens.
Dans l’article d’InSight Crime publié en mai 2024, il est écrit que Juan Jose Morales Cifuentes a été extradé vers les États-Unis et qu’Isel Aneli Súñiga Morfin n’a pas été inculpée malgré les sanctions américaines en raison de [traduction] « l’immunité politique accordée à tous les maires guatémaltèques » (2024-05-21). Il est précisé dans l’article que les [traduction] « pressions constantes [exercées par] les États-Unis » sur les Pochos sont « peu susceptibles d’avoir porté un coup fatal » à l’organisation étant donné ses liens avec des politiciens, des représentants des forces de l’ordre et, « semble-t-il », le Cartel de Sinaloa (2024-05-21). Parmi les sources qu’elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n’a pas trouvé d’autres renseignements allant dans le même sens.
3.3 Famille Preciado Navarijo
Des sources soulignent que la famille Preciado Navarijo jouit depuis 2004 d’une [traduction] « forte influence politique » (Prensa Libre 2024-09-09) ou d’un [traduction] « contrôle politique » (InSight Crime 2021-03-12) sur la municipalité d’Ocós, dans le département de San Marcos (Prensa Libre 2024-09-09; InSight Crime 2021-03-12). D’après eP Investiga, qui s’appuie sur les propos d’un ancien fonctionnaire, de [traduction] « petits cartels », dont la famille Preciado Navarijo, se sont partagé le contrôle de la région de San Marcos depuis l’arrestation, en 2011, de Juan Chamalé, le « grand patron » de la région (2024-11-12). La même source ajoute que la famille Preciado Navarijo contrôle les municipalités [voisines] de La Blanca et d’Ocós (eP Investiga 2024-11-12). Selon InSight Crime, la municipalité d’Ocós, près de la frontière mexicaine et de la côte du Pacifique, est située à un endroit [traduction] « stratégique » pour le trafic de drogues; la « majorité » des drogues en provenance d’Amérique du Sud traversent la région (2021-03-12).
Les renseignements contenus dans le paragraphe qui suit sont tirés d’un article d’eP Investiga dans lequel sont repris les propos d’un ancien haut fonctionnaire.
La famille Preciado Navarijo a commencé à se [traduction] « structure[r] [comme] un groupe du crime organisé » en faisant traverser la frontière séparant le Guatemala du Mexique à des migrants. Après cela, Carlos Preciado Navarijo a été recruté par un trafiquant de drogue des ligues majeures, Mauro Salomón Ramírez Barrios, qui voulait profiter de ce que savait la famille des routes à emprunter pour le passage de clandestins et son accès à l’océan via Ocós. Mauro Salomón Ramírez Barrios a finalement été extradé vers les États-Unis, mais Carlos Preciado Navarijo a continué à recevoir des envois [de drogues] et à les faire passer clandestinement au Mexique (eP Investiga 2024-11-12).
Selon des sources, les membres éminents de la famille Preciado Navarijo comprennent les personnes suivantes :
- Edilma Navarijo de Léon, la matriarche, qui a été mairesse d’Ocós de 2004 à 2016 (Ojoconmipisto 2023-03-28; Prensa Libre 2024-09-09). En 2019, elle est devenue mairesse de La Blanca, une municipalité qui s’est séparée d’Ocós en 2014 (eP Investiga 2024-11-12; InSight Crime 2021-03-12). Elle a été réélue à ce poste pour le mandat de 2024 à 2028 (Prensa Libre 2024-09-09).
- Vivian Preciado Navarijo, sa fille, qui a été élue comme représentante de San Marcos au Congrès en 2015 (Prensa Libre 2024-09-09; InSight Crime 2021-03-12; eP Investiga 2024-11-12) et réélue en 2019 (InSight Crime 2021-03-12; eP Investiga 2024-11-12). Selon InSight Crime, elle a été détenue, puis mise en liberté, en 2010 parce qu’elle était [traduction] « accusée » d’avoir « fait des manœuvres visant à étouffer une affaire » pour le compte d’un ancien policier, plus tard reconnu coupable d’exécutions extrajudiciaires (2021-03-12).
- Carlos Preciado Navarijo, fils d’Edilma Navarijo de Léon, qui a été élu maire d’Ocós en 2019 (eP Investiga 2024-11-12; InSight Crime 2021-03-12). Il a été arrêté en janvier 2021 pour des infractions liées à la drogue et extradé vers les États-Unis (InSight Crime 2021-03-12; Prensa Libre 2024-09-09; Soy502 2024-09-09). Il a plaidé coupable de trafic de cocaïne et a été condamné à un emprisonnement de 10 ans en 2024 (Prensa Libre 2024-09-09; eP Investiga 2024-11-12; Soy502 2024-09-09).
- Alma Lucrecia Hernandez Preciado, [tante de Vivian et Carlos Preciado Navarijo (InSight Crime 2021-03-12; Ojoconmipisto 2023-03-28)], qui s’est vu infliger une peine d’emprisonnement de 30 ans par un tribunal américain en 2011 pour des infractions liées à la drogue (InSight Crime 2021-03-12; eP Investiga 2024-11-12). Elle entretenait des liens avec le groupe de trafiquants de drogue de Juan Chamalé (InSight Crime 2021-03-12; Ojoconmipisto 2023-03-28).
4. Capacité et volonté des gangs et des groupes criminels organisés de pourchasser des personnes
Parmi les sources qu’elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches a trouvé peu d’information sur la capacité et la volonté des gangs et des groupes criminels organisés de pourchasser des personnes au Guatemala.
Les renseignements contenus dans la présente section ont été fournis par le représentant de l’ACLED dans une communication écrite envoyée à la Direction des recherches :
[traduction]
Si une personne déménage d’une des municipalités où les gangs sont fortement implantés vers une autre municipalité, il est fort probable qu’elle soit pourchassée – soit par le même gang auquel elle tentait d’échapper, soit par un gang rival, selon l’acteur dominant dans le quartier où elle déménage – et donc qu’elle soit victime [de] représailles.
Si une personne fuit la menace d’un groupe de trafiquants de drogue dans un département rural, il est probable qu’elle tente de s’installer dans un milieu urbain. Si cela se produit, il est possible qu’elle échappe aux représailles du groupe de trafiquants, mais elle risque fort de se retrouver dans les secteurs suburbains d’une ville où les gangs sont très présents, remplaçant ainsi une menace par une autre.
Il est très peu probable qu’une personne qui fuit un gang en milieu urbain tente de s’installer dans une région rurale, en raison du manque de débouchés économiques et, dans bien des cas, des obstacles culturels et linguistiques que représenterait le fait de déménager dans une région où la majorité de la population est autochtone.
« [N]ormalement », lorsqu’une personne déménage dans un quartier contrôlé par un gang urbain, comme le Barrio 18 ou la MS-13, des membres du gang lui demandent « directement » d’où elle vient. Le gang communique alors avec ses clicas dans d’autres villes pour vérifier si elle dit la vérité et si elle vient du territoire d’un gang rival. Si la personne vient d’un quartier contrôlé par le même gang, les membres vérifieront si elle « doit quelque chose au gang ».
Les gangs urbains et les groupes de trafiquants de drogue sont des entités distinctes. Les gangs urbains, comme le Barrio 18 et la MS-13, pourchassent des civils et les prennent pour cible « généralement » afin de
- mettre à exécution des menaces d’extorsion pour inspirer à d’autres victimes d’extorsion une crainte assez grande pour qu’elles ne puissent faire autrement que de payer;
- sévir contre le non-respect des règles des gangs, comme :
- la dénonciation à la police,
- le refus, pour une femme, de devenir la partenaire d’un membre d’un gang, ou encore le refus, pour quiconque, d’être recruté ou simplement de rendre le service demandé (par exemple, déplacer un objet d’un point A à un point B ou cacher une arme dans la maison de quelqu’un);
- punir les individus soupçonnés d’être des collaborateurs d’un gang rival, particulièrement dans le contexte où des gangs se disputent un [territoire].
Il est probable que les groupes de trafiquants de drogue, comme Los Huistas et la famille Lorenzana, prennent pour cible des personnes qui « nuisent à leurs activités »; ce pourrait être des gardes forestiers, des politiciens locaux, des procureurs ou des policiers. Toutefois, « un affront ou ce qui peut être perçu comme un manque de respect » peut suffire pour qu’une personne « soit prise pour cible » (ACLED 2025-07-11).
4.1 Profil des personnes prises pour cible
Parmi les sources qu’elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches a trouvé peu d’information sur le profil des personnes prises pour cible par les gangs et les groupes criminels organisés.
Les renseignements contenus dans la présente section ont été fournis par le représentant de l’ACLED dans une communication écrite envoyée à la Direction des recherches.
Le secteur des transports est [traduction] « de loin » la « cible de choix » des groupes criminels organisés, et « tout particulièrement » des gangs. Au Guatemala, depuis 2018, la violence commise contre des civils visait, dans « près » de 1 cas sur 5, des travailleurs du secteur des transports. Les chauffeurs d’autobus et de taxi sont « souvent » pris pour cible, une façon de punir les propriétaires d’entreprises de transport qui tardent à payer les sommes exigées ou refusent les demandes d’extorsion. « [E]nviron » 70 % des cas de violence contre les travailleurs du secteur des transports ont eu lieu dans le département du Guatemala, où « sont concentrés » les membres de la MS-13 et du Barrio 18.
D’autres groupes sont également à risque de subir de la violence, notamment
- les propriétaires de commerces;
- les employés des « services de livraison » (y compris les livreurs de nourriture, d’eau, de gaz et d’électricité);
- les éboueurs;
- les employés de restaurant.
Les femmes sont également des « cibles fréquentes », car elles « possèdent souvent des entreprises du secteur alimentaire ou y travaillent », comme des kiosques dans les marchés ou des restaurants (ACLED 2025-07-11).
4.1.1 Profils des personnes prises pour cible aux fins de recrutement
Parmi les sources qu’elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches a trouvé peu d’information sur les profils des personnes prises pour cible aux fins de recrutement.
Selon le directeur général de la PNC, dont les propos sont cités dans la Prensa Libre, bien que les jeunes soient recrutés par des gangs depuis les années 1990, la pratique est devenue plus courante au cours de la dernière décennie, car les chefs de gang cherchent à augmenter les profits (2024-09-26). On peut lire dans le même article que, selon la DIPANDA, le Barrio 18 recrute des mineurs pour transporter de la marijuana et des armes illégales, percevoir les sommes extorquées et assassiner des cibles sur commande, tandis que la MS-13 recrute des mineurs pour distribuer de la cocaïne et gérer de petites entreprises servant au blanchiment d’argent et aux assassinats sur commande (Prensa Libre 2024-09-26). Le quotidien guatémaltèque La Hora a signalé que, en mai 2025, les autorités ont arrêté 20 membres du Barrio 18 trempant dans un stratagème de recrutement d’enfants, où les mineurs étaient appâtés au moyen des médias sociaux, puis séquestrés sous la menace de violence, [traduction] « agressés sexuellement » et « forcés » de commettre des crimes (2024-03-28).
5. Réponse de l’État au crime organisé
Il est écrit dans le rapport établi par le BTI de 2024 que, au Guatemala, le taux d’homicides par tranche de 100 000 habitants a baissé, passant de 45 en 2009 à [traduction] « environ » 17 de 2020 à 2022 (Bertelsmann Stiftung 2024, 32). Il est précisé dans le rapport que le gouvernement du Guatemala attribue ce déclin à [traduction] « l’amélioration des services de police, qui se traduit par de meilleurs renseignements de sécurité, un plus grand nombre d’agents de police et de soldats, des opérations transfrontalières menées contre le trafic de drogues et des programmes de sensibilisation communautaire », mais que les confinements liés à la COVID-19 ont également joué un rôle dans cette baisse (Bertelsmann Stiftung 2024, 32).
Selon le BTI de 2022, les réseaux criminels au Guatemala sont [traduction] « profondément implantés dans les institutions publiques » (Bertelsmann Stiftung 2022, 6). La même source ajoute que le pays a
[traduction]
une élite politique qui contrôle des institutions clés – comme le ministère public, la Cour suprême et la police – qui protègent les principales activités criminelles. Actuellement, la corruption est surtout présente au sein du pouvoir législatif et vient neutraliser le travail des forces de sécurité qui luttent contre le crime organisé, tout particulièrement à l’échelon municipal, par l’entremise de maires et de députés (Bertelsmann Stiftung 2022, 6).
On peut lire dans le rapport de la GI-TOC paru en 2023 que, en raison de l’abolition de l’organe anticorruption soutenu par les Nations Unies, [soit la Commission internationale contre l’impunité au Guatemala (Comisión Internacional contra la Impunidad en Guatemala – CICIG)], [traduction] « les autorités d’enquête et les corps judiciaires sont devenus vulnérables par rapport aux organisations criminelles ayant des liens étroits avec les institutions de l’État et se retrouvent privés de soutien international » (2023, 6). La même source ajoute que, depuis que l’organe a cessé ses activités, les employés du corps judiciaire subissent un nombre plus élevé d’attaques pour avoir [traduction] « enquêté sur la corruption et le crime organisé » (GI-TOC 2023, 6).
La GI-TOC donne également plusieurs raisons qui expliquent pourquoi les forces de l’ordre ont de la difficulté à lutter contre le crime organisé :
- [traduction] « le manque de personnel, le manque d’équipement, la corruption et une mauvaise coordination avec les enquêteurs »;
- un « manque de la confiance du public » dans la PNC;
- un système de renseignement « inefficace en raison d’une mauvaise coordination entre la police, l’armée et les services de renseignement civil et stratégique »;
- des agents de contrôle frontalier « corrompus et mal équipés » (2023, 6).
Des sources signalent que, en février 2024, le gouvernement du président Arévalo [entré en fonction en janvier 2024] a créé une nouvelle équipe spéciale de lutte contre l’extorsion, composée d’environ 400 agents à moto (AGN 2024-02-08; Soy502 2024-08). L’agence de presse Agencia Guatemala de Noticias (AGN) appartenant à l’État guatémaltèque souligne que 2 533 personnes ont été arrêtées pour extorsion de janvier à début décembre 2024 (2024-12-03).
6. Protection offerte par l’État aux victimes et aux témoins
D’après le média guatémaltèque Soy502, il est possible de signaler des crimes de façon anonyme en ligne ou par téléphone, mais les détectives de la PNC [traduction] « recommandent » aux victimes d’extorsion de faire un signalement en personne, soit au bureau de la DIPANDA, soit au bureau principal du procureur public, qui sont situés dans la zone 1 de la ville de Guatemala (2024-10-24).
Le chef de la DIPANDA a déclaré au cours de l’entrevue qu’il a accordée à Lizandro Alberto Acuña Jerónimo que la DIPANDA est l’unité de police responsable d’enquêter sur les crimes liés à l’extorsion et d’assurer la coordination avec d’autres unités des forces de l’ordre afin de fournir des services de protection aux victimes (Acuña Jerónimo 2023-09-01, 41, 42). Selon la même source, une fois qu’un signalement est fait à la DIPANDA, une équipe de sécurité et d’enquête est chargée de s’occuper de la victime; le poste de police de l’endroit où vit la victime a la tâche de fournir à celle-ci une [traduction] « sécurité périmétrique » (Acuña Jerónimo 2023-09-01, 42).
Cependant, le représentant de l’ACLED a souligné que, en raison des liens entre les gangs et [traduction] « les policiers et les membres du corps judiciaire corrompus dans de nombreux endroits », les victimes risquent que des membres de gang soient informés des plaintes officielles qu’elles déposent (2025-07-11). La Prensa Libre signale que le centre d’appels et la plateforme en ligne du gouvernement (Crime Stoppers) permettent un signalement anonyme et que, sur une période de 2 ans, [traduction] « plus de » 3 200 enquêtes ont été ouvertes en réponse aux signalements faits par des citoyens au moyen de cet outil (2024-01-03). D’après le représentant de l’ACLED, bien que le Bureau du procureur public ait établi des bureaux dans tout le pays au cours des [traduction] « dernières années », facilitant ainsi le dépôt de plaintes, cette mesure n’a pas été accompagnée d’un « accroissement de la capacité d’enquête » de la police ni d’une augmentation de la « capacité de protéger les victimes de la violence des gangs » (2025-07-11).
On peut lire dans le rapport de 2023 de la GI-TOC que le Bureau du procureur public dispose d’un programme de protection des témoins et d’une unité consacrée au soutien des victimes, mais le tout [traduction] « manque de transparence, et la fragilité du système institutionnel du pays crée un climat d’impunité qui diminue l’efficacité des initiatives de soutien aux victimes » (2023). Selon le représentant de l’ACLED, les mécanismes de protection offerts par l’État guatémaltèque sont [traduction] « pratiquement inexistants » : il y a des programmes de protection des témoins « très limités » dans les cas « ayant une grande visibilité », et des programmes de relocalisation des victimes « très limités et sous-financés » (2025-07-11). La source a ajouté que [traduction] « la plupart » des programmes de relocalisation des témoins et des personnes survivantes de la violence causée par le crime organisé sont gérés par des ONG, « lesquelles pourraient avoir encore réduit leurs activités » en raison des « récentes » coupes du financement offert par le gouvernement des États-Unis (ACLED 2025-07-11).
Les renseignements contenus dans le paragraphe qui suit sont tirés de [la plus récente (CIEN 2025-09-25)] Enquête nationale de perception sur la sécurité publique et la victimisation au Guatemala (Encuesta nacional de percepción de seguridad pública y victimización en Guatemala – ENPEVI) [8].
Parmi les répondants ayant été victimes d’un crime, 77,1 % ne l’avaient pas signalé aux autorités. Le pourcentage de ces [traduction] « crimes ne figurant pas dans les statistiques officielles » variait selon le type de crime. Les crimes les plus souvent signalés étaient les vols de voiture et de moto (84,9 % et 80,9 % du temps, respectivement). En revanche, 64,9 % des extorsions n’avaient pas été signalées. À la question portant sur l’efficacité des institutions étatiques, 48,3 % des répondants ont déclaré que le travail de la PNC n’avait que « peu ou pas d’effet »; s’agissant des juges et du système judiciaire, ce chiffre était de 40,1 % (Guatemala 2019-11, 62, 76, 80, 156).
Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l’aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais fixés. Cette réponse n’apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d’une demande d’asile. Veuillez trouver ci-dessous les sources consultées pour la réponse à cette demande d’information.
Notes
[1] Le projet InfoSegura est un partenariat régional entre le PNUD et l’USAID qui travaille avec le Belize, le Costa Rica, le Salvador, le Guatemala, le Honduras et la République dominicaine pour [traduction] « améliorer leurs indicateurs de sécurité citoyenne » et soutenir la mise en œuvre de politiques publiques visant à faire reculer la violence et l’insécurité (Infosegura s.d.). [retour]
[2] L’étude sur les gangs au Guatemala a été menée par une équipe de chercheurs constituée par l’Université internationale de Floride (Florida International University - FIU), les Instituts américains de recherche (American Institutes for Research – AIR) et Democracy International (DI), avec le financement de l’USAID (Cruz et al. 2020-12, 1, 5). L’organisation à but non lucratif AIR effectue des recherches en science du comportement et en sciences sociales (AIR s.d.). L’organisme DI est établi aux États-Unis et exploite la science du comportement pour améliorer l’aide au développement (DI 2023-07-10). Les répondants comprenaient 57 anciens membres de gang et 48 [traduction] « experts » (intervenants communautaires, représentants gouvernementaux et autres), et les données ont été recueillies d’octobre 2019 à juin 2020 (Cruz et al. 2020-12, 1). [retour]
[3] L’Institut Jack D. Gordon de politiques publiques est un institut de la FIU qui propose des programmes de recherche et d’enseignement sur des sujets liés aux politiques publiques et à la sécurité nationale (FIU s.d.). [retour]
[4] Manuel Antonio Tol Gutiérrez est affilié à la Direction de l’analyse criminelle (Dirección de Análisis Criminal) du Bureau du procureur public du Guatemala (Tol Gutiérrez 2024, 31). [retour]
[5] La revue américaine Americas Quarterly (AQ) traite des affaires, de la culture et de la politique, particulièrement en Amérique latine et dans les Caraïbes (AQ s.d.). [retour]
[6] La Revista Análisis de la Realidad Nacional est une revue à comité de lecture, publiée par l’Institut d’analyse et de recherche sur les problèmes nationaux (Instituto de Análisis e Investigación de los Problemas Nacionales) de l’Université de San Carlos de Guatemala (USAC) (USAC s.d.). Lizandro Alberto Acuña Jerónimo est chercheur à l’Institut (Acuña Jerónimo 2023-09-01, 38). [retour]
[7] Le média en ligne Ojoconmipisto, établi au Guatemala, est dirigé par [traduction] « l’organisation journalistique » Laboratorio de Medios (IPI 2021-12-08). Le média Ojoconmipisto couvre plus particulièrement [traduction] « la gestion des ressources publiques dans les municipalités guatémaltèques » (IPI 2021-12-08). [retour]
[8] L’enquête ENPEVI a été menée par Mingob et l’Institut national de la statistique (Instituto Nacional de Estadística – INE) du Guatemala de décembre 2017 à février 2018, auprès d’un échantillon de 17 784 ménages (Guatemala 2019-11, 3, 196). [retour]
Références
Acuña Jerónimo, Lizandro Alberto. 2023-09-01. « DIPANDA: frente a la extorsión y violencia en Guatemala ». Revista Análisis de la Realidad Nacional. No 251. [Date de consultation : 2024-12-06]
Agence France-Presse (AFP). 2024-11-06. « Guatemala reestructura cárcel 'El Infiernito' para pandilleros ». [Date de consultation : 2025-09-15]
Agencia Guatemala de Noticias (AGN). 2024-12-03. Lincy Rodríguez. « PNC logra captura de más de 2 mil 500 personas vinculadas con extorsiones ». [Date de consultation : 2025-01-10]
Agencia Guatemala de Noticias (AGN). 2024-02-08. Lincy Rodríguez. « Presidente Arévalo lanza Grupo Especial contra Extorsiones ». [Date de consultation : 2025-01-10]
American Institutes for Research (AIR). S.d. « About ». [Date de consultation : 2025-10-02]
Americas Quarterly (AQ). 2021. « Transnational Crime: The Big Players ». Vol. 15, no 1. [Date de consultation : 2025-09-17]
Americas Quarterly (AQ). S.d. « About ». [Date de consultation : 2025-09-29]
Armed Conflict Location & Event Data (ACLED). 2025-07-11. Communication écrite envoyée à la Direction des recherches par un représentant.
Armed Conflict Location & Event Data (ACLED). S.d. « Latin America and the Caribbean ». [Date de consultation : 2024-01-08]
Bertelsmann Stiftung (BTI). 2024. « Guatemala Country Report ». Bertelsmann Stiftung's Transformation Index (BTI) 2024. [Date de consultation : 2024-12-04]
Bertelsmann Stiftung (BTI). 2022. « Guatemala Country Report ». Bertelsmann Stiftung's Transformation Index (BTI) 2022. [Date de consultation : 2024-12-17]
British Broadcasting Corporation (BBC). 2025-05-22. Roberto Valencia. « Qué queda de las maras en El Salvador después de más de 3 años de régimen de excepción de Bukele ». [Date de consultation : 2025-08-07]
Canada. 2025-02-20. Sécurité publique Canada. « Currently Listed Entities ». < >[Date de consultation : 2025-06-21]
Canada. 2024-03-04. Travel.gc.ca. « Guatemala Travel Advice ». [Date de consultation : 2024-12-17]
Centro de Investigaciones Economicas Nacionales (CIEN). 2025-09-25. « Comunicado de prensa ¿Qué nos dicen las Encuestas de Victimización de la Seguridad Ciudadana? #SeguridadGT ». [Date de consultation : 2025-10-01]
ChapinTV. 2025-02-25. Nancy Méndez. « PNC revela lista de los números de celular más usados para extorsionar en Guatemala ». [Date de consultation : 2025-09-15]
Cruz, Jose Miguel, et al. 2020-12. A Study of Gang Disengagement in Guatemala. American Institutes for Research (AIR) & Florida International University (FIU). [Date de consultation : 2024-01-20]
Democracy International (DI). 2023-07-10. « Democracy International Wins USAID's Multi-Million Dollar IDIQ to Shape Prevention and Peacebuilding Initiatives Worldwide ». [Date de consultation : 2025-10-21]
Diálogos. 2025-01-21. Observatorio de la Violencia. « Balance de homicidios y extorsiones en Guatemala: tendencias, desafíos y perspectivas hacia el 2025 ». [Date de consultation : 2025-01-31]
Ellis, R. Evan. 2024-07-23. « Guatemala's Security Challenges and the Government's Response ». Steven J. Green School of International & Public Affairs, Jack D. Gordon Institute for Public Policy, Florida International University (FIU). [Date de consultation : 2024-12-03]
eP Investiga. 2025-03-12. « El vínculo de Los Huistas con el clan Hernández ». [Date de consultation : 2025-09-25]
eP Investiga. 2024-11-12. « Condenan a exalcalde Carlos Preciado Navarijo a 10 años por narcotráfico ». [Date de consultation : 2025-09-26]
eP Investiga. S.d. « eP Investiga ». Facebook. [Date de consultation : 2025-09-25]
États-Unis (É.-U.). 2025-08-06. Department of Justice (DOJ). « Corrupt Guatemalan Mayor Extradited to United States on Drug Trafficking Conspiracy Charge ». [Date de consultation : 2025-10-16]
États-Unis (É.-U.). 2025-05-15. Department of Justice (DOJ). « Leader of Prolific Guatemalan Drug Trafficking Organization and Guatemalan Politician Who Supplied Tons of Cocaine to the Sinaloa Cartel Presented in U.S. District Court ». [Date de consultation : 2025-09-29]
États-Unis (É.-U.). 2024-12-09. Department of Justice (DOJ). « 18th Street Gang Leader is Ninth and Final Defendant to Plead Guilty to Racketeering Conspiracy ». [Date de consultation : 2025-08-21]
États-Unis (É.-U.). 2024-04-22. Department of State. « Guatemala ». Country Reports on Human Rights Practices for 2023. [Date de consultation : 2024-12-03]
États-Unis (É.-U.). 2024-03-12. Department of State, Overseas Security Advisory Council (OSAC). « Guatemala Country Security Report ». [Date de consultation : 2024-05-23]
États-Unis (É.-U.). 2024-02-28. Department of the Treasury. « Treasury Sanctions Guatemala's Los Pochos Drug Trafficking Organization, Members, and Companies ». [Date de consultation : 2025-10-21]
États-Unis (É.-U.). 2023-12-12. Southern District of California US Attorney's Office. « High-Level Trafficker Pleads Guilty to International Cocaine Trafficking ». [Date de consultation : 2025-09-25]
États-Unis (É.-U.). 2022-03-18. Department of the Treasury. « Treasury Sanctions Guatemala's Los Huistas Drug Trafficking Organization with Ties to Mexican Cartels ». [Date de consultation : 2024-12-04]
États-Unis (É.-U.). 2018-01-18. Department of State, Bureau of International Narcotics and Law Enforcement Affairs (INL). Combating Transnational Gangs Through Information Sharing. [Date de consultation : 2024-12-13]
Florida International University (FIU). S.d. Steven J. Green School of International & Public Affairs, Jack D. Gordon Institute for Public Policy. « Our Impact ». [Date de consultation : 2025-09-16]
Global Initiative Against Transnational Organized Crime (GI-TOC). 2023. « Guatemala ». Global Organized Crime Index. [Date de consultation : 2024-12-03]
Global Initiative Against Transnational Organized Crime (GI-TOC). S.d. « Our Story ». [Date de consultation : 2024-12-03]
Guatemala. 2019-11. Ministerio de Gobernación (Mingob). Encuesta nacional de percepción de seguridad pública y victimización en guatemala, 2018. [Date de consultation : 2024-12-03]
Infobae. 2022-03-18. « Congressman for Parlacen for Guatemala Is Among Those Sanctioned by the United States ». [Date de consultation : 2025-01-29]
Infosegura. 2024-05-08. Guatemala: Analysis of the State of Homicidal Violence. January-March 2024. [Date de consultation : 2024-12-03]
Infosegura. S.d. « About Us ». [Date de consultation : 2024-12-03]
InSight Crime. 2025-04-03. « MS13 ». [Date de consultation : 2025-09-19]
InSight Crime. 2024-05-21. Alex Papadovassilakis. « US Turns Screw on Enduring Guatemala Drug Clan ». [Date de consultation : 2024-12-03]
InSight Crime. 2024-01-18. « Guatemala Profile ». [Date de consultation : 2024-05-23]
InSight Crime. 2023-11-14. « Barrio 18 ». [Date de consultation : 2025-08-21]
InSight Crime. 2023-06-20. Alex Papadovassilakis & Jody García. « Guatemala Elections: A Blurry Line Between Politics and Drugs ». [Date de consultation : 2024-12-12]
InSight Crime. 2021-08-03. Alex Papadovassilakis. « A Blend of Family and Politics in Guatemala's Cocaine Trade ». [Date de consultation : 2025-09-24]
InSight Crime. 2021-03-12. Shane Sullivan. « Familial Fiefdom: Ocós, Guatemala and the Preciado Navarijo Legacy ». [Date de consultation : 2024-12-12]
InSight Crime. 2021-01-29. Alex Papadovassilakis & Héctor Silva Ávalos. « A Mayor and a Wave of Narco Violence on Guatemala's Pacific ». [Date de consultation : 2025-10-16]
InSight Crime. 2018-02-13. « Barrio 18 ». [Date de consultation : 2024-12-12]
InSight Crime. S.d. « About Us ». [Date de consultation : 2024-05-21]
Instituto National de Ciencias Forenses de Guatemala (INACIF). S.d. « Sobre la revista ». [Date de consultation : 2025-10-02]
International Press Institute (IPI). 2021-12-08. « Local Journalism Project Case Study: Ojo Con Mi Pisto (Guatemala) ». [Date de consultation : 2025-11-08]
La Hora. 2025-05-15. « Exdiputado del Parlacen y líder Huista comparece en EE. UU. por colaboración con el Cártel de Sinaloa ». [Date de consultation : 2025-09-29]
La Hora. 2025-03-28. Kenneth Jordan. « Operativo Adolescentes en Peligro: allanan inmuebles para rescatar menores ». [Date de consultation : 2025-09-29]
Migration and Asylum Lab, Stanford University. 2023-11. Ana Minian et al. Guatemala: Country Conditions Bulletin. [Date de consultation : 2025-04-24]
Ojoconmipisto. 2023-03-28. « Registro de Ciudadanos acepta inscripción de exalcalde de Ocós extraditado ». [Date de consultation : 2025-09-26]
Paarlberg, Michael. 2021-08-26. « Gang Membership in Central America: More Complex than Meets the Eye ». Migration Information Source, Migration Policy Institute (MPI). [Date de consultation : 2025-10-02]
Plaza Pública. 2024-03-04. « El náufrago y el sobrino de la diputada Hernández, dos eslabones que llevan a Los Huistas ». [Date de consultation : 2024-12-09]
Prensa Libre. 2025-08-01. « Barrio 18 y MS-13: cómo usan a menores para cometer crímenes en Guatemala ». [Date de consultation : 2025-09-19]
Prensa Libre. 2024-09-26. Rubén Lacán. « Reclutamiento de menores para integrar pandillas es mayor en estos cuatro departamentos ». [Date de consultation : 2025-01-20]
Prensa Libre. 2024-09-09. Sandy Pineda. « Exalcalde de Ocós, Carlos Preciado Navarijo, condenado a 10 años de prisión en EE. UU. tras déclararse coupable por narcotráfico ». [Date de consultation : 2025-09-26]
Prensa Libre. 2024-05-29. Raúl Barreno Castillo. « Así reacciona el Barrio 18 cuando actúan sin el consentimiento de la rueda ». [Date de consultation : 2024-12-03]
Prensa Libre. 2024-01-03. Andrea Motta. « Crime Stoppers: delitos de narcotráfico y trata de personas son los más denunciados ». [Date de consultation : 2025-01-16]
Prensa Libre. 2022-03-18. « Estados Unidos sanciona a Los Huistas y a sus líderes, incluido un diputado del Parlacen, por vínculos con el narcotráfico ». [Date de consultation : 2025-09-25]
Ruiz, Pamela. 2022-01. Gangs, Violence, and Extortion in Northern Central America. The Street Gangs in Central America Research Initiative (SCRAIN), Florida International University (FIU). [Date de consultation : 2025-09-19]
Soy502. 2024-10-24. Jessica Gramajo. « El proceso para presentar denuncia al ser víctima de extorsión ». [Date de consultation : 2025-01-17]
Soy502. 2024-09-09. Dulce Rivera. « Condenan en EE.UU. por narcotráfico a exalcalde Carlos Preciado Navarijo ». [Date de consultation : 2025-09-26]
Soy502. 2024-02-08. Jessica Gramajo. « El plan de Bernardo Arévalo para combatir las extorsiones ». [Date de consultation : 2025-01-17]
Soy502. 2022-03-18. Jessica Gramajo. « El diputado del Parlacen vinculado al cártel Los Huistas ». [Date de consultation : 2025-09-29]
Soy502. 2021-08-31. Evelyn De León. « Los lazos familiares de Jean Carlo Castillo Hernández, detenido por narcotráfico ». [Date de consultation : 2024-12-09]
S-RM. 2023-07-17. Erin Drake. « The Bukele Effect: Shifting Extortion Trends in Central America and Mexico ». [Date de consultation : 2025-09-22]
Tol Gutiérrez, Manuel Antonio. 2024. « Perspectiva criminológica de las pandillas en Guatemala: Inteligencia investigativa al servicio de las ciencias forenses ». Revista Científica Diálogo Forense. Vol. 5, no 10. [Date de consultation : 2025-09-19]
Universidad de San Carlos de Guatemala (USAC). S.d. Revista Análisis de la Realidad Nacional. « Acerca de la revista ». [Date de consultation : 2025-10-02]
Voice of America (VOA). 2024-06-07. Karla Arévalo. « ¿Cuál es el poder de las pandillas en Guatemala y qué planea el gobierno de Arévalo para desarticularlas? ». [Date de consultation : 2024-12-04]
Voice of America (VOA). S.d. « VOA Mission ». [Date de consultation : 2025-01-17]
Autres sources consultées
Sources orales : professeur agrégé dans une université aux États-Unis dont les recherches portent principalement sur les gangs, la police et la violence criminelle en Amérique centrale; stagiaire postdoctoral dans une université aux États-Unis dont les recherches portent notamment sur les gangs en Amérique centrale et au Guatemala; Washington Office on Latin America.
Sites Internet, y compris : Agencia EFE; Análisis e Investigación de los Problemas Nacionales; Austrian Red Cross – ecoi.net; CNN; Corte Interamericana de Derechos Humanos; Diario Las Americas; El Faro; El Financiero; El Imparcial; El País; Freedom House; Guatemala – Crime Stoppers Guatemala, Instituto de Policía Nacional Civil; Human Rights Watch; Los Angeles Times; The New York Times; Organisation des États américains; Organized Crime and Corruption Reporting Project; Pérou – Centro de Estudios Estratégicos del Ejército del Perú; Prensa Latina; Revista Summa; SWI swissinfo.ch; Washington Office on Latin America; The Washington Post.