Éthiopie : information sur les groupes ethniques [nationalités], y compris la distribution régionale, les caractéristiques socioculturelles et les affiliations politiques présumées; le rapport entre l'origine ethnique et l'affiliation politique présumées; la carte kebele et information indiquant si l'appartenance ethnique d'une personne y est inscrite (2020-septembre 2022) [ETH200541.EF]

Direction des recherches, Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada

1. Aperçu

Des sources estiment la population de l'Éthiopie en 2022 à 105 166 000 (Éthiopie juill. 2013, 28) ou 120 800 000 personnes (Nations Unies 2022). Selon le ministère des Affaires étrangères et du Commerce (Department of Foreign Affairs and Trade – DFAT) de l'Australie, les habitants se [traduction] « concentrent dans le nord et le centre » de l'Éthiopie, une région connue sous le nom de « "hauts plateaux éthiopiens" », et « environ » 80 p. 100 habitent en zone rurale (Australie 12 août 2020, paragr. 2.6).

Des sources soulignent que le système politique de l'Éthiopie consiste en une [traduction] « "fédération ethnique" » (Australie 12 août 2020, paragr. 2.31) ou se définit par le [traduction] « fédéralisme ethnique » (Wilson Center 28 juill. 2021). La constitution de 1995 de l'Éthiopie prévoit ce qui suit :

[traduction]

Article 46. États de la Fédération

  1. 1. La République démocratique fédérale se compose d'États.
  2. 2. Les États sont délimités en fonction de la répartition des établissements humains, de la langue, de l'identité et du consentement des personnes visées (Éthiopie 1995).

Le DFAT de l'Australie précise aussi que le système de fédération ethnique de l'Éthiopie laisse aux [traduction] « principaux groupes ethniques » le soin de gérer « leurs États respectifs » avec une « grande autonomie par rapport au gouvernement fédéral » (Australie 12 août 2020, paragr. 2.31).

D'après des sources, une [traduction] « guerre » a éclaté dans la région du Tigré en novembre 2020 (Al Jazeera 6 juill. 2022; Bertelsmann Stiftung 2022, 6; CFR 12 mai 2022). Les principaux adversaires seraient les forces armées du gouvernement fédéral et les forces de sécurité régionales du Tigré (ACLED s.d.; Bertelsmann Stiftung 2022, 6; CFR 12 mai 2022).

1.1 Groupes ethniques

Le dernier recensement d'Éthiopie, qui date de 2007, fait état de 95 groupes ethniques, déterminés en fonction des [traduction] « origines nationales ou tribales » des personnes, dont les 10 plus nombreux, qui comptent chacun plus d'un million de membres se reconnaissant comme tels :

Groupes ethniques Population nationale Population urbaine Population rurale
Oromos 25 363 756 3 008 496 22 355 260
Amharas 19 878 199 4 374 568 15 503 631
Somalis 4 586 876 676 627 3 910 249
Tigréens 4 486 513 1 060 528 3 425 985
Sidamas [Sidamos] 2 951 889 143 821 2 808 068
Gouragués [Gurages] 1 859 831 784 927 1 074 904
Welaytas [Welaitas, Wolaytas] 1 676 128 281 462 1 394 666
Afars 1 276 867 105 551 1 171 316
Hadiyas 1 269 382 150 087 1 119 295
Gamos 1 104 360 139 308 965 052

(Éthiopie 2007, 71, 73-74)

Des sources donnent les estimations suivantes (en pourcentage) relativement à la composition ethnique de l'Éthiopie :

  Encyclopaedia Britannica (estimations de 2012) World Factbook de la CIA (estimations de 2022) Bertelsmann Stiftung (estimations de 2022)
Oromos 35,3 35,8 34
Amharas 26,2 24,1 27
Somalis 6 7,2
Tigréens 5,9 5,7 6
Sidamas 4,3 4,1
Gouragués 2,7 2,6
Welaytas 2,3 2,3
Afars 2,2
Siltes 1,3
Kaffas [Keffas] 1,2
Autres 13,5

(Bertelsmann Stiftung 2022, 3; Encyclopaedia Britannica [2012]; É.-U. 23 août 2022)

D'après le DFAT de l'Australie, Addis-Abeba, capitale et première ville en importance en Éthiopie, compte 4,5 millions d'habitants et est dite [traduction] « multiethnique » (Australie 12 août 2020, paragr. 2.8). La même source fait observer que les [traduction] « [m]ariages interethniques sont monnaie courante » à Addis-Abeba et dans d'autres grands centres, mais « moins fréquents » en zone rurale (Australie 12 août 2020, paragr. 2.8). Toutefois, Al Jazeera signale que, en Éthiopie, les groupes ethniques [traduction] « ont célébré des mariages interethniques et se sont intégrés dans des communautés bien au-delà des frontières de leur région » (Al Jazeera 6 juill. 2022).

Le DFAT de l'Australie explique que la plupart des partis politiques éthiopiens sont [traduction] « organisés en fonction de l'origine ethnique » (Australie 12 août 2020, paragr. 2.31). De même, selon le rapporteur spécial des Nations Unies sur la promotion et la protection du droit à la liberté d'opinion et d'expression, les partis politiques, à l'instar des gouvernements national et régionaux, ont recours à la [traduction] « représentation ethnique » (Nations Unies 29 avr. 2020, paragr. 34).

1.2 Langues

Minority Rights Group International (MRG) décrit l'Éthiopie comme une [traduction] « fédération de groupes minoritaires définis par l'origine ethnique, la langue, la religion ou la région » et précise que c'est dans le sud-ouest du pays qu'on rencontre la « plus grande diversité » de langues parlées (MRG juin 2019). Il est écrit dans l'Encyclopaedia Britannica que les [traduction] « différences les plus marquées » au sein de la population éthiopienne « diversifiée sur le plan ethnique » ont trait à la « catégorisation linguistique » en grands groupes des quelque 100 langues du pays (Encyclopaedia Britannica 13 août 2022).

Des sources signalent que l'oromo et l'amharique sont les deux langues qui comptent le plus de locuteurs en Éthiopie (Encyclopaedia Britannica 13 août 2022; Éthiopie 2007, 91), l'amharique étant reconnu comme la [traduction] « langue de travail » du gouvernement central (Encyclopaedia Britannica 13 août 2022). D'après MRG, l'amharique, l'oromo, le tigrigna et le somali sont parlés par [traduction] « deux tiers » de la population du pays (MRG juin 2019).

Le recensement de 2007 en Éthiopie fait état de 89 [traduction] « langues maternelles », soit « la langue qu'utilisait le répondant pour communiquer avec les membres de sa famille ou ses tuteurs pendant son enfance »; voici les 10 langues comptant le plus grand nombre de locuteurs (plus d'un million chacune), y compris leur distribution parmi les populations urbaines et rurales :

« Langues maternelles » Population nationale Population urbaine Population rurale
oromo [oromigna; oromiffa] 24 930 424 2 548 461 22 381 963
amharique [amarigna] 21 634 396 5 707 362 15 927 034
somali [somaligna] 4 609 274 679 660 3 929 614
tigrigna [tigrinya] 4 324 933 954 696 3 370 237
sidamo [sidamigna] 2 981 471 141 251 2 840 220
gouragué [guragié] 1 481 836 421 024 1 060 812
welayta [welaytigna, wolaytigna] 1 627 955 239 535 1 388 420
afar [afarigna] 1 281 284 101 233 1 180 051
hadiya [hadiyigna] 1 253 894 125 399 1 128 495
gamo [gamogna] 1 070 626 105 869 964 757

(Éthiopie 2007, 71, 91-92)

1.3 Religions

Pour ce qui est de l'affiliation religieuse en Éthiopie, le recensement fait état de six groupes et donne les chiffres suivants : 32 092 182 Éthiopiens s'identifient comme chrétiens orthodoxes; 13 661 588 comme protestants; 532 187 comme catholiques; 25 037 646 comme musulmans; 1 956 647 comme membres d'un groupe religieux [autochtone] [traduction] « [t]raditionnel »; et 470 682 comme membres de groupes religieux « [a]utres » (Éthiopie 2007, 71, 109). D'après les pourcentages fournis par MRG, environ 43,5 p. 100 d'Éthiopiens sont [traduction] « chrétiens orthodoxes éthiopiens », tandis que 33,9 p. 100 sont musulmans et que les autres sont « protestants, catholiques romains ou adeptes d'une religion traditionnelle » (MRG juin 2019). La même source ajoute que les chrétiens orthodoxes, comme les Amharas et les Tigréens, vivent sur les hauts plateaux du Nord du pays, alors que [traduction] « la plupart » des musulmans et des « adeptes de croyances autochtones » habitent dans les « basses terres » du sud et de l'est (MRG juin 2019).

2. Distribution régionale, contexte socioculturel et affiliation politique présumée des groupes ethniques

Les renseignements contenus dans le paragraphe suivant ont été fournis par une professeure agrégée dans une université américaine dont les recherches portent principalement sur la gouvernance après conflit et le rapport entre politique et origine ethnique en Afrique, notamment en Éthiopie, dans une communication écrite envoyée à la Direction des recherches :

[traduction] « En général », les groupes ethniques de l'Éthiopie ont des « particularités vestimentaires et linguistiques distinctives selon la région » qui facilitent la détermination de l'identité ethnique. Cependant, si des personnes « port[ent] une tenue occidentale », il devient plus difficile de distinguer leur « affiliation ethnique » « sans les entendre parler ». À titre d'exemple, les communautés musulmanes « s'habillent et parlent de manière distinctive », et le nom d'une personne peut dénoter une affiliation « tribale ». En outre, « divers » groupes ethniques et tribus disséminés dans tout le territoire éthiopien « sont en nombres plus concentrés dans certaines régions du pays », ce qui fait en sorte que leurs particularités culturelles comme la langue et l'habillement s'harmonisent avec celles de l'endroit où ils se trouvent (professeure agrégée 18 sept. 2022).

Selon l'Indice de transformation de la Fondation Bertelsmann (Bertelsmann Stiftung's Transformation Index – BTI) de 2022, qui [traduction] « examine la transition vers la démocratie et l'économie de marché ainsi que la qualité de la gouvernance dans 137 pays » et qui couvre la période allant de février 2019 à janvier 2021, tous les gouvernements éthiopiens ont par le passé connu des « conflits structurels ethnopolitiques et ethnoculturels opposant divers groupes ethniques » (Bertelsmann Stiftung 2022, 5). D'après le Conseil pour les relations étrangères (Council on Foreign Relations – CFR), un groupe de réflexion [traduction] « indépendant » et « non partisan » dont le siège est aux États-Unis et qui agit comme éditeur dans le domaine des affaires internationales (CFR s.d.), bien que le conflit armé perdure dans la région du Tigré, [traduction] « des accords de paix au sein de groupes ethniques et entre des groupes ethniques et le gouvernement semblent voir leur dénouement » dans d'autres régions du pays (CFR 12 mai 2022). Des sources signalent que, en 2021, le conflit armé a fait des morts parmi la population civile, attribuables à l'origine ethnique (Amnesty International 29 mars 2022, 163; HRW 13 janv. 2022). Amnesty International a fait état [version française d'Amnesty International] « [d']au moins 1 500 morts dans les régions Oromia, Amhara, Benishangul-Gumuz, Afar et Somali » en raison des violences interethniques (Amnesty International 29 mars 2022, 165).

2.1 Oromos

Des sources signalent que les Oromos constituent le [traduction] « plus grand » groupe ethnique d'Éthiopie, représentant « plus du tiers » (Encyclopaedia Britannica 2 mars 2018) ou [traduction] « entre 25 et 40 p. 100 » (MRG janv. 2018a) de la population (Encyclopaedia Britannica 2 mars 2018; MRG janv. 2018a). Selon le recensement de 2007, la majeure partie des Oromos [93 p. 100 du total national de 25 363 756 Oromos] vit dans la région [du Centre-Sud] de l'Oromia (23 708 767 sur une population régionale totale de 26 993 933 [88 p. 100]), et la plupart (21 499 026) se trouvent dans les zones rurales (Éthiopie 2007, 78, 79). D'après la même source, les Oromos sont le groupe ethnique le plus nombreux au Harar et à Diré Dawa, et le troisième en importance dans l'Amhara (Éthiopie 2007, 77, 85, 88). Il est également précisé dans le recensement que 534 547 Oromos habitent à Addis-Abeba, dont la population totale s'élève à 2 739 551 (Éthiopie 2007, 87).

Selon le BTI 2022, les Oromos sont [traduction] « un peuple hétérogène et diversifié composé d'agriculteurs, de pasteurs, de professionnels, de chrétiens orthodoxes, de musulmans, de protestants et de chefs traditionnels » (Bertelsmann Stiftung 2022, 5). De même, MRG précise que les Oromos sont [traduction] « diversifiés sur les plans social, économique et religieux » (MRG janv. 2018a). On peut lire dans l'Encyclopaedia Britannica que les Oromos, parce qu'ils se sont établis dans [traduction] « différentes régions géographiques » du pays et se sont mélangés à d'autres groupes ethniques par assimilation et mariages interethniques, ont perdu « une grande partie de leur cohésion culturelle d'origine » (Encyclopaedia Britannica 2 mars 2018). Il est précisé dans le recensement que la région de l'Oromia compte 12 835 410 personnes qui se considèrent comme des musulmans [48 p. 100], 8 204 908 comme des chrétiens orthodoxes [30 p. 100] et 4 780 917 comme des chrétiens protestants [18 p. 100] (Éthiopie 2007, 112).

Selon MRG, les Oromos partagent une langue commune qui est aussi [traduction] « largement parlée dans le nord du Kenya et certaines parties de la Somalie » (MRG janv. 2018a). D'après l'Encyclopaedia Britannica, l'oromo parlé en Éthiopie est [traduction] « originaire » des zones ouest, est, sud et sud-ouest du pays (Encyclopaedia Britannica 13 août 2022).

Des sources soulignent que le premier ministre Abiy Ahmed est le premier Oromo à occuper ce poste (Australie 12 août 2020, paragr. 2.3; Wilson Center 28 juill. 2021). Le DFAT de l'Australie explique que, avant sa nomination, la coalition au pouvoir était le Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien (Ethiopian People's Revolutionary Democratic Front – EPRDF), une alliance composée des quatre partis politiques suivants : le Front populaire de libération du Tigré (Tigray People's Liberation Front – TPLF), le Parti démocratique amhara (Amhara Democratic Party – ADP), le Parti démocratique oromo (Oromo Democratic Party – ODP) et le Mouvement démocratique des peuples du Sud de l'Éthiopie (Southern Ethiopian People's Democratic Movement – SEPDM) (Australie 12 août 2020, paragr. 2.39). La même source précise que l'EPRDF a été dissous et remplacé par le Parti de la prospérité (Prosperity Party – PP [ou EPP]) en décembre 2019, lequel est composé de l'ODP, de l'ADP et du SEPDM (Australie 12 août 2020, paragr. 2.39). La source ajoute que le PP comprend aussi [traduction] « l'ancien Parti démocratique national afar (Afar National Democratic Party – ANDP), le Front unité démocratique du peuple de la région du Benishangul-Gumuz (Benishangul-Gumuz People's Democratic Unity Front – BGPDUF), le Parti démocratique du peuple somali – Éthiopie (Ethiopian Somali People's Democratic Party – ESPDP), le Mouvement démocratique populaire de Gambéla (Gambela People's Democratic Movement – GPDM) et la Ligue nationale harari (Harari National League – HNL) », mais que le TPLF a refusé de se joindre à la coalition (Australie 12 août 2020, paragr. 2.39). Pour des renseignements additionnels sur les partis politiques et le traitement réservé aux partis politiques d'opposition et à leurs membres, veuillez consulter la réponse à la demande d'information ETH200764 publiée en septembre 2021.

D'après le BTI 2022, la [traduction] « coalition politique » entre les peuples oromo et amhara est une « fragile alliance de pouvoirs » qui « s'oppose à la minorité tigréenne » (Bertelsmann Stiftung 2022, 5). Al Jazeera souligne que le Front de libération oromo (Oromo Liberation Front – OLF), un groupe qui [traduction] « lutte pour l'autodétermination des Oromos de souche », a été décriminalisé et autorisé à se constituer en parti politique en 2018; toutefois, l'Armée de libération oromo (Oromo Liberation Army – OLA) [OLF-shene; OLF-shane], une « faction armée dissidente », continue de « se battre » et est en conflit avec les autorités éthiopiennes qui l'accusent de commettre « des enlèvements, des assassinats de personnes haut placées et d'autres crimes en Oromia » (Al Jazeera 20 mars 2021). Human Rights Watch (HRW) fait état de [traduction] « signalements » selon lesquels les forces de sécurité ont procédé à des arrestations, à des détentions et à des « exécutions sommaires de civils oromos accusés de soutenir le groupe armé rebelle, [l'OLA] », et ce, tout au long de 2021 (HRW 13 janv. 2022). Au dire d'un habitant du district de Jardega Jarte avec qui Al Jazeera s'est entretenu pour un article, [traduction] « "[les combattants de l'OLA] sont faciles à reconnaître par leurs cheveux" »; par ailleurs, sont décrites dans l'article des images tirées des médias sociaux montrant des combattants du groupe comme « de jeunes gens en treillis à la tête couverte de dreadlocks » (Al Jazeera 20 mars 2021).

Des sources soulignent qu'un conflit fait également rage dans la région de l'Amhara (Éthiopie 8 juill. 2022; HRW 9 déc. 2021). Selon Al Jazeera, l'état d'urgence a été déclaré dans la région de l'Amhara en avril 2021 après que des violences armées eurent causé la mort de [traduction] « plus de 300 personnes au cours de plusieurs jours en mars » dans les parties méridionales de la région le long de la zone spéciale oromo, « dont les habitants sont principalement des Oromos » (Al Jazeera 19 avr. 2021). La même source fait observer que la violence a fait naître des [traduction] « critiques » au sein de la coalition du premier ministre au pouvoir, formée de partis oromo et amhara qui « ont publiquement accusé l'autre d'être responsable » (Al Jazeera 19 avr. 2021).

2.2 Amharas

D'après l'Encyclopaedia Britannica, les Amharas constituent le deuxième plus grand groupe ethnique d'Éthiopie, représentant [traduction] « plus du quart » de la population (Encyclopaedia Britannica 4 oct. 2018). Selon le recensement de 2007, la majeure partie des Amharas [79 p. 100 du total national de 19 878 199 Amharas] vit dans la région [du Nord-Ouest] de l'Amhara (15 752 992 sur une population régionale totale de 17 221 976 [91 p. 100]), et la plupart (13 799 736) se trouvent dans les zones rurales (Éthiopie 2007, 73, 77). D'après la même source, 1 288 895 Amharas habitent à Addis-Abeba, constituant ainsi le groupe ethnique le plus nombreux dans la ville (Éthiopie 2007, 86). Il est également précisé dans le recensement que les Amharas sont le deuxième groupe ethnique en importance dans les régions de l'Oromia, de la Somalia, du Benishangul-Gumuz et du Harar (Éthiopie 2007, 78, 79, 81, 85).

Selon le BTI 2022, le groupe ethnique des Amharas est composé d'une [traduction] « population majoritaire assez homogène de petits exploitants agricoles et de chrétiens orthodoxes » (Bertelsmann Stiftung 2022, 5). D'après MRG, les Amharas [traduction] « viennent des hauts plateaux du Nord » et sont « pour la plupart » chrétiens orthodoxes (MRG juin 2019). Il est précisé dans le recensement que 14 214 635 personnes vivant dans la région de l'Amhara [83 p. 100] se considèrent comme des chrétiens orthodoxes (Éthiopie 2007, 111).

D'après MRG, historiquement, les Amharas ont [traduction] « dominé la sphère politique » dans la région septentrionale des hauts plateaux, avec les Tigréens (MRG juin 2019). Toutefois, on peut lire dans le BTI 2022 que la [traduction] « coalition politique » actuelle entre les peuples oromo et amhara est une « fragile alliance de pouvoirs » qui « s'oppose à la minorité tigréenne » (Bertelsmann Stiftung 2022, 5). Al Jazeera signale que même si les [traduction] « dernières années » ont vu chez les Amharas des « mariages interethniques et [l']intégration » au sein de communautés hors de la région de l'Amhara, « ils ont souvent été la cible de tueries de masse dans l'Ouest de l'Éthiopie », par exemple lors d'une série « [d']attaques similaires » lancées en février et en mars 2021 qui ont fait plus de 50 victimes civiles et d'une attaque perpétrée en novembre 2020 par des « hommes armés de fusils » ayant causé la mort « [d']au moins 54 civils » dans l'enceinte d'une école (Al Jazeera 6 juill. 2022). Il est écrit dans les Country Reports on Human Rights Practices for 2020 publiés par le Département d'État des États-Unis que, lors d'une [traduction] « purge ethnique » ayant eu lieu en novembre 2020 au Tigré, « des miliciens tigréens et des agents des services de sécurité régionaux » ont contrôlé les papiers d'identité d'Amharas de souche qui habitaient à Mai-Kadra et dans d'autres localités avoisinantes avant de s'en prendre à eux (É.-U. 30 mars 2021, 33). Ce sont [traduction] « de 600 à 1 200 [personnes] environ » qui ont perdu la vie dans cette attaque (É.-U. 30 mars 2021, 33). Selon HRW, les forces tigréennes dans le Nord de la région de l'Amhara ont aussi [version française de HRW] « exécuté sommairement des dizaines de civils dans deux villes » entre le 31 août et le 9 septembre 2021; un « homme de 70 ans a affirmé que deux combattants tigréens avaient tué son fils » et son neveu à son domicile du quartier d'Agosh-Mado, à Chenna, après avoir demandé à voir les papiers d'identité de l'homme, de son fils et de son neveu et les avoir « "accusés d'être des membres des forces de défense locales" » (HRW 9 déc. 2021).

Toujours selon HRW, tout au long de 2021, des membres de l'OLA se seraient rendus responsables du meurtre [traduction] « [d']au moins 28 civils amharas » et en auraient blessé « plus d'une dizaine » dans la région de l'Oromia (HRW 13 janv. 2022). En ce qui concerne la façon dont l'OLA s'y est prise pour faire subir de la persécution ciblée à des civils appartenant à des groupes ethniques minoritaires dans la région de l'Oromia, par exemple les Amharas, Al Jazeera rapporte dans un article les propos d'un habitant amhara de l'Oromia qui a fui la région en 2020 :

[traduction]

« Dans mon village, des mariages sont célébrés entre Amharas et Oromos. Je parle les deux langues, ce qui est courant[.] »

[…]

« Mais pour les shene, ça ne suffit pas », a précisé l'homme de 30 ans en parlant de l'OLA avec un terme communément employé par des Éthiopiens pour la désigner.

« Même les personnes qui parlent leur langue [l'oromo] se feront confisquer leur téléphone; ils voudront voir si la musique qu'il contient est amharique ou oromo. Il n'en faut pas plus pour qu'ils vous tuent » (Al Jazeera 20 mars 2021).

2.3 Somalis

Selon le recensement de 2007, la majeure partie des Somalis [94 p. 100 du total national de 4 586 876 Somalis] vit dans la région [du sud-est] de la Somalia (4 320 478 sur une population régionale totale de 4 445 219 [97 p. 100]), et la plupart (3 753 147) se trouvent dans les zones rurales (Éthiopie 2007, 79, 80). D'après la même source, 5 695 Somalis habitent à Addis-Abeba (Éthiopie 2007, 87). Il est également précisé dans le recensement que les Somalis constituent le deuxième groupe en importance à Diré Dawa (Éthiopie 2007, 88).

Selon le recensement, 2 434 785 personnes de la région de la Somalia se considèrent comme des musulmans [98 p. 100] (Éthiopie 2007, 113).

D'après MRG, les organisations somalies et musulmanes de la région de la Somalia ont une [traduction] « influence limitée », et le Front de libération national de l'Ogaden [1] (Ogaden National Liberation Front – ONLF) exerce « des pressions pour obtenir le droit à l'autodétermination » (MRG janv. 2018b). Parmi les sources qu'elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n'a trouvé aucun renseignement sur l'affiliation politique présumée des Somalis en Éthiopie.

2.4 Tigréens

Selon le recensement de 2007, la majeure partie des Tigréens [93 p. 100 du total national de 4 486 513 Tigréens] vit dans la région [du nord-ouest] du Tigré (4 167 813 sur une population régionale totale de 4 316 988 [97 p. 100]), et la plupart (3 368 802) se trouvent dans les zones rurales (Éthiopie 2007, 74, 75). D'après la même source, 169 182 Tigréens habitent à Addis-Abeba (Éthiopie 2007, 87).

Selon MRG, les Tigréens sont [traduction] « majoritairement » des chrétiens orthodoxes des hauts plateaux du Nord du pays (MRG juin 2019). On peut lire dans le recensement que 4 125 497 personnes vivant dans la région du Tigré [96 p. 100] se considèrent comme des chrétiens orthodoxes (Éthiopie 2007, 109). Il est écrit dans l'Encyclopaedia Britannica que, si les Tigréens et les Amharas ont des [traduction] « similitudes sur les plans religieux et culturel », des « différences linguistiques et [une] rivalité politique » les opposent (Encyclopaedia Britannica 19 janv. 2015).

Des sources font observer que le conflit [qui a débuté dans la région du Tigré en novembre 2020 entre les forces armées du gouvernement fédéral et les forces de sécurité régionales tigréennes] a donné lieu à des allégations de [traduction] « purge ethnique » dans l'Ouest du Tigré, commise contre des Tigréens de souche par les forces de sécurité régionales amharas alliées avec les forces du gouvernement fédéral (Global Centre for the Responsibility to Protect 1er sept. 2022; The New York Times 26 févr. 2021). Des sources soulignent également que la guerre a fait des [traduction] « milliers » de victimes (AP 4 mai 2021; Reuters 10 nov. 2021) et [traduction] « plus de deux millions de personnes » déplacées (Reuters 10 nov. 2021).

Dans une déclaration sur l'enquête conjointe du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) dans la région du Tigré de novembre 2021 à février 2022, la haute-commissaire aux droits de l'homme affirme que 15 000 arrestations et détentions arbitraires, [traduction] « la plupart » semblant viser des « citoyens ordinaires d'origine ethnique tigréenne », auraient été signalées (Nations Unies 7 mars 2022). Selon des sources, tout au long de 2021, les autorités à Addis-Abeba [et dans d'autres villes (Amnesty International 29 mars 2022, 165)] ont détenu [version française d'Amnesty International] « arbitrairement des milliers » (Amnesty International 29 mars 2022, 165) ou [traduction] « une foule de » Tigréens (HRW 13 janv. 2022). Des sources précisent que des vérifications [[traduction] « systématiques » (HRW 18 août 2021)] des papiers d'identité avaient précédé les arrestations [[version française d'Amnesty International] « fondées sur des considérations ethniques » (Amnesty International 29 mars 2022)] (Amnesty International 29 mars 2022, 165; HRW 18 août 2021). En outre, l'International Crisis Group (Crisis Group) signale que les agents fédéraux contrôlaient les [traduction] « cartes d'identité locales » des voyageurs éthiopiens « avant leur vol [prévu] à destination d'un autre pays, et ont empêché certains Tigréens de partir » (Crisis Group 11 févr. 2021, 6). Selon Reuters, l'état d'urgence déclaré par le gouvernement fédéral au Tigré en novembre 2021 obligeait les citoyens de la région à [traduction] « avoir sur eux des cartes d'identité indiquant leur origine ethnique » (Reuters 10 nov. 2021). Dans un article publié par Amnesty International où il est fait état d'entretiens que l'organisation a réalisés se trouve l'exemple suivant :

[version française d'Amnesty International]

Un homme arrêté le 2 juillet dans le quartier du Merkato [d'Addis-Abeba] a raconté que des policiers avaient fait irruption dans sa salle de billard vers 19 heures. Ils avaient commencé à harceler et à rouer de coups les clients et les employés et leur avaient demand[é] de présenter leurs papiers d'identité, avant d'emmener cinq personnes, toutes tigréennes, au poste de police du district 6. Sur les cartes d'identité éthiopiennes, le groupe ethnique du titulaire est mentionné (Amnesty International 16 juill. 2021).

D'après HRW, une Tigréenne ayant été détenue pendant une semaine par la police d'Addis-Abeba a dit au cours d'un entretien que, parmi les personnes détenues avec elle, de nombreuses étaient Tigréennes de souche, [traduction] « des gens qui, comme elle, étaient accusés de soutenir les Forces de défense tigréennes ([Tigray Defence Forces –] TDF) : des personnes âgées, des anciens policiers, des avocats, des jeunes » (HRW 18 août 2021). De même, le HCDH signale que les arrestations de Tigréens à Addis-Abeba et dans d'autres villes sont [traduction] « souvent » fondées sur le fait qu'on les « soupçon[ne] d'être affiliés au [TPLF] [2] ou de l'appuyer » (Nations Unies 16 nov. 2021).

Au cours d'un entretien avec l'Associated Press (AP), une sage-femme a dit, au sujet d'histoires qu'elle avait entendues de Tigréennes à propos d'agressions sexuelles commises par [traduction] « des combattants de diverses factions, dont les forces fédérales éthiopiennes », qu'elle croyait que l'intention derrière ces agressions est « "de s'en prendre psychologiquement à toute la communauté" », étant donné que « "[l]a plupart des habitants du Tigré appuient les (chefs tigréens fugitifs)" »; ainsi, « "[p]our les détruire, il faut détruire les Tigréens" » (AP 7 avr. 2021). Au cours d'un entretien réalisé par Crisis Group dont un extrait est cité dans son rapport sur la persécution ciblée des sympathisants du TPLF et des Tigréens en général, un Tigréen a déclaré que

[traduction]

« [c]ette guerre n'est pas menée contre le TPLF uniquement, mais contre le peuple tigréen en général. Ils s'efforcent d'éliminer l'identité politique [tigréenne] et de l'éradiquer complètement, et n'ont cure du sort funeste réservé aux gens au cours du processus » (Crisis Group 11 févr. 2021, 6).

Il est fait état par HRW de la fermeture forcée de plusieurs entreprises appartenant à des Tigréens à Addis-Abeba, certaines [traduction] « sans aucun préavis », « les bars et les lieux publics où joue de la musique en tigrinya, la langue que parlent les Tigréens », étant dans le collimateur (HRW 18 août 2021). Au cours d'un autre entretien avec l'AP, une personne d'ascendance amhara et tigréenne déplacée au Tigré a donné des détails sur le traitement que lui réservent les deux groupes ethniques :

[traduction]

« Tous les gens te regardent et attirent l'attention sur la particularité que tu possèdes et qui ne les représente pas », a affirmé [la personne]. « Donc si je vais au Tigré, ils vont comprendre que je suis Amhara parce que cet aspect de moi leur est étranger. Si je vais dans l'Amhara, ils détecteront le Tigréen en moi parce qu'ils ne le sont pas » (AP 28 déc. 2020).

On peut lire dans l'article que

[traduction]

[d]e telles différences sont devenues fatales. De nombreux réfugiés, des Tigréens de souche, ont accusé les combattants amharas de les prendre pour cible; inversement, des survivants d'un massacre survenu le mois dernier dans la ville de Mai-Kadra affirment que des combattants tigréens avaient pris pour cible les Amharas. D'autres attaques ont suivi (AP 28 déc. 2020).

Dans un rapport annuel publié en juillet 2022 par la Commission éthiopienne des droits de la personne (Ethiopian Human Rights Commission – EHRC), une [traduction] « institution nationale indépendante pour les droits de la personne » dont le mandat est de défendre ces droits et d'en encourager le respect en Éthiopie, « près de » 9 000 Tigréens de souche habitant dans la région de l'Afar « ont été rassemblés et conduits hors de la zone Kilbet Resu » en décembre 2021 et demeurent « détenus contre leur gré dans deux camps (Agatina et Semera) dans la ville de Semera » (Éthiopie 8 juill. 2022).

2.5 Sidamas

Selon le recensement de 2007, la majeure partie des Sidamas [98 p. 100 du total national de 2 951 889 Sidamas] vit dans la région [du Sud-Est] appelée Région des nations, nationalités et peuples du Sud (Southern Nations, Nationalities, and People's Region – SNNPR) (2 893 947 sur une population régionale totale de 14 929 548 [19 p. 100]), et la plupart (2 758 744) se trouvent dans les zones rurales (Éthiopie 2007, 82, 83). D'après la même source, 2 180 Sidamas habitent à Addis-Abeba (Éthiopie 2007, 87).

Selon l'Encyclopaedia Britannica, les Sidamas sont [traduction] « des peuples du sud-ouest de l'Éthiopie qui parlent une langue couchitique sans être Oromos », et bon nombre d'entre eux sont adeptes de pratiques religieuses traditionnelles (Encyclopaedia Britannica 29 févr. 2016).

Parmi les sources qu'elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n'a trouvé aucun renseignement sur le contexte socioculturel ni sur l'affiliation politique présumée des Sidamas.

2.6 Gouragués

Selon le recensement de 2007, la majeure partie des Gouragués [61 p. 100 du total national de 1 859 831 Gouragués] vit dans la SNNPR (1 125 929 sur une population régionale totale de 14 929 548 [8 p. 100]), et la plupart (989 672) se trouvent dans les zones rurales (Éthiopie 2007, 73, 82). D'après la même source, 447 777 Gouragués habitent à Addis-Abeba (Éthiopie 2007, 86). Selon l'Encyclopaedia Britannica, les Gouragués sont [traduction] « principalement » chrétiens orthodoxes et musulmans (Encyclopaedia Britannica 3 août 2015).

Parmi les sources qu'elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n'a trouvé aucun renseignement sur le contexte socioculturel ni sur l'affiliation politique présumée des Gouragués.

2.7 Welaytas

Selon le recensement de 2007, la majeure partie des Welaytas [98 p. 100 du total national de 1 676 128 Welaytas] vit dans la SNNPR (1 581 650 sur une population régionale totale de 14 929 548 [11 p. 100]), et la plupart (1 364 943) se trouvent dans les zones rurales (Éthiopie 2007, 74, 82, 83). D'après la même source, 18 824 Welaytas habitent à Addis-Abeba (Éthiopie 2007, 87).

Parmi les sources qu'elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n'a trouvé aucun renseignement sur le contexte socioculturel ni sur l'affiliation politique présumée des Welaytas.

2.8 Afars

Selon le recensement de 2007, la majeure partie des Afars [98 p. 100 du total national de 1 276 867 Afars] vit dans la région [du nord-est] de l'Afar (1 251 622 sur une population régionale totale de 1 390 273 [90 p. 100]), et la plupart (1 155 338) se trouvent dans les zones rurales (Éthiopie 2007, 73, 75). D'après la même source, 3 723 Afars habitent à Addis-Abeba (Éthiopie 2007, 86).

Selon MRG, les Afars sont un groupe ethnique [traduction] « transfrontalier » composé de pasteurs qui « vivent et mènent leurs troupeaux dans des régions adjacentes de l'Éthiopie, de l'Érythrée et de Djibouti » (MRG janv. 2018c). La même source ajoute que les Afars sont [traduction] « principalement musulmans sunnites » et qu'ils parlent l'afar et l'arabe (MRG janv. 2018c). Il est précisé dans le recensement que 1 324 584 personnes habitant dans la région de l'Afar [95 p. 100] se considèrent comme des musulmans (Éthiopie 2007, 110).

D'après MRG, non seulement la région de l'Afar subit [traduction] « de longue date » la marginalisation de la part du gouvernement, mais elle est aussi « l'une des plus éloignées et rudes » de la Corne de l'Afrique, ses habitants ayant un « accès très restreint à l'eau » et aux autres services essentiels (MRG janv. 2018c).

Amnesty International a fait état de violences ethniques au début de 2021 dans la région de l'Afar, lorsqu'une milice somalie y a attaqué un village en janvier, faisant [version française d'Amnesty International] « au moins 40 morts dans les rangs de la police afar et de la police fédérale »; au cours d'un autre incident survenu en avril, « au moins 30 personnes » sont mortes lors « d'affrontements armés entre les Afars et les Somalis » (Amnesty International 29 mars 2022, 165). Parmi les sources qu'elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n'a trouvé aucun renseignement sur l'affiliation politique présumée des Afars.

2.9 Hadiyas

Selon le recensement de 2007, la majeure partie des Hadiyas [94 p. 100 du total national de 1 269 382 Hadiyas] vit dans la SNNPR (1 191 549 sur une population régionale totale de 14 929 548 [8 p. 100]), et la plupart (1 073 451) se trouvent dans les zones rurales (Éthiopie 2007, 73, 82). D'après la même source, 16 863 Hadiyas habitent à Addis-Abeba (Éthiopie 2007, 86).

Parmi les sources qu'elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n'a trouvé aucun renseignement sur le contexte socioculturel ni sur l'affiliation politique présumée des Hadiyas.

2.10 Gamos

Selon le recensement de 2007, la majeure partie des Gamos [95 p. 100 du total national de 1 104 360 Gamos] vit dans la SNNPR (1 044 589 sur une population régionale totale de 14 929 548 [7 p. 100]), et la plupart (961 269) se trouvent dans les zones rurales (Éthiopie 2007, 73, 82). D'après la même source, 45 985 Gamos habitent à Addis-Abeba (Éthiopie 2007, 86).

Parmi les sources qu'elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n'a trouvé aucun renseignement sur le contexte socioculturel ni sur l'affiliation politique présumée des Gamos.

3. Carte kebele et identification du groupe ethnique

Des sources signalent que la carte kebele est la pièce d'identité [traduction] « principale » (Australie 12 août 2020, paragr. 5.49), [traduction] « la plus importante » (Banque mondiale 2016, 5) ou [traduction] « la plus utilisée » (Éthiopie déc. 2021, 3) en Éthiopie (Australie 12 août 2020, paragr. 5.49; Éthiopie déc. 2021, 3; Banque mondiale 2016, 5). On peut lire dans un rapport sur les types d'identification utilisés en Éthiopie publié en 2016 par la Banque mondiale que, malgré l'absence d'estimations officielles, une [traduction] « perception largement répandue » veut que la « vaste majorité de la population adulte » du pays possède une carte kebele, soit plus de 40 millions de personnes (Banque mondiale 2016, 5).

Des sources expliquent que les cartes kebele sont délivrées aux personnes âgées de 18 ans et plus [par l'Agence d'enregistrement des événements d'état civil (Vital Event Registration Agency – VERA) [3] (Australie 12 août 2020, paragr. 5.49)] par l'entremise du kebele d'attache du demandeur, soit la plus petite subdivision administrative en Éthiopie (Australie 12 août 2020, paragr. 2.32, 5.49; Banque mondiale 2016, 6). Il est aussi précisé dans le rapport de la Banque mondiale publié en 2016 que le pays compte 16 475 kebele (Banque mondiale 2016, 6). Le DFAT de l'Australie ajoute que les kebele tiennent les registres des ménages, y compris [traduction] « la date d'achat d'une maison, le nom de toutes les personnes déclarées comme y résidant et le lien de chacune avec le chef du ménage » (Australie 12 août 2020, paragr. 5.52).

Des sources soulignent que la carte kebele sert à confirmer la citoyenneté (Éthiopie déc. 2021, 3; Fassil avr. 2020, 24). En outre, des sources précisent que la carte kebele est requise pour se procurer d'autres pièces d'identité, notamment un passeport et un permis de conduire (Australie 12 août 2020, paragr. 5.49; Éthiopie déc. 2021, 3; Banque mondiale 2016, 6), de même que le numéro d'identification fiscale et la carte de pensionné du secteur public (Banque mondiale 2016, 6). D'après la Banque mondiale, la carte kebele sert aussi

[traduction]

à enregistrer une [carte] SIM, à ouvrir un compte bancaire, à voyager à l'étranger, à séjourner dans un hôtel […] et à s'inscrire à la liste électorale. Ce sont des formes d'identification propres aux citoyens éthiopiens seulement. Les étrangers et les réfugiés sont enregistrés séparément et disposent d'autres formes d'identification (Banque mondiale 2016, 6).

Des sources signalent que les cartes kebele sont des documents [traduction] « sur support papier » et qu'il n'existe pas de système d'enregistrement centralisé pour tous les kebele (Fassil avr. 2020, 24; Banque mondiale 2016, 6). Il est écrit dans un rapport sur le programme d'identité nationale (National Identity Program) préparé par le cabinet du premier ministre de l'Éthiopie que, si les cartes kebele servent à accéder à des services publics et privés, [traduction] « aucun registre central n'est en place pour en assurer le caractère unique », ce qui en fait « une pièce d'identité peu fiable et facile à fabriquer ou à dupliquer » (Éthiopie déc. 2021, 3). Selon un rapport concernant la loi sur la citoyenneté en Éthiopie publié en avril 2020 par l'Observatoire mondial de la citoyenneté (Global Citizenship Observatory – GLOBALCIT) de l'Institut universitaire européen (European University Institute – EUI) en collaboration avec la Faculté de droit de l'Université d'Édimbourg, certaines personnes [traduction] « peuvent avoir » plus d'une carte kebele parce qu'il est « impossible de retrouver l'origine [de ces documents] en raison de problèmes de classement et d'archives désuètes » (Fassil avr. 2020, 24).

Des sources signalent que les cartes kebele n'ont pas une apparence [traduction] « uniforme » d'une région à l'autre (Australie 12 août 2020, paragr. 5.50) ou qu'elles [traduction] « peuvent avoir l'air différentes » (Banque mondiale 2016, 9). Le DFAT de l'Australie ajoute que les cartes kebele [traduction] « délivrées en milieu rural peuvent être manuscrites et ressembler à un petit livret ou à une carte d'identité cartonnée » (Australie 12 août 2020, paragr. 5.50). Sans égard aux différences, la Banque mondiale souligne que

[traduction]

les cartes kebele contiennent des renseignements standards : le nom complet (y compris celui du grand-père), le nom de la mère, une photo, la dat[e] de naissance, la profession, le groupe ethnique, les coordonnées de la personne à joindre en cas d'urgence, le kebele, le woreda, la date de délivrance, l'agent responsable de la délivrance et le timbre du kebele. Sur les cartes figure aussi le numéro de téléphone du kebele, à composer en cas de questions sur l'authenticité du document (Banque mondiale 2016, 9).

Dans une communication écrite envoyée à la Direction des recherches, un analyste du Centre national de vérification de l'identité du Danemark (Danish National ID Centre – NIDC), un [traduction] « organisme administratif indépendant » qui, sur papier, fait partie de l'Agence de renvoi du Danemark (Danish Return Agency) relevant du ministère de l'Immigration et de l'Intégration (Ministry of Immigration and Integration) (Danemark s.d.), a déclaré, se fondant sur la mission d'enquête de mai 2018 effectuée par le NIDC en Éthiopie ainsi que sur [traduction] « un certain nombre de sources écrites », que les cartes kebele comprennent « des renseignements sur l'affiliation ethnique » du titulaire (Danemark 13 sept. 2022). Cependant, la même source a ajouté qu'il est [traduction] « possib[le] » qu'il y ait « des versions » de la carte kebele « ne faisant pas état de l'affiliation ethnique » (Danemark 13 sept. 2022). Dans une communication écrite envoyée à la Direction des recherches, une représentante du programme d'identité nationale de l'Éthiopie, qui relève du cabinet du premier ministre et qui a été mis sur pied en vue de répondre au besoin de se doter d'un [traduction] « système d'identification de base » national dont l'objectif est de délivrer une « pièce d'identité numérique à 95 p. 100 de la population adulte d'ici la fin de 2025 » (Éthiopie s.d.a), a déclaré que, [traduction] « aujourd'hui », les kebele ne recueillent pas de « renseignements sur l'origine ethnique » et que les cartes kebele n'indiquent plus une telle information, bien que cela « puisse varier d'une région à l'autre » (Éthiopie 21 sept. 2022). Le DFAT de l'Australie signale que, selon des renseignements datant de la fin de 2019, les nouvelles cartes kebele ne font plus mention du groupe ethnique du titulaire (Australie 12 août 2020, paragr. 5.50).

Selon le DFAT de l'Australie, lorsque les titulaires d'une carte kebele s'installent dans une autre ville ou région, ils doivent [traduction] « renoncer » à leur carte et s'enregistrer auprès de leur nouveau kebele d'attache pour en demander une nouvelle (Australie 12 août 2020, paragr. 5.51). La même source précise que les cartes kebele doivent être renouvelées tous les deux ans (Australie 12 août 2020, paragr. 5.49).

Des spécimens de carte kebele se trouvent dans un rapport sur l'Éthiopie publié en 2016 par la Banque mondiale dans le cadre de son initiative Identité pour le développement (Identification for Development – ID4D) [4] (Banque mondiale 2016, 9).

Dans le contexte du conflit armé au Tigré, l'AP signale en avril 2021, d'après des entretiens réalisés avec neuf réfugiés ayant fui au Soudan, que la [traduction] « preuve » est maintenant faite que les autorités éthiopiennes dans l'Ouest du Tigré tentent de procéder à une « purge ethnique sous la forme d'une nouvelle carte d'identité qui élimine toute trace tigréenne » et qui est « [r]édigée dans une langue autre que la leur [l'amharique] et délivrée par des autorités d'un autre groupe ethnique » (AP 7 avr. 2021). Dans une page en regard de l'éditorial publiée par Al Jazeera, l'avocate spécialiste des droits de la personne Netsanet Tesfay, s'appuyant sur l'enquête menée par l'AP, affirme que le changement de carte d'identité fait [traduction] « partie d'une tentative visant à assimiler la région comme étant amhara, ce qui aurait pour effet d'éradiquer l'existence même des Tigréens et du Tigré » (Tesfay 17 juin 2021). Parmi les sources qu'elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n'a pas trouvé d'autres renseignements allant dans le même sens. Des spécimens de la pièce d'identité se trouvent dans l'article de l'AP (AP 7 avr. 2021).

3.1 Carte d'identité de résident d'Addis-Abeba

D'après le DFAT de l'Australie, on a vu dans le système de carte kebele à Addis-Abeba [traduction] « [l]a délivrance de cartes d'identité produites selon un nouveau modèle […] depuis le quatrième trimestre de 2019; elles sont faites par ordinateur et ressemblent à une carte de crédit » (Australie 12 août 2020, paragr. 5.50). L'analyste du NIDC a signalé que les cartes d'identité de résident d'Addis-Abeba électroniques de 2019 ne contiennent pas [traduction] « [d']information sur l'affiliation ethnique » du titulaire (Danemark 13 sept. 2022). Un spécimen de carte d'identité de résident d'Addis-Abeba figure dans le rapport thématique sur l'enregistrement civil et les pièces d'identité en Éthiopie publié en janvier 2020 par le Centre norvégien d'information sur les pays d'origine (Landinfo) (Norvège 31 janv. 2020).

3.2 Identité nationale

On peut lire sur le site Internet consacré au programme d'identité nationale de l'Éthiopie que ce dernier a été lancé en réponse aux difficultés associées à la [traduction] « confirmation » et à la « vérification » de l'identité en Éthiopie, de même qu'aux problèmes connexes rencontrés par « divers acteurs des secteurs public et privé qui fournissent des services aux citoyens et aux résidents légaux » (Éthiopie déc. 2021, 3). Le programme implique la mise sur pied d'un nouveau système d'identification centralisé qui délivre un numéro unique aux résidents du pays et qui [traduction] « intègre » les cartes kebele et le système d'enregistrement civil actuellement en place tout en s'en « éloignant » graduellement (Éthiopie déc. 2021, 3, 5). La même source fournit le cadre stratégique de délivrance suivant concernant l'identité nationale :

[traduction]

Le programme d'identité nationale et le numéro d'identification qui en découle remplaceront un jour la carte kebele et d'autres pièces d'identité de base comme la carte jaune, la carte d'expatrié, la carte de réfugié, la carte de personne déplacée, etc. Les champs qui s'y trouvent contiennent des données biographiques et biométriques minimales, dont le statut en matière de citoyenneté (Éthiopie déc. 2021, 8).

La même source explique que, s'agissant des exigences à remplir pour s'inscrire en vue d'obtenir un numéro d'identification, [traduction] « [q]uatre types de [données] démographiques » seront recueillies (nom complet, sexe, adresse domiciliaire et date de naissance), en plus d'une pièce d'identité comme « un passeport, une carte kebele, un [permis de] conduire, etc. » (Éthiopie s.d.b). Selon la représentante du programme d'identité nationale, la délivrance des numéros d'identification ne nécessite pas la collecte de [traduction] « renseignements relatifs à l'origine ethnique », et le pouvoir de recueillir des données démographiques et biométriques demeure centralisé au bureau du programme (Éthiopie 21 sept. 2022). En outre, la même source a fait observer que, jusqu'ici, [traduction] « [e]nviron 300 000 citoyens » ont reçu leur numéro d'identification unique (Éthiopie 21 sept. 2022).

Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais fixés. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile. Veuillez trouver ci-dessous les sources consultées pour la réponse à cette demande d'information.

Notes

[1] La région de l'Ogaden a été renommée la région de la Somalia conformément à la constitution de l'Éthiopie de 1994 (MRG janv. 2018b).

[2] Le Front populaire de libération du Tigré (Tigray People's Liberation Front – TPLF), à l'instar d'autres partis d'Éthiopie, [traduction] « est un parti fondé sur l'origine ethnique » qui représente les intérêts des Tigréens (AP 4 mai 2021).

[3] L'Agence d'enregistrement des événements d'état civil (Vital Event Registration Agency – VERA) d'Éthiopie a été établie en 2016 et est responsable de [traduction] « diriger, coordonner et centraliser à l'échelle nationale l'enregistrement des événements d'état civil comme les naissances, les mariages, les divorces et les décès » (Éthiopie 10 août 2016).

[4] L'initiative Identité pour le développement (Identification for Development – ID4D) est un projet commun à tous les services et pôles d'expertise du Groupe de la Banque mondiale qui [traduction] « utilise les connaissances et l'expertise globales de tous les secteurs pour aider les pays à prendre conscience du potentiel de transformation des systèmes d'identification numérique en vue d'atteindre les objectifs de développement durable » (Banque mondiale 2016, ii).

Références

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Al Jazeera. 19 avril 2021. « Amid Violence, Ethiopia Declares State of Emergency in Amhara ». [Date de consultation : 13 sept. 2022]

Al Jazeera. 20 mars 2021. Zecharias Zelalem. « Worsening Violence in Western Ethiopia Forcing Civilians to Flee ». [Date de consultation : 13 sept. 2022]

Amnesty International. 29 mars 2022. « Ethiopia ». Amnesty International Report 2021/22: State of the World's Human Rights. [Date de consultation : 30 août 2022]

Amnesty International. 16 juillet 2021. « Ethiopia: End Arbitrary Detentions of Tigrayans, Activists and Journalists in Addis Ababa and Reveal Whereabouts of Unaccounted Detainees ». [Date de consultation : 30 août 2022]

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Associated Press (AP). 4 mai 2021. Rodney Muhumuza. « Ethiopia "at a Crossroads" amid Spiraling Ethnic Conflict ». [Date de consultation : 13 sept. 2022]

Associated Press (AP). 7 avril 2021. Cara Anna. « "Leave No Tigrayan": In Ethiopia, an Ethnicity Is Erased ». [Date de consultation : 13 sept. 2022]

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Professeure agrégée, université aux États-Unis. 18 septembre 2022. Communication écrite envoyée à la Direction des recherches.

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Tesfay, Netsanet. 17 juin 2021. Al Jazeera. « "Never Again": The Tragedy in Tigray ». [Date de consultation : 3 oct. 2022]

Wilson Center. 28 juillet 2021. David Ottaway. « Ethiopia Faces Dire Consequences of Ethnic Federalism ». [Date de consultation : 8 août 2022]

Autres sources consultées

Sources orales : Banque mondiale; chargée d'enseignement invité dans une université au Royaume-Uni dont les recherches portent principalement sur les relations sociales et religieuses en Éthiopie; chercheur dans une université en Éthiopie dont les travaux portent principalement sur l'identité, l'origine ethnique et le nationalisme en Éthiopie; chercheuse dans un institut de politiques au Royaume-Uni dont les recherches portent principalement sur l'économie politique de l'Éthiopie, y compris la politisation de l'origine ethnique; directrice dans une université aux États-Unis dont les recherches portent principalement sur l'origine ethnique et la religion transfrontalières dans les relations internationales, y compris en Éthiopie; Éthiopie – ambassade à Ottawa; professeur adjoint dans une université au Canada dont les recherches portent principalement sur l'économie de développement et qui a publié des articles sur les relations ethniques et de genre ainsi que l'inclusion économique en Éthiopie; professeur adjoint invité dans une université aux États-Unis dont les recherches portent principalement sur les relations internationales, la paix et la sécurité, en particulier en Éthiopie; professeur dans une université aux États-Unis dont les recherches portent principalement sur les partis politiques et la politique après conflit en Éthiopie; professeure agrégée dans une université aux États-Unis dont les recherches portent principalement sur la citoyenneté, les migrations et les institutions politiques dans la Corne de l'Afrique.

Sites Internet, y compris : Addis Standard; African Journal of International and Comparative Law; Agence Anadolu; Asylum Research Centre; Austrian Red Cross – ecoi.net; BBC; Borkena; Brookings Institution; Canada – Centre de recherches pour le développement international; Center for Strategic and International Studies; Centre d'excellence sur les systèmes d'enregistrement et de statistiques de l'état civil; États-Unis – Congressional Research Service; Éthiopie – Federal Negarit Gazette; Ezega.com; Factiva; Freedom House; The Guardian; Initiative sur le droit à la nationalité en Afrique; Internal Displacement Monitoring Centre; Nations Unies – Commission économique pour l'Afrique, Organisation internationale pour les migrations, UNICEF Data; The New Humanitarian; Royaume-Uni – Home Office; Union européenne – European Union Asylum Agency; University of Maryland – Minorities at Risk; Voice of America; World Privacy Forum.