Liban : information sur le Hezbollah [Hizbollah, Hizbullah, Hizballah, Parti de Dieu], y compris la participation et la représentation politiques, les activités militaires et les régions sous son contrôle; les méthodes de recrutement, y compris le recrutement forcé et les conséquences subies par les personnes qui refusent d'y adhérer; information indiquant si le Hezbollah cible certains segments de la société à des fins de recrutement, y compris les jeunes chiites et les citoyens libanais qui reviennent de l'étranger; information sur la capacité de trouver une personne dans le pays; la protection offerte par l'État (2020–août 2022) [LBN201146.EF]

Direction des recherches, Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada

1. Aperçu

Des sources signalent que le Hezbollah est un parti politique et un groupe activiste chiite (CFR 25 mai 2020; Encyclopaedia Britannica 20 août 2020; Stanford University juill. 2019, 1). Des sources ajoutent que la formation du groupe remonte à la guerre civile ayant fait rage au Liban (Bertelsmann Stiftung 2022, 5; CFR 25 mai 2022; Encyclopaedia Britannica 20 août 2020). Plus précisément, des sources expliquent que le groupe s'est constitué à la suite de l'invasion du Liban par Israël en 1982 (Chatham House 11 août 2021; Encyclopaedia Britannica 20 août 2020). Le Centre pour la sécurité et la coopération internationales (Center for International Security and Cooperation – CISAC) de l'Université Stanford, un centre de recherche rattaché à l'Institut d'études internationales Freeman Spogli (Freeman Spogli Institute for International Studies) dont le [traduction] « projet de recensement des groupes activistes » a été élaboré en vue de suivre « l'évolution des organisations activistes » (Stanford University s.d.), souligne, en citant des sources du gouvernement des États-Unis et du monde universitaire ainsi que médias, que le Hezbollah est né de l'Amal islamique, une faction dissidente [traduction] « plus activiste » du mouvement Amal, une autre milice chiite ayant vu le jour pendant la guerre civile au Liban (Stanford University juill. 2019, 2).

D'après des sources, le Hezbollah est aussi généralement perçu comme [traduction] « un État au sein d'un État » (CFR 25 mai 2020; consultant indépendant 27 juill. 2022; professeur 12 août 2022), en raison de ses [traduction] « vastes appareil de sécurité, organisation politique et réseau de services sociaux » (CFR 25 mai 2022). L'Institut Brookings (Brookings Institution), une organisation de politiques publiques sans but lucratif sise à Washington (Brookings Institution s.d.), fait observer qu'il est plus juste de définir le groupe comme un [traduction] « "État au sein d'un non-État" », étant donné que les autorités libanaises sont « totale[ment] incapa[bles] » de fournir des services de base à leurs citoyens (Brookings Institution 19 nov. 2021). Se fondant sur les propos d'Eitan Azani, un colonel de réserve de l'Armée de défense d'Israël (Israeli Defense Forces) et directeur du programme de sécurité intérieure et de lutte contre le terrorisme de l'Université Reichman à Herzliya, en Israël (Reichman University s.d.), le CISAC signale que le Hezbollah est maintenant une [traduction] « organisation hybride bien ancrée dans la structure de la société libanaise » par son activisme au pays et à l'étranger, de même que sa prestation de services sociaux qui comprennent, au dire du CISAC, la construction d'infrastructures et des soins de santé (Stanford University juill. 2019, 2, 3). De même, l'Institut Brookings souligne que la [traduction] « qualité hybride » du groupe lui garantit à la fois une « autonomie » par rapport à l'État, puisqu'il n'a « aucun compte à rendre et [que] ses activités ne sont même pas surveillées », ainsi que la capacité « [d']oppos[er] un veto à tout ce qu'entreprend le gouvernement du Liban » (Brookings Institution 19 nov. 2021).

Selon des sources, le groupe fournit des services sociaux ainsi que des services en santé et en éducation, dont un programme jeunesse analogue aux scouts (Brookings Institution 19 nov. 2021; doctorant 2 août 2022; chargé d'enseignement invité 10 août 2022). Des sources affirment également que le Hezbollah a lancé une station de télévision, Al-Manar (Stanford University juill. 2019, 10; Wilson Center 13 juill. 2022).

D'après Sécurité publique Canada, [version française du Canada] « [d]e tous les groupes terroristes dans le monde, [le Hezbollah est] parmi ceux qui disposent des meilleurs moyens techniques » (Canada 4 juin 2021). Dans les Country Reports on Human Rights Practices for 2021 publiés par le Département d'État des États-Unis, le Hezbollah est décrit comme un [traduction] « acteur armé ne relevant pas de l'État » et une « organisation terroriste étrangère » qui procède à des arrestations et à des détentions extrajudiciaires, dont des « mises au secret »; en 2021, l'organisation « aurait » exploité des centres de détention « non officiels » (É.-U. 12 avr. 2022, 5, 6). Selon l'indice de transformation de la Fondation Bertelsmann (Bertelsmann Stiftung's Transformation Index – BTI) de 2022, qui [traduction] « évalue la transition vers la démocratie et l'économie de marché ainsi que la qualité de la gouvernance dans 137 pays », le Hezbollah est à la fois le « plus puissant » des « acteurs ne relevant pas de l'État » au sein de la « structure institutionnelle complexe des forces de sécurité du Liban » et un « acteur de premier plan du régime au pouvoir », en plus de sa position officielle d'ONG (Bertelsmann Stiftung 2022, 2, 7).

1.1 Idéologie

Selon des sources, l'idéologie du Hezbollah se fonde sur l'opposition et la résistance à l'influence d'Israël et des pays occidentaux au Moyen-Orient (CFR 25 mai 2022; Stanford University juill. 2019, 2). Des sources précisent que l'idéologie du parti s'inspire de la révolution islamique iranienne (Canada 4 juin 2021; professeur 12 août 2022). En outre, des sources ajoutent que la doctrine du guide suprême de l'Iran [traduction] « a inspiré » l'idéologie du Hezbollah et que cette dernière y est « liée » (TWI 18 mai 2022), ou qu'elle en [traduction] « tire son origine » (professeur 12 août 2022). Au cours d'un entretien avec la Direction des recherches, un consultant indépendant dont les recherches portent principalement sur les groupes armés chiites en Iraq, en Iran et au Liban et qui a écrit un ouvrage et plusieurs articles sur les activités et l'idéologie du Hezbollah, a affirmé que les activités de recrutement et de financement du groupe visent à [traduction] « maintenir un effet dissuasif sur Israël » (consultant indépendant 27 juill. 2022).

1.2 Structure organisationnelle et tête dirigeante

Des sources signalent que Hassan Nasrallah est le secrétaire général du Hezbollah (Bertelsmann Stiftung 2022, 15; Stanford University juill. 2019, 6). Des sources soulignent également que Naim Qassem est le secrétaire général adjoint du groupe (UANI janv. 2019) ou son chef adjoint (Stanford University juill. 2019, 6). D'après des sources, le Conseil de la choura, [un conseil consultatif (UANI janv. 2019)], se trouve aussi à la tête de l'organisation; il est composé de sept membres (UANI janv. 2019; Stanford University juill. 2019, 5) et de cinq sous-conseils (UANI janv. 2019). Des sources énumèrent ces cinq sous-conseils : exécutif, judiciaire, parlementaire, politique et jihad (UANI janv. 2019; CFR 25 mai 2022). Selon le CISAC, les sous-conseils s'occupent de questions d'idéologie, de finances et de politiques ainsi que d'affaires militaires, sociales et juridiques (Stanford University juill. 2019, 5). Des sources font état du [traduction] « peu » d'information relative à la structure de commandement militaire du Hezbollah, qui est attribuable à « l'importance qu'accorde le groupe à la sécurité et au secret » (Stanford University juill. 2019, 6), ou de la nature [traduction] « très secrète » du Hezbollah, qui rend « difficile » la tâche de confirmer des renseignements sur les militaires qui en font partie, par exemple (AP 18 oct. 2021).

2. Participation et représentation politiques

D'après le BTI 2022, [traduction] « tous » les principaux partis politiques sectaires, y compris le Hezbollah, « tentent de s'attacher leurs électeurs par des pratiques clientélistes plutôt que par des programmes politiques » (Bertelsmann Stiftung 2022, 15). Chatham House, un institut de politiques situé à Londres (Khatib 30 juin 2021, i), souligne également que les identités sectaires respectives des partis politiques [traduction] « au pouvoir » au Liban les caractérisent mieux que leur « politique sociale ou économique », et que ces identités sectaires assumées transcendent les frontières du pays dans le cas de nombreux partis, notamment le Courant de l'avenir (Future Movement), qui jouit du « sout[ien] du Royaume d'Arabie saoudite, un pays sunnite », ainsi que le Hezbollah, qui est « appuyé par ses alliés chiites en Iraq et, en particulier, en Iran » (Chatham House 11 août 2021).

2.1 Base

Selon Chatham House, non seulement le Hezbollah est le représentant [traduction] « dominant » de la population chiite dans la sphère politique au Liban, mais le soutien dont il bénéficie ne se limite pas à une région ou une religion bien précise; en effet, il jouit de l'appui « d'autres Libanais qui le voient comme la seule force s'opposant réellement à l'incursion israélienne » (Chatham House 11 août 2021). Dans une page en regard de l'éditorial parue dans Foreign Policy (FP), Michal Kranz, [traduction] « un journaliste indépendant couvrant la politique et la société au Moyen-Orient, en Europe de l'Est et aux États-Unis », écrit que le Hezbollah a « tiré parti » de la « grogne populaire » au sein de diverses confessions libanaises, ce qui lui a permis « [d']accroître comme jamais son influence chez les chrétiens, les sunnites et les druzes », et tout particulièrement depuis les élections législatives de 2018 (Kranz 9 août 2019). La même source attire l'attention sur l'élection de [traduction] « six députés sunnites pro-Hezbollah » en 2018, sur la nomination d'un député sunnite pro-Hezbollah de la vallée de la Bekaa [Beqaa] comme ministre d'État au Commerce international, de même que sur le soutien de l'imam de la mosquée Quds de Saïda, une ville majoritairement sunnite, qui estime « "[qu']au moins un tiers" » des communautés sunnites appuie le Hezbollah (Kranz 9 août 2019). M. Kranz ajoute que le Hezbollah a fait des [traduction] « percées » dans des circonscriptions chrétiennes « beaucoup plus significatives », selon ce que rapporte Hanin Ghaddar, « une chercheuse à l'Institut de politique étrangère au Proche-Orient de Washington (Washington Institute for Near East Policy[ – TWI]) » interviewée dans l'article (Kranz 9 août 2019).

Toutefois, dans un forum en ligne sur les politiques organisé en 2022 par TWI, une organisation qui s'efforce de [traduction] « transmettre sa compréhension réaliste et équilibrée des intérêts américains au Moyen-Orient » (TWI s.d.), Hanin Ghaddar a déclaré que le cœur de la base chiite du Hezbollah [traduction] « se divise et s'émancipe » depuis les 15 dernières années, les manifestations de masse survenues en 2019, dans des secteurs à prédominance chiite également, en étant le signe le plus récent (TWI 18 mai 2022). De plus, la même source a affirmé que, dans la foulée des restrictions apportées au budget de fonctionnement du Hezbollah en raison des sanctions économiques [traduction] « accrues » contre l'Iran, la prestation de « certains » services par le groupe à la communauté chiite s'est vue « limit[ée] », car il « dessert [maintenant] ses membres et d'autres élites avant tout » (TWI 18 mai 2022).

Des sources analysant les résultats des élections de 2019 au Liban font observer que des sièges ont été remportés par de nouveaux députés indépendants (Crisis Group 23 mai 2022; TWI 16 mai 2022), y compris dans des régions qui élisent traditionnellement des candidats des listes de parti du Hezbollah et du mouvement Amal, comme dans le Sud (TWI 16 mai 2022). Dans son analyse pour le TWI, Hanin Ghaddar précise également que dans [traduction] « toutes » les circonscriptions où les chiites sont majoritaires, la « participation au scrutin [était] plus faible » (TWI 16 mai 2022).

2.2 Alliances
2.2.1 Avec d'autres partis politiques

Des sources affirment que le Hezbollah est allié au Courant patriotique libre (Free Patriotic Movement – FPM) [dirigé par l'ancien ministre des Affaires étrangères, Gebran Bassil (Bertelsmann Stiftung 2022, 15), et fondé par l'actuel président du Liban, Michel Aoun (Chatham House 11 août 2021)], et le mouvement Amal [dirigé par Nabih Berri (Bertelsmann Stiftung 2022, 15)] (Chatham House 11 août 2021; TCF 25 janv. 2022) et que, tous ensemble, ils ont pris la tête de l'Alliance du 8 mars, une coalition de partis chiites et chrétiens [traduction] « unis par un programme pro-Syrie » (Chatham House 11 août 2021). Selon Chatham House, le Hezbollah exerce un [traduction] « énorme pouvoir » par l'entremise de la coalition du 8 mars et sa « domination » sur l'alliance lui permet d'avoir sur l'activité parlementaire une emprise qui excède le nombre de sièges qu'il occupe (Chatham House 11 août 2021). Par exemple, la même source mentionne les élections législatives de 2018, à l'issue desquelles le Hezbollah a remporté 13 des 128 sièges, tout en précisant que le groupe [traduction] « contrôlait en réalité » une majorité de 72 sièges (Chatham House 11 août 2021). Chatham House ajoute que la coalition d'opposition au parlement libanais est l'Alliance du 14 mars, qui regroupe des partis chrétiens maronites et musulmans sunnites autour d'un programme anti-Syrie (Chatham House 11 août 2021).

2.2.2 Avec des institutions de l'État

D'après The Century Foundation (TCF), un groupe de réflexion [traduction] « indépendant » et « progressif » qui donne une impulsion à la politique étrangère américaine axée sur la coopération internationale et la paix et la sécurité dans le monde (TCF s.d.), le Hezbollah est [traduction] « implanté » de manière « limitée » au sein des institutions de l'État comparativement à d'autres partis qui ont profité d'un « patronage politique », et sa capacité d'influer sur les résultats du parlement libanais est également limitée (TCF 25 janv. 2022). La même source souligne que le fait que le Hezbollah [traduction] « n'a pas réussi » à recueillir un soutien adéquat pour la tentative de l'ancien premier ministre élu Saad Hariri en vue de constituer un gouvernement en 2020 montre que le groupe « ne peut pas simplement dicter l'orientation politique » (TCF 25 janv. 2022). Cependant, Lina Khatib, directrice du programme de Chatham House sur le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, signale que le Hezbollah exerce le [traduction] « contrôle de facto » sur l'appareil du renseignement militaire de l'État grâce au service d'officiers loyaux qui y travaillent (Khatib 30 juin 2021, 26, 32). Selon le Centre d'études stratégiques et internationales (Center for Strategic and International Studies – CSIS), une organisation bipartisane sans but lucratif qui mène des recherches sur les politiques et dont le siège est aux États-Unis (CSIS s.d.), les organes de sécurité de l'État sont assujettis à un [traduction] « contrôle fonctionnel suivant les lignes sectaires », de sorte que

la direction de l'armée libanaise est chrétienne maronite, les Forces de sécurité intérieure (FSI) sont dirigées par des sunnites et la Direction de la sûreté générale (DSG) a à sa tête des chiites et serait alignée avec le Hezbollah, qui dispose de sa propre milice armée puissante (CSIS 30 avr. 2020, 2).

De plus, Lina Khatib signale que le Hezbollah supervise la désignation du directeur général de la DSG, un avantage que le groupe exploite pour [traduction] « falsif[ier] des papiers d'identité afin de voyager à l'étranger sans attirer l'attention » (Khatib 30 juin 2021, 26). La même source, s'appuyant sur une entrevue menée dans le cadre de recherches par Chatham House avec un agent de sécurité au Liban en 2020, décrit la DSG comme une [traduction] « importante source de renseignements pour le Hezbollah, y compris la contre-ingérence visant à se protéger d'infiltrations d'espions » (Khatib 30 juin 2021, 26). Parmi les sources qu'elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n'a pas trouvé d'autres renseignements allant dans le même sens.

2.3 Élections de mai 2022

D'après des sources, le Hezbollah et ses alliés de la coalition ont perdu leur majorité parlementaire aux élections nationales de mai 2022, bien que le Hezbollah ait conservé ses sièges (CFR 25 mai 2022; Crisis Group 23 mai 2022), à savoir 13 sur les 128 sièges au parlement (CFR 25 mai 2022).

L'International Crisis Group (Crisis Group) explique que, même si [traduction] « les forces politiques établies », dont le Hezbollah et son « bloc » ainsi que ses « ennemis de longue date », ont conservé 90 p. 100 des sièges, les résultats de l'élection ont modifié la « balance des pouvoirs » au parlement libanais, écartant toute « coalition clairement majoritaire » et effaçant « tout aller simple direct vers la constitution d'un gouvernement » (Crisis Group 23 mai 2022).

On peut lire dans un rapport publié par Oxfam que la [traduction] « pression politique » que les candidats indépendants ont dit avoir subie pendant les élections générales de 2022 était « particulièrement forte », et qu'elle a même pris la forme « [d']intimidation », dans le sud du pays, où le Hezbollah et son allié, le mouvement Amal, sont « présents » (Abed, et al. 26 avr. 2022, 26, 38). Des sources font état d'un autre incident où un journaliste ayant sa carte de presse qui couvrait les élections le 15 mai 2022 dans le village d'Ansar, dans le sud du pays, a été [traduction] « frappé à coups de pied » par [« des dizaines » (CPJ 17 mai 2022) ou [version française de RSF] « une vingtaine » (RSF 20 mai 2022)] de sympathisants du Hezbollah (CPJ 17 mai 2022; RSF 20 mai 2022). Le Comité pour la protection des journalistes (Committee to Protect Journalists – CPJ), une [traduction] « organisation indépendante à but non lucratif » qui défend la liberté de la presse dans le monde (CPJ s.d.), signale que le journaliste

[traduction]

recueillait des informations sur les tactiques employées par le Hezbollah pour accroître le nombre de votes en sa faveur, par exemple en accompagnant les électeurs jusqu'aux urnes sous prétexte qu'ils sont analphabètes et en amenant nombre de personnes lourdement handicapées ou gravement malades voter pour lui, selon ce que le journaliste a affirmé au CPJ au téléphone (CPJ 17 mai 2022).

3. Activités militaires
3.1 État de la situation sur le plan des armes et de l'arsenal

Des sources soulignent que le Hezbollah était le seul groupe exclu de l'Accord de Taëf, un accord signé en 1989 qui exigeait le désarmement des milices (Brookings Institution 19 nov. 2021; CFR 25 mai 2022; Khatib 30 juin 2021, 23-24) et qui a marqué la fin de la guerre civile au Liban (CFR 25 mai 2022; Khatib 30 juin 2021, 23). Dans son rapport de recherche sur la relation entre le Hezbollah et l'État libanais, Lina Khatib écrit que l'appareil de sécurité du Liban définit depuis 2008 sa [traduction] « "devise" » comme étant « "l'armée, le peuple et la résistance" » et, en l'absence d'une disposition constitutionnelle prévoyant des forces armées auxiliaires, le statut du Hezbollah en tant que « seule entité légitimement armée outre l'armée libanaise » a été constitutionnalisé « sous le prétexte de la sécurité nationale » au moyen de « diverses » déclarations du gouvernement (Khatib 30 juin 2021, 23). La même source déclare que, depuis 2008, le groupe a [traduction] « justifié » ses activités armées en « invoqu[ant] régulièrement » la même devise (Khatib 30 juin 2021, 25). Selon le BTI 2022, le Hezbollah est devenu [traduction] « un acteur principal du régime au pouvoir », mais son « statut officiel » d'ONG « ne veut pas nécessairement dire qu'il affaiblit le monopole de l'État sur l'usage de la force »; il est un « acteur dominant dans le secteur de la sécurité » dans les régions sous son emprise (Bertelsmann Stiftung 2022, 7).

Selon le Centre Wilson (Wilson Center), un groupe de réflexion dont les statuts ont été adoptés par le Congrès des États-Unis (Wilson Center s.d.), la [traduction] « priorité accordée à la résistance » dans l'idéologie du groupe sert à justifier le fait qu'il est armé (Wilson Center 13 juill. 2022). De même, d'après le manifeste de 32 pages du Hezbollah publié en 2009 dont Reuters a rendu compte au cours de la même année, la résistance armée du groupe serait toujours [traduction] « "une nécessité nationale permanente" » en raison de la « "menace israélienne et en l'absence d'un État fort et stable au Liban" » (Reuters 30 nov. 2009).

Selon les estimations avancées en 2020 par l'Institut international d'études stratégiques (International Institute for Strategic Studies – IISS), une organisation qui contribue à l'avancement du [traduction] « programme stratégique » des gouvernements, des entreprises, des médias et d'autres experts en mettant à leur disposition des publications et des bases de données sur les politiques (IISS s.d.), estimations que reprend le Conseil des relations internationales (Council on Foreign Relations – CFR), un groupe de réflexion [traduction] « indépendant » et « non partisan » sis aux États-Unis et éditeur dans le domaine des affaires internationales (CFR s.d.), le Hezbollah comptait [traduction] « jusqu'à » 20 000 combattants « actifs » et « quelque » 20 000 réservistes et disposait d'une cache « [d']armes légères, de chars d'assaut, de drones et de diverses roquettes à longue portée » (CFR 25 mai 2022). Des médias signalent que, en octobre 2021, Hassan Nasrallah a affirmé que le Hezbollah comptait parmi ses rangs [traduction] « 100 000 combattants entraînés » (AP 18 oct. 2021; The Times 19 oct. 2021). Les mêmes médias expliquent que, si cela était vrai, les forces armées du Hezbollah seraient plus nombreuses que celles du Liban, dont l'effectif s'élève à 85 000 membres (AP 18 oct. 2021; The Times 19 oct. 2021). L'Institut pour le Moyen-Orient (Middle East Institute – MEI), un groupe de réflexion [traduction] « non partisan » dont le siège est à Washington (MEI s.d.), souligne que les stocks d'armes du Hezbollah comprennent des [traduction] « missiles à guidage de précision » que le groupe déploie et conserve « sans ingérence » de la part des autorités de l'État (MEI 26 juill. 2021, 9).

3.2 Régions sous son contrôle

Des sources soulignent que les régions que contrôle le Hezbollah sont d'abord le sud du Liban, la banlieue sud de Beyrouth et certaines parties de la vallée de la Bekaa (chargée d'enseignement 1er août 2022; doctorant 2 août 2022; chargé d'enseignement invité 10 août 2022), la base principale d'opérations du groupe étant située à Dahieh, un faubourg dans le sud de Beyrouth (chargée d'enseignement 1er août 2022). Selon le BTI 2022, le quartier Bourj elBarajneh de la banlieue sud de Beyrouth est un [traduction] « bastion » du Hezbollah (Bertelsmann Stiftung 2022, 7). Le CFR signale que le Hezbollah contrôle [traduction] « une grande partie » des régions du Liban majoritairement chiites (CFR 25 mai 2022). De même, le consultant indépendant déclare que, dans les [traduction] « conditions actuelles », il est plus facile pour des groupes comme le Hezbollah d'agir en toute « impunité », surtout dans les régions à prédominance chiite (consultant indépendant 27 juill. 2022).

D'après des sources, le Hezbollah a le [traduction] « contrôle » de la frontière que partage le Liban avec la Syrie ainsi que du port de Beyrouth, par lequel il fait entrer au Liban ou sortir du pays drogues, armes et substances explosives sans jamais se heurter à une « surveillance ou ingérence de l'État » (Chatham House 11 août 2021). Selon les propos d'un [traduction] « ancien fonctionnaire judiciaire » rapportés par l'Agence France-Presse (AFP), le Hezbollah a un « "passe-droit" » au port de Beyrouth en raison de ses « liens avec les responsables des douanes et du port », un privilège dont ne jouissent pas les autres membres de « [l']élite qui dirige » le pays (AFP 16 sept. 2020). Au cours d'un entretien avec la Direction des recherches, un doctorant au Collège universitaire de Londres dont les recherches portent principalement sur l'état de la gouvernance et de l'administration locales malgré les clivages sociaux dans la région du Levant et qui a tout récemment – en 2022 – mené des travaux directement au Liban, a déclaré que le Hezbollah contrôle l'aéroport international de Beyrouth avec le mouvement Amal et qu'il « collecte tous les renseignements qui [y] entrent et qui [en] sortent » (doctorant 2 août 2022). Parmi les sources qu'elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n'a pas trouvé d'autres renseignements allant dans le même sens.

3.3 Alliances avec d'autres États

Des sources font observer que le Hezbollah compte parmi ses proches alliés les régimes au pouvoir en Iran et en Syrie (CFR 25 mai 2022; Stanford University juill. 2019). Des sources soulignent aussi que l'Iran est son [traduction] « plus grand bienfaiteur » (CFR 25 mai 2022) ou son [traduction] « premier protecteur » (Stanford University juill. 2019, 1). D'après le CFR, l'alliance entre le Hezbollah, la Syrie et l'Iran a fait en sorte que [traduction] « le groupe s'est retrouvé mêlé à la guerre civile en Syrie » (CFR 25 mai 2022). Le Centre Wilson précise que l'engagement idéologique du Hezbollah à l'égard des [traduction] « enjeux prioritaires pour les dirigeants iraniens », d'une part, et de ses représentation et défense des intérêts de la population chiite du Liban, d'autre part, « ne s'accordent pas toujours », et il est « chaque jour plus difficile » pour lui de réconcilier ces deux obligations (Wilson Center 13 juill. 2022). Au cours d'un entretien téléphonique avec la Direction des recherches, un professeur d'études du Proche-Orient de l'Université de Princeton, dont les recherches portent principalement sur la relation entre les tensions politiques et sociales au Moyen-Orient, a décrit le Hezbollah comme une [traduction] « faction » du Corps des gardiens de la révolution islamique (Islamic Revolutionary Guard Corps – IRGC) de l'Iran, ajoutant que le Hezbollah fait « souvent » passer les intérêts de l'IRGC avant ceux de ses électeurs chiites du Liban, les citoyens libanais en général, ou encore l'État libanais (professeur 12 août 2022).

3.4 Activités de financement

Sans fournir d'autres détails, le consultant indépendant a affirmé qu'il était [traduction] « tombé » sur plusieurs éléments « probants » au cours de ses travaux de recherche qui donnaient à penser que le groupe déployait des efforts pour atteindre l'autonomie financière, malgré les « nombreuses allégations », formulées notamment par son propre secrétaire général, voulant qu'il soit « entièrement » soutenu par l'Iran sur le plan financier (consultant indépendant 27 juill. 2022). D'après des sources, les sanctions économiques imposées à l'Iran par la communauté internationale ont nui à la capacité de ce régime de soutenir financièrement le Hezbollah, ce qui a poussé le groupe à chercher à obtenir des fonds d'autres manières, illicites ou non (MEI 26 juill. 2021, 15; TWI 18 mai 2022). Selon le CFR, bien que [traduction] « la majorité » des armes dont dispose le Hezbollah soient fournies par l'Iran et que la Syrie en « facilite le transfert », le groupe récolte des « centaines de millions de dollars » tant grâce à des entreprises légales que des « entreprises criminelles internationales, de même que la diaspora libanaise » (CFR 25 mai 2022). La même source ajoute que, dans la foulée des pénuries de carburant survenues dans tout le Liban en 2021 et le [traduction] « défaut » du gouvernement d'intervenir, le Hezbollah a pu importer « plus d'un million de gallons de carburant » en provenance d'Iran en 2021 (CFR 25 mai 2022). Le professeur a également déclaré que le Hezbollah se dote de sources de revenus autres grâce à ses entreprises diversifiées, notamment le trafic de drogues, la vente d'autres biens de contrebande ou libres de droits de douane – par des transactions d'importation exclusive conclues dans les ports – et les paiements provenant de la diaspora chiite et de ses activités à l'étranger, en particulier en Afrique de l'Ouest (professeur 12 août 2022).

Selon une entrevue réalisée en 2020 avec un agent de sécurité au Liban, Lina Khatib souligne que l'Unité 927 (Unit 927), soit [traduction] « [l'] unité de liaison et de coordination » du Hezbollah, « coordonn[e] » les activités d'importation et d'exportation avec les institutions civiles, militaires, judiciaires et de sécurité de l'État ainsi qu'avec les partis politiques (Khatib 30 juin 2021, 28). La même source fait état du versement par l'Unité d'un paiement mensuel aux responsables au sein de la DSG, de l'armée libanaise et d'autres institutions de l'État, de même qu'aux autorités portuaires et aéroportuaires impliquées dans certains actes, par exemple omettre de consigner [traduction] « l'arrivée d'une cargaison particulière à un moment précis », qui reçoivent aussi des « parts des droits perçus par les douanes et la Sûreté générale libanaises » (Khatib 30 juin 2021, 28).

3.5 Opérations régionales

D'après le MEI, les activités régionales du Hezbollah comprennent

[traduction]

des déploiements militaires de petite et de grande envergure, l'instruction de milices locales, des efforts de renforcement des capacités axés sur les armes ou les transferts de technologie, de la propagande et de la désinformation, de la formation et des campagnes sur la cybernétique, des activités financières illicites, des efforts de collecte de renseignements, voire des complots terroristes et de la surveillance pré-opérationnelle ciblée (MEI 26 juill. 2021, 11).

Selon le BTI 2022, le Hezbollah et les forces de sécurité de l'État travaillent [traduction] « parfois » et « surtout de manière tacite » ensemble dans le cadre d'opérations de lutte contre le terrorisme à la fois dans un désir de camoufler la « relative inefficacité » des institutions responsables de la sécurité au sein de l'État par rapport au Hezbollah et en raison de la « méfiance » des acteurs occidentaux à l'égard du groupe (Bertelsmann Stiftung 2022, 7).

Le CFR signale que le Hezbollah a [traduction] « été accusé » d'avoir commis des « actes terroristes » contre des cibles israéliennes et juives à l'étranger et qu'il existe des « preuves » des opérations du groupe en Afrique, dans les Amériques et en Asie (CFR 25 mai 2022). Le MEI précise que le Hezbollah a commencé à déployer des combattants en région avant la guerre civile en Syrie (MEI 26 juill. 2021, 12). La même source ajoute que, dans les années 2010, le groupe a continué de soutenir les milices chiites qui combattaient en Iraq en leur fournissant une aide financière et une infrastructure organisationnelle, notamment par l'envoi d'instructeurs et l'investissement dans des [traduction] « organisations commerciales de façade » (MEI 26 juill. 2021, 12). Des sources expliquent que le Hezbollah est aussi intervenu sur le plan militaire dans la guerre civile syrienne [dès 2012 (Wilson Center 13 juill. 2020)], en appui au régime au pouvoir du président Bachar El-Assad (MEI 26 juill. 2021, 9; Wilson Center 13 juill. 2020). Selon le MEI, le déploiement armé en Syrie représentait [traduction] « [l']engagement militaire le plus important, et de loin, » du Hezbollah, en partie à cause de « [l']instruction et [du] commandement d'autres activistes chiites de Syrie, d'Iraq, du Pakistan et d'Afghanistan, entre autres » (MEI 26 juill. 2021, 11).

Des sources estiment que le Hezbollah a déployé [traduction] « [p]lus de » 7 000 (CFR 25 mai 2022) ou [traduction] « [j]usqu'à » 10 000 combattants en Syrie (MEI 26 juill. 2021, 11). Le CFR précise que, si le groupe a retiré la majeure partie de son contingent armé de la Syrie en 2019, le rôle que celui-ci a joué dans la reprise des régions situées entre Damas et Homs était [traduction] « capital » (CFR 25 mai 2022).

Dans une contribution à l'Examen périodique universel (EPU) des Nations Unies pour le Liban qu'elle a présentée à titre de partie prenante, la Fondation Alkarama, une ONG dont le siège est à Genève qui vient en aide aux victimes, plaide en faveur de réformes et fait de la sensibilisation relativement aux exécutions extrajudiciaires, aux disparitions forcées, à la torture et à la détention arbitraire dans le [version française de la Fondation Alkarama] « monde arabe » (Fondation Alkarama s.d.), signale que, de concert avec les autorités libanaises, le Hezbollah continue à renvoyer des réfugiés syriens en Syrie (Fondation Alkarama 8 juill. 2020, paragr. 6).

4. Méthodes de recrutement

Le doctorant a déclaré qu'il est [traduction] « difficile » pour des « chercheurs étrangers » de cerner les pratiques de recrutement et de formation employées par le Hezbollah et d'obtenir un accès « direct » à l'organisation interne du groupe (doctorant 2 août 2022). Néanmoins, des sources ont souligné que le Hezbollah recrute principalement ses membres au sein des communautés chiites (consultant indépendant 27 juill. 2022; doctorant 2 août 2022; chargé d'enseignement invité 10 août 2022). Des sources ont aussi fait observer que le groupe fait bénéficier les personnes qui rejoignent ses rangs d'incitatifs financiers et sociaux (chargée d'enseignement 1er août 2022; chargé d'enseignement invité 10 août 2022), dont une rémunération mensuelle, des [traduction] « accès » à la fonction publique, au système judiciaire ou aux débouchés dans le secteur privé, de même qu'une certaine « position sociale » (chargé d'enseignement invité 10 août 2022).

4.1 Aile politique

Au sujet des efforts de recrutement du Hezbollah visant à grossir les rangs de son parti, des sources ont affirmé que cela impliquait un [traduction] « endoctrinement » de longue date (doctorant 2 août 2022; professeur 12 août 2022) ou une [traduction] « formation solide et ininterrompue sur le plan de l'idéologie » (chargé d'enseignement invité 10 août 2022). D'après diverses sources, ce processus d'endoctrinement commence dès le plus jeune âge parmi les enfants chiites qui fréquentent l'école, au moyen d'activités et de programmes pédagogiques et sociaux destinés aux jeunes comme des camps d'été et le programme du Hezbollah ressemblant aux scouts (doctorant 2 août 2022; professeur 12 août 2022; chargé d'enseignement invité 10 août 2022). Le doctorant a fait observer que, si ce ne sont pas tous les chiites vivant dans un territoire sous le contrôle du Hezbollah qui adhèrent à l'idéologie du groupe ou la font leur, il est [traduction] « extrêmement difficile » d'élever en public « désaccord et contestation » (doctorant 2 août 2022).

4.2 Aile militaire

Selon des sources, le recrutement de combattants au sein de l'aile armée du Hezbollah au Liban s'effectue par un [traduction] « examen approfondi » de candidats chiites, y compris de leurs antécédents familiaux (professeur 12 août 2022; chargé d'enseignement invité 10 août 2022). Des sources ont précisé que le processus s'attarde aussi à la dévotion religieuse et à la loyauté (consultant indépendant 27 juill. 2022; professeur 12 août 2022). Le consultant indépendant a ajouté que le processus d'examen peut prendre [traduction] « des mois » (consultant indépendant 27 juill. 2022).

Dans une communication écrite envoyée à la Direction des recherches, une chargée d'enseignement en études sur le terrorisme à l'Université Macquarie, en Australie, dont les recherches portent principalement sur les groupes ne relevant pas de l'État, le terrorisme et la violence politique au Moyen-Orient et qui a publié des ouvrages et des articles sur les activités du Hezbollah, a déclaré que certains milieux familiaux, sociaux ou régionaux peuvent constituer une source de [traduction] « pression » en vue d'une adhésion au Hezbollah, « surtout » dans le cas de personnes dont un membre de la famille est mort au combat en tant que combattant du groupe (chargée d'enseignement 1er août 2022). Toutefois, au dire du consultant indépendant, le Hezbollah cherche à garder [traduction] « volontaire » l'enrôlement au sein de son contingent armé parce qu'il « craint la trahison » (consultant indépendant 27 juill. 2022).

Les renseignements contenus dans le paragraphe suivant ont été fournis par le professeur :

Une fois terminé le processus d'examen des antécédents personnels et familiaux et de la dévotion religieuse des aspirants et qu'ils sont officiellement recrutés dans les forces du Hezbollah, ils se voient offrir, en guise [traduction] « [d']incitatif ou [de] récompense », un « mariage temporaire de plaisir » pour une « période déterminée » avec une femme qui, « essentiellement, est utilisée comme travail[leuse] du sexe ». Par la suite, les recrues suivent une « formation et [une] orientation idéologiques de fond » pour qu'ils embrassent pleinement l'idéologie du groupe fondée sur la doctrine du guide suprême de l'Iran. L'instruction militaire est la prochaine étape, qui est dispensée en fonction des différents niveaux d'expertise requis et de l'établissement des compétences des recrues. Elle consiste entre autres à repérer les « meilleures » recrues, dont on prendra ensuite « bien soin » et « gardera dans des postes stables » le long de la frontière méridionale partagée avec Israël; elles seront considérées comme faisant partie de « [l']élite » armée du Hezbollah qu'il ne faut pas « gaspille[r] » dans des opérations de combat en cours en Syrie, par exemple (professeur 12 août 2022).

4.2.1 Guerre en Syrie

Des sources ont signalé que le processus de recrutement de combattants destinés à être déployés en Syrie était moins [traduction] « rigoureux » (chargé d'enseignement invité 10 août 2022) ou moins [traduction] « poussé » (professeur 12 août 2022). Dans une communication écrite envoyée à la Direction des recherches, un chargé d'enseignement invité à l'Université Saint-Joseph de Beyrouth, dont les recherches et les divers postes au sein d'ONG et d'instituts de politiques internationaux s'orientaient autour des droits de la personne et de la société civile au Liban ainsi que dans la région plus vaste du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord, a déclaré que, de 2012 à 2015, le Hezbollah [traduction] « a accéléré l'embauche et raccourci l'instruction » et qu'il a mis en place un « mécanisme d'examen allégé » dans le but exprès de recruter des combattants pour la guerre en Syrie (chargé d'enseignement invité 10 août 2022). La même source a précisé que, une fois cette période terminée, certaines des recrues déployées en Syrie ont été [traduction] « remerciées ou reléguées dans d'autres fonctions au Liban » (chargé d'enseignement invité 10 août 2022). Au dire du professeur, le Hezbollah savait que la guerre en Syrie aurait pour conséquence un taux de mortalité [traduction] « élevé » et que, « pour l'essentiel, il recrutait des martyrs »; pour cette raison, il a recruté des personnes qui « n'auraient autrement pas » été de bons candidats (professeur 12 août 2022).

4.3 Cibles du recrutement
4.3.1 Chiites, y compris les jeunes chiites, au Liban

Dans sa compilation concernant le Liban, le Groupe de travail sur l'EPU du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies fait observer que les groupes armés du pays recrutent et entraînent des enfants libanais âgés [version française des Nations Unies] « de 11 ans seulement », notamment en vue de leur « trafic » vers la Syrie pour qu'ils y combattent, ne précisant toutefois pas quels groupes s'adonnent à cette pratique, uniquement que celle-ci est décriée par le Bureau du Représentant spécial du Secrétaire général pour la question des enfants et des conflits armés (Nations Unies 16 nov. 2020, paragr. 13). Dans les Country Reports 2021 publiés par les États-Unis, on peut lire que le Hezbollah a payé des jeunes pour qu'ils quittent ce que le groupe percevait comme des ONG [traduction] « "inacceptables" » œuvrant dans des régions sous son contrôle, mais aucune précision n'est donnée quant à savoir si ces jeunes ont par la suite été recrutés au sein du Hezbollah (É.-U. 12 avr. 2022, 21).

Des sources ont souligné que les [traduction] « jeunes » chiites sont les [[traduction] « principales » (doctorant 12 août 2022)] sources de recrutement dans l'aile politique du Hezbollah (doctorant 2 août 2022; professeur 12 août 2022; chargé d'enseignement invité 10 août 2022). Le doctorant a ajouté que le Hezbollah cherche à jeter les bases d'un [traduction] « destin commun pour les chiites » et à se faire l'unique représentant légitime de cette communauté, de même qu'à veiller à ce « que les jeunes chiites envisagent naturellement leur avenir » au sein du groupe (doctorant 2 août 2022).

Au dire du consultant indépendant, Dahieh, la vallée de la Bekaa et le Sud-Liban – des régions à prédominance chiite – sont aussi les endroits où le Hezbollah [traduction] « concentre » la « grande majorité » de ses efforts de recrutement (consultant indépendant 27 juill. 2022). Chatham House signale que le Sud-Liban est devenu une [traduction] « base utile de recrutement » pour le Hezbollah après l'invasion israélienne de 1982 (Chatham House 11 août 2021).

4.3.2 Libanais chiites à l'étranger

Des sources font observer que le Hezbollah recrute des Libanais chiites vivant à l'étranger (chargée d'enseignement 1er août 2022; professeur 12 août 2022), tout particulièrement au sein de la diaspora chiite d'Afrique de l'Ouest (professeur 12 août 2022). Des sources ont souligné que le Hezbollah met à la disposition des recrues [ou des personnes et organisations chiites (consultant indépendant 27 juill. 2022)] de l'étranger les ressources dont elles ont besoin pour amasser des fonds destinés aux activités du groupe (consultant indépendant 27 juill. 2022; professeur 12 août 2022). Au dire du professeur, les recrues de la diaspora chiite d'Afrique de l'Ouest servent aussi à recueillir des [traduction] « renseignements » et à « repérer [de nouvelles] cibles dans la diaspora », car le Hezbollah dispose de « nombreuses cellules dormantes » de par le monde (professeur 12 août 2022). De plus, le doctorant a déclaré que le Hezbollah a [traduction] « établi des canaux de communications » entre les communautés chiites au pays et à l'étranger – surtout en Afrique de l'Ouest – et sait où vivent les gens de la diaspora chiite dans la région (doctorant 2 août 2022). La même source a ajouté que ce constat est [traduction] « tout particulièrement » applicable aux personnes ayant déjà résidé dans une région du Liban contrôlée par le Hezbollah, et que leurs séjours au Liban sont « surveillés de près » afin que tout signe de dissidence politique contre le Hezbollah soit détecté (doctorant 2 août 2022).

4.3.3 Autres

D'après le chargé d'enseignement invité, les Brigades de la résistance libanaise (Lebanese Resistance Brigades) sont une [traduction] « structure liée au Hezbollah » pour le recrutement de « combattants non chiites » mise sur pied à la fin des années 1990 (chargé d'enseignement invité 10 août 2022). La même source a souligné qu'il y a [traduction] « peu » d'information à leur sujet, y compris leur structure organisationnelle, leurs dirigeants et leur nombre de membres (chargé d'enseignement invité 10 août 2022). À propos des [traduction] « percées » que le Hezbollah a effectuées en matière de recrutement dans les communautés non chiites au cours des « dernières » années, Michal Kranz écrit qu'un combattant sunnite du Hezbollah interviewé aux fins de rédaction de l'article a déclaré que, au sein du corps du Hezbollah, « il n'était pas le seul converti » au chiisme après son départ de la « brigade de la résistance » du groupe (Kranz 9 août 2019).

Malgré tout, des sources ont attiré l'attention sur le fait que le recrutement de personnes non chiites (consultant indépendant 27 juill. 2022), ou de personnes qui ne sont ni chiites ni Libanaises (chargé d'enseignement invité 10 août 2022), est [traduction] « limité » (consultant indépendant 27 juill. 2022) ou [traduction] « s'applique seulement à un petit nombre » (chargé d'enseignement invité 10 août 2022). Le consultant indépendant a écrit que cette situation est attribuable au fait que [traduction] « la confiance est essentielle » pour un groupe « secret » comme le Hezbollah, et il demeure « difficile » pour celui-ci de « faire confiance à des non-chiites » (consultant indépendant 27 juill. 2022). Des sources ont expliqué que, lorsque des personnes qui ne sont pas chiites sont recrutées, c'est dans le but de répondre à des besoins précis, dont la collecte de renseignements (consultant indépendant 27 juill. 2022; chargé d'enseignement invité 10 août 2022). Au dire du chargé d'enseignement invité, les membres qui ne sont pas chiites peuvent aussi être [traduction] « financés » par le Hezbollah afin qu'ils puissent en « soutenir les structures partisanes » dans leurs régions respectives, ce qui inclut les chefs locaux chrétiens, druzes et sunnites pro-Hezbollah (chargé d'enseignement invité 10 août 2022).

4.4 Recrutement forcé

Diverses sources ont déclaré qu'elles n'ont pas eu vent de signalements de cas de recrutement forcé par le Hezbollah (consultant indépendant 27 juill. 2022; chargée d'enseignement 1er août 2022; doctorant 2 août 2022; professeur 12 août 2022; chargé d'enseignement invité 10 août 2022), ce à quoi a précisé le chargé d'enseignement invité que cela ne s'était pas vu [traduction] « au cours des dix dernières années, du moins » (chargé d'enseignement invité 10 août 2022). Le professeur a aussi affirmé que, même pendant le recrutement de combattants pour la guerre en Syrie, [traduction] « aucun signalement de troupes déployées contre leur gré » n'avait été enregistré (professeur 12 août 2022).

4.5 Conséquences du refus d'adhérer au groupe

Selon le chargé d'enseignement invité, les avantages financiers et sociaux qui viennent avec l'adhésion au parti poussent [traduction] « [d]e nombreuses familles chiites » à « encourager leurs fils » à tenter d'obtenir un « rôle de non-combattant » au sein du Hezbollah (chargé d'enseignement invité 10 août 2022). La chargée d'enseignement explique que la [traduction] « pression » pour rejoindre le groupe est en partie le fait des familles, et que les incitatifs d'ordre financier et social constituent une « motivation non négligeable » (chargée d'enseignement 1er août 2022).

Des sources ont signalé que les personnes qui refusent d'adhérer au parti peuvent subir [traduction] « condamnation sociale et marginalisation » (chargée d'enseignement 1er août 2022) ou être [traduction] « exclu[es] de la communauté » (doctorant 2 août 2022). En outre, des sources ont déclaré que des effets plus [traduction] « graves » peuvent aussi se produire, y compris des situations qui mettent « la vie en danger » (doctorant 2 août 2022) ou qui [traduction] « peuvent entraîner d'importantes conséquences pour la sécurité personnelle » (chargée d'enseignement 1er août 2022). Au dire de la chargée d'enseignement, les chiites qui refusent de devenir membres sont perçus comme des [traduction] « traîtres » et peuvent « dans certains cas » être la cible de menaces et de violences; leur famille peut aussi être « ostrascis[ée] » et « expulsée de la communauté […] de force » (chargée d'enseignement 1er août 2022). Le doctorant a fait observer que les personnes qui refusent de se joindre au groupe peuvent être contraintes de [traduction] « fuir » vers une autre région libre du joug du Hezbollah, par exemple Beyrouth, mais cela dépend de la personne, car dans « certains cas plus graves, il peut s'avérer nécessaire de fuir le pays complètement » (doctorant 2 août 2022). La chargée d'enseignement a souligné que les conséquences du refus d'adhérer au groupe ne sont pas [traduction] « nécessairement » imputables au Hezbollah ou à ses dirigeants « directement », mais « peuvent aisément être le fait de sympathisants du parti, ce qui peut s'avérer plus dangereux » étant donné qu'ils « ne seront pas [forcément] tenus responsables » (chargée d'enseignement 1er août 2022).

5. Capacité de suivre et de trouver des personnes

D'après diverses sources, le Hezbollah est capable de suivre et de trouver des personnes dans tout le Liban (doctorant 2 août 2022; professeur 12 août 2022; chargé d'enseignement invité 10 août 2022). Il est écrit dans les Country Reports 2021 que divers groupes armés et activistes au Liban, dont le Hezbollah, portent atteinte au droit à la vie privée des citoyens en ayant recours à des [traduction] « réseaux d'informateurs, la surveillance téléphonique et la surveillance électronique pour se procurer des renseignements sur ceux qu'ils perçoivent comme des adversaires » (É.-U. 12 avr. 2022, 13). Le chargé d'enseignement invité a signalé que le Hezbollah a les moyens de suivre et de trouver des personnes dans d'autres pays également, en raison de son [traduction] « réseau d'informateurs dans de nombreux pays, tout particulièrement ceux où la diaspora libanaise est en nombre important ou croissant », comme la Syrie, l'Iraq, l'Allemagne et « certains » pays d'Afrique et d'Amérique latine (chargé d'enseignement invité 10 août 2022).

Des sources ont affirmé que le Hezbollah peut suivre des gens en se servant de personnes qui lui sont loyales et qui travaillent dans des institutions de l'État (chargée d'enseignement 1er août 2022; professeur 12 août 2022); par ailleurs, dans les régions que le groupe contrôle, sa capacité à cet égard s'en trouve accrue (professeur 12 août 2022). Au dire du chargé d'enseignement invité, l'accès du Hezbollah aux organes de sécurité, à l'appareil judiciaire et aux institutions de l'État au pays, de même que son [traduction] « ascendant sur » eux, sont tels qu'il peut être « présumé que le Hezbollah est en mesure d'accéder à tout renseignement dont disposent les autorités libanaises » (chargé d'enseignement invité 10 août 2022). De même, le doctorant a souligné que les liens entre le Hezbollah et les institutions de l'État responsables de la sécurité, comme la DSG, [traduction] « lui permettent » d'utiliser les institutions légitimes pour procéder à l'arrestation de personnes qui sont « pour l'essentiel » des cibles « expressément visées par le Hezbollah » (doctorant 2 août 2022).

S'agissant de la capacité du Hezbollah de recourir à la détention extrajudiciaire, le chargé d'enseignement invité a affirmé que le groupe a [traduction] « l'habitude » de cette pratique, surtout pour ce qui est des journalistes, militants ou touristes étrangers qui sont détenus pendant « des heures, des jours ou des semaines » avant d'être transférés aux autorités officielles libanaises pour leur garde à vue (chargé d'enseignement invité 10 août 2022). Des sources précisent que, à la fin de juin 2021, deux journalistes étrangers munis de leur carte de presse ont été détenus, puis relâchés, par le Hezbollah pour avoir fait un reportage sur des incidents, [plus précisément, pour avoir [traduction] « filmé de longues files » (É.-U. 12 avr. 2022, 16),] à une station d'essence de la banlieue sud de Beyrouth (L'Orient-Le Jour 29 juin 2021; É.-U. 12 avr. 2022, 16).

Des sources signalent également qu'elles n'ont pas eu connaissance de renseignements selon lesquels le Hezbollah emploierait la disparition forcée contre les personnes qu'il a dans sa ligne de mire (consultant indépendant 27 juill. 2022; chargée d'enseignement 1er août 2022; chargé d'enseignement invité 10 août 2022).

5.1 Motifs pour suivre des personnes

Des sources affirment que le Hezbollah déploie les moyens dont il dispose pour suivre et trouver des personnes dans tout le Liban lorsqu'il perçoit un individu comme une menace politique pour l'organisation (doctorant 2 août 2022; professeur 12 août 2022; chargé d'enseignement invité 10 août 2022) ou un [traduction] « agent du renseignement étranger » (chargé d'enseignement invité 10 août 2022). Selon des sources, les groupes de personnes qui sont généralement perçues comme étant une menace pour le Hezbollah et qui se retrouvent ainsi la cible de ses tentatives de les suivre et de les trouver où qu'elles aillent au Liban comprennent les journalistes, les acteurs politiques, les membres de la société civile et les clercs religieux, en particulier ceux qui sont chiites et qui critiquent le Hezbollah (chargé d'enseignement invité 10 août 2022; doctorant 2 août 2022). Le doctorant a déclaré que le Hezbollah a la motivation de suivre et de trouver les personnes qui parlent ouvertement contre lui, surtout si elles habitent dans une région sous son contrôle et sont chiites, ou si elles ont une certaine position dans ces communautés (doctorant 2 août 2022). D'après le professeur, dans les régions [traduction] « où le Hezbollah n'est pas la force prédominante », le groupe est néanmoins « tout à fait capable » de trouver et de suivre les « ennemis présumés du mouvement ou du régime syrien » et de lancer des opérations contre eux (professeur 12 août 2022).

Le chargé d'enseignement invité a fait observer que la stratégie employée par le parti pour suivre et trouver une personne est [traduction] « individuelle, et non générique » (chargé d'enseignement invité 10 août 2022). Selon des sources, les menaces perçues à l'endroit du mouvement peuvent englober les cas où un membre haut placé du parti fait défection (chargée d'enseignement 1er août 2022; doctorant 2 août 2022), tout particulièrement s'il avait [traduction] « accès à des renseignements confidentiels » (chargée d'enseignement 1er août 2022). Au dire de la chargée d'enseignement, qui a réalisé des entrevues avec d'anciens membres de l'aile armée du Hezbollah ayant [traduction] « seulement servi comme combattants » et non comme membres éminents, une personne a signalé qu'ils étaient « suivis » et « contrôlés » régulièrement (chargée d'enseignement 1er août 2022). Le doctorant a illustré le tout d'un exemple : les personnes qui habitaient dans la vallée de la Bekaa avant de s'enfuir à Beyrouth après avoir critiqué publiquement le Hezbollah ont [traduction] « arrêté » de le faire une fois installées dans la capitale; il se peut que le Hezbollah les « surveill[ent] » encore, mais cela ne signifie pas « nécessairement » qu'elles sont exposées à un risque « direct ou imminent » de « représailles », plutôt qu'il serait « plus probable » de s'y attendre si elles devaient « exprimer leur opinion » à nouveau (doctorant 2 août 2022).

6. Protection offerte par l'État

D'après des sources, les personnes qui sont prises pour cible par des groupes ne relevant pas de l'État comme le Hezbollah ou qui en subissent la contrainte ne peuvent pas s'attendre à bénéficier de la protection de l'État au Liban (chargée d'enseignement 1er août 2022; chargé d'enseignement invité 10 août 2022). Il est précisé dans la compilation concernant le Liban préparée dans le cadre de l'EPU des Nations Unies que [version française des Nations Unies] « la corruption […] très répandue », « le manque de transparence et de contrôle effectif dans les affaires publiques » et « la présence du népotisme et du clientélisme » dans la sphère politique au Liban ont mis « à rude contribution les ressources » (Nations Unies 16 nov. 2020, paragr. 12). Selon Chatham House, les institutions de l'État se définissent par une [traduction] « culture de l'impunité » et une corruption « généralisée » (Chatham House 11 août 2021). La même source fait observer que les partis politiques au pouvoir se servent des institutions de l'État comme de [traduction] « sources de revenus », tandis que les partis de l'opposition « ou bien sont activement de connivence » avec leurs adversaires, ou bien « ferment les yeux » sur les activités illicites de ceux-ci, afin de « protéger un système qui fonctionne pour eux » (Chatham House 11 août 2021).

6.1 Initiatives gouvernementales et cadre législatif

D'après Freedom House, des [traduction] « groupes activistes autonomes » comme le Hezbollah, de même que des acteurs étrangers ayant des « intérêts » au Liban, « limi[tent] dans la pratique » le pouvoir d'élaboration de politiques du gouvernement central (Freedom House 28 févr. 2022, sect. C1). Dans l'évaluation de la primauté du droit au Liban présentée dans le BTI 2022, il est également précisé que les [traduction] « processus décisionnels » de l'État sont « extrêmement inefficaces » en raison des « fortes tensions entre les partis politiques du système sectaire » (Bertelsmann Stiftung 2022, 13).

Des sources signalent que, en octobre 2021, 7 personnes ont été tuées et environ 30 ont été blessées dans les affrontements armés qui ont éclaté lors de manifestations contre la gestion de l'enquête sur l'explosion survenue dans le port de Beyrouth [2] entre, d'une part, des sympathisants du Hezbollah et de ses alliés (Freedom House 28 févr. 2022, sect. E1; Nations Unies 22 avr. 2022, paragr. 7) et, d'autre part, des partisans de la [traduction] « faction » chrétienne, les Forces libanaises (Freedom House 28 févr. 2022, sect. E1) ou [version française des Nations Unies] « des personnes affiliées au quartier majoritairement chrétien » (Nations Unies 22 avr. 2022, paragr. 7). D'après un rapport du secrétaire général sur l'application de la résolution 1559 (2004) du Conseil de sécurité des Nations Unies comprenant des dispositions sur [version française des Nations Unies] « l'existence et les activités des milices libanaises et non libanaises », le cabinet n'a tenu aucune séance d'octobre 2021 à janvier 2022 en raison du boycott de la part des ministres du Hezbollah et du mouvement Amal, qui se sont « déclar[és] mécontents de la façon dont […] [était] diligent[ée] l'enquête sur l'explosion au port de Beyrouth » (Nations Unies 22 avr. 2022, paragr. 2, 6).

Selon la Fondation Alkarama, le Liban a créé en 2019 un mécanisme national de prévention et une institution nationale des droits de l'homme (INDH) [traduction] « indépendante », qui ont tous deux à leur tête cinq membres nommés par le parlement libanais, mais ces entités ne sont pas encore intégralement fonctionnelles (Fondation Alkarama 8 juill. 2020, paragr. 12-13). La même source ajoute que les nouveaux organes sont toujours en attente de leur budget et [traduction] « ne disposent pas des infrastructures essentielles, dont un site Internet », et n'ont pas encore été accrédités par l'Alliance mondiale des institutions nationales des droits de l'homme (Global Alliance of National Human Rights Institutions – GANHRI) [1] (Fondation Alkarama 8 juill. 2020, paragr. 13).

Dans le cadre d'une autre initiative gouvernementale signalé dans le BTI 2022, la stratégie nationale de lutte contre la corruption (2020-2025) qui a été lancée en mai 2020 n'a toujours pas témoigné d'une quelconque [traduction] « volonté politique […] de se pencher sérieusement sur la question » (Bertelsmann Stiftung 2022, 35). De même, dans un rapport de recherche sur la corruption publique au Liban rédigé par Karim Merhej, un chercheur de Beyrouth, et paru chez Chatham House, on peut lire que la stratégie nationale de lutte contre la corruption risque [traduction] « probablement de ne jamais être complètement mise en œuvre » à cause d'une « infrastructure étatique faible », de l'absence d'un appareil judiciaire « indépendant » et « [du] fait que c'est la classe politique qui a mené le pays à son effondrement actuel qui est aussi, semble-t-il, responsable de la mise en œuvre » (Merhej 29 juin 2021, 44-45, 56).

6.2 Police et forces de sécurité

Selon Freedom House, si d'un côté les autorités utilisent les caméras de surveillance dans les espaces publics et surveillent [traduction] « régulièrement » les médias sociaux et les communications électroniques de « politiciens, dissidents et journalistes », de l'autre, elles « échouent à protéger » les citoyens contre la surveillance exercée par des acteurs ne relevant pas de l'État, dont des partis politiques ou des groupes activistes, ou contre les représailles qu'entraîne une prise de position critique envers ces groupes (Freedom House 28 févr. 2022, sect. D4). Dans un article publié par le MEI, Aya Majzoub, chercheuse sur le Liban pour Human Rights Watch (HRW), signale que, au Liban, les détracteurs de [traduction] « l'élite au pouvoir et [des] partis politiques établis », qu'ils soient journalistes, travailleurs du secteur des médias ou militants, doivent composer avec des forces de sécurité officielles qui « ne veulent ou ne peuvent les protéger » des menaces reçues, « souvent avec l'aval » de « parties du secteur privé » et des « autorités gouvernementales » (Majzoub 3 mai 2021). D'après Crisis Group, les institutions de sécurité de l'État sont [traduction] « sous-financées » et « approchent maintenant de leur point de rupture », alors qu'elles « pein[ent] à payer et à nourrir les soldats et les policiers » (Crisis Group 23 mai 2022). Le CSIS souligne que de [traduction] « vastes segments » de la population libanaise cherchent à obtenir la protection et les autres services que l'État « ne peut » ou « ne veut » pas fournir auprès de « milices ou groupes tribaux armés comme le Hezbollah » (CSIS 30 avr. 2020, 2).

Des sources font observer que les institutions de sécurité de l'État sont [traduction] « de fait contrôlées » par des groupes « sectaires » (CSIS 30 avr. 2020, 2) ou [traduction] « contrôlées » par des « groupes ne relevant pas de l'État » (doctorant 2 août 2022), comme dans le cas du Hezbollah et de la DSG (CSIS 30 avr. 2020, 2); les personnes qui se tournent vers d'autres institutions de sécurité de l'État comme les FSI, qui sont [traduction] « liées au parti sunnite dominant du Liban, le Courant de l'avenir », pour obtenir une protection contre le Hezbollah pourraient en bénéficier uniquement si le parti y voit un « intérêt politique stratégique » (doctorant 2 août 2022). Toutefois, au dire du doctorant, dans [traduction] « la plupart » des cas, « la réticence à entrer en conflit avec l'autre, surtout le Hezbollah », est présente autant au sein des groupes ne relevant pas de l'État que des autorités officielles (doctorant 2 août 2022).

Le MEI fait état d'un incident où une journaliste connue pour ses critiques envers la classe politique dirigeante du Liban et le Hezbollah a été prise pour cible dans une campagne d'intimidation en ligne après les manifestations nationales d'octobre 2019, et son domicile des faubourgs sud de Beyrouth a été assailli à deux reprises par des gens armés, dont un membre de la famille appartenant au Hezbollah qui a [traduction] « fracturé le nez de son frère, frappé au visage son père et sa mère, proféré des insultes à caractère sexuel à son endroit et menacé de tuer sa famille » (Majzoub 3 mai 2021). La même source ajoute que la plainte officielle déposée par la journaliste au poste de police s'est transformée en [traduction] « interrogat[oire] au sujet d'accusations en diffamation que les assaillants avaient portées contre elle », et que les policiers l'ont empêchée de communiquer avec un avocat, l'ont gardée en détention, l'ont intimidée et ont divulgué des renseignements sur l'affaire aux médias, ce qui a contraint la journaliste et ses frères et sœurs à quitter leur domicile (Majzoub 3 mai 2021). Il est précisé dans l'article publié par le MEI que ni les policiers ni les assaillants [traduction] « n'ont été tenus responsables » de ces actes (Majzoub 3 mai 2021). Les Country Reports 2021 font état d'un autre incident où la DSG a détenu un frère et une sœur militants en juin 2020 dans le gouvernorat d'Akkar parce qu'ils avaient [traduction] « censément critiqué le Hezbollah et le président Michel Aoun dans des publications sur les médias sociaux »; le frère a été relâché par la suite et la sœur a vu son cas déféré à la cour martiale, qui l'a détenue pendant neuf mois pour avoir « espionné pour le compte d'Israël et [être] entrée illégalement en Cisjordanie » avant de la relâcher le 16 mars 2021 (É.-U. 12 avr. 2022, 17).

Selon la compilation concernant le Liban préparée dans le cadre de l'EPU des Nations Unies, les organes de sécurité de l'État ne disposent d'aucun [version française des Nations Unies] « mécanisme de plainte indépendant » qui pourrait enquêter « efficacement, en toute impartialité et sans délai » sur des mauvais traitements, dont des actes de torture, attribuables à des agents des forces de l'ordre (Nations Unies 16 nov. 2020, paragr. 19). Parmi les sources qu'elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n'a pas trouvé d'autres renseignements allant dans le même sens.

6.3 Appareil judiciaire

Des sources signalent que l'appareil judiciaire du Liban n'est [traduction] « pas indépendant » (Freedom House 28 févr. 2022, sect. F1) ou que son indépendance est [traduction] « limitée » (Bertelsmann Stiftung 2022, 13). Des sources signalent également que des responsables politiques [traduction] « exerc[ent] » leur influence, [ou en [version française des Nations Unies] « useraient » (Nations Unies 16 nov. 2020, paragr. 21)], sur le pouvoir judiciaire, que ce soit par rapport à « des rendez-vous judiciaires, des questions de compétence, des processus et des décisions » (Freedom House 28 févr. 2022, sect. F1) ou « pour protéger leurs partisans de poursuites » (Nations Unies 16 nov. 2020, paragr. 21). En outre, on peut lire dans le BTI 2022 que le système judiciaire est aux prises avec de la [traduction] « corruption de bas et de haut niveau » « dans l'ensemble de sa structure » (Bertelsmann Stiftung 2022, 9).

[traduction] « [L']organisation sans but lucratif de recherche et de défense des droits » Legal Agenda (LA), qui a des bureaux à Beyrouth (LA s.d.), souligne que l'autorité administrative responsable de la nomination des juges et du fonctionnement adéquat et indépendant des tribunaux, le Conseil supérieur de la magistrature (Supreme Judicial Council – SJC), est elle-même constituée par des moyens qui [traduction] « ne lui garantissent pas suffisamment d'indépendance » et qui subissent l'influence de forces politiques et sectaires (LA 7 juill. 2021). La Fondation Alkarama fait également observer que le SJC est, avec la cour martiale, l'une des deux [traduction] « juridictions exceptionnelles » ou cours spéciales du Liban, et que toutes deux « manquent d'indépendance par rapport au pouvoir exécutif » et que « leurs règles de procédure n'offrent pas de garanties juridiques suffisantes pour protéger les droits de la défense » (Fondation Alkarama 8 juill. 2020, paragr. 34). La même source précise que le SJC [traduction] « est considéré » comme une « entité politique » parce que c'est le conseil des ministres qui en nomme les membres, et que les jugements rendus par le SJC « sont définitifs » (Fondation Alkarama 8 juill. 2020, paragr. 36). La Fondation Alkarama attire l'attention sur des [traduction] « affaires documentées par des organisations de la société civile » qui démontrent que le SJC a « générale[ment] recours à la mise au secret, à la torture et à d'autres traitements cruels, inhumains et dégradants » (Fondation Alkarama 8 juill. 2020, paragr. 36).

Des médias signalent que trois femmes juges ont démissionné en novembre 2021 en réponse à [traduction] « [l']ingérence politique » dont elles faisaient l'objet au sein de l'appareil judiciaire du pays (MEMO 27 nov. 2021; Reuters 26 nov. 2021). Des sources soulignent que, depuis l'explosion survenue en août 2020 au port de Beyrouth, des acteurs politiques ont continué de faire [traduction] « obstruction » à la justice et ont bloqué le cours de l'enquête [menée par un juge] (Amnesty International 2 août 2021; HRW 13 janv. 2022). D'autres sources précisent que le Hezbollah et ses alliés politiques, entre autres acteurs politiques, dont certains étaient mis en cause par l'enquête, ont paralysé la procédure en exigeant plus d'une fois que le juge d'instruction soit destitué (Freedom House 28 févr. 2022, sect. F1) ou en intentant des actions en justice contre lui (AFP 12 oct. 2021). Selon des sources, après la nomination d'un deuxième juge d'instruction, les autorités politiques se sont élevées (Amnesty International 29 mars 2022, 231) ou se sont inscrites en faux contre (HRW 13 janv. 2022) les demandes visant à ce que soit levée l'immunité parlementaire dont jouissent les députés et à permettre l'interrogatoire de hauts responsables des forces de sécurité (Amnesty International 29 mars 2022, 231; HRW 13 janv. 2022). D'après Reuters, l'une des trois femmes juges ayant démissionné en novembre 2021 faisait [traduction] « l'objet d'une action en justice visant à ce qu'elle soit retirée de [l'enquête sur l'explosion au port de Beyrouth] » après qu'elle eut rejeté des requêtes d'anciens ministres accusés dans le cadre de l'enquête demandant que « le juge d'instruction soit démis de sa fonction d'enquête » (Reuters 26 nov. 2021).

Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais fixés. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile. Veuillez trouver ci-dessous les sources consultées pour la réponse à cette demande d'information.

Notes

[1] Concernant son rôle stratégique pour 2020-2022, l'Alliance mondiale des institutions nationales des droits de l'homme (Global Alliance of National Human Rights Institutions – GANHRI), une organisation cofondée par l'Union européenne et le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH), déclare qu'elle s'efforce de contribuer à l'établissement d'institutions nationales des droits de l'homme (INDH) accréditées, de consolider sa position en tant qu'alliance mondiale d'INDH et de faire entendre la voix de ses membres (GANHRI s.d.).

[2] L'explosion dans le port de Beyrouth s'est produite le 4 août 2020; ce sont [traduction] « de grandes quantités de nitrate d'ammonium stockées sans mesure de précaution » au cours des six années précédentes qui ont explosé, ce qui a causé la mort de plus de 200 personnes, en a blessé 7 500 autres et a fait 300 000 sans-abri (Bertelsmann Stiftung 2022, 4).

Références

Abed, Dana, Rihab Sawaya et Nadim Tabbal. 26 avril 2022. Analyzing Voter Turnout in Lebanon: Political Change in Times of Crisis. Oxfam. [Date de consultation : 14 juill. 2022]

Agence France-Presse (AFP). 12 octobre 2021. « Beirut Blast Investigator Forced to Pause Probe a Second Time ». [Date de consultation : 30 juin 2022]

Agence France-Presse (AFP). 16 septembre 2020. « Dockside Dealings: Smuggling, Bribery and Tax Evasion at Beirut Port ». [Date de consultation : 6 sept. 2022]

Amnesty International. 29 mars 2022. « Lebanon ». Amnesty International Report 2021/22: The State of the World's Human Rights. [Date de consultation : 29 juin 2022]

Amnesty International. 2 août 2021. « Lebanon: One Year on from Devastating Beirut Explosion, Authorities Shamelessly Obstruct Justice ». [Date de consultation : 18 août 2022]

Associated Press (AP). 18 octobre 2021. Sarah El Deeb. « Hezbollah Leader Declares His Group Has 100,00 Fighters ». [Date de consultation : 16 août 2022]

Bertelsmann Stiftung. 2022. « Lebanon Country Report ». Bertelsmann Stiftung's Transformation Index (BTI) 2022. [Date de consultation : 6 juill. 2022]

Brookings Institution. 19 novembre 2021. Stephanie T. Williams. « Is Hezbollah Overplaying Its Hand Inside Lebanon? ». [Date de consultation : 6 juill. 2022]

Brookings Institution. S.d. « About Us ». [Date de consultation : 7 sept. 2022]

Canada. 4 juin 2021. Sécurité publique Canada. « Hizballah ». Currently Listed Entities. [Date de consultation : 16 août 2022]

Center for Strategic and International Studies (CSIS). 30 avril 2020. Erol Yayboke et Janina Staguhn. Pursuing Effective and Conflict-Aware Stabilization. [Date de consultation : 7 juill. 2022]

Center for Strategic and International Studies (CSIS). S.d. « About Us ». [Date de consultation : 30 août 2022]

The Century Foundation (TCF). 25 janvier 2022. Sam Heller. U.S. Policy Finally Distinguishes Between Lebanon and Hezbollah. [Date de consultation : 6 juill. 2022]

The Century Foundation (TCF). S.d. « About ». [Date de consultation : 6 juill. 2022]

Chargée d'enseignement, Macquarie University, Australie. 1er août 2022. Communication écrite envoyée à la Direction des recherches.

Chargé d'enseignement invité, Université Saint-Joseph, Beyrouth. 10 août 2022. Communication écrite envoyée à la Direction des recherches.

Chatham House. 11 août 2021. Lina Khatib et Jon Wallace. « Lebanon's Politics and Politicians ». [Date de consultation : 16 août 2022]

Committee to Protect Journalists (CPJ). 17 mai 2022. « Hezbollah Supporters Beat Lebanese Video Journalist Covering Elections ». [Date de consultation : 18 août 2022]

Committee to Protect Journalists (CPJ). S.d. « About ». [Date de consultation : 18 août 2022]

Consultant indépendant, États-Unis. 27 juillet 2022. Communication écrite envoyée à la Direction des recherches.

Council on Foreign Relations (CFR). 25 mai 2022. Kali Robinson. « What Is Hezbollah? ». Backgrounder. [Date de consultation : 6 juill. 2022]

Council on Foreign Relations (CFR). S.d. « About CFR ». [Date de consultation : 29 août 2022]

Doctorant, University College London. 2 août 2022. Entretien avec la Direction des recherches.

Encyclopaedia Britannica. 20 août 2020. « Hezbollah ». [Date de consultation : 20 juill. 2022]

États-Unis (É.-U.). 12 avril 2022. Department of State. « Lebanon ». Country Reports on Human Rights Practice for 2021. [Date de consultation : 29 juin 2022]

Fondation Alkarama. 8 juillet 2020. Universal Periodic Review: Lebanon. Third Cycle. Submission to the Stakeholders' Summary. [Date de consultation : 6 juill. 2022]

Fondation Alkarama. S.d. « About Us ». [Date de consultation : 6 juill. 2022]

Freedom House. 28 février 2022. « Lebanon ». Freedom in the World 2022. [Date de consultation : 29 juin 2022]

Global Alliance of National Human Rights Institutions (GANHRI). S.d. « Strategy ». [Date de consultation : 17 août 2022]

Human Rights Watch (HRW). 13 janvier 2022. « Lebanon ». World Report 2022: Events of 2021. [Date de consultation : 6 juill. 2022]

International Crisis Group (Crisis Group). 23 mai 2022. David Wood. « Lebanon's Elections Portend Protracted Political Vacuum ». [Date de consultation : 7 juill. 2022]

International Institute for Strategic Studies (IISS). S.d. « About Us ». [Date de consultation : 18 août 2022]

Khatib, Lina. 30 juin 2021. How Hezbollah Holds Sway over the Lebanese State. Chatham House. [Date de consultation : 7 juill. 2022]

Kranz, Michal. 9 août 2019. « Hezbollah's Rainbow Coalition ». [Date de consultation : 18 août 2022]

The Legal Agenda (LA). 7 juillet 2021. « Suspending Lebanon's Supreme Judicial Council: A Primer ». [Date de consultation : 30 juin 2022]

The Legal Agenda (LA). S.d. « Who We Are ». [Date de consultation : 30 juin 2022]

Majzoub, Aya. 3 mai 2021. Middle East Institute (MEI). « Freedom of Speech in Lebanon Is Under Threat ». [Date de consultation : 14 juill. 2022]

Merhej, Karim. 29 juin 2021. Breaking the Curse of Corruption in Lebanon. Chatham House. [Date de consultation : 25 août 2022]

Middle East Institute (MEI). 26 juillet 2021. Matthew Levitt. Hezbollah's Regional Activities in Support of Iran's Proxy Networks. [Date de consultation : 14 juill. 2022]

Middle East Institute (MEI). S.d. « About Us ». [Date de consultation : 14 juill. 2022]

Middle East Monitor (MEMO). 27 novembre 2021. « Lebanon Judges Resign over Political Interference in Judiciary ». [Date de consultation : 25 juill. 2022]

Nations Unies. 22 avril 2022. Conseil de sécurité. Implementation of Security Council Resolution 1559 (2004): Thirty-Fifth Semi-Annual Report of the Secretary-General. (S/2022/345) [Date de consultation : 29 juin 2022]

Nations Unies. 16 novembre 2020. Conseil des droits de l'homme (CDH). « Compilation on Lebanon ». Report of the Office of the United Nations High Commissioner for Human Rights. (A/HRC/WG.6/37/LBN/2) [Date de consultation : 14 juill. 2022]

L'Orient-Le Jour. 29 juin 2022. « Des journalistes étrangers détenus durant des heures par le Hezbollah ». (Factiva) [Date de consultation : 6 sept. 2022]

Professeur, Princeton University. 12 août 2022. Entretien téléphonique avec la Direction des recherches.

Reichman University. S.d. « Dr. Eitan Azani ». [Date de consultation : 26 août 2022]

Reporters sans frontières (RSF). 20 mai 2022. « Reporters Caught Between Activists, Police During Lebanon's Parliamentary Elections ». [Date de consultation : 6 sept. 2022]

Reuters. 26 novembre 2021. Timour Azhari. « Three Lebanese Judges Resign over Political Interference, Low Pay ». [Date de consultation : 25 août 2022]

Reuters. 30 novembre 2009. Nadim Ladki. « Hezbollah Cuts Islamist Rhetoric in New Manifesto ». [Date de consultation : 18 août 2022]

Stanford University. Juillet 2019. Freeman Spogli Institute for International Studies, Center for International Security and Cooperation (CISAC). « Hezbollah ». Mapping Militants Project. [Date de consultation : 14 juill. 2022]

Stanford University. S.d. Freeman Spogli Institute for International Studies, Center for International Security and Cooperation (CISAC). « About the Mapping Militants Project ». [Date de consultation : 26 août 2022]

The Times. 19 octobre 2021. Richard Spencer. « Hezbollah Claims More Soldiers than Lebanese Army ». (Factiva) [Date de consultation : 31 août 2022]

United Against Nuclear Iran. Janvier 2019. « Organizational Chart ». Eye on Hezbollah. [Date de consultation : 15 août 2022]

The Washington Institute for Near East Policy (TWI). 18 mai 2022. Hanin Ghaddar, Bashshar Haydar et David Schenker. Hezbollah-Shia Dynamics and Lebanon's Election: Challenges, Opportunities, and Policy Implications. [Date de consultation : 7 juill. 2022]

The Washington Institute for Near East Policy (TWI). 16 mai 2022. Hanin Ghaddar. « What Hezbollah's Parliamentary Loss Means for Lebanon ». [Date de consultation : 14 juill. 2022]

The Washington Institute for Near East Policy (TWI). S.d. « About ». [Date de consultation : 18 août 2022]

Wilson Center. 13 juillet 2022. Nicholas Blanford. « Lebanon: The Shiite Dimension ». [Date de consultation : 6 juill. 2022]

Wilson Center. S.d. « About the Wilson Center ». [Date de consultation : 30 août 2022]

Autres sources consultées

Sources orales : ALEF Act for Human Rights; Carnegie Endowment for International Peace – Carnegie Middle East Center; The Century Foundation – Century International; chercheur principal aux États-Unis dont les recherches portent principalement sur la politique et l'histoire au Moyen-Orient; chercheuse basé à Beyrouth et à Londres dont les travaux portent principalement sur la relation entre le consociationalisme et la démocratie au Liban et en Iraq; chercheuse dans un institut aux États-Unis dont les travaux portent principalement sur la politique et les communautés chiites dans tout le Levant; chercheuse postdoctorale en France dont les travaux portent principalement sur l'influence du Hezbollah et son engagement auprès de diverses communautés libanaises; consultant au Royaume-Uni qui se spécialise dans la situation des pays arabes sur les plans de la politique et de la sûreté; European Council on Foreign Relations; Human Rights Watch; International Crisis Group; MAP – Media Association for Peace; Middle East Consultancy Services; Middle East Institute; professeur adjoint dans une université au Liban dont les recherches portent principalement sur l'aspect politique du renseignement et de la sûreté nationale, en particulier au Moyen-Orient; professeur de science politique dans une université au Liban dont les recherches portent principalement sur l'économie politique, l'islam politique et les relations internationales; professeure adjointe dans une université aux États-Unis dont les recherches portent principalement sur les changements dans les hiérarchies sociales, économiques et politiques, y compris la violence politique, et qui a travaillé sur le terrain au Liban; professeur dans une université au Liban dont les recherches portent principalement sur la politique au Moyen-Orient et qui a publié un ouvrage sur le Hezbollah; professeure dans une université aux États-Unis dont les recherches portent principalement sur les conflits civils et entre États, y compris le rôle du Hezbollah dans la politique du Moyen-Orient; psychologue en France dont les recherches portent principalement sur la transformation des conflits et qui a publié des articles sur les aspects psychologiques de la place qu'occupe le Hezbollah au Liban.

Sites Internet, y compris : ALEF Act for Human Rights; Al Jazeera; The Atlantic Council; Forbes; The International Institute for Strategic Studies; Lebanese Association for Democratic Elections; Liban – Direction générale de la sûreté générale, Lebanon Elections, ministère de l'Intérieur et des Municipalités; Megaphone; National Public Radio; Nations Unies – Refworld; L'Orient Today; Samir Kassir Foundation – SKeyes Center for Media and Cultural Freedom; Triangle; University of Maryland – Global Terrorism Database; Voice of America; The Washington Post; World Justice Project.