Dokument #1229633
IRB – Immigration and Refugee Board of Canada (Autor)
Les renseignements suivants ont été fournis par un représentant du Réseau des journalistes pour les droits de l'homme (RJDH), organisation non gouvernementale nigérienne de protection et de promotion des droits de la personne, également journaliste à Groupe alternatif, radio communautaire qui diffuse depuis Niamey, au cours d'entretiens téléphoniques les 12 et 13 mai 2004. Entre 1992 et 1994, le représentant du RJDH a occupé le poste de secrétaire chargé de la presse au sein du comité exécutif de l'Union des étudiants nigériens de l'université de Niamey (UENUN) pendant qu'il était étudiant.
L'UENUN est une des sections de l'Union des scolaires nigériens (USN), organisation syndicale de défense des intérêts des élèves et étudiants au Niger qui a été fondée en 1960. L'objectif de l'UENUN est d'améliorer les conditions de vie des étudiants de l'université de Niamey. L'UENUN dispose d'une assemblée générale regroupant tous les étudiants de l'université de Niamey ainsi que d'un comité exécutif composé de six membres, dont le secrétaire général et son adjoint, le secrétaire aux affaires académiques et sociales et son adjoint, le secrétaire à la presse et le secrétaire aux affaires sportives et culturelles. Avant le 21 février 2001, un certain Moctar, de son prénom, a assumé les fonctions de secrétaire aux affaires académiques et sociales. Cependant, ce denier a démissionné avant la tenue des manifestations du 21 février 2001 et c'est son adjoint Mahamadou Ibrahima qui l'a remplacé. Il existe également, au sein de l'UENUN, des commissions qui s'occupent de questions diverses, comme l'ordre et la sécurité.
Le représentant du RJDH a signalé que l'UENUN a, le 21 février 2001, organisé des manifestations pour non seulement réclamer le paiement des arriérés de bourses d'études mais également pour protester contre la privatisation de certains services universitaires. Au cours desdites manifestations, il y a eu des affrontements violents entre les membres de la gendarmerie et les étudiants au cours desquels plusieurs étudiants ont été arrêtés et certains d'entre eux ont été détenus. Ces derniers ont été libérés après quelques mois de détention. Un gendarme a été blessé avant d'être évacué vers la Côte d'Ivoire où il est décédé quelques jours plus tard des suites de ses blessures. Également, à la suite de ces affrontements, le campus de l'université de Niamey a été fermé pendant environ une année et le Centre national des œuvres universitaires (CNOU), le restaurant universitaire, le service de transports (autobus) et le service de la santé ont été privatisés.
Pour les mêmes revendications, d'autres manifestations étudiantes ont été organisées le 8 octobre 2003. Au cours de ces manifestations, des étudiants ont été blessés dans des affrontements et des dégâts matériels (voitures et magasins brûlés) ont été constatés.
Le représentant du RJDH a signalé ne pas être au courant d'une manifestation étudiante qui aurait eu lieu en octobre 2002 ni d'une grève de la faim qui aurait été liée à une arrestation d'étudiants le 19 avril 2001. Par contre, il a signalé qu'il est fréquent que des étudiants organisent une grève de la faim. Il s'agit souvent d'un groupe de trois à dix étudiants qui, devant le parlement, font une grève de la faim pendant quelques jours pour réclamer le paiement de bourses d'études ou leur augmentation.
Des sources concordantes font état de manifestations étudiantes qui ont eu lieu le 21 février 2001 à l'université de Niamey (AFP 24 janv. 2002; Africa Research Bulletin 31 mai 2001, 14387; Vision 20 août 2003; Country Reports 2001 avr. 2002, sect. 2.b) pour réclamer, entre autres, le paiement des arriérés de bourses (ibid.) et pour protester contre la décision du gouvernement de privatiser le restaurant et les « cités universitaires » (AFP 24 janv. 2002). Faisant référence aux manifestations étudiantes de février 2001, diverses sources d'information signalent que de violents affrontements ayant opposé des étudiants aux forces policières ont entraîné la mort d'un gendarme (Africa Research Bulletin 31 mai 2001, 14387; Vision 20 août 2003; Country Reports 2001 avr. 2002, sect. 2.b; AI 2002) et à l'arrestation de dizaines d'étudiants (ibid.; Country Reports 2001 avr. 2002, sect. 1.c; RJDH janv. 2002). Selon Amnesty International, la plupart des étudiants arrêtés ont été relâchés à l'exception de deux d'entre eux, dont Ousmane Abdelmoumine, secrétaire général de l'UENUN, qui étaient toujours détenus à la fin de 2001 (2002). Les manifestations du 21 février 2001 ont également entraîné la fermeture du restaurant universitaire (AFP 24 janv. 2002; Vision 20 août 2003), appelé « Restaurant Issaka Kaïne » (ibid.) et celle des « cités universitaires » (AFP 24 janv. 2002). La fermeture du restaurant et du campus universitaire a duré environ une année, soit jusqu'en janvier 2002 (ibid.).
Relativement à la privatisation de services à l'université de Niamey, le RJDH signalait que les autorités gouvernementales ont « privatisé de manière éhontée le Centre national des œuvres universitaires (CNOU) au profit des commerçants proches des dignitaires du régime actuel » (16 oct. 2003).
Aucune information sur une manifestation qui aurait eu lieu en octobre 2002 ni sur une arrestation d'étudiants qui serait survenue le 19 avril 2001 n'a pu être trouvée parmi les sources consultées par la Direction des recherches. Par contre, dans son édition du 31 mai 2001, l'Africa Research Bulletin signalait que le 17 avril 2001, le comité exécutif de l'UENUN avait demandé aux étudiants de [traduction] « continuer de boycotter les cours et de ne pas céder aux "manœuvres de division du gouvernement" » (14387). Selon la même source d'information, le gouvernement nigérien avait offert de payer un mois de l'arriéré des bourses d'études aux étudiants qui accepteraient de retourner en classe au début du mois d'avril 2001 (Africa Research Bulletin 31 mai 2001, 14387).
Une source d'information indiquait que des étudiants de l'université de Niamey avaient, le 8 octobre 2003, organisé des manifestations au cours desquelles les forces de l'ordre sont intervenues pour réprimer les manifestants et signalait que plusieurs étudiants ont été blessés (RJDH 16 oct. 2003). Toutefois, la source ne précise pas si l'UENUN avait participé à l'organisation de ces manifestations. De son côté, la Fédération des étudiant(e)s francophones de Belgique (FEF) signalait dans un communiqué du 21 octobre 2003 que la FEF « a pris connaissance d'une dépêche AFP annonçant la fermeture du campus universitaire de Niamey ainsi que l'arrestation d'au moins six dirigeants de l'Union des étudiants nigériens à l'université de Niamey (UENUN) ainsi que des membres du comité directeur de l'Union des scolaires nigériens (USN) ». Le même communiqué ne précise pas, cependant, la date de l'arrestation des dirigeants de l'UENUN ni celle de la fermeture du campus.
Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais prescrits. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile. Veuillez trouver ci-dessous la liste des autres sources consultées pour la réponse à cette demande d'information.
Références
Africa Research Bulletin
[Londres]. 31 mai 2001. Vol. 38, no 4. « In Brief: Niger
».
Agence France Presse (AFP). 24 janvier
2002. « Réouverture du campus universitaire de Niamey
». http://www.izf.net/izf/Actualite/archives_afp/2002/niger.htm
[Date de consultation : 10 mai 2004]
Amnesty International (AI). 2002.
Rapport 2002. « Niger ». Londres : Amnesty
International.
Country Reports on Human Rights
Practices for 2001. Avril 2002. Département
d'État des État-Unis. Washington, DC : United States
Government Printing Office.
Fédération des
étudiant(e)s francophones de Belgique (FEF). 21 octobre
2003. « Niger : un mouvement étudiant
étouffé ». http://www.fef.be/page1222.html
[Date de consultation : 10 mai 2004]
Réseau des journalistes pour les
droits de l'homme (RJDH), Niamey. 12 et 13 mai 2004. Entretiens
téléphoniques avec un représentant.
_____. 16 octobre 2003. «
Réaction des organisations de la société
civile : déclaration de presse ». http://www.rjdh-niger.org/alerte/archives.htm
[Date de consultation : 11 mai 2004]
_____. Janvier 2002. Rapport
d'activités 2001. http://www.rjdh-niger.org/alerte/archives.htm
[Date de consultation : 11 mai 2004]
Vision [Niamey]. 20 août
2003. No 10. « Ventre affamé n'a point d'oreille
». http://www.tamtaminfo.com/vision10.pdf
[Date de consultation : 11 mai 2004]
Autres sources consultées
Publications : Africa
Confidential, Dossier de pays du Centre des ressources,
Jeune Afrique/L'Intelligent, Keesing's Record of World
Events, West Africa.
Sites Internet, y compris :
Africatime, AllAfrica, Dialog, FIDH, HRW,
Libération, ReliefWeb.