Existence of organized crime in Lebanon, its involvement in the production of narcotics and drug trafficking, government actions to combat organized crime [LBN41938.E]

Selon un article du 2 février 2001 intitulé « History of the Drug Traffic in Lebanon and Syria » écrit par Jihad René Albani, porte-parole français des Gardiens des cèdres (Guardians of the Cedars), depuis 1976 le Liban est un centre international de trafic de la drogue en raison de l'influence et de l'ingérence de la Syrie dans l'administration interne du Liban. L'article ajoute que

[traduction]
tous les trafiquants libanais et syriens vivent en paix et ont déjà occupé, ou occupent encore, des postes-clés au Liban et en Syrie.
Le trafic de la drogue offre de nombreux avantages à la Syrie et à ses dirigeants et il leur permet aussi de contrôler la politique interne libanaise, puisque la majorité des militaires libanais sont, ou ont été, impliqués dans le trafic de la drogue (Albani 2 févr. 2001).

En conclusion, M. Albani déclare que

[traduction]
selon le gouvernement des États-Unis, la Syrie et le Liban ont été rayés de la liste des pays qui pratiquent le trafic de la drogue puisqu'il ne s'agit pas de gros producteurs de drogues. Conformément à la définition, un pays qui se livre au trafic de la drogue cultive annuellement 5 000 hectares ou plus de cannabis illégal (marijuana) ou 1 000 hectares de pavot ou de coca. De fait, cette définition ne s'applique plus ni au Liban ni à la Syrie. Cependant, les Américains ne tiennent pas compte des laboratoires qui préparent l'héroïne avant son exportation. De plus, les Américains estiment que les drogues « Fait au Liban » n'influent pas autant sur le marché américain que les drogues provenant des pays d'Amérique latine (ibid.).

Un article du Middle East Intelligence Bulletin (MEIB) de juin 2001 cite un communiqué de presse de 1999 de la Commission économique et sociale des Nations Unies pour l'Asie occidentale (CESAO) selon lequel, au fil des ans, le Liban est passé de pays producteur de drogues à pays de transit de la drogue, et que la législation sur le secret bancaire a joué un rôle prépondérant dans le blanchiment d'argent au Liban. En outre, l'article signale que

[traduction]
malgré cela, le Département d'État des États-Unis a rayé le Liban et la Syrie de sa liste des principaux pays producteurs de drogues et pays de transit de la drogue. Un rapport du Département d'État de mars 2001 mentionne carrément que le « Liban n'est pas un des principaux pays producteurs de drogues illicites ou de transit de la drogue » et souligne qu'il n'existe « virtuellement aucun traitement en laboratoire » ou drogues au Liban (MEIB juin 2001).

Un article du 5 octobre 2000 du MEIB fait valoir que même si la production de drogues a considérablement baissé depuis la fin des années 1980 et le début des années 1990, le Liban est devenu [traduction] « un centre de trafic, de transbordement et de blanchiment d'argent ».

Selon le rapport annuel pour 2000 de l'Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS) établi à Vienne,

[traduction de l'OICS]
le gouvernement libanais n'a pas exprimé l'intention de lever le secret bancaire dans les affaires concernant des trafiquants de drogues. Compte tenu des dispositions législatives en vigueur dans ce pays, il est extrêmement difficile d'enquêter sur le blanchiment d'argent et pratiquement impossible de confisquer les avoirs des trafiquants (21 févr. 2001, 59).

Cependant, en avril 2001, le Parlement libanais a adopté une loi contre le blanchiment d'argent qui autorise le gouvernement du Liban à geler les comptes en banque de personnes soupçonnées d'être impliquées dans des activités terroristes et à lever le secret bancaire lorsqu'il existe des preuves substantielles d'activités illicites, y compris de terrorisme (Xinhua 3 mai 2002). En mai 2003, 5,2 millions de dollars en devises américaines dans des comptes en banque au Liban ont été gelés aux termes de la nouvelle loi (ibid.).

Le rapport annuel pour 2002 de l'OICS souligne

[traduction de l'OICS]
[qu'au] Liban, un atelier sur la lutte contre le blanchiment d'argent s'est déroulé en janvier 2002 et, en mai de la même année, la Commission spéciale d'enquête a publié ses premières conclusions sur les cas qu'elle avait détectés. Tout ceci étant encourageant, l'Organe invite le gouvernement libanais à prendre les mesures nécessaires pour retirer sa réserve concernant les dispositions relatives au blanchiment d'argent de la Convention de 1988 (26 févr. 2003, 63).

Selon un rapport du 22 juin 2001 tiré du site Internet du réseau Stop the Drug War, établi à Washington, des fermiers libanais de la vallée de la Bekaa, désillusionnés des [traduction] « programmes de développement alternatif mal financés et peut-être inappropriés » des Nations Unies, recommençaient graduellement à cultiver le hachisch et le cannabis.

Selon le rapport annuel de l'OICS pour 2002, la culture du cannabis a augmenté dans la vallée de la Bekaa, malgré [traduction de l'OICS] « des campagnes régulières de destruction » (26 févr. 2003, 64).

Le 1er février 2002, la police du Liban a saisi 2 500 kilogrammes de hachisch par suite de descentes dans des entrepôts du village de Barga, dans la vallée de la Bekaa (AP 1er févr. 2002).

Plus tard au cours du même mois, la police a saisi 6 000 kilogrammes de hachisch lors de descentes effectuées dans un entrepôt situé près de la ville de Baalbek, dans la vallée de la Bekaa (ibid. 19 févr. 2002).

En avril 2002, les autorités antidrogues du Liban ont détruit 200 hectares de champs de pavot asiatique dans la région de Baalbek-Hermel, dans la vallée de la Bekaa (AFP 30 avr. 2002).

En août 2002, 5,3 hectares de [traduction] « cultures illicites » ont été détruites dans le cadre d'une opération conjointe des forces du Liban et de la Syrie (ibid. 4 août 2002). En septembre 2002, le ministre de l'Intérieur du Liban, Elias Murr, a déclaré que 11 400 hectares de hachisch et que 900 hectares de cultures de pavot avaient été détruits depuis mai 2002 (ibid. 4 sept. 2002).

Au Liban, les trafiquants de drogue sont passibles d'une peine d'emprisonnement maximale de 15 ans, s'ils sont reconnus coupables (AP 5 oct. 2002; AII 17 juin 2002).

Aucune information additionnelle sur le crime organisé au Liban, sur son rôle dans la production de stupéfiants et le trafic de la drogue et sur les mesures de lutte contre le crime organisé prises par le gouvernement n'a pu être trouvée parmi les sources consultées par la Direction des recherches.

Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais prescrits. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile ou de statut de réfugié. Veuillez trouver ci-dessous la liste des autres sources consultées pour la réponse à cette demande d'information.

Références


Agence France-Presse (AFP). 4 septembre 2002. « Lebanon Ends "Total" Drugs Eradication Campaign: Interior Minister ». (Dialog)

_____. 4 août 2002. « Syrian Army in Lebanon Helps to Eradicate Cannabis Crop ». (Dialog)

_____. 30 avril 2002. « Opium Poppy Fields Eradicated in Eastern Lebanon ». (Dialog)

Airline Industry Information (AII) [Conventry, R.-U.]. 17 juin 2002. « Man Arrested at Beirut Airport with Cocaine ». (COMTEX News Network/Dialog)

Albani, Jihad René. 2 février 2001. « History of Drug Trafficking in Lebanon and Syria ». http://gotc-se.org/statements/Albani/Drug_trafficking.html [Date de consultation : 8 sept. 2003]

Associated Press (AP). 5 octobre 2002. « Police Arrest 24 People in Anti-Drug Campaign ». (Dialog)

_____. Mai 2002. « Police Seize Drugs in House Raid in Eastern Lebanon ». (Dialog)

_____. 19 février 2002. « Police Raid Nets Major Hashish Haul in Eastern Lebanon ». (Dialog)

_____. 1er février 2002. « Police Execute Major Drug Bust in Northeastern Lebanon ». (Dialog)

Middle East Intelligence Bulletin (MEIB) [New York]. Juin 2001. Vol. 3, no 6. Ziad K. Abdelnour. « The Revival of Lebanon's Drug Trade ». http://www.meib.org/articles/0106_l3.htm [Date de consultation : 8 sept. 2003]

_____. 5 octobre 2000. Vol. 2, no 9. Alexander H. Joffe. « Drug Production and the Environment in Lebanon ». http://www.meib.org/articles/0010_l1.htm [Date de consultation : 8 sept. 2003]

Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS), Vienne. 26 février 2003. Report of the INCB for 2002. (E/INCB/2002/1) http://www.incb.org/e/ind_cont.htm [Date de consultation : 8 sept. 2003]

_____. 21 février 2001. Report of the INCB for 2000. (E/INCB/2000/1) http://www.incb.org/e/ind_cont.htm [Date de consultation : 8 sept. 2003]

Stop the Drug War: The Drug Reform Coodination Network (DRC Net, Washington). 22 juin 2001. « Return of the Oppressed: Hash Production Revives in Lebanon's Bekaa Valley, Farmers Vow to Fight Eradication ». http://www.stopthedrugwar.org/chronicle/191/bekaavalley.shtml [Date de consultation : 8 sept. 2003]

Xinhua. 3 mai 2002. « Lebanon Freezes 5 Million Dollars in Anti-Money Laundering Move ». (Dialog)

Autres sources consultées


Bases de données de la CISR

Sites Internet, y compris :

Département d'État des États-Unis. 13 mars 2002. International Drug Trafficking and Terrorism.

World News Connection (WNC/Dialog)