Succession practices for the "Eze" (king) within the Amakor-Nanka community in Anambra State, including whether it is hereditary to the eldest son; rituals performed in the succession ceremonies and whether they could be considered unacceptable for a Christian to perform; consequences to an individual for refusing to accept succession and state protection available [NGA34530.E]

Dans son ouvrage intitulé Anioma: A Social History of the Western Igbo People, Ohadike décrit [traduction] « le système associé au titre d'eze ou d'ozo » tel qu'il était au XIXe siècle (Ohadike 1994, 87-90). Il explique que le titre d'« eze » était l'un des quelques titres permettant à un homme de [traduction] « gravir les échelons sociaux » (ibid., 87). Selon lui, [traduction] « le titre d'eze s'achetait » et, pour y avoir accès, un homme devait d'abord acheter des titres mineurs et s'acquitter avec succès des devoirs associés à ces titres (ibid., 88).

[traduction]
Les passages des titres mineurs aux titres majeurs constituaient les étapes préliminaires à l'acquisition, en fin de compte, du titre d'eze. La cérémonie ultime impliquait une mort et une résurrection rituelles, sans lesquelles l'immortalité ne saurait être atteinte. Le processus d'acquisition du titre d'eze devait absolument se terminer par l'accomplissement de ce rituel de mort et de résurrection. Les hommes ayant été capables de mener le processus à terme étaient nommés ndi ichie, c'est à dire « les immortels »; le fait d'acquérir le titre d'eze ou d'ozo et de recevoir le don d'immortalité faisait passer le statut du récipiendaire de simple humain à celui de dieu. Selon les Igbos, un titre, tout comme l'immortalité, ne peut se transmettre de père en fils ou en fille [...].
L'acquisition du titre d'eze coûtait très cher, car elle nécessitait l'organisation d'un banquet élaboré, le sacrifice d'animaux et le paiement de frais d'initiation très élevés. [...]
Tout Igbo du Niger convoitait le titre d'eze (ou certaines de ses variantes, comme les titres d'alo ou d'ichie) parce qu'il garantissait à son détenteur un siège au conseil de son village. Le titre lui donnait aussi droit à certaines parts du bétail abattu dans sa famille, de même qu'à des parts de tous les frais payés par les nouveaux initiés au titre. De plus, le titre exemptait son détenteur de tout travail manuel. Tous le reconnaissaient immédiatement à son bonnet rouge décoré de plumes d'aigle et à son bâton de commandement, l'otonsi. On l'accueillait par la salutation « igwe » (Votre Altesse), et quiconque le troublait ou ne lui témoignait pas le respect qui lui était dû devait payer une lourde amende. Il était dangereux de molester un eze. Ces chefs constituaient la classe dirigeante, privilégiée et oisive (ibid., 88-89).

Les renseignements suivants sur le titre d'eze ont été obtenus dans une communication écrite du 3 juin 2000 envoyée par le [traduction] « représentant spécial du gouvernement de l'État nigérian d'Ebonyi [Ebonyi State Government of Nigeria] au Royaume-Uni et en Europe », lié au Club social pour jeunes Igbos [Young Igbos Social Club] de Londres, au Royaume-Uni. Ce club a été fondé en 1991 en tant qu'organisation sociale et culturelle pour les Igbos habitant le Royaume-Uni. Le représentant a précisé que ses renseignements reflétaient son propre point de vue.

[traduction]
Les sociétés villageoises des Igbos sont très démocratiques; traditionnellement, la plupart des villes ou des villages ne comptaient pas vraiment d'eze (ou roi). À l'époque coloniale, les Britanniques avaient nommé des chefs suprêmes, ce qui avait répandu cette pratique. En général, l'eze s'autoproclame. La personne est généralement riche et débourse le coût du couronnement, mais pas dans tous les cas.
Le titre d'eze s'acquiert de différentes manières selon la ville ou le village; on doit donc savoir de quel village il s'agit pour être certain du mode d'acquisition. Néanmoins, voici de quelles manières l'eze peut être couronné.
a) Hérédité. La fonction se transmet directement à un fils. Cette pratique se limite au territoire igbo. Il s'agit d'une pratique à laquelle les Igbos de l'est du fleuve Niger sont souvent réticents, mais qui est plus acceptée à l'ouest du fleuve;
b) Alternance. La fonction alterne entre certaines familles ou certains clans, et l'on couronne l'ancien, une personne désignée ou la personne la plus riche, selon le village ou la ville;
c) Souveraineté des anciens. Le chef des anciens devient l'eze ou les anciens nomment l'eze. Cette pratique est en déclin et est devenue très rare;
d) Autoproclamation. C'est devenu le mode principal d'acquisition du titre d'eze. En premier lieu, la personne acquiert le titre d'ozo ou chef. Puis, les chefs rivalisent pour le titre d'eze. Le gagnant paie habituellement le coût de son couronnement.
De nos jours, il est de plus en plus fréquent que le titre soit acheté, mais dans bien des cas, il se transmet encore par la lignée et l'héritage.

De nombreux articles du Post Express utilisent le mot « eze » comme titre désignant des personnes (24 nov. 1998; 27 oct. 1998; 3 déc. 1999).

Selon un article traitant du désir du [traduction] « chef Emeka Ojukwu, ancien seigneur de la guerre biafrais », de devenir [traduction] « eze-igbo », [traduction] « [l']élite igbo a déclaré que ce titre - signifiant "roi des Igbos" - n'existait pas et a soutenu que la culture politique des Igbos, nation républicaine, ne comptait pas de roi » (Post Express 4 mars 1998).

Un autre article fait également mention du [traduction] « eze-igbo » en ces termes : [traduction] « bien que l'eze-igbo y ait été présent », la population d'Anambra a boycotté la célébration annuelle de la [traduction] « journée igbo » (ibid. 16 nov. 1999).

D'autres articles font mention [traduction] « [d']eze-igbo » particuliers à certains États, tel que [traduction] l'« eze-igbo du Kano » (ibid. 23 mai 2000), [traduction] l'« eze-igbo du Bauchi » (ibid. 25 déc. 1997), [traduction] l'« eze-igbo du Gombe » (ibid. 29 oct. 1999) et [traduction] l'« eze-igbo de Lagos » (ibid. 22 mai 2000).

Il y a aussi des mentions des pratiques entourant l'attribution du titre d'eze. Un article énonce que [traduction] l'« eze Udom Ogedi Udom a été nommé eze ndi-igbo de la zone D sous les gouvernements locaux d'Apapa, d'Ajeromi-Ifelodun, d'Amuwo-Odofin et d'Ojo dans l'État de Lagos » (ibid. 3 déc. 1999).

En mai 2000, à la suite d'un [traduction] « désaccord sur l'identité du véritable et acceptable eze-igbo de Lagos », un [traduction] « processus normal d'élection » a été enclenché pour déterminer la personne appropriée (ibid. 22 mai 2000). Selon un porte-parole, [traduction] « nombre de braves fils de la race igbo ont manifesté leur intérêt pour la fonction. Par conséquent, un processus électoral a été mis en branle afin de sélectionner le meilleur candidat. Les chefs Nwachukwu et Ohazurike ont émergé des quelques étapes éliminatoires en tant que finalistes » (ibid.).

Selon un article traitant de l'installation d'un chef igbo [traduction] « comme premier chef suprême de la communauté igbo de l'État, avec comme titre "eze-igbo Ie de Zamfara" », les cérémonies publiques [traduction] « colorées » et très courues comprenaient des témoignages envers le chef et diverses danses culturelles igbos (ibid. 18 déc. 1997). [Traduction] « Lors de l'installation, l'émir du Gusau a remarqué que l'humilité, le pacifisme, l'amour et la charité étaient toutes des qualités ayant contribué à la sélection du chef Obijaku comme premier eze-igbo » dans cet État (ibid.).

Une autre source précise qu'une personne identifiée comme un [traduction] « eze-igbo » allait être le [traduction] « père royal de la journée » lors d'un rassemblement, le 20 décembre 1997, de l'organisation [traduction] « Christ Life International Fellowship and Evangelism, ministère multi-confessionnel dont la mission est de répandre l'évangile de Notre Seigneur Jésus-Christ » (ibid. 14 déc. 1997).

Le représentant spécial du gouvernement de l'État nigérian d'Ebonyi a également fourni les renseignements suivants à propos des rites entourant l'installation d'un eze :

[traduction]
Il est impossible de donner des directives générales visant les rites. Ils varient considérablement de villes en villages. Nombre d'entre eux peuvent être de nature païenne, par exemple jurer sur des idoles, se faire passer pour « un esprit des morts » ou d'autres agissements qui ne sont vraiment pas chrétiens. La plupart des chrétiens nouvellement convertis trouveraient qu'il leur est impossible de prendre part à un couronnement réellement traditionnel. Dans certains village, on en arrive à un compromis et le couronnement a lieu à l'église.
La transmission du titre au fils aîné, par exemple, peut créer de graves complications si ce dernier est un chrétien engagé, si le couronnement est vraiment païen, et s'il refuse d'être couronné. Dans une société plus traditionnelle, un chrétien qui aurait ainsi refusé aurait été banni ou même tué. De toute façon, cela peut créer un traumatisme ou une stigmatisation sociale pouvant entraîner l'exil pour cette raison ou, dans les cas les plus graves, pour éviter d'être blessé ou tué pour avoir commis un acte abominable (Young Igbos Social Club 3 juin 2000).

Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais prescrits. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile ou de statut de réfugié. Veuillez trouver ci-dessous la liste des autres sources consultées pour la réponse à cette demande d'information.

Références


Ohadike, Don C. 1994. Anioma: A Social History of the Western Igbo People. Athens : Ohio University Press.

Post Express [Lagos]. 23 mai 2000. Bassey Iyang. « Igbo Community in Kano Denies MASSOB ». http://www.postexpresswired.com [Date de consultation : 2 juin 2000]

_____. 22 mai 2000. Walter Ukaegbu. « Eze Igbo: How Nwachukwu Was Selected, by Aide ». http://www.postexpresswired.com [Date de consultation : 2 juin 2000]

_____. 3 décembre 1999. « Udom Appointed Eze Ndi-Igbo ». http://www.postexpresswired.com [Date de consultation : 2 juin 2000]

_____. 16 novembre 1999. Stephen Oboh. « Igbo Solidarity ». http://www.postexpresswired.com [Date de consultation : 2 juin 2000]

_____. 24 novembre 1998. Uche Nwosu. « 12 Traditional Rulers Get Staff of Office in Abia ». http://www.postexpresswired.com [Date de consultation : 2 juin 2000]

_____. 27 octobre 1998. Joke Kujenya. « Igbo Businessmen Advised to Embrace Formal Education ». http://www.postexpresswired.com [Date de consultation : 2 juin 2000]

_____. 4 mars 1998. « Ojukwu Declares Self Igbo Champion ». http://www.postexpresswired.com [Date de consultation : 2 juin 2000]

_____. 25 décembre 1997. Tijjani Waziri. « Bauchi Gets Eze ». http://www.postexpresswired.com [Date de consultation : 2 juin 2000]

_____. 18 décembre 1997. Doye Dappa. « Igbo's Get Leader in Zamfara ». http://www.postexpresswired.com [Date de consultation : 2 juin 2000]

_____. 14 décembre 1997. « Religious Group Presents "End-Time" Message Next Saturday ». http://www.postexpresswired.com [Date de consultation : 2 juin 2000]

Young Igbos Social Club, Londres, Royaume-Uni. 3 juin 2000. Communication écrite envoyée par le représentant spécial du gouvernement de l'État nigérian d'Ebonyi au Royaume-Uni et en Europe.

Autres sources consultées


Bases de données de la CISR

LEXIS-NEXIS

REFMONDE

World News Connection (WNC)

Sites Internet, y compris :

Abia American Association, section de Boston

Africa News Update (The Norwegian Council for Africa)

Africa South of the Sahara, Africa Pages

African Studies Quarterly [Université de Floride, Gainesville]. Volumes 1-4

Mail and Guardian [Johannesburg]

Media Institute of Southern Africa (MISA), Johannesburg

Newswatch [Lagos]

Post Express [Lagos]

Relief Web. Nations Unies. Bureau de la coordination des affaires humanitaires (BCAH), Réseau d'information régional intégré (IRIN)

Les tentatives faites pour communiquer avec six sources orales ont été infructueuses.

Moteur de recherche :

Odili.net (Nigeria Web)