Bangladesh : information sur les forces policières locales et étatiques depuis la fin du régime de Sheikh Hasina, y compris information indiquant si elles continuent d’obéir aux ordres de la Ligue Awami (Awami League – AL) ou si elles sont toujours soumises à son influence; information sur le traitement réservé par la police aux opposants politiques du gouvernement, y compris les partisans subalternes et les manifestants; les actes d’extorsion ou d’intimidation commis contre des opposants politiques ou des manifestants (2024-mai 2025) [BGD202304.EF]

Direction des recherches, Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada

1. Mouvement de contestation de juillet et août 2024

Des sources signalent que le gouvernement, formé majoritairement de députés de l’AL et dirigé par la première ministre Sheikh Hasina, et les corps de sécurité affiliés s’en sont pris en juillet 2024 aux personnes participant aux manifestations étudiantes contre la proposition visant à instaurer des quotas d’embauche à la fonction publique (Human Rights Watch 2025-01-16; Odhikar 2025-02-10, 2). On peut lire dans le rapport annuel de Human Rights Watch couvrant les événements de 2024 que la police a eu recours à [traduction] « la force excessive, y compris les gaz lacrymogènes, les grenades fulgurantes, les balles en caoutchouc et les munitions réelles », pour mettre un terme aux manifestations (2025-01-16). Dans son rapport de mission d’établissement des faits relatifs aux manifestations de 2024, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) écrit que le gouvernement de l’AL et ses corps de sécurité se sont [traduction] « livrés de manière systématique à de graves atteintes aux droits de la personne, dont des centaines d’exécutions extrajudiciaires » et « [d’]autres violations impliquant le recours à la force qui ont causé des blessures graves à des milliers de manifestants », en vue de « réprimer les manifestations et toutes formes d’expression de dissension connexes » (Nations Unies 2025-02-12, i).

Des sources signalent que les manifestations se sont conclues par la démission de Sheikh Hasina le 5 août 2024, après quoi elle a fui le pays (Freedom House 2025-02-26, sect. A1; Human Rights Watch 2025-01-16) et [traduction] « [d]e nombreux » haut placés de l’AL « se sont cachés » (Freedom House 2025-02-26, sect. A1).

Il est écrit dans le rapport de mission du HCDH que, selon des renseignements [traduction] « compilés par des sources gouvernementales et non gouvernementales » ainsi que d’autres « preuves accessibles », « pas moins de 1 400 personnes pourraient avoir été tuées pendant les manifestations, la majorité par balles tirées avec des carabines de guerre et des fusils de chasse », des armes que les corps de sécurité du pays « utilisaient couramment » (Nations Unies 2025-02-12, iii-iv). La Société de soutien aux droits de la personne (Human Rights Support Society – HRSS), une organisation bangladaise fondée en 2014 qui suit l’évolution de questions liées aux droits de la personne au Bangladesh et qui publie des rapports à ce sujet (HRSS s.d.), s’appuie sur des données recueillies auprès de [traduction] « familles de victimes, témoins, hôpitaux et journaux nationaux » pour affirmer que la mort de 1 013 personnes survenue pendant le soulèvement a été « confirm[ée] », dont « [a]u moins » 136 enfants, et qu’on comptait 30 000 blessés (HRSS 2024-12-31). La même source ajoute que, parmi les victimes dont la cause du décès est connue (soit 858 parmi les 1 013 décès), les blessures par balles ont entraîné la mort de 671 d’entre elles (78 p. 100), 95 autres sont mortes des suites de leurs blessures (11 p. 100), 61 ont été battues à mort (7 p. 100), et les 31 autres sont mortes d’autres causes (4 p. 100) (HRSS 2024-12-31). La HRSS ajoute que, des 675 personnes dont il a été établi que la mort était attribuable à la police ou à d’autres groupes, [traduction] « [p]lus de » 85 p. 100 avaient été tuées par « la police et d’autres organismes d’exécution de la loi », tandis que 59 personnes (9 p. 100) avaient été tuées par des membres de l’AL (2024-12-31). Le rapport de mission du HCDH fait état de divers cas, notamment un survenu le 4 août 2024 dans le district de Sirajganj, où un immeuble abritant des bureaux de l’AL a été rasé par les flammes et 5 représentants locaux de l’AL et 1 journaliste ont été tués par des assaillants armés; ce jour-là, ailleurs dans le même district, 15 policiers ont été tués dans une attaque distincte commise contre un poste de police par une [traduction] « foule imposante de jeunes hommes » (Nations Unies 2025-02-12, 52).

Dans son rapport de mission, le HCDH signale que c’est durant la période marquée par la fin du soulèvement et le départ de Sheikh Hasina qu’ont été commis les [traduction] « actes les plus graves » de violence par vengeance contre des policiers et des partisans de l’AL (Nations Unies 2025-02-12, 52, 53). La même source souligne que, selon la police du Bangladesh, 450 des 639 postes de police du pays [traduction] « ont été détruits ou endommagés » lors d’attaques vengeresses à l’issue desquelles des policiers se sont enfuis ou ont été « lynchés ou alors tués » (Nations Unies 2025-02-12, 53). L’organisation de défense des droits de la personne Odhikar, qui est située au Bangladesh et qui recueille des données sur les atteintes aux droits, reprend des passages d’un article paru dans le quotidien en bengali Samakal [1] selon lesquels des [traduction] « opérations en civil » visant des membres des corps de sécurité se sont poursuivies une fois le gouvernement intérimaire en place [2], après la démission de Sheikh Hasina, et la police a continué à mener « diverses activités criminelles » comme des exécutions extrajudiciaires (2025-02-10, 2, 5, 54).

2. Situation de l’AL depuis la fin du régime de Sheikh Hasina

Dans un article d’opinion rédigé par deux membres de Fortify Rights, une organisation composée de défenseurs des droits de la personne qui enquêtent sur les atteintes en la matière (Fortify Rights s.d.), et paru dans le Diplomat, une revue qui publie des analyses et des commentaires portant principalement sur la région de l’Asie et du Pacifique (The Diplomat s.d.), il est écrit que, historiquement, l’AL et le Parti nationaliste du Bangladesh (Bangladesh Nationalist Party – BNP) [3], les 2 principaux partis politiques du pays, [traduction] « s’échangent le pouvoir politique sans trop suivre les règles », chaque changement de gouvernement s’accompagnant des « habituels actes destructifs sous forme de représailles contre des opposants politiques, d’accaparement du pouvoir institutionnel et de violence politique de la part des corps de sécurité de l’État » (Yap & Quinley 2025-03-03). À titre d’exemple, Freedom House fait observer que, bien que le gouvernement intérimaire mis en place après la démission de Sheikh Hasina ait [traduction] « considérablement » ouvert l’espace politique par l’annulation des interdictions visant des partis politiques et l’enregistrement de nouveaux partis, l’AL est « aux prises avec toujours plus de restrictions » sous le nouveau gouvernement (2025-02-26, sect. B1). Des sources soulignent que l’aile étudiante de l’AL, la Ligue Chhatra du Bangladesh (Bangladesh Chhatra League – BCL) [4], est frappée d’interdit (AP 2025-02-06; Freedom House 2025-02-26, sect. B1, D3; Al Jazeera 2025-05-11) depuis octobre 2024 (Al Jazeera 2025-05-11).

Des sources signalent que, au début de mai 2025, le gouvernement intérimaire du Bangladesh s’est servi de la loi antiterroriste (Anti-Terrorism Act) pour interdire toutes les activités de l’AL (The Business Standard 2025-05-12; DW 2025-05-11; Al Jazeera 2025-05-11), de même que toutes organisations affiliées (The Business Standard 2025-05-12). D’après des sources, le gouvernement a déclaré que l’interdiction demeurera en vigueur tant que le procès de l’AL et de ses dirigeants, accusés des morts survenues pendant les manifestations de 2024, ne sera pas clos (DW 2025-05-11; Al Jazeera 2025-05-11).

Dans son rapport, le HCDH écrit que, après le 5 août 2024, [traduction] « de nombreux journalistes et autres observateurs de la société civile » ont fait remarquer que « l’intimidation [se faisait] en sens contraire », ce qui a incité les journalistes et les médias à faire preuve de « prudence avant de présenter une nouvelle pouvant être interprétée comme favorable à la Ligue Awami ou critique à l’égard de ses opposants politiques » (Nations Unies 2025-02-12, 55). Selon la même source, des foules se sont livrées à une série d’attaques vengeresses au cours desquelles elles ont vandalisé, pillé et incendié des stations de télévision et agressé physiquement des journalistes et des employés perçus comme appuyant l’AL (Nations Unies 2025-02-12, 9).

Odhikar signale qu’il y a des informations faisant état de cas où des dirigeants et des militants du BNP ont [traduction] « attaqué » des membres de l’AL, entre autres « en s’introduisant par effraction chez eux et en déclenchant des incendies criminels » (2025-02-10, 34-35). On peut lire dans un article de l’Associated Press (AP) que, au début de février 2025, [traduction] « [d]es foules […] ont vandalisé des maisons et des locaux commerciaux » dans tout le Bangladesh, dont « [b]on nombre » appartenaient à des membres en vue de l’AL; la violence « sembl[ait] […] faire partie d’une campagne coordonnée » dans laquelle s’inscrivait également une attaque visant l’ancien domicile du père de Sheikh Hasina (2025-02-07). Le HCDH souligne que des femmes appuyant l’AL et la BCL ont [traduction] « reçu des menaces de viol, de vive voix et sur les médias sociaux », et que « quelques » femmes dans des postes de direction ou des rôles publics ont reçu des menaces de représailles, ce qui les a contraintes « à se cacher le visage et les cheveux pour tenter de dissimuler leur identité » (Nations Unies 2025-02-12, 54). D’après un article publié par la Press Trust of India (PTI), une agence de presse publiant en anglais en Inde [5], le conseiller à l’information du gouvernement intérimaire a dit que [traduction] « "près de" » 100 000 membres de l’AL se sont réfugiés en Inde (2025-04-02).

2.1 Relation avec les forces policières et les corps de sécurité

Parmi les sources qu’elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches a trouvé peu d’information indiquant si des liens perdurent entre des policiers locaux ou étatiques et des dirigeants, des membres subalternes ou des partisans de l’AL depuis la chute du gouvernement de l’AL en août 2024.

Dans un rapport paru en 2025, Human Rights Watch signale que le gouvernement de Sheikh Hasina, après son arrivée au pouvoir en 2009, [traduction] « a consolidé son assise en imposant le silence aux détracteurs, en harcelant les militants et en faisant subir des arrestations arbitraires, des disparitions forcées et des exécutions aux membres de l’opposition ou de la société civile » (2025-01-27, 1). De même, Odhikar souligne que, pendant les 15 années qu’a duré le régime de Sheikh Hasina, les disparitions forcées servaient [traduction] « d’instrument d’oppression étatique » afin d’éliminer l’opposition politique et « de consolider le pouvoir par la force »; en outre, « de nombreux » membres des corps de sécurité de l’État impliqués dans des violations des droits de la personne n’ont jamais été tenus responsables de leurs actes (2025-02-10, 3). Dans son rapport de mission d’établissement des faits, le HCDH écrit que la réponse violente des corps de sécurité aux manifestations de juillet et août 2024 a été [traduction] « coordonnée et dirigée, en toute connaissance de cause », par les hauts responsables en matière de politique et de sécurité (Nations Unies 2025-02-12, i).

Des sources signalent que la chute du gouvernement de Sheikh Hasina a entraîné [traduction] « [l’] effondre[ment] » (The Diplomat 2025-03-03) ou la [traduction] « désintégr[ation] » (The Daily Star 2024-12-30a) de la force policière du Bangladesh, les policiers ayant fui par crainte que la population exerce des représailles (The Diplomat 2025-03-03; The Daily Star 2024-12-30a). Selon le Daily Star, un quotidien en anglais du Bangladesh [6], [traduction] « [b]eaucoup » de policiers qui appuyaient le gouvernement de l’AL ont depuis été « mutés » (2024-12-30a). Il est écrit dans le Diplomat que [traduction] « de nombreux » policiers « mis de côté » pour des raisons politiques sous le régime de l’AL ont été « mutés à des postes clés » au sein de la force; toutefois, les « policiers subalternes encore fidèles au gouvernement précédent [leur] opposent une résistance » (2025-03-03). Parmi les sources qu’elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n’a pas trouvé d’autres renseignements allant dans le même sens.

L’organisation Freedom House signale que, avec la mise en place du gouvernement intérimaire, les juges et magistrats perçus comme fidèles à l’ancien gouvernement de l’AL [traduction] « ont été remplacés après leur démission, volontaire ou non » (2025-02-26, sect. F1). On peut lire dans le Daily Star que, selon des dirigeants du BNP, le gouvernement intérimaire [traduction] « a démis des partisans de la Ligue Awami » de diverses fonctions gouvernementales, ainsi que de postes au sein d’établissements universitaires et d’institutions financières (2024-09-19). Freedom House ajoute que, depuis la fin du régime de Sheikh Hasina, des attaques ont été perpétrées contre des partisans de l’AL et des rassemblements de l’AL sans que la police n’intervienne (2025-02-26, sect. E1).

D’après Freedom House, des dirigeants de l’AL ont été arrêtés [traduction] « pour des crimes sur le fondement de preuves ténues », ce qui a nui à la poursuite des activités du parti [avant qu’elles soient interdites] (2025-02-26, sect. B1, D3). De même, Elaine Pearson, directrice de la division Asie de Human Rights Watch, écrit dans le Daily Star que, depuis la démission de Sheikh Hasina, plus de 1 000 plaintes relatives à des actes criminels ont été déposées [traduction] « sans être étayées de preuves solides », plaintes qui « visent des dizaines de milliers de gens, surtout des membres de l’AL, et les accusent de meurtre, de corruption et d’autres crimes » (Pearson 2025-03-03). Dans un article du Daily Star où sont cités les propos de [traduction] « sources » du quartier général de la police, on peut lire que, en date du 25 septembre 2024, 1 174 plaintes liées à la violence faite aux manifestants avaient été formulées contre d’anciens ministres, députés et conseillers du gouvernement de Sheikh Hasina, de même que contre des « maires de corporations municipales »; parmi les accusés, 59 ont été arrêtés (2024-10-10).

3. Traitement réservé par la police aux opposants politiques et aux manifestants sous le gouvernement intérimaire

L’organisation Freedom House souligne que les dirigeants et les membres de l’AL sont exposés à [traduction] « une grande violence et [à] de l’acharnement judiciaire » depuis la chute du gouvernement de Sheikh Hasina (2025-02-26, sect. B3). Dans son rapport de 2025, Human Rights Watch signale que, malgré le départ de Sheikh Hasina, la police a arrêté [traduction] « arbitrairement » des responsables et des partisans de l’AL ainsi que des journalistes perçus comme soutenant l’AL et a déposé des plaintes en matière criminelle « contre un grand nombre de "personnes inconnues" », ce qui, dans les faits, « "permet" » d’arrêter « pratiquement n’importe qui », puis de « l’arrêter encore » (2025-01-27, 23). D’après Odhikar, le nombre de plaintes en matière criminelle est en hausse dans tout le pays, et les dirigeants locaux du BNP [traduction] « auraient joué un rôle » dans les accusations portées contre « de nombreuses » personnes, eux qui « tentaient de harceler leurs opposants politiques en les traînant devant les tribunaux » (2025-02-10, 37). À titre d’exemple, la même source renvoie à un article de Samakal selon lequel des membres de l’AL ont été accusés au criminel alors qu’ils étaient décédés (Odhikar 2025-02-10, 37). D’autres médias font de même état d’une affaire où le nom de 3 dirigeants de l’AL se retrouve parmi la liste des personnes accusées d’avoir attaqué les manifestants en août 2024, malgré le fait que ces 3 hommes étaient déjà morts au moment où aurait été commis le crime qui leur est reproché (The Business Standard 2024-10-05; The Daily Star 2024-10-07). Les mêmes sources ajoutent que l’affaire a été intentée par un coordonnateur du mouvement Étudiants contre la discrimination (Students Against Discrimination – SAD) [7] (The Business Standard 2024-10-05; The Daily Star 2024-10-07) et vise notamment 96 membres de l’AL (The Daily Star 2024-10-07).

Le réseau mondial d’organisations de la société civile CIVICUS, dont le siège se trouve en Afrique du Sud et dont la mission consiste à promouvoir [traduction] « une action citoyenne et une société civile » fortes (CIVICUS s.d.), signale que, en mars 2025, la police métropolitaine de Dacca a interrompu la manifestation pacifique d’étudiants qui se dirigeaient à pied vers la maison de Muhammad Yunus, chef du gouvernement intérimaire, un événement organisé en réponse au [traduction] « viol récent et au décès d’une fillette » (CIVICUS 2025-03-25). Un [traduction] « affrontement » a éclaté entre les policiers et les manifestants, et 12 leaders étudiants ainsi que d’autres manifestants dont le nom n’est pas précisé « ont été accusés par la police en vertu de dispositions du code pénal, entre autres d’attroupement illégal et d’émeute » (CIVICUS 2025-03-25). Il est également fait observer que 2 des étudiants accusés n’avaient pas participé à la manifestation (CIVICUS 2025-03-25).

Selon la Fondation pour la culture des droits de la personne (Manabadhikar Shongskriti Foundation – MSF) [8], qui publie chaque mois des statistiques sur les cas de violence survenus au Bangladesh d’après des données provenant d’articles de médias et une vérification faite par des [traduction] « défenseurs des droits de la personne se trouvant sur place », il y a eu en janvier 2025 72 nouvelles plaintes en matière criminelle visant d’anciens membres du gouvernement de l’AL accusés de « meurtre et [de] violence »; au total, 5 856 défendeurs y sont nommés et accusés, et 5 517 défendeurs y sont désignés par la mention « inconnu » (MSF 2025-02-28, 2, 10). Le nombre de poursuites intentées en février 2025 a baissé, passant à 4; les défendeurs identifiés par leur nom étaient au nombre de 360, et ceux désignés par la mention [traduction] « inconnu », de 200 (MSF 2025-02-28, 2). Des sources ajoutent que le gouvernement du Bangladesh a lancé une opération de sécurité appelée [traduction] « Chasse aux démons » (Yap & Quinley 2025-03-03; MSF 2025-02-28, 5) le 8 février 2025 en vue de [traduction] « lutter contre le terrorisme, rétablir l’ordre public et juger les terroristes » (MSF 2025-02-28, 5). Un article du Daily Star reprend les propos du conseiller aux affaires intérieures du gouvernement selon lesquels l’opération [traduction] « se poursuivra jusqu’à "l’éradication [complète] des démons" », de même que les propos du commissaire de la police métropolitaine de Gazipur selon lesquels « "l’opération Chasse aux démons servira à lutter contre le fascisme de la Ligue Awami" » (2025-02-10). Plus de 11 000 personnes avaient été arrêtées à la fin du mois (The Business Standard 2025-02-27; MSF 2025-02-28, 5). [Traduction] « La plupart » (MSF 2025-02-28, 5; The Daily Star 2025-02-10) ou [traduction] « bon nombre » (Yap & Quinley 2025-03-03) des personnes arrêtées dans le cadre de l’opération sont associées à l’AL (Yap & Quinley 2025-03-03; MSF 2025-02-28, 5). Dans l’article du Daily Star se trouvent des exemples de quelques-unes des 1 308 détentions visant [traduction] « pour la plupart » des membres de l’AL ainsi que de ses « organes affiliés », survenues lors du premier jour de l’opération :

Par exemple, les forces conjointes ont fait samedi soir une rafle à Hatia, dans le district de Noakhali, et ont procédé à l’arrestation de 7 hommes de l’AL, dont un ancien président d’un conseil d’union.

L’officier responsable, AKM Ajmal Huda, du poste de police de Hatia, a raconté au Daily Star que des membres de la marine, de la garde côtière, de la police navale et du poste de police de Hatia ont participé à l’opération.

La police métropolitaine de Chattogram a placé en détention 19 dirigeants et militants de l’AL, de la Ligue Jubo (Jubo League) [l’aile jeunesse de l’AL (CPJ 2023-11-22)] et de la Ligue Chhatra, maintenant frappée d’interdit (2025-02-10).

Selon des données compilées par Odhikar d’août à décembre 2024, 18 journalistes ont été blessés dans le cadre de leurs fonctions, 6 ont été harcelés et 6 menacés, et 3 immeubles abritant des bureaux de journaux ont été attaqués (2025-02-10, 37). D’après la MSF, lors de 21 cas survenus en février 2025, 38 journalistes ont subi de la [traduction] « [t]orture, des voies de fait, des blessures, des menaces et du harcèlement » alors qu’ils travaillaient; en voici un exemple :

[l]a police s’en est prise à 6 journalistes qui couvraient les manifestations étudiantes se déroulant à Dacca le 9 février [2025]. Les policiers antiémeutes les ont roués de coups de pied et leur ont donné des coups de couteau. Selon les journalistes blessés, ils ont été attaqués même après avoir montré leur carte d’identité (2025-02-28, 2, 7).

4. Actes d’extorsion et d’intimidation commis contre des opposants politiques par la police, des partis politiques et des acteurs criminels

Parmi les sources qu’elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n’a trouvé aucun renseignement sur le rôle de l’AL dans les manœuvres d’extorsion et d’intimidation menées en collaboration avec des membres des corps de sécurité depuis la chute du gouvernement de Sheikh Hasina en août 2024.

D’après ce qu’écrit la directrice de la division Asie de Human Rights Watch dans le Daily Star, des policiers craignant d’être traduits en justice pour des actes commis sous le régime de Sheikh Hasina ont, depuis son renversement, [traduction] « menacé des familles afin de les contraindre à ne pas témoigner dans le cadre des procédures de la commission d’enquête sur les disparitions forcées » mise sur pied par le gouvernement intérimaire (Pearson 2025-03-03). De même, le HCDH souligne dans son rapport que, après les événements du 5 août 2024, les corps de sécurité [traduction] « ont fait subir de l’intimidation aux victimes, à leur famille, aux avocats, aux journalistes et à quiconque réclamait que les coupables soient punis ou attirait autrement l’attention sur les exécutions commises par les corps de sécurité », mais ajoute que de tels agissements étaient « plus discrets que ce qui se faisait avant le 5 août » (Nations Unies 2025-02-12, 59, 61). La source décrit ensuite la situation de la famille d’une personne tuée par la police en juillet 2024 qui [traduction] « a vu se présenter chez elle avec des intentions menaçantes le proche parent de l’un des policiers accusés, tandis que des agents du renseignement tentaient de faire pression sur l’avocat de la famille » (Nations Unies 2025-02-12, 61).

Les renseignements au sujet de membres de la police en tant qu’auteurs d’actes d’extorsion ou que cibles de telles manœuvres contenus dans le paragraphe qui suit sont tirés du Daily Star.

Un sous-inspecteur de police a subi une tentative d’extorsion de la part d’un collègue qui [traduction] « l’a informé » qu’il devait verser 10 000 taka du Bangladesh (BDT) [1 175 $CAN], sans quoi il « risquait d’être mêlé à une affaire de meurtre »; le sous-inspecteur a refusé de payer et a par la suite été accusé d’avoir tiré sur un manifestant. « Plusieurs autres policiers » accusés dans cette même affaire de tentative de meurtre ont affirmé que « certains de leurs collègues, de collusion avec des représentants locaux du BNP, se livraient à un racket visant des policiers vulnérables ». De plus, 7 cas ont été signalés où « des policiers et d’autres personnes se sont fait extorquer par la police et des dirigeants locaux du BNP ». Les « proches de bon nombre de ces policiers » pris pour cible ont aussi communiqué au journal l’information suivante les concernant :

Ils ont dit que les extorqueurs parlaient de « Tk 2 » quand des inspecteurs étaient visés, et de « Tk 1 » dans le cas de sous-inspecteurs. Les policiers ont par la suite expliqué que, dans le jargon des extorqueurs, « Tk 1 » signifiait [10 000 BDT]. Un ancien responsable de poste de police de Dacca a déclaré au Daily Star sous le couvert de l’anonymat qu’il avait personnellement agi comme médiateur dans au moins 7 cas où ses collègues avaient versé les sommes exigées pour ne pas être nommés dans un acte d’accusation.

Il a expliqué que les transactions s’effectuaient habituellement avant que l’affaire soit déférée à la justice, car il est difficile de faire supprimer les noms après coup.

Il a aussi récemment affirmé au journal que de tels rackets étaient monnaie courante au sein de la force policière (The Daily Star 2024-12-30b).

Les renseignements sur l’extorsion dans le contexte de plaintes en matière criminelle contenus dans le paragraphe qui suit sont tirés de bdnews24.com, un journal en ligne du Bangladesh [9].

Depuis la chute du gouvernement de Sheikh Hasina, des médias se sont mis à signaler des cas où des demandeurs ayant intenté une procédure en matière criminelle ont ensuite accepté un pot-de-vin, puis [traduction] « présenté un affidavit dans lequel ils déclaraient l’accusé innocent ». Le commissaire de la police métropolitaine de Dacca a « confirmé » l’existence de telles situations, « signal[ant] [dans la foulée] qu’il existe aussi des cas de contre-extorsion visant les extorqueurs initiaux qui s’étaient servis des poursuites pour s’enrichir ». Selon un policier du poste de Mohammadpur interviewé dans le même article, si des agents refusent de recevoir une plainte, ils « risquent d’être considérés comme des "alliés de la Ligue Awami", un risque que personne ne veut courir ». En outre, étant donné que le gouvernement dirigé par l’AL n’est plus, la police avait pour instruction « d’accepter tous les cas » qui lui étaient présentés, mais dans les 4 mois ayant suivi le changement de régime, « les hauts gradés de la police se sont dits frustrés en raison des actes de nombreux demandeurs ». Le commissaire de la police métropolitaine de Dacca a dit aux journalistes que « les allégations faisant état de demandeurs qui utilisent les affaires en cours pour extorquer de l’argent, exercer des pressions en vue d’arrestations ou empêcher des arrestations sont en grande partie vraies » (bdnews24.com 2024-12-13).

Les renseignements contenus dans le paragraphe qui suit sont tirés d’un article de fond paru en avril 2025 dans Prothom Alo, un quotidien du Bangladesh [10], qui fait état des résultats de son enquête sur les irrégularités dans les demandes d’ouverture de dossier au criminel, d’après un examen de 40 dossiers en lien avec les manifestations de juillet 2024 et des entretiens avec [traduction] « plus de 100 » personnes parties à ces affaires.

Dans 21 des 40 dossiers visés par l’enquête du journal, de l’argent a été « [p]rétendument » demandé à des accusés, ou encore de l’argent a changé de mains, avant ou après l’ouverture du dossier. Dans les 19 autres dossiers, les accusés « soutiennent » que leur nom a été donné en raison de conflits de nature interpersonnelle, politique ou commerciale. Dans 14 des dossiers, les demandeurs étaient affiliés au BNP; dans 1 dossier, le demandeur était membre de la Ligue Jubo de l’AL (Prothom Alo 2025-04-27).

Des médias signalent des cas où des dirigeants du BNP ont été renvoyés (FE 2025-01-02; The Business Standard 2025-05-15) ou suspendus (Dhaka Tribune 2025-03-23) du parti en réponse à des allégations d’extorsion et d’autres crimes (FE 2025-01-02; Dhaka Tribune 2025-03-23; The Business Standard 2025-05-15). On peut lire dans la Dhaka Tribune, un journal en anglais du Bangladesh [11], que depuis que l’AL a été [traduction] « chassée » du pouvoir, les dirigeants du BNP ont commencé à se livrer à l’extorsion et à s’emparer d’entreprises et de terres (2024-08-30). Dans le Daily Sun, un quotidien en anglais du Bangladesh [12], sont cités les propos du président de l’Association des propriétaires de fourgonnettes et de camions fermés du Bangladesh (Bangladesh Truck-Covered Van Owners' Association) selon lesquels les activités d’extorsion sur l’autoroute étaient auparavant [traduction] « "surtout" » attribuables aux membres de l’AL, mais le BNP et ses organes affiliés sont maintenant « "impliqués" » dans ces pratiques depuis le renversement du gouvernement de Sheikh Hasina (2025-02-08).

D’après New Age, un quotidien en anglais de Dacca [13], un journaliste a été battu par un dirigeant local du BNP et ses associés à Thakurgaon le 25 février 2025; le politicien a déclaré qu’il avait agi ainsi pour se venger du reportage que le journaliste avait fait sur ses activités d’extorsion (2025-02-27). Parmi les sources qu’elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n’a trouvé aucun renseignement indiquant si la police est intervenue en réponse aux agissements du dirigeant du BNP. Dans son rapport de mission d’établissement des faits, le HCDH écrit qu’une usine appartenant à un partisan [traduction] « bien en vue » de l’AL a fait l’objet le 14 août 2024 d’une première attaque, menée par « un grand groupe d’hommes ayant à leur tête un partisan local du BNP » qui ont « agressé » des ouvriers de l’usine en vue « [d’]extorquer de l’argent au propriétaire »; l’usine a été rasée par les flammes lors d’une attaque subséquente (Nations Unies 2025-02-12, 54). Il n’y a eu à la suite des deux attaques aucune réponse policière ni aucune enquête (Nations Unies 2025-02-12, 54).

Selon Prothom Alo, le secrétaire général du BNP a nié les allégations d’implication du parti dans des cas d’extorsion, affirmant que les gens qui agissent ainsi sous le couvert du BNP devraient être livrés aux autorités (2024-08-31).

Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais fixés. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile. Veuillez trouver ci-dessous les sources consultées pour la réponse à cette demande d'information.

Notes

[1] D’après BBC Monitoring, Samakal se montre [traduction] « généralement critique » à l’endroit de l’AL et est « connu pour » ses reportages sur « la corruption des politiciens du parti au pouvoir et ses employés » (BBC 2025-05-16). Toutefois, le Daily Star souligne que, après la chute du régime de Sheikh Hasina, Abul Kalam Azad, le propriétaire de Samakal qui est également un politicien [traduction] « affilié à la Ligue Awami » et qui a été élu à l’issue de l’élection nationale de janvier 2024 (The Daily Star 2024-01-11), a pris les rênes de Samakal à titre de rédacteur en chef par intérim (2025-01-31).

[2] Par suite de la dissolution du gouvernement formé par l’AL, un gouvernement intérimaire dirigé par Muhammad Yunus, un lauréat du prix Nobel, qui comprend des leaders de la société civile, des universitaires et [traduction] « [d’] autres citoyens en vue », a été formé et bénéficie du soutien de l’armée et des manifestants (Freedom House 2025-02-26, sect. « Overview » et « Key Developments in 2024 »).

[3] Le BNP était le [traduction] « principal parti d’opposition » au pays sous le régime de Sheikh Hasina (Al Jazeera 2024-10-27).

[4] La BCL était l’aile étudiante de l’AL sous le régime de Sheikh Hasina (Al Jazeera 2024-10-27).

[5] La PTI est une agence de presse [traduction] « sans but lucratif » qui « appartient à un groupe de journaux indiens » également abonnés à la PTI (PTI s.d.). La PTI est [traduction] « autofinancée » au moyen d’abonnements et n’accepte aucun don de partis politiques, quels qu’ils soient (PTI s.d.). The Wire, un site d’actualités indien exploité par la Fondation pour le journalisme indépendant (Foundation for Independent Journalism), fondation à but non lucratif (The Wire 2016-08-19), décrit la PTI comme [traduction] « indépendante » et « dépourvue de tout biais politique » (The Wire 2020-10-15).

[6] Des sources signalent que le Daily Star appartient au Groupe Transcom, qui possède également Prothom Alo (Shongjog MSP 2021-10-12; BBC 2025-05-16). Selon des sources, le Daily Star a la [traduction] « réputation de faire des reportages de qualité exempts de partisanerie » (Shongjog MSP 2021-10-12) ou s’est montré critique envers le gouvernement de l’AL à [traduction] « divers sujets » (BBC 2016-02-18), ou encore a [traduction] « conserv[é] une certaine indépendance éditoriale » par rapport au gouvernement (RSF [2025]).

[7] Le SAD a été l’initiateur des manifestations de juillet et août 2024 contre le régime de Sheikh Hasina (Al Jazeera 2024-10-27).

[8] La MSF est une organisation [traduction] « indépendante, non gouvernementale, apolitique et sans but lucratif » du Bangladesh vouée à « la protection et la défense des droits de la personne dans tout le pays » (MSF s.d.).

[9] D’après la plateforme multi-intervenants Shongjog (Shongjog Multi-Stakeholder Platform – MSP), un [traduction] « effort de collaboration regroupant des organismes gouvernementaux, des ONG nationales et internationales et d’autres entités » financé par UK Aid qui « veille à ce que des sources d’information crédibles soient identifiées comme telles » et qui « vis[e] à encourager la confiance entre les communautés et le secteur de réponse aux catastrophes » (Shongjog MSP s.d.), bdnews24.com est dirigé par un ancien présentateur de la BBC et [traduction] « s’attire le soutien des deux partis » (Shongjog MSP 2021-10-12).

[10] Des sources soulignent que Prothom Alo appartient au Groupe Transcom, qui possède également le Daily Star (BBC 2025-05-16; Shongjog MSP 2021-10-12). Des sources ajoutent que Prothom Alo a [traduction] « conserv[é] une certaine indépendance éditoriale » par rapport au gouvernement (RSF [2025]) ou que le journal [traduction] « ne manifeste pas d’inclinaison politique en particulier », mais s’est montré critique envers le gouvernement de l’AL notamment en raison de la corruption (BBC 2025-05-16).

[11] Selon la Shongjog MSP, la maison mère de la Dhaka Tribune est la 2A Media Limited, une filiale du Groupe Gemcon, qui appartient à un politicien de l’AL (Shongjog MSP 2021-10-12). Toutefois, BBC Monitoring signale que la Dhaka Tribune est [traduction] « connue pour être libérale et impartiale » (BBC 2025-05-16).

[12] Le Daily Sun appartient au East West Media Group (East West Media Group s.d.). Après la chute du régime de Sheikh Hasina, la responsabilité du East West Media Group a été confiée à un membre de la cellule responsable des médias du BNP, nommé vice-directeur général (The Daily Star 2025-04-07).

[13] Des sources disent du quotidien New Age qu’il est [traduction] « contestataire » (Nieman Reports 2024-07-16; Genilo, Asiuzzaman & Osmani 2016-12-30, 131) ou que son rédacteur en chef est perçu comme étant critique de l’AL, qui était alors au pouvoir, et de son gouvernement (Hasan & Islam 2017-06-21, 4).

Références

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Autres sources consultées

Sources orales : Ain o Salish Kendra; Asian Human Rights Commission; Bangladesh Legal Aid and Services Trust; German Institute of Development and Sustainability; Human Rights Support Society; Manabadhikar Shongskriti Foundation; Nations Unies – Haut-Commissariat aux droits de l’homme; Odhikar.

Sites Internet, y compris : Agence Anadolu; Amnesty International; Article 19; Asian Forum for Human Rights and Development; Australie – Department of Foreign Affairs and Trade; Austrian Red Cross – ecoi.net; BRAC University; The Conversation; Danish Refugee Council; Dawn; Fédération internationale pour les droits humains; Front Line Defenders; International Crisis Group; Nations Unies – Refworld; Reuters; Royaume-Uni – Home Office; Transparency International Bangladesh; Union européenne – EU Agency for Asylum.

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