A group called Pa-Amasekanya, including its structure, activities and leaders; attacks perpetrated by members of this group against members of the Hutu ethnic group [BDI38641.FE]

Fondée en 1995 (Nations Unies 28 sept. 2000; Financial Times 7 janv. 2002), la Puissance d'autodéfense Amasekanya ou PA-Amasekanya, est une organisation d'autodéfense composée de jeunes d'origine tutsie (ibid.; (Nations Unies 28 sept. 2000; Net Press 17 juin 2000) dont l'objectif est de « faire connaître qu'un génocide a été commis contre les Tutsis » (Nations Unies 11 août 2000). Diomède Rutamucero en est le président (ibid.; Financial Times 7 janv. 2002; ITEKA 3 avr. 2001).

Joint par téléphone à Bujumbura le 15 mars 2002, le secrétaire exécutif de la Ligue burundaise des droits de l'homme (ITEKA) a fournit l'information suivante.

PA-Amasekanya est formée en majorité des jeunes d'origine tutsie. Elle est basée principalement dans la capitale Bujumbura, mais quelques-unes de ses sections se trouvent dans d'autres régions du pays, notamment à Bubanza, province située à l'ouest du pays. Le groupe, qui compte de milliers de membres, vise à « faire reconnaître les massacres survenus en 1993 comme étant un génocide commis contre les Tutsis et accuse les partis politiques hutus, notamment le FRODEBU, d'en être responsables. Pour cela, il exige que la justice soit faite ». PA-Amasekanya s'oppose également aux accords de paix d'Arusha puisque ces derniers instituent, entre autres, un gouvernement d'union nationale dans lequel les membres des partis politiques hutus sont représentés.

Africa Confidential range également la milice de PA-Amasekanya parmi les organisations et partis politiques de Tutsis qui s'opposent à l'accord de paix d'Arusha (26 oct. 2001, 6).

Le représentant de l'ITEKA a signalé que son organisation n'est pas au courant de l'implication des membres de PA-Amasekanya dans des tueries ou dans des agressions contre des membres de l'ethnie hutue (15 mars 2002). Par contre, a-t-il ajouté, les membres de PA-Amasekanya organisent des manifestations, des activités sportives, des marches et des réunions non autorisées au cours desquelles ils tiennent souvent des propos très critiques envers les autorités gouvernementales et menacent de « prendre la justice dans leurs mains si les auteurs du génocide des Tutsis ne sont pas jugés » (ibid.). Cela a valu à Diomède Rutamucero, président de ce groupe, d'être emprisonné 12 fois depuis la formation de PA-Amasekanya en 1995 (ibid.).

Selon les Country Reports 2001, Diomède Rutamucero, président de PA-Amasekanya, a été arrêté plusieurs fois au cours de l'année pour avoir tenté d'organiser à Bujumbura des manifestations non autorisées (2002, sect. 2b).

Selon Amnesty International, les membres de PA-Amasekanya ont fait des incitations à la violence et sont accusés d'un certain nombre de violations des droits de la personnes, y compris des meurtres (22 mars 2001). Le président de PA-Amasekanya aurait déclaré ce qui suit : « on va se battre par tous les moyens, politiques et diplomatiques [....]. [N]ous prendrons même les armes, préparez-vous à vous en munir et vous en servir s'ils viennent nous tuer » (ibid.). La même organisation de défense des droits de la personne signalait également dans son rapport annuel 2001 que [traduction] « des membres de PA Amasekanya seraient derrière une embuscade tendue en mai [2000] près de Gatumba, Bujumbura rural, dans laquelle au moins trois membres, tous Hutus, du Front pour la démocratie au Burundi (FRODEBU), parti d'opposition politique, ont été tués » (déc. 2000).

Cette information n'a pu être corroborée par les autres sources consultées par la Direction des recherches.

Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais prescrits. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile ou de statut de réfugié. Veuillez trouver ci-dessous la liste des autres sources consultées pour la réponse à cette demande d'information.

Références


Africa Confidential [Londres]. 26 octobre 2001. Vol. 42, no 21. « Burundi/Congo-Kinshasa : Piecemeal ».

Amnesty International (AI). 22 mars 2001. « Burundi: Between Hope and Fear ». (Al Index AI: AFR 16/007/2001). http://web.amnesty.org/802568F7005C4453/0/607828A57D98E79880256A10007BC970?Open [Date de consultation : 15 mars 2002]

_____. Décembre 2000. Amnesty International Report 2001. « Burundi ». http://web.amnesty.org/web/ar2001.nsf/webafrcountries/BURUNDI.htm [Date de consultation : 7 mars 2002]

Country Reports on Human Rights Practices for 2001. 2002. Département d'État des États Unis (DOS). http://www.state.gov/g/drl/rls/hrrpt/2001/af/8280.htm [Date de consultation : 25 mars 2002]

The Financial Times [Londres]. 7 janvier 2002. « Burundi: Pro-Tutsi Group "Violently" Dispersed in Bujumbura ». (BBC Summary 7 janv./NEXIS)

Nations Unies, Bureau de la coordination des affaires humanitaires (BCAH), Réseau d'information régional intégré pour l'Afrique centrale et de l'Est (IRIN-CEA). 28 septembre 2000. « Burundi: List of Groups Involved in the Conflict and Peace Process ». http://www.reliefweb.int/ [Date de consultation : 13 mars 2002]

_____. 11oaût 2000. « Bulletin hebdomadaire d'information 32 pour l'Afrique centrale et de l'Est ». http://www.reliefweb.int/ [Date de consultation : 13 mars 2002].

Net Press [Bujumbura]. 17 juin 2001. "Burundi: Pro-Tutsi Movement Says Government Harrassing Activists ». (BBC Monitoring 19 juin 2001/NEXIS)

Ligue burundaise des droits de l'homme (ITEKA). 15 mars 2002. Entretien téléphonique avec le secrétaire exécutif.

_____. 3 avril 2001. « Burundi - Droits de l'homme : Diomède Rutamucero éxpulsé des locaux du Haut Commissaraire des Nations-Unis pour les droits de l'homme au Burundi ». http://www.ligue-iteka.bi/n030401.htm [Date de consultation : 13 mars 2002]

Autres sources consultées


Africa Confidential 1995- février 2002.

Bases de données de la CISR.

Dossier de pays du Centre des ressources. Burundi. 1995-2001.

Jeune Afrique 1995-1999.

Jeune Afrique/L'intelligent 2001- mars 2002.

La Lettre hebdomadaire de la FIDH 1998-2001.

LEXIS/NEXIS.

Mondes rebelles. 1999-2001.

Sites Internet, y compris :

Amnesty International.

FIDH.

Human Rights Watch Online.

International Crisis Group (ICG).

Ligue burundaise des droits de l'homme (ITEKA).

Missionary Service News Agency (MISNA).

Observatoire de l'Afrique centrale.

Office fédéral des réfugiés (ODR) de la Suisse.

Panafrican News Agency (PANA).

ReliefWeb.

Moteurs de recherche, y compris :

Google.

Lokace.

Lycos.