Situation of unmarried mothers, namely those from Muslim families; protection available against paternal violence (2004) [GIN43078.FE]

L'information concernant l'ampleur du phénomène des « mères célibataires » en Guinée est contradictoire parmi les sources consultées par la Direction des recherches. Lors d'un entretien téléphonique le 13 octobre 2004, le président de l'Organisation guinéenne de défense des droits de l'homme et du citoyen (OGDHC), une organisation non-gouvernementale de Conakry, a indiqué qu'être mère célibataire est un phénomène courant dans les villes de Guinée, un pays à 85 p. 100 musulman (Countries of the World Yearbook 2005 2004, 713). De même, la présidente de la Coalition nationale de Guinée pour les droits et la citoyenneté des femmes (CONAG-DCF), une autre organisation non-gouvernementale en Guinée, a signalé dans une communication écrite envoyée à la Direction des recherches le 15 octobre 2004 qu'il y a plusieurs cas de mères célibataires en Guinée, notamment des adolescentes.

Par contre, le premier secrétaire de l'ambassade de Guinée à Ottawa a souligné, lors d'un entretien téléphonique le 12 octobre 2004, que le fait d'être mère et célibataire ne constitue pas un phénomène courant et que, d'habitude, les femmes musulmanes ont des enfants lorsqu'elles sont mariées.

Quant à la perception des mères célibataires en Guinée, la présidente de la CONAG-DCF a indiqué qu'il existe une image négative associée aux mères célibataires et que celles-ci sont « rejet[é]es par la soci[été] » (15 oct. 2004). Le dirigeant de l'OGDHC a expliqué que les mères célibataires sont généralement « mal vu[es] » par la population guinéenne et que nombre d'entre elles sont victimes de violence familiale, y compris la violence paternelle (13 oct. 2004). Selon lui, il arrive que les familles musulmanes « radicales » chassent les mères célibataires du foyer familial (13 oct. 2004). Parfois, la mère de la fille enceinte est aussi » chassée « par son mari, car elle porte l'ultime responsabilité de l'éducation de sa fille qui amène la honte (CONAG-DCF 15 oct. 2004; OGDHC 13 oct. 2004.) En revanche, il y a d'autres familles musulmanes qui vont tolérer les mères célibataires (ibid.).

D'après le premier secrétaire de l'ambassade de Guinée, les familles musulmanes ne rejettent pas les mères célibataires (12 oct. 2004). Le premier secrétaire n'a pu confirmer si la violence paternelle envers les mères célibataires se produit régulièrement en Guinée.

Aucune information sur la protection offerte par l'État aux mères célibataires qui ont connu la violence paternelle n'a pu être trouvée parmi les sources consultées. Toutefois, en matière de violence familiale en général, le droit coutumier veut que la situation se règle en famille (OGDHC 13 oct. 2004). Le premier secrétaire de l'ambassade de Guinée a souligné que, habituellement, la violence conjugale se résout tout d'abord « entre les deux familles » (12 oct. 2004). Bien que la loi guinéenne permette à la femme d'informer la police dans les cas de violence familiale, les plaintes portées contre le père ou le mari sont généralement vues comme étant négatives (OGDHC 13 oct. 2004). De même, le Département d'État des États-Unis signale que la violence conjugale est courante en Guinée mais que la police n'intervient que rarement (Country Reports 2003 25 février 2004, sect. 5).

Il n'existe pas d'organisme au sein de la société en Guinée pour aider les mères célibataires (OGDHC 13 oct. 2004). Selon la présidente de la CONAG-DCF, en plus de la relégation socioculturelle des femmes au second plan, le manque de volonté politique pour mettre en pratique les textes et les lois promouvant les droits des femmes empêcherait les femmes de s'émanciper (15 oct. 2004). Néanmoins, les institutions scolaires acceptent les mères célibataires et il existe plusieurs organisations non-gouvernementales qui travaillent à l'amélioration du statut socioculturel et politique de la femme (CONAG-DCF 15 oct. 2004).

Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais prescrits. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile. Veuillez trouver ci-dessous la liste des autres sources consultées pour la réponse à cette demande d'information.

Références


Coalition nationale de Guinée pour les droits et la citoyenneté des femmes (CONAG-DCF) [Conakry]. 15 octobre 2004. Communication écrite envoyée à la Direction des recherches par la présidente.

Countries of the World and Their Leaders Yearbook 2005. 2004. Vol. 1. Sous la direction de Karen Ellicott. Detroit: Thomson-Gale.

Country Reports on Human Rights Practices 2003. 25 février 2004. Département d'État des États-Unis. Washington, D.C.

http://www.state.gov/g/drl/rls/hrrpt/2003/27731.htm [Date de consultation : 12 oct. 2004]

Ambassade de la République de Guinée à Ottawa. 12 octobre 2004. Entretien téléphonique avec le premier secrétaire.

Organisation guinéenne de défense des droits de l'homme et du citoyen (OGDHC), Conakry. 13 octobre 2004. Entretien téléphonique avec le président.

Autres sources consultées


Une source orale n'a pas répondu à une demande d'information dans les délais prescrits.

Sites Internet, y compris: Amnesty International; Famafrique; Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH); ministère des Affaires sociales, de la Promotion féminine et de l'Enfance de Guinée; Women's Human Rights net; Women Living Under Muslim Laws.