ngola : information sur l’église évangélique Lumière du Monde (Sétimo Dia a Luz do Mundo) depuis la condamnation de son dirigeant José Julino Kalupeteka en 2016, y compris sur le traitement réservé à ses membres et à ses dirigeants par les autorités et la société (2016-janvier 2019) [AGO106244.F]

Direction des recherches, Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada, Ottawa

1. Aperçu

Selon l'Action des chrétiens pour l'abolition de la torture (ACAT), une ONG française de défense des droits de la personne qui milite à l'international (ACAT s.d.), l'église évangélique Lumière du Monde a été désignée comme une « secte » et a été interdite par les autorités de l'Angola en avril 2015 (ACAT 25 avr. 2017). D'après la même source, l'église existait alors depuis une quinzaine d'années (ACAT 25 avr. 2017). Des sources notent que l'ancien président angolais José Eduardo dos Santos avait décrit l'église comme « une menace à la paix et à l'unité nationale » (ACAT 25 avr. 2017; Freedom House 25 janv. 2017). Selon l'International Religious Freedom Report pour 2016 du Département d'État des États-Unis, le gouvernement de l'Angola continuait de déclarer que [traduction] « les pratiques [de l'église Lumière du Monde], telles que l'interdiction de la scolarisation et de la vaccination des enfants, étaient déstabilisantes pour l'ordre social » (É.-U. 15 août 2017, 3).

Selon un article d'octobre 2018 tiré du site Internet de la station angolaise Radio Despertar par le service de surveillance des médias pour l'Afrique de la BBC, l'église Lumière du Monde, qui avait été dirigée par José Julino Kalupeteka, [traduction] « n'existe plus » (Radio Despertar 22 oct. 2018).

Pour plus de renseignements au sujet de l’église Lumière du Monde, y compris sur son histoire, ses croyances et ses activités avant 2016, veuillez consulter le rapport à son sujet préparé par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), annexé à la présente réponse.

2. Condamnation de José Julino Kalupeteka et autres membres de l'église Lumière du Monde

Selon des sources, en avril 2016, José Julino Kalupeteka, le dirigeant de l'église Lumière du Monde, a été condamné à 28 ans de prison (É.-U. 15 août 2017, 3; ACAT 25 avr. 2017; Freedom House 25 janv. 2017). Selon l'ACAT, sept autres membres de l'église ont reçu des peines de 24 ans de prison et deux autres membres ont reçu des peines de 16 ans de prison (ACAT 25 avr. 2017). Des sources expliquent que ceux-ci ont été jugés coupables de la mort de neuf policiers tués pendant une confrontation entre des policiers et des membres de l'Église en avril 2015 (ACAT 25 avr. 2017; É.-U. 15 août 2017, 3), au cours d'une tentative d'arrestation de José Julino Kalupeteka (ACAT 25 avr. 2017). Selon des sources, les évènements d'avril 2015 ont eu lieu dans la province de Huambo (Freedom House 25 janv. 2017; Human Rights Watch 12 janv. 2017). L'ACAT précise que les évènements se sont déroulés à São Pedro Sumé, dit Monté Sumé (ACAT 25 avr. 2017).

3. Traitement réservé aux membres et dirigeants de l'église Lumière du Monde

Selon des sources, plusieurs membres de l'église ont également été tués lors des violences menant à l'arrestation de Julino Kalupeteka (ACAT 25 avr. 2017; Human Rights Watch 12 janv. 2017). L'ACAT qualifie ces violences de « massacre » de membres de l'église (ACAT 25 avr. 2017). Des sources signalent que le bilan officiel est de 22 morts, y compris les policiers, mais que le nombre de morts parmi les membres de l'église serait beaucoup plus élevé selon des observateurs (ACAT 25 avr. 2017; É.-U. 15 août 2017, 3; Freedom House 25 janv. 2017). Selon l'ACAT, des défenseurs des droits de la personne estimeraient qu'il y aurait eu environ 700 morts (ACAT 25 avr. 2017). Human Rights Watch rapporte que selon des groupes d'opposants et des militants, des membres de l'église auraient été tués en représailles par des membres des forces de l'ordre qui voulaient se venger de la mort des policiers (Human Rights Watch 26 sept. 2018).

Selon Human Rights Watch, aucun membre des forces de l'ordre n'a été arrêté ou poursuivi pour la mort des membres de l'église (Human Rights Watch 26 sept. 2018). Selon des sources, les autorités angolaises ont refusé de faire mener une enquête indépendante au sujet des évènements d'avril 2015 (Freedom House 25 janv. 2017; Human Rights Watch 12 janv. 2017), notamment malgré l'appel à la tenue d'une telle enquête par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (Human Rights Watch 12 janv. 2017).

En avril 2017, l'ACAT a déclaré que « [l]a répression contre l’[é]glise "Lumière du monde" et ses adeptes semble se poursuivre », ajoutant « [qu'a]ujourd’hui encore, des survivants [du massacre allégué à] São Pedro Sumé se cachent par peur de représailles. Plusieurs d’entre eux ont réussi à fuir à l’étranger et demandent l’asile, notamment en France » (ACAT 25 avr. 2017). Selon L'ACAT, « [n]ul doute que[,] plus de deux ans après le massacre de Monté Sumé, l’impunité et le silence de la communauté internationale encourage[nt] la répétition des violences contre les membres de l’[é]glise "Lumière du monde" » (ACAT 25 avr. 2017).

Selon des sources, de nouvelles confrontations violentes entre des membres de l'église et la police sont survenues en août 2016, causant la mort de plusieurs personnes (É.-U. 15 août 2017, 3; ACAT 25 avr. 2017; Freedom House 25 janv. 2017). D'après l'International Religious Freedom Report for 2016 des États-Unis, cinq membres de l'église et trois policiers auraient été tués lors de certaines de ces confrontations dans la province de Kwanza Sul (É.-U. 15 août 2017, 3). Pour sa part, Freedom House rapporte que 30 membres de l'église auraient été tués pendant les confrontations (Freedom House 25 janv. 2017).

Selon l'article d'octobre 2018 de Radio Despertar, l'état de santé de José Julino Kalupeteka se détériorait en prison et sa famille cherchait sans succès à le faire transférer dans une autre prison dans une région avec un climat plus tempéré (Radio Despertar 22 oct. 2018). D'après la même source, selon le fils de José Julino Kalupeteka, ce dernier n'avait été vu par un médecin qu'une seule fois depuis sa condamnation (Radio Despertar 22 oct. 2018).

Parmi les sources qu'elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n'a trouvé aucun autre renseignement sur le traitement réservé aux membres et dirigeants de l'église Lumière du Monde.

Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais fixés. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile. Veuillez trouver ci-dessous les sources consultées pour la réponse à cette demande d'information.

Références

Action des chrétiens pour l'abolition de la torture (ACAT). 25 avril 2017. « Monté Sumé : violence d’État et impunité ». [Date de consultation : 28 janv. 2019]

Action des chrétiens pour l'abolition de la torture (ACAT). S.d. « Qui sommes-nous? ». [Date de consultation : 28 janv. 2019]

États-Unis (É.-U.). 15 août 2017. Department of State. « Angola ». International Religious Freedom Report for 2016. [Date de consultation : 28 janv. 2019]

Freedom House. 25 janvier 2017. « Angola ». Freedom in the World 2017. [Date de consultation : 28 janv. 2019]

Human Rights Watch. 26 septembre 2018. « Angola: Investigate Past Rights Abuses ». [Date de consultation : 28 janv. 2019]

Human Rights Watch. 12 janvier 2017. « Angola ». World Report 2017: Events of 2016. [Date de consultation : 28 janv. 2019]

Radio Despertar. 22 octobre 2018. « Health of Jailed Angolan Sect Leader "Worsening" ». (Factiva/BBC Monitoring Africa) [Date de consultation : 28 janv. 2019]

Autres sources consultées

Sources orales : Associação Justiça, Paz e Democracia; Associação Maos Livres; Associação OMUNGA; chercheur postdoctoral qui étudie les groupes religieux en Angola; maître d'enseignement et de recherches qui étudie la politique en Angola; Maka Angola; Mosaiko – Institute for Citizenship; Open Society Initiative for Southern Africa.

Sites Internet, y compris : ABYZ News Links; Afrikarabia; Agência Angola Press; AllAfrica; Amnesty International; BBC; Commission africaine des droits de l'homme et des peuples; ecoi.net; Fédération internationale des ligues des droits de l'homme; France 24; Le Monde; Nations Unies – Refworld, ReliefWeb; Radio France internationale.

Document annexé

France. 10 novembre 2016. Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA). L'église évangélique Sétimo Dia a Luz do Mundo (Lumière du Monde) et son leader José Julino Kalupeteka. [Date de consultation : 28 janv. 2019]