World Report 2011

En septembre, le HCR a qualifié la situation à laquelle sont confrontés les migrants et les demandeurs d'asile en Grèce de « crise humanitaire ». Aucune amélioration concrète n'a été notée malgré les engagements répétés pris par le gouvernement de réformer son système d'asile, de rétablir les droits d'appel, de garantir un traitement humain des migrants et la responsabilité de la police en cas de mauvais traitement.

Un décret présidentiel comportant de modestes réformes, traitant notamment un arriéré de plus de 46 000 affaires, est resté au point mort, en partie du fait de la crise budgétaire qui a frappé le pays. Seuls 11 des 30 000 demandeurs (soit 0,04 pourcent) se sont vu octroyer l'asile en première instance en 2009. De plus amples réformes ont été repoussées à 2011, voire plus tard.

La Commission européenne a poursuivi sa procédure d'infraction contre la Grèce pour sa violation des règles d'asile de l'Union européenne en envoyant au gouvernement une deuxième lettre de mise en demeure le 24 juin. En réponse à une demande de la Grèce, Frontex a déployé 175 gardes frontières en novembre à la frontière entre la Grèce et la Turquie.

Les migrants et les demandeurs d'asile ont continué d'être détenus dans des conditions non conformes aux normes. Il existe peu ou pas d'assistance pour les enfants migrants non accompagnés et autres groupes vulnérables, dont beaucoup vivent dans la misère ou dans les rues, exposés au risque d'être victimes d'exploitation et de trafic. Suite à une visite au mois d'octobre, le rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture a qualifié les conditions dans de nombreux centres de rétention d'immigrants d'inhumaines et de dégradantes.

Les violences de groupes d'opposition armés, ainsi que les grèves et manifestations, ont marqué une année synonyme d'accentuation de la crise économique et de mesures d'austérité en Grèce. Plusieurs attaques à la bombe meurtrières contre des bâtiments publics ont eu lieu, tuant un badaud en mars et l'assistant du ministre chargé de la protection des citoyens en juin. D'autres attaques ont causé des dégâts matériels. Au mois de novembre, la police, en Grèce et ailleurs, a intercepté plus d'une douzaine de courriers piégés adressés à des ambassades étrangères à Athènes, au parlement grec, à des chefs d'État et des institutions en Europe.

Un policier a été condamné en octobre à une peine de prison à vie pour avoir tué intentionnellement par balle un garçon de quinze ans pendant une manifestation à Athènes en décembre 2008, provoquant des émeutes dans tout le pays. Un autre agent a été condamné à une peine de dix ans de prison pour complicité.

Au mois de mai, le Comité européen des Droits sociaux du Conseil de l'Europe a rendu publiques ses conclusions de décembre 2009 condamnant la Grèce pour discrimination généralisée à l'encontre des Roms en matière d'accès au logement. Ce même comité avait déjà condamné la Grèce en 2004.