Burundi : information sur le traitement réservé par les autorités aux opposants politiques (2019-juillet 2021) [BDI200700.EF]

Direction des recherches, Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada

1. Situation politique et aperçu

Les élections présidentielle, [législatives et communales (Nations Unies 13 août 2020, paragr. 14)] se sont déroulées au Burundi le 20 mai 2020; Evariste Ndayishimiye, à la tête du Conseil national pour la défense de la démocratie - Forces de défense de la démocratie (CNDD-FDD), a été élu président avec 68,7 p. 100 (Nations Unies 13 août 2020, paragr. 14, 17) ou 71,5 p. 100 des suffrages (Political Handbook of the World 2021, 242). Selon un rapport présenté en septembre 2020 par la Commission d’enquête des Nations Unies sur le Burundi, le CNDD-FDD et [version française des Nations Unies] « les autorités burundaises ont mis en œuvre une stratégie basée sur la violence et les violations des droits de l’homme pour s’assurer de leur victoire à toutes les élections » (Nations Unies 23 sept. 2020). Des sources soulignent l’absence au Burundi d’observateurs provenant de l’étranger qui auraient pu surveiller les élections (Nations Unies 13 août 2020, paragr. 15; É.-U. 30 mars 2021, 25). Cependant, dans un article publié par Radio France internationale (RFI), il est écrit que [traduction] « [c]ertains » observateurs africains ont assuré la surveillance du scrutin (RFI 25 mai 2020). Des sources signalent que le principal parti de l’opposition s’est dit préoccupé par des irrégularités liées au vote et a affirmé que les résultats des élections étaient frauduleux (RFI 25 mai 2020; Nations Unies 13 août 2020, paragr. 17, 31). La Cour constitutionnelle du Burundi a rejeté les contestations juridiques subséquentes, fondées sur des allégations de bourrage d’urnes, de menaces et d’intimidation, entre autres (Burundi 4 juin 2020, 3-5, 13). Des sources soulignent que le président Evariste Ndayishimiye est arrivé au pouvoir en juin 2020, à la suite du décès du président sortant, Pierre Nkurunziza (Amnesty International 11 août 2020; DW 17 juin 2021).

D’après la Cour constitutionnelle, le CNDD-FDD a obtenu 86 des 123 sièges aux élections législatives, tandis que le Congrès national pour la liberté (CNL), le principal parti de l’opposition au Burundi, en a obtenu 32 (Burundi 4 juin 2020, 13). Le CNL est dirigé par Agathon Rwasa (HRW 27 avr. 2020; DW 17 févr. 2020), l’ancien chef des Forces nationales de libération (FNL) (DW 17 févr. 2020). Pour obtenir des renseignements additionnels sur les FNL, ainsi que sur le traitement réservé par les autorités aux membres des FNL, veuillez consulter la réponse à la demande d’information BDI105752 publiée en mars 2017. Selon le Projet de données sur les lieux et les incidents de conflits armés (Armed Conflict Location & Event Data Project - ACLED) [1], Agathon Rwasa a constitué le CNL en février 2019 (ACLED 19 mai 2020).

Des sources signalent que le CNDD-FDD et le CNL [ou les FNL (Political Handbook of the World 2021, 241)] sont des partis politiques fondés par d’anciens rebelles hutus (DW 17 févr. 2020; Political Handbook of the World 2021, 241) de la guerre civile de 1993-2009 (Political Handbook of the World 2021, 241-242). Dans son rapport de septembre 2019, la Commission d’enquête des Nations Unies sur le Burundi souligne que l’opposition est également formée d’autres partis comme l’Union pour le progrès national (UPRONA) et le Mouvement pour la solidarité et la démocratie (MSD) (Nations Unies 17 sept. 2019). L’UPRONA a remporté deux sièges aux élections législatives de 2020 (Burundi 4 juin 2020, 13).

Pour obtenir des renseignements additionnels sur le MSD, y compris le traitement réservé à ses membres par les autorités, veuillez consulter la réponse à la demande d’information BDI106250 publiée en mars 2019.

2. Traitement réservé par les autorités aux opposants politiques

Dans son discours d’investiture, le nouveau président élu, Evariste Ndayishimiye, a déclaré que [version française d’Amnesty International] « [t]ous ceux qui commettent des délits, membres du gouvernement ou autres dignitaires, qu’ils soient traduit (sic) devant les juridictions compétentes. Tous les délits doivent être punis pour éviter de retomber dans les mêmes erreurs du passé » (Burundi 19 juin 2020, 16; Amnesty International 11 août 2020). Selon son rapport de septembre 2020, la Commission d’enquête des Nations Unies sur le Burundi [version française des Nations Unies] « n’a pas relevé de signe d’amélioration tangible de la situation des droits de l’homme malgré les déclarations à cet effet du nouveau Président Ndayishimiye », et l’impunité continue de régner (Nations Unies 23 sept. 2020). À l’approche des élections, les Nations Unies ont continué à observer des cas d’exécution sommaire, d’arrestation et de détention arbitraires, de [version française des Nations Unies] « torture » et de violence sexuelle ainsi que de « nombreuses » violations des principales libertés publiques (Nations Unies 23 sept. 2020).

Selon Human Rights Watch (HRW), des arrestations arbitraires, des disparitions forcées et des exécutions extrajudiciaires se sont produites au cours de la période allant de juin 2020 à mai 2021, mais [traduction] « à une fréquence moindre » que pendant la période électorale (HRW 26 mai 2021). Dans son rapport de septembre 2019, la Commission d’enquête des Nations Unies sur le Burundi a signalé que les membres de la ligue des jeunes du parti au pouvoir, les Imbonerakure, agissant en coopération avec des agents de la police et du Service national de renseignement (SNR), continuent de commettre des violations des droits de la personne contre des civils et des membres de l’opposition (Nations Unies 17 sept. 2019). HRW fait de même observer que des représentants des administrations locales favorables au parti au pouvoir, des policiers et des membres des forces de sécurité opèrent [traduction] « souvent » avec des Imbonerakure afin de coordonner des attaques visant des cibles politiques (HRW 27 avr. 2020). D’après un rapport de la Commission d’enquête des Nations Unies sur le Burundi publié en août 2020, les auteurs des violations des droits de la personne commises pendant la période électorale étaient [version française des Nations Unies] « essentiellement des Imbonerakure et des responsables administratifs locaux, agissant seuls ou conjointement avec la police ou le [SNR] » (Nations Unies 13 août 2020, paragr. 28-29).

L’ACLED souligne que le nombre d’incidents visant expressément des partisans de l’opposition, et attribuables aux Imbonerakure, qui ont été enregistrés a atteint un [traduction] « sommet » au cours des mois ayant précédé les élections de 2020 (ACLED 19 mai 2020). De même, l’Initiative pour les droits humains au Burundi (IDHB) [2], dans le rapport paru en juin 2021 qu’elle a produit à partir d’entretiens menés entre autres auprès de fonctionnaires de niveau intermédiaire, de membres de partis et de journalistes, fait état d’une [version française de l’IDHB] « diminution notable des abus graves des Imbonerakure contre leurs opposants politiques » un an après les élections, mais ajoute que des meurtres et de la « torture » d’opposants politiques ont toujours lieu en 2021 (IDHB juin 2021, 4, 19).

Pour obtenir des renseignements additionnels sur les Imbonerakure, y compris leurs activités et leurs liens avec les autorités, veuillez consulter la réponse à la demande d’information BDI106060 publiée en février 2018.

2.1 Traitement réservé par les autorités aux membres du CNL

Des sources signalent que les autorités ont mis en place une stratégie pour [version française des Nations Unies] « affaiblir » le CNL (Nations Unies 23 sept. 2020) ou lui [version française de l’IDHB] « faire obstruction » (IDHB janv. 2020, 19). De plus, l’ACLED souligne que les attaques violentes à l’endroit de membres du CNL composaient la [traduction] « vaste » majorité des incidents enregistrés pendant la période préélectorale, alors que seule une « faible » minorité d’attaques étaient dirigées contre des partisans d’autres partis (ACLED 19 mai 2020). D’après un rapport de l’IDHB paru en janvier 2020, établi sur la base de [version française de l’IDHB] « plus de » 160 entretiens menés entre juillet et décembre 2019 avec entre autres des victimes et témoins de violations des droits de la personne, des membres du parti au pouvoir, des membres de partis de l’opposition, des fonctionnaires, des autorités judiciaires et des politiciens à l’intérieur et à l’extérieur du Burundi, des groupes d’Imbonerakure ont intimidé et attaqué des membres du CNL, notamment en menaçant des personnes qui refusaient de rejoindre le parti au pouvoir (IDHB janv. 2020, 5, 19, 26).

Des sources ont signalé des affrontements violents opposant des Imbonerakure et des partisans du CNL, allant parfois jusqu’au meurtre, pendant la période électorale, dont voici des exemples :

  • Le 18 août 2019, dans la province de Muyinga, un groupe de partisans du CNL a été assailli par des dizaines d’Imbonerakure armés de gourdins et de machettes, et un membre du CNL est décédé des suites de cette attaque (IDHB janv. 2020, 20, 28-32).
  • Le 30 août 2019, dans la commune de Gihanga, dans la province de Bubanza, des dizaines d’Imbonerakure armés de gourdins s’en sont pris à des membres du CNL qui étaient sur le point d’inaugurer une nouvelle permanence; deux partisans du CNL ont été blessés au cours de l’affrontement (IDHB janv. 2020, 23).
  • Le 12 décembre 2019, un représentant local du CNL à Nyabiraba, dans la province de Bujumbura, a été tué par balles (IDHB juin 2020; Iwacu 20 déc. 2019) par des membres des Imbonerakure (IDHB juin 2020). D’après l’IDHB, des habitants de l’endroit croient que l’homme a été pris pour cible en raison de ses activités d’opposant politique (IDHB juin 2020).
  • En mai 2020, un membre du CNL a été tué par des Imbonerakure (Nations Unies 23 sept. 2020; IDHB juin 2021, 9) dans la province de Mwaro (IDHB juin 2021, 9).
  • Selon des sources, des [traduction] « dizaines » (É.-U. 30 mars 2021, 28) ou une [version française de l’IDHB] « quarantaine » (IDHB janv. 2020, 20) de permanences du CNL ont été détruites ou vandalisées (IDHB janv. 2020, 20; É.-U. 30 mars 2021, 28) entre le 15 juin et décembre 2019 (IDHB janv. 2020, 20).

2.2 Arrestations arbitraires

Selon le rapport de la Commission d’enquête des Nations Unies sur le Burundi paru en août 2020, des dizaines de militants du CNL ont été arrêtés de manière arbitraire au cours de la période ayant précédé les élections de 2020 (Nations Unies 13 août 2020, paragr. 32). On peut lire dans l’article de RFI que, selon le CNL, 300 de ses membres ont été arrêtés pendant la campagne électorale, et [traduction] « au moins » 200 de ses partisans ont été arrêtés le jour de l’élection (RFI 25 mai 2020). Le ministère de la Sécurité publique et de la Gestion des catastrophes a fait une déclaration au cours de la période préélectorale, dans laquelle il reprochait aux partisans du CNL de s’en prendre aux membres du parti au pouvoir (Burundi 18 mai 2020). Dans son rapport d’août 2020, la Commission d’enquête des Nations Unies sur le Burundi signale que [version française des Nations Unies] « la plupart » des personnes arrêtées ont été libérées au bout de quelques jours ou de quelques semaines à la suite des élections, mais certains ont été condamnés à des peines de plusieurs années de prison et, en date d’août 2020, d’autres étaient toujours détenus avant procès (Nations Unies 13 août 2020, paragr. 32).

Dans un article publié en août 2020 par Amnesty International, on peut lire que les Imbonerakure font aussi partie de comités de sécurité mixtes au niveau local et opèrent [version française d’Amnesty International] « fréquemment » aux côtés de la police et du SNR, notamment pour procéder à des arrestations arbitraires (Amnesty International 11 août 2020). Selon le rapport de la Commission d’enquête des Nations Unies sur le Burundi publié en août 2020, dans les cas d’arrestation et de détention arbitraires, la responsabilité incombe [version française des Nations Unies] « principalement » à des agents de la police et du SNR, mais également au personnel judiciaire (Nations Unies 13 août 2020, paragr. 29).

2.3 Pouvoir judiciaire

D’après le rapport de septembre 2020 de la Commission d’enquête des Nations Unies sur le Burundi, le système judiciaire du Burundi continue de servir [version française des Nations Unies] « d’outil de répression » contre les opposants politiques et favorise un climat d’impunité pour les auteurs de violations des droits de la personne (Nations Unies 23 sept. 2020). La même source ajoute que les victimes hésitent à porter plainte, craignant des représailles, [version française des Nations Unies] « ou bien elles n’en vo[ient] pas l’utilité » (Nations Unies 23 sept. 2020). Selon la publication de l’IDHB parue en juin 2021, se fondant sur des entretiens menés auprès de fonctionnaires judiciaires, il y a, au sein de la magistrature, [version française de l’IDHB] « l’ingérence constante de politiciens, de membres du CNDD-FDD ou des forces de sécurité cherchant à influencer l’issue des procès » (IDHB juin 2021, 23).

Dans un rapport paru en mai 2021, HRW souligne que les auteurs présumés de violations des droits de la personne - ce qui comprend les exécutions extrajudiciaires et les arrestations arbitraires - sont arrêtés et poursuivis en justice [traduction] « dans de rares cas seulement, et les procès de ce genre manquent souvent de transparence » (HRW 26 mai 2021). Dans son rapport d’août 2020, la Commission d’enquête des Nations Unies sur le Burundi écrit que, selon les dossiers du ministère de la Sécurité publique, les membres du CNL sont désignés comme responsables de 90 p. 100 des incidents, sans qu’il y ait enquête (Nations Unies 13 août 2020, paragr. 33).

Des sources font état de cas où des Imbonerakure ont été reconnus coupables d’attaques violentes à l’endroit de partisans du CNL, notamment dans les cas suivants :

  • En octobre 2019, quatre Imbonerakure ont été déclarés coupables relativement au meurtre d’un membre du CNL et se sont vu infliger une peine d’emprisonnement à perpétuité (RFI 10 oct. 2019; IDHB janv. 2020, 32, 65) et une amende d’environ 2 388 $ US (IDHB janv. 2020, 32, 65).
  • Deux Imbonerakure ont été reconnus coupables du meurtre d’un membre du CNL et condamnés à 15 ans d’emprisonnement (Nations Unies 23 sept. 2020; IDHB juin 2021, 9) en juillet 2020 (Nations Unies 23 sept. 2020).

2.4 Distribution géographique de la violence

Selon des sources, le désordre politique ayant marqué le cycle électoral de 2015 a surtout touché Bujumbura, alors que pendant le cycle de 2020, ce sont les régions rurales qui ont été le théâtre de [version française de l’IDHB] « [l]a plupart » (IDHB janv. 2020, 13) ou de [traduction] « la majorité » (ACLED 19 mai 2020) des violences politiques (ACLED 19 mai 2020; IDHB janv. 2020, 13). Des données recueillies par l’ACLED montrent que, au cours de la période ayant précédé les élections de 2015, près de 60 p. 100 des incidents de désordre politique se sont produits dans la Mairie de Bujumbura, alors que cette région compte seulement 7 p. 100 de tous les incidents répertoriés en lien avec les élections de 2020 (ACLED 19 mai 2020). D’après l’ACLED, cet état de choses [traduction] « témoigne de l’attrait général qu’exerce le CNL dans les régions rurales autrefois dominées par le parti au pouvoir » (ACLED 19 mai 2020).

2.5 Traitement réservé à d’autres groupes associés à l’opposition

Des sources signalent que le régime burundais mène un [traduction] « étouffement » (HRW 26 mai 2021) ou une [version française d’Amnesty International] « répression » (Amnesty International 11 août 2020) envers les membres de la société civile (HRW 26 mai 2021; Amnesty International 11 août 2020) associés à l’opposition (HRW 26 mai 2021).

Des sources font état d’incidents de disparitions forcées, de mises en détention de prisonniers de conscience et d’arrestations arbitraires visant des défenseurs des droits de la personne, des militants et des journalistes, notamment les suivants :

  • En 2017, un ancien employé de l’organisation contre la torture l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT) a été arrêté et accusé de diverses infractions, dont [version française d’Amnesty International] « l’atteinte à la sûreté intérieure de l’État »; il a été déclaré coupable en 2018 et condamné à 32 ans d’emprisonnement (Amnesty International 11 août 2020; É.-U. 30 mars 2021, 14). Amnesty International signale que l’homme a été libéré après plus de quatre ans derrière les barreaux (Amnesty International 1er juill. 2021).
  • En août 2018, un défenseur des droits de la personne a été condamné à cinq ans d’emprisonnement pour [version française d’Amnesty International] « atteinte à la sûreté intérieure de l’État » (Amnesty International 11 août 2020; HRW 26 mai 2021) après avoir été reconnu coupable d’avoir établi des rapports pour le compte de l’Association burundaise pour la protection des droits humains et des personnes détenues (APRODH), dont les autorités avaient ordonné la cessation des activités (HRW 26 mai 2021). HRW signale que l’homme s’est vu accorder pardon et libération en avril 2021 après avoir purgé trois ans et demi de sa peine (HRW 26 mai 2021).
  • Quatre journalistes du groupe de presse Iwacu ont été arrêtés [alors qu’ils allaient couvrir des affrontements entre les forces de sécurité et un groupe armé dans la province de Bubanza en octobre 2019 (Amnesty International 11 août 2020)]; ils ont tous été condamnés à deux ans et demi d’emprisonnement et se sont vu infliger une amende d’environ 525 $ US chacun pour avoir [traduction] « porté atteinte à la sécurité intérieure de l’État » (Amnesty International 11 août 2020; HRW 26 mai 2021). D’après HRW, les quatre journalistes se sont vu accorder pardon et libération en décembre 2020 (HRW 26 mai 2021).
  • Le 2 octobre 2020, l’ancien député indépendant Fabien Banciryanino a été arrêté pour des accusations de rébellion et d’atteinte à la sécurité intérieure de l’État (Amnesty International 15 oct. 2020; HRW 26 mai 2021). Selon Amnesty International, les accusations visant Fabien Banciryanino [version française d’Amnesty International] « sont semble-t-il principalement fondées sur les déclarations qu’il a faites alors qu’il était membre de l’Assemblée nationale entre 2015 et 2020, qui devraient être couvertes par l’immunité parlementaire » (Amnesty International 15 oct. 2020). HRW souligne que, en mai 2021, Fabien Banciryanino a été reconnu coupable et condamné à une peine d’emprisonnement d’un an assortie d’une amende de 51 $ US (HRW 26 mai 2021).

D’après un rapport publié en mars 2021 par le Secrétaire général des Nations Unies sur les violences sexuelles liées aux conflits, les femmes associées à des partis d’opposition ont fait l’objet d’intimidations, de menaces et de mises en détention arbitraire pendant la période électorale de 2020 (Nations Unies 30 mars 2021, paragr. 12). Des sources font aussi état de violences sexuelles contre des femmes qui ont refusé d’adhérer au parti au pouvoir (Freedom House 3 mars 2021, sect. G3; Nations Unies 13 août 2020, paragr. 58-59) ou qui ont des liens avec un mouvement armé, des agressions [version française des Nations Unies] « principalement » commises par des policiers ou des Imbonerakure (Nations Unies 13 août 2020, paragr. 58-59). Selon un rapport du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies paru en 2019, les agressions se traduisent notamment par des incidents de viols, y compris collectifs, de femmes et de filles, commis à des fins d’intimidation ou de [version française des Nations Unies] « punition » en raison de leurs opinions politiques présumées (Nations Unies 8 oct. 2019, paragr. 6). Dans son rapport de septembre 2020, la Commission d’enquête des Nations Unies sur le Burundi signale que des violences sexuelles peuvent être commises contre des femmes au motif que leur époux mène des activités politiques ou qu’il a refusé de rejoindre le parti au pouvoir (Nations Unies 23 sept. 2020).

Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais fixés. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile. Veuillez trouver ci-dessous les sources consultées pour la réponse à cette demande d'information.

Notes

[1] Le Projet de données sur les lieux et les incidents de conflits armés (Armed Conflict Location & Event Data Project - ACLED) est une organisation sans but lucratif sise aux États-Unis qui recueille des données sur les violences et les manifestations de nature politique dans différentes régions du monde (ACLED 19 mai 2020).

[2] L’initiative pour les droits humains au Burundi (IDHB) est [version française de l’IDHB] « un projet indépendant, qui vise à documenter l’évolution de la situation des droits humains au Burundi », et qui n’a aucune affiliation politique (IDHB juin 2021, 3).

Références

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Amnesty International. 15 octobre 2020. Burundi: Release Outspoken Opposition Politician. (AFR 16/3230/2020) [Date de consultation : 18 juin 2021]

Amnesty International. 11 août 2020. « Explainer: 10 Things Burundi's New Government Can Do to Improve Human Rights ». [Date de consultation : 18 juin 2021]

Armed Conflict Location & Event Data Project (ACLED). 19 mai 2020. Ladd Serwat. « Widespread Violence Rises Ahead of Burundi's 2020 Election ». [Date de consultation : 18 juin 2021]

Burundi. 19 juin 2020. « Discours de Son Excellence Général Major Evariste Ndayishimiye à l'occasion de son investiture ». [Date de consultation : 22 juin 2021]

Burundi. 4 juin 2020. Cour constitutionnelle. « Arrêt RCCB 388 du 04 juin 2020 : Les résultats définitifs de l'élection des députés ». [Date de consultation : 18 juin 2021]

Burundi. 18 mai 2020. Ministère de la Sécurité publique et de la Gestion des catastrophes. « Communiqué du ministère de la Sécurité publique et de la Gestion des catastrophes à la veille des élections présidentielle, législative et communale ». [Date de consultation : 12 juill. 2021]

Deutsche Welle (DW). 17 juin 2021. Cai Nebe avec Wendy Bashi et Apollinaire Niyirora. « Burundi Seeks New Direction 1 Year After President's Death ». [Date de consultation : 20 juin 2021]

Deutsche Welle (DW). 17 février 2020. Georges Ibrahim Tounkara. « Burundi: Ex-Rebel Agathon Rwasa to Run for President ». [Date de consultation : 12 juill. 2021]

États-Unis (É.-U.). 30 mars 2021. Department of State. « Burundi ». Country Reports on Human Rights Practices for 2020. [Date de consultation : 20 juin 2021]

Freedom House. 3 mars 2021. « Burundi ». Freedom in the World 2021. [Date de consultation : 28 juill. 2021]

Human Rights Watch (HRW). 26 mai 2021. « Burundi: Entrenched Repression of Civil Society, Media ». [Date de consultation : 18 juin 2021]

Human Rights Watch (HRW). 27 avril 2020. « Burundi: Campaigns Begin amid Clampdown ». [Date de consultation : 18 juin 2021]

L’Initiative pour les droits humains au Burundi (IDHB). Juin 2021. Ndayishimiye One Year On: Has He Kept His Word on Human Rights? [Date de consultation : 18 juin 2021]

L’Initiative pour les droits humains au Burundi (IDHB). Juin 2020. « The Deadly Price of Opposition: Désiré Ntahondabasigiye ». [Date de consultation : 18 juin 2021]

L’Initiative pour les droits humains au Burundi (IDHB). Janvier 2020. A Façade of Peace in a Land of Fear: Behind Burundi's Human Rights Crisis. [Date de consultation : 18 juin 2021]

Iwacu. 20 décembre 2019. Felix Haburiyakira. « Nyabiraba : funérailles de feu Désiré Ntahondabasigiye ». [Date de consultation : 12 juill. 2021]

Nations Unies. 30 mars 2021. Conseil de sécurité. Conflict-Related Sexual Violence: Report of the United Nations Secretary-General. (S/2021/312) [Date de consultation : 7 juill. 2021]

Nations Unies. 23 septembre 2020. Conseil des droits de lʼhomme (CDH). « Oral Briefing of the Commissions of Inquiry on Burundi ». [Date de consultation : 18 juin 2021]

Nations Unies. 13 août 2020. Conseil des droits de lʼhomme (CDH). Report of the Commission of Inquiry on Burundi. (A/HRC/45/32) [Date de consultation : 18 juin 2021]

Nations Unies. 8 octobre 2019. Conseil des droits de lʼhomme (CDH). Resolution Adopted by the Human Rights Council on 27 September 2019: Situation of Human Rights in Burundi. (A/HRC/RES/42/26) [Date de consultation : 20 juin 2021]

Nations Unies. 17 septembre 2019. Conseil des droits de lʼhomme (CDH). « Oral Briefing of the Commissions of Inquiry on Burundi ». [Date de consultation : 18 juin 2021]

Political Handbook of the World 2020-2021. 2021. « Burundi ». Sous la direction de Tom Lansford. Thousand Oaks : CQ Press. [Date de consultation : 24 avr. 2021]

Radio France internationale (RFI). 25 mai 2020. Daniel Finnan. « Ndayishimiye Wins Burundi Election, Opposition Alleges Fraud ». [Date de consultation : 18 juin 2021]

Radio France internationale (RFI). 10 octobre 2019. « Burundi : prison à vie pour quatre meurtriers Imbonerakure ». [Date de consultation : 12 juill. 2021]

Autres sources consultées

Sources orales : Armed Conflict Location & Event Data Project; L’Initiative pour les droits humains au Burundi; professeur adjoint de développement international dans une université du Royaume-Uni qui a travaillé au Burundi.

Sites Internet, y compris : AllAfrica; BBC; Burundi – portail du gouvernement; China Global Television Network; The EastAfrican; Factiva; Freedom House; Global Voices; Institute for Security Studies; SOS médias Burundi.