The San Carlos Student Association (Asociación de Estudiantes Universitarios, AEU); involvement in human rights investigations of the Mayan population; treatment of its members and their families; assistance from police, if necessary (1999-2001) [GTM38342.E]

Pour obtenir un compte rendu détaillé de la création de l'Association des étudiants universitaires (Asociación de Estudiantes Universitarios - AEU) de San Carlos et sur le traitement que réserve les autorités à ses membres depuis sa création en 1996, veuillez consulter le rapport intitulé Organization and Repression in the University of San Carlos, Guatemala, 1944 to 1996 de Paul Kobrak (AAAS 1999). Le texte intégral de ce rapport se trouve sur le site Internet de l'Association américaine pour l'avancement de la science (American Association for the Advancement of Science - AAAS) à l'adresse suivante : http://hrdata.aaas.org/ciidh/org_rep/index.html.

Peu de sources abordant le traitement réservé aux membres l'AEU entre 1999 et 2001 ont été trouvées par la Direction des recherches. Dans son rapport du 28 février 2002 intitulé Guatemala's Lethal Legacy: Past Impunity and Renewed Human Rights Violations, Amnesty International (AI) mentionnait qu'une [traduction] « flambée des mauvais traitements à l'endroit des militants luttant contre l'impunité est devenue apparente depuis mai 2000, environ, et elle s'est accrue au cours de l'année ». AI fournit des preuves de cette [traduction] « flambée » en citant plusieurs cas de harcèlement des militants pour les droits de la personne, notamment le fait que l'on se serait introduit par effraction dans le bureau de l'AEU en octobre 2000 (AI 28 févr. 2002, 17). Dans un article du 15 janvier 2001 publié dans le bulletin Guatemala Human Rights Update, la Guatemalan Human Rights Commission/USA (GHRC/USA) fait également allusion à cet incident et mentionne que de l'équipement informatique et des dossiers ont été volés pendant l'effraction. Aucun de ces rapports ne commente la réponse de la police face à cet incident ni ne précise l'identité des auteurs de cette introduction par effraction.

Aucune information indiquant si l'AEU a participé à une enquête sur de prétendues violations de droits de la personne à l'endroit de la population maya n'a pu être trouvée parmi les sources consultées par la Direction des recherches.

Selon AI, [traduction] « traditionnellement, [l'AEU] a fait preuve d'un franc parler concernant les questions politiques et les droits de la personne et ses chefs ont fréquemment été visés » (28 févr. 2002). Dans Organization and Repression in the University of San Carlos, Guatemala, 1944 to 1996, M. Kobrak étaye les [traduction] « dossiers de 492 étudiants, professeurs et employés de l'université [de San Carlos], qui soit sont disparus, soit ont été tués extrajudiciairement » entre 1994 et 1996 (AAAS 1999). Concernant ces statistiques, Kobrak souligne ce qui suit :

[traduction]
Nombre de cas d'étudiants et de professeurs tués ou disparus ne figurent toujours pas dans le dossier documentaire. Bien souvent, les familles des victimes, par peur, n'ont pas signalé la mort de leurs proches. Depuis 1954, l'université elle-même a été l'un des principaux organes d'archivage des dénonciations des violations des droits de la personne. Tragiquement, la majeure partie de l'information archivée a été détruite lors de raids du gouvernement sur le campus San Carlos.
Malgré la nature partielle des données, il est possible de tirer quelques conclusions sur la dynamique de l'organisation et de la répression. Selon les faits, il est clair qu'au cours des dernières décennies, l'État du Guatemala a eu recours à une violence terroriste importante contre l'université de San Carlos. À certains moments, la violence a été déterminée par une logique anti-insurrectionnelle. Néanmoins, l'État a régulièrement attaqué d'autres formes d'opposition à son autorité, y compris les mouvements pacifistes et démocratiques.
Les séries d'attaques contre les militants de l'université de San Carlos ont débuté en 1956. Toutefois, ce n'est que deux décennies plus tard, à la suite du meurtre, juin 1977, de Mario López Larrave, professeur et conseiller en travail, que l'État a commencé sa campagne de violence systématique contre l'université. Le régime de terreur imposé à la communauté universitaire s'est poursuivi jusqu'au retour de la démocratie civile, en 1986. Toutefois, même si un civil siégeait au Palais national, le mouvement étudiant a continué de faire les frais de séries de meurtres extrajudiciaires; mentionnons notamment le massacre de la majorité des dirigeants de l'AEU en 1989.
Ce climat de violence soutenu peut se comprendre comme une réponse à la force de l'université de San Carlos pour l'organisation politique indépendante. Même si le mouvement révolutionnaire avait beaucoup de partisans à l'université, les militants non armés - qui participaient aux luttes sociales et qui ne disposaient pas de moyens d'autodéfense appropriés - ont été les plus durement touchés. À San Carlos, la violence a atteint son sommet entre 1978 et 1981 lorsque l'université a aidé à mener une opposition généralisée contre le gouvernement militaire. Après la répression de ce mouvement légal, beaucoup de survivants ont choisi de participer à l'insurrection (ibid.).

Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais prescrits. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile ou de statut de réfugié. Veuillez trouver ci-dessous la liste des autres sources consultées pour la réponse à cette demande d'information.

Références


American Association for the Advancement of Science (AAAS) [Maryland]. 1999. Paul Kobrak. Organization and Repression in the University of San Carlos, Guatemala, 1944 to 1996. http://hrdata.aaas.org/ciidh/org_rep/index.html [Date de consultation : 24 avr. 2002]

Amnesty International (AI). 28 février 2002. Guatemala's Lethal Legacy: Past Impunity and Renewed Human Rights Violations. http://web.amnesty.org/ai.nsf/Index/AMR340012002?OpenDocument&of=COUNTRIES\GUATEMALA [Date de consultation : 24 avr. 2002]

Guatemala Human Rights Commission/USA (GHRC/USA), Washington. 15 janvier 2001. Guatemala Human Rights Update. Vol. 133, no 1. « Special Analysis Section: Accountability for Crimes and Abuses: Confronting Evil in Guatemala ». http://www.ghrc-usa.org/updates/Analysis-Vol13-No1.htm [Date de consultation : 24 avr. 2002]

Autres sources consultées


Bases de données de la CISR

Central America Report [Guatemala], 1999-2002

LEXIS/NEXIS

Une source orale n'a pas répondu à une demande d'information dans les délais prescrits.

World News Connection (WNC)

Sites Internet, y compris :

American Association for the Advancement of Science (AAAS), Human Rights Action Network

Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH), Organisation des États américains (OEA)
Country Reports 1999, 2000,

2001

Derechos-Human Rights

Fondation canadienne pour les Amériques (FOCAL)

La Guia, Internet Resources for Latin America

Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme, Documents des organes de surveillance de l'application des traités

Human Rights Watch (HRW)

Latin American Network Information Centre (LANIC), Texas

Network in Solidarity with the People of Guatemala (NISGUA)

Peace Brigades International, Guatemala Project

Washington Office on Latin America (WOLA)