Syrie/ONU: Un veto russe au Conseil de sécurité mettrait en danger l’aide humanitaire

Les Nations Unies devraient réautoriser l'acheminement d’aide humanitaire cruciale transitant par des pays voisins
 

(New York, le 10 juin 2021) – Des millions de Syriens risquent de perdre leur accès à l'aide humanitaire vitale, y compris des vaccins contre le Covid-19, si la Russie oppose son veto à la réautorisation par les Nations Unies du dernier point de passage entre la Turquie et le nord-ouest de la Syrie, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Le Conseil de sécurité de l’ONU devrait réautoriser toutes les opérations transfrontalières dans cette région détenue par des forces opposées au gouvernement syrien, et autoriser une reprise de l’acheminement d'aide humanitaire transitant par l'Irak vers le nord-est de la Syrie, après l’échéance de l’actuelle résolution à ce sujet le 10 juillet.

Le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires de l’ONU, Mark Lowcock, a averti que la fermeture du point de passage de Bab al-Hawa, dans le nord-ouest de la Syrie, signifierait que la situation humanitaire deviendrait « catastrophique » pour les habitants de cette région contrôlée par des groupes anti-gouvernementaux.

Par ailleurs, les organisations d'aide humanitaire opérant dans le nord-est de la Syrie, region contrôlée en grande partie par l’Administration autonome dirigée par des autorités kurdes, font aussi face à des difficultés depuis janvier 2020. L'ONU avait alors dû suspendre ses opérations transfrontalières entre l'Irak et cette région syrienne. Au 31 mai 2021, seulement 17 500 doses de vaccin anti-Covid et certaines fournitures médicales requises pour lutter contre la pandémie avaient pu être livrées aux personnels de santé travaillant dans le nord-est de la Syrie. Ces livraisons ont été effectuées à partir de la capitale, Damas. Aucune forme d’aide humanitaire ou médicale n’a pu être effectuée en provenance de Damas vers le nord-ouest du pays.

« La fermeture du seul point de passage permettant l’acheminement d’aide humanitaire par les Nations Unies vers le nord-ouest de la Syrie priverait des millions de personnes de cette aide, et déclencherait un désastre humanitaire », a déclaré Gerry Simpson, directeur adjoint de la division Crises et des conflits à Human Rights Watch. « Les habitants du nord-ouest de la Syrie, et des millions d'autres personnes dans le nord-est du pays, devraient pouvoir recevoir des vaccins anti-Covid et d'autres formes d’aide médicale essentielle, par toutes les voies possibles. »

Les pays membres du Conseil de sécurité de l'ONU ont entamé des discussions au sujet de la résolution portant sur l'aide transfrontalière vers le nord-ouest de la Syrie, avant son échéance le 10 juillet. Toutefois, en février dernier, la Russie avait déjà signalé son intention de voter pour la fermeture du point de passage de Bab al-Hawa, lors de la session que tiendra le Conseil de sécurité à ce sujet avant le 10 juillet.

Communiqué complet en anglais : en ligne ici.