Update to KEN38335.E of 11 February 2002; details on the Mungiki (Munguki) cult, such as organizational structure, headoffice, leaders; forced circumcision and criminal activities [KEN39227.E]

Selon un article d'opinion paru en mars 2002 dans The East African Standard :

[traduction]
Le nom mungiki est une déformation du mot kikuyu muingi-ki, ou multitude. Il peut également signifier tout le monde. Le mot veut dire soutien au groupe en tant que mouvement de masse.
Ce nom était pratiquement inconnu chez les Kikuyus il y a environ 10 ans et le groupe est demeuré dans une large mesure mystérieux et détesté, presque haï, de ceux qui professent le christianisme.
Le groupe a commencé à titre de mouvement religieux qui demandait la circoncision forcée pour les femmes, mais il est maintenant devenu un mouvement politique, grâce à son coordonnateur national, M. Ibrahim Ndura Waruinge.
En 1998, Waruinge a déclaré que le mouvement avait recruté 4 950 membres dispersés surtout dans les districts dominés par des Kikuyus, soit ceux de Laikipia, de Murang'a, de Kiambu, de Thika, de Nakuru, de Nyeri, de Kirinyaga et de Maragwa.
Le groupe a été créé dans les taudis de Kiandutu de la ville de Thika et des parties du district de Laikipia au début des années 1990, avant que le mouvement commence à enrôler des membres dans d'autres parties du territoire des Kikuyus.
À l'origine, les partisans du mouvement Mungiki se faisaient passer pour des membres d'un groupe religieux, soucieux uniquement de faire revivre les traditions et les normes kikuyus.
La secte comptait des jeunes qui luttaient pour le retour de la communauté kikuyu à ses racines. Ils défendaient la circoncision féminine, le perçage d'oreilles et le reniflage de tabac.
Le symbole du groupe est le drapeau rouge, vert, noir et blanc. Les membres affirment que le rouge symbolise le sang versé lors de la bataille pour l'indépendance et qui continuera de couler jusqu'à ce que le pays soit «libéré ».
Ils prétendent que le vert représente ce qui a déjà été beau dans le pays, alors que le blanc représente la paix pour laquelle ils se battent. Le noir symbolise la terre des personnes noires. Le groupe Mungiki a un conseil des aînés. Chaque province compte six aînés qui sont guidés par les «prophètes » et s'occupent des conseils quotidiens aux prêtres.
Chaque membre paie une cotisation de 3 000 SHK. L'argent représente les trois bénédictions de la communauté kikuyu, soit le lait, la viande et le miel, ou les trois sommets du mont Kenya (Kirinyaga), le siège de Ngai (dieu).
Au fil des années, le mouvement s'est lancé en affaires afin de rendre ses membres autonomes économiquement. En 1998, il a loué 400 acres de terre pour y faire de la culture.
La secte Mungiki, qui compte près de 4 millions de jeunes membres, possède également des tracteurs, des moulins à farine, des matatus et des autobus.
Ses dirigeants se rencontrent tous les derniers samedis du mois afin d'évaluer le rendement mensuel et les défis. Ils participent également à des manifestations publiques, à des séances de prédication et à des rituels de baptême.
Toute personne souhaitant adhérer au mouvement doit être évaluée par les prêtres et les prophètes, puis soumise au kirira (enseignement) de Ngai.
Le groupe procède à des baptêmes dans des endroits isolés et à des heures bizarres, préférablement à 3 heures du matin dans une rivière. À cette heure, on dit que l'atmosphère est sereine et que l'eau est pure (6 mars 2002).

The Nation mentionnait que la secte est née dans les districts de Laikipia et de Baringo en 1987 (13 mars 2002).

La secte Mungiki serait [traduction] « dirigée par un chef spirituel, appelé Mgr Maina Njenga, et un coordonnateur national, M. Ndura Waruinge » (The Nation 13 mars 2002). Parmi les coordonnateurs provinciaux, on compte [traduction] « Hassan Waithaka Wagacha (centre), Mohamed Kamau Mwathi (Nairobi), Hussein Kimani Ruo (Rift Valley) et Khadija Wangari (dirigeante des femmes) » (ibid. 3 sept. 2000). Mohammed Njenga est un membre fondateur de la secte Mungiki (ibid.).

Peu d'information sur la structure organisationnelle du groupe Mungiki a été trouvée parmi les sources consultées par la Direction des recherches. La secte est interdite par le gouvernement du Kenya et est décrite comme étant de nature [traduction] « secrète » (IPS 4 mars 2002). L'organisation affirme compter autour de 300 000 membres, dont 20 députés (ibid.).

Plusieurs articles font état des activités criminelles du groupe Mungiki. Des articles de mars 2002 révèlent qu'un groupe de membres de la secte à Nairobi a attaqué et assassiné 20 personnes et blessé 28 autres personnes à l'aide de machettes, de bâtons et de bêches (ibid.). D'autres articles estiment le nombre de décès entre 20 et 23 et le nombre de blessés de 28 à plus de 30 (BBC 4 mars 2002; The East African Standard 5 mars 2002; ibid. 8 mars 2002; PANA 5 mars 2002). Le 7 mars 2002, la police a arrêté des personnes soupçonnées d'être membres de la secte Mungiki qui ont été trouvées en possession d'un assortiment d'armes (The East African Standard 8 mars 2002). Un policier provincial de Nairobi a affirmé que [traduction] « des membres du groupe Mungiki avaient l'intention de forcer les propriétaires de matatus à payer 1 000 SHK par jour pour financer les activités illégales du groupe » (ibid.).

En ce qui a trait à la circoncision forcée, de nombreux articles font état de la promotion que fait la secte de la mutilation génitale des femmes (MGF) (BBC 4 mars 2002; The East African Standard 23 avr. 2002; ibid. 24 avr. 2002; Nations Unies 25 avr. 2002). Un article du 23 avril 2002 mentionnait que les membres de Mungiki [traduction] « ont lancé un ultimatum de trois mois à toutes les femmes âgées de 13 à 65 ans qui ne sont pas circoncises, les enjoignant de subir l'opération » (The East African Standard 23 avr. 2002). Dans des régions de Kikuyu et de Kiambaa, certains membres laisseraient aux femmes jusqu'au 7 juillet 2002 pour [traduction] « subir l'exercice coutumier kikuyu "; celles qui ne s'y soumettent pas allant être circoncises de force (ibid.).

Pour obtenir de plus amples renseignements sur le groupe Mungiki, veuillez consulter KEN37218.E du 10 juillet 2001, KEN38335.E du 11 février 2002 et KEN38580.EF du 5 avril 2002.

Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais prescrits. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile ou de statut de réfugié. Veuillez trouver ci-dessous la liste des autres sources consultées pour la réponse à cette demande d'information.

Références


Agence panafricaine de nouvelles (PANA). 5 mars 2002. «Kenyans Outraged as Death Toll Rises ». (Financial Times Information/NEXIS)

BBC. 4 mars 2002. «Religious Sect Rampages in Kenya ». http://news.bbc.co.uk/hi/english/world/africa/newsid_1853000/1853384.stm [Date de consultation : 19 juin 2002]

The East African Standard [Nairobi]. 24 avril 2002. «Stop Mungiki, FIDA Appeals ». http://allafrica.com/stories/200204240138.html (AllAfrica.com) [Date de consultation : 19 juin 2002]
_____. 23 avril 2002. «Get Circumcised, Mungiki Sect Tells Women ». http://allafrica.com/stories/200204230010.html (AllAfrica.com) [Date de consultation : 19 juin 2002]

_____. 8 mars 2002. «Kenya; 69 Suspected Mungiki Members Arrested ». (Africa News/NEXIS)

_____. 6 mars 2002. «Who Are the Mungiki? ». http://allafrica.com/stories/200203060073.html (AllAfrica.com) [Date de consultation : 19 juin 2002]

_____. 5 mars 2002. «Kenya; 23 Butchered By Mungiki Followers in a Night of Terror ». (Africa News/NEXIS)

Inter Press Service (IPS). 4 mars 2002. «Politics-Kenya: Twenty Die in Battle with Religious Cult ». (NEXIS)

The Nation [Nairobi]. 12 mars 2002. «The Force Behind Terror Gangs ». http://allafrica.com/stories/200203120746.html (AllAfrica.com) [Date de consultation : 19 juin 2002]

_____. 3 septembre 2000. «Mungiki Leaders Convert to Islam ». http://www.hartford-hwp.com/archives/36/242.html (AllAfrica.com) [Date de consultation : 19 juin 2002]

Nations Unies. 25 avril 2002. Réseaux d'information régionaux intégrés (IRIN). «Rights Activists Decry Mungiki Circumcision Threat ». http://allafrica.com/stories/200204250361.html (AllAfrica.com) [Date de consultation : 19 juin 2002]

Autres sources consultées


Bases de données de la CISR

LEXIS/NEXIS

Réponses aux demandes d'information de la CISR KEN37218.E, KEN38335.E, KEN38580.E

Sites Internet, y compris :

Africa Online - Revue hebdomadaire

Amnesty International

CBC

CNN

The East African Standard - Online

Human Rights Watch