Haïti : information sur la situation des femmes qui vivent seules, y compris celles qui ne sont pas en situation de précarité; information indiquant si elles peuvent accéder à l'emploi et au logement; les services de soutien qui leur sont offerts (2017-juin 2020) [HTI200278.EF]

Direction des recherches, Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada

1. Aperçu

Selon un rapport de mission de l'Office français pour la protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), rédigé à la suite d'une visite en Haïti du 26 mars au 7 avril 2017, les femmes « se retrouvent souvent seules à prendre en charge les enfants » (France 2017, 53). La Banque mondiale signale que 40,6 p. 100 des ménages avaient une femme à leur tête en 2012, selon les plus récentes données (Banque mondiale s.d.). Dans un article publié sur le site Internet de l'Association canadienne pour l'OTAN (NATO Association of Canada – NAOC), une ONG indépendante ayant pour but de [traduction] « favoriser une meilleure compréhension des objectifs de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord et du rôle du Canada au sein de l'OTAN », on peut lire « [qu']il est inhabituel dans la société haïtienne qu'une femme mariée assume le rôle de chef du ménage, qu'elle prenne des décisions économiques et qu'elle dirige sa propre entreprise. Cela n'est possible que si l'époux abandonne sa famille ou meurt. Même les femmes ayant de l'expérience dans le domaine des affaires ont de la difficulté à surmonter cet obstacle culturel » (Haddjeri 24 sept. 2019). D'après le Bilan commun de pays préparé par l'équipe pays des Nations Unies en Haïti, chez les femmes vivant en province, il y a « un taux élevé » de femmes chef de ménage (Nations Unies juin 2017, 103). La même source ajoute que ce groupe est touché « en particulier » par les inégalités de genre, la discrimination contre les femmes et « une féminisation de la pauvreté » (Nations Unies juin 2017, 103). Selon les Country Reports on Human Rights Practices for 2019 publiés par le Département d'État des États-Unis, les femmes [traduction] « ne bénéficient pas du même statut social et économique que les hommes » (É.-U. 11 mars 2020, 19). Dans son rapport de mission, l'OFPRA signale que les femmes génèrent « peu de revenu économique, ce qui les maintient dans une situation de dépendance financière très importante à l'égard des hommes » (France 2017, 53).

2. Accès à l'emploi

D'après les Country Reports 2019 des États-Unis, la constitution haïtienne prévoit la liberté de travail pour tous les citoyens et interdit la discrimination fondée sur le sexe ou l'état matrimonial (É.-U. 11 mars 2020, 28). Selon l'Indice des institutions sociales et de l'égalité homme-femme (Social Institutions and Gender Index – SIGI) de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), les femmes célibataires et les femmes mariées ont les mêmes droits sur les plans de l'emploi et des conditions de travail, suivant l'article 330 de la constitution (OCDE 7 déc. 2018, 7). Le rapport précise en outre que [traduction] « l'article 3 du code du travail d'Haïti établit que tous les travailleurs sont égaux devant la loi. Il abolit également toute discrimination, y compris celle fondée sur le sexe, ce qui signifie que les femmes peuvent s'engager dans toute profession et travailler de nuit aux mêmes heures que les hommes » (OCDE 7 déc. 2018, 7). Toutefois, la même source ajoute que [traduction] « [l]a loi ne fait aucune mention de la discrimination dans les offres d'emploi, les critères de sélection, le recrutement, l'embauche, l'avancement ou la formation » (OCDE 7 déc. 2018, 7).

Freedom House affirme que [traduction] « les femmes se butent à des préjugés dans le domaine de l'emploi et à des disparités dans l'accès aux services financiers » (Freedom House 4 mars 2020). De même, on peut lire dans les Country Reports 2019 des États-Unis que, [traduction] « [s]elon la loi, les hommes et les femmes bénéficient des mêmes protections en matière de participation économique. Dans la pratique, toutefois, les femmes se heurtaient à des obstacles dans l'accès aux intrants économiques et dans l'obtention de garanties, de renseignements sur les programmes de prêts et d'autres ressources » (É.-U. 11 mars 2020, 19). De plus, d'après l'Indice de transformation de la Fondation Bertelsmann Stiftung (Bertelsmann Stiftung Transformation Index 2020 – BTI 2020), les femmes sont défavorisées sur le marché du travail, et Haïti [traduction] « a le niveau d'inégalités de revenus le plus élevé de l'hémisphère occidental » (Bertelsmann Stiftung 2020, 16). Selon le rapport de l'OFPRA, les femmes disposent d'un accès « restreint » au marché du travail ainsi qu'à la propriété (France 2017, 53). Dans le Bilan commun de pays sur Haïti préparé par les Nations Unies, on peut lire que, « [e]n matière d'entreprenariat, les femmes s'investissent plus dans les micros initiatives individuelles de survie et sont peu visibles dans les entreprises » (Nations Unies juin 2017, 102). La même source explique que les femmes ont un accès inégal aux ressources, dont le financement et les possibilités de perfectionnement des compétences, et que ces obstacles « rend[ent] difficile la prise d'initiatives dans l'entreprenariat pour les femmes » (Nations Unies juin 2017, 102).

D'après un rapport de février 2020 du Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) :

[version française des Nations Unies]

[l]es troubles politiques récents ont encore dégradé les conditions de vie et de travail, en particulier pour les plus vulnérables, limitant les activités sociales et de subsistance à Port-au-Prince et dans d'autres centres urbains, et entraînant la fermeture de nombreuses entreprises dans les zones urbaines entre septembre et novembre 2019 et donc la perte d'emplois et de revenus pour beaucoup (Nations Unies 13 févr. 2020, paragr. 40).

D'après la même source, [version française des Nations Unies] « [o]n estime que le chômage et le sous-emploi, notamment des femmes et des jeunes, ont augmenté, à un moment où les possibilités d'éducation, de formation et d'entreprenariat pour les jeunes et les membres des groupes vulnérables ne se sont pas développées » (Nations Unies 13 févr. 2020, paragr. 40). Le BTI 2020 signale que [traduction] « [l]es femmes sont moins scolarisées que les hommes » et « occupent surtout des emplois non spécialisés (secteur manufacturier), car leur accès aux emplois spécialisés est restreint en raison de leur manque d'éducation ou des préjugés institutionnels » (Bertelsmann Stiftung 2020, 24). La même source ajoute que, pour la population en général, [traduction] « [l']accès aux études supérieures est très limité en raison du manque de moyens financiers pour payer les frais. Les universités ont des calendriers irréguliers et sont sujettes à l'agitation étudiante. Une autre contrainte est l'absence quasi totale de formation professionnelle, qui fait en sorte que le niveau de compétences techniques est extrêmement faible » (Bertelsmann Stiftung 2020, 26).

Dans un rapport de 2017 publié dans le cadre du projet Haïti Priorise, une initiative du Copenhagen Consensus Center, un groupe de réflexion qui collabore avec [traduction] « des gouvernements, des ONG et des organisations multilatérales sur des projets partout dans le monde » (Copenhagen Consensus Center s.d.), avec l'appui financier du gouvernement du Canada, on peut lire que [version française du Copenhagen Consensus Center] « [l]e secteur informel quant à lui reste le plus accessible pour les femmes » (Torchenaud, et al. 7 avr. 2017, iv). La même source signale que les femmes représentent 88 p. 100 des [version française du Copenhagen Consensus Center] « "travailleurs domestiques" » informels et que « [c]e groupe de travailleurs qui proviennent principalement des zones rurales du pays ne jouissent pas du même niveau de protection que les autres travailleurs et sont victimes d'abus divers tels : surcharge du travail pour une faible rémunération, traitement discriminatoire, agression quotidienne, etc. » (Torchenaud, et al. 7 avr. 2017, v). Selon Heart to Heart International, une organisation américaine qui [traduction] « renforce les communautés en améliorant l'accès aux services de santé, en favorisant le développement humanitaire et en administrant l'assistance en temps de crise partout dans le monde » (Heart to Heart International s.d.a), [traduction] « [p]lus de 80 p. 100 des femmes qui travaillent en Haïti ont des emplois informels, le revenu annuel moyen des femmes haïtiennes étant presque la moitié de celui des hommes (1 250 $US pour les femmes comparativement à 2 247 $US pour les hommes) » (Heart to Heart International s.d.b). Parmi les sources qu'elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n'a pas trouvé d'autres renseignements allant dans le même sens.

D'après le Bilan commun de pays préparé par les Nations Unies, « [d]ans les zones rurales, 67.7 % des femmes travaillent dans le secteur informel alors que dans les zones urbaines, elles sont un peu plus de 50 % » (Nations Unies juin 2017, 102). Dans le rapport national du BTI 2020, on peut lire que [traduction] « [t]rès peu de femmes occupent des postes de direction dans le secteur privé et la fonction publique » (Bertelsmann Stiftung 2020, 16). Selon l'article publié par la NAOC,

[traduction]

[m]algré le rôle reconnu des femmes dans le développement économique, le cadre de développement actuel en Haïti n'inclut pas de femmes à des postes stratégiques. Même si l'importance des femmes au sein de l'économie informelle est admise, leurs activités économiques et leur contribution au développement économique ne sont pas mises en valeur (Haddjeri 24 sept. 2019).

2.1 Emploi dans le secteur public

D'après des sources, la constitution prévoit qu'au moins 30 p. 100 des postes dans le secteur public devraient être occupés par des femmes (É.-U. 11 mars 2020, 28; CMI juin 2020, 3; Freedom House 4 mars 2020), mais le gouvernement ne pénalise pas la non-conformité (Freedom House 4 mars 2020; CMI juin 2020, 3), et [traduction] « le quota de femmes demeure sans effet dans une large mesure » (CMI juin 2020, 3). Dans les Country Reports des États-Unis, on peut également lire ce qui suit :

[traduction]

[l]e gouvernement a pris certaines mesures pour faire appliquer les lois [relatives à la discrimination en matière d'emploi] en recourant à des moyens administratifs, par exemple par l'entremise du ministère à la Condition féminine et du Bureau du secrétaire d'État à l'intégration des personnes handicapées. Dans le secteur privé, plusieurs industries dominées par les hommes, dont celles du transport public et de la construction, ont commencé à embaucher des femmes en leur accordant la même échelle salariale que les hommes. Malgré ces améliorations, la discrimination fondée sur le sexe demeure un problème important (É.-U. 11 mars 2020, 29).

De plus, le rapport du BINUH de février 2020 signale que [version française des Nations Unies] « des activités de recrutement et de formation tenant compte des questions de genre continuent d'accroître les effectifs de la Police nationale. La prochaine promotion d'environ 650 cadets de police (trente et unième promotion), comptant au moins 12 % de femmes, pourrait commencer sa formation de base dans les semaines à venir »; « [p]arallèlement, le processus de recrutement de la trente-deuxième promotion de cadets est en cours à l'échelle nationale, avec 1 504 candidats, dont 343 femmes » (Nations Unies 13 févr. 2020, paragr. 26).

D'après les Country Reports 2019 des États-Unis, [traduction] « la constitution exige qu'au moins 30 p. 100 des représentants élus soient des femmes, mais les deux chambres du Parlement étaient nettement en deçà de ce quota (3 p. 100 au Sénat, 2,5 p. 100 à la Chambre des députés) » (É.-U. 11 mars 2020, 16). Des sources signalent que [depuis 2017 (Freedom House 4 mars 2020)] seulement quatre femmes ont siégé au Parlement, sur un total de 149 députés (Freedom House 4 mars 2020; Nations Unies 15 juin 2020, paragr. 7). Dans le rapport du BINUH de février 2020, il est signalé que ce ratio de femmes parlementaires [version française des Nations Unies] « était l'un des plus bas du monde » (Nations Unies 13 févr. 2020, paragr. 9). Selon le BTI 2020, [traduction] « [s]eule une infime minorité de femmes sont représentées parmi les titulaires de fonctions publiques », et « [d]ans l'histoire des deux chambres législatives officielles, les femmes n'ont jamais détenu plus de 6 p. 100 des sièges. À l'heure actuelle, il n'y a pas de programmes publics ou de mesures incitatives visant à promouvoir l'égalité entre les sexes » (Bertelsmann Stiftung 2020, 24). De plus, d'après les Country Reports 2019 des États-Unis, [traduction] « [d]es organisations de la société civile ont fait observer que les candidates politiques avaient un accès restreint au financement électoral et que certaines normes culturelles entravaient la participation des femmes à la vie politique » (É.-U. 11 mars 2020, 16).

2.2 Harcèlement sexuel en milieu de travail

Selon les Country Reports 2019 des États-Unis, [traduction] « [l]es lois n'interdisent pas expressément le harcèlement sexuel », malgré les dispositions relatives à l'égalité énoncées dans le code du travail, et « [d]es observateurs ont signalé que le harcèlement sexuel était courant. Il n'y avait pas de programmes visant à lutter contre le harcèlement sexuel » (É.-U. 11 mars 2019, 19). Le Bilan commun de pays préparé par les Nations Unies, citant un rapport de 2016 au Comité pour l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDAW), signale que le secteur informel offre peu d'emplois « décents » et que « les femmes sont concentrées dans les emplois non qualifiés et peu rémunérés, où elles ne sont pas couvertes par la protection sociale et sont souvent confrontées au harcèlement sexuel » (Nations Unies juin 2017, 40).

3. Accès au logement

L'OCDE fait observer que, suivant l'article 36 de la constitution d'Haïti, les hommes et les femmes jouissent des mêmes droits en matière de propriété, de biens fonciers et d'actifs (OCDE 7 déc. 2018, 6). Gender Action, une organisation dont le siège est à Washington et qui [traduction] « s'efforce de promouvoir l'égalité des sexes en matière de justice et l'égalité des droits dans tous les investissements des institutions financières internationales (IFI) tels que ceux de la Banque mondiale », cite une de ses publications de 2012 et affirme que, [traduction] « [m]ême s'il est difficile pour tous les citadins haïtiens d'accéder au logement ou au financement, les femmes […] se heurtent à des obstacles encore plus importants en raison de la discrimination sexuelle systémique qui entrave leur accès à la propriété » (Gender Action 2018, I, 35).

L'institut brésilien Igarapé, [traduction] « un cercle de réflexion et d'action indépendant qui se consacre à l'élaboration de politiques et de mesures fondées sur des faits pour surmonter les défis sociaux complexes au Brésil, en Amérique latine et en Afrique » et qui « est soutenu par des organismes bilatéraux, des fondations, des organisations internationales et des donateurs privés », a réalisé une enquête auprès de 2 792 ménages, englobant 17 515 personnes, sur les effets de l'ouragan Matthew en 2016; d'après cette enquête, les femmes ont été touchées « de façon disproportionnée », et « [l]es répondantes avaient moins accès à un logement stable et, quatre mois après l'ouragan, elles étaient sensiblement plus susceptibles que les répondants de vivre dans un logement improvisé » (Igarapé Institute juin 2017, 2, 9, 12, 26).

4. Traitement réservé par la société

Le rapport de l'OFPRA signale « [qu']environ 22 % des femmes sont aujourd'hui mariées, la majorité d'entre elles vivant en "plaçage", une pratique de vie en couple non marital qui n'est pas reconnue par le Code civil » (France 2017, 53). Dans un rapport [1] du Socio-Digital Research Group (Socio-Dig), [traduction] « une firme de recherche indépendante qui offre des services de recherche et de soutien à des clients des secteurs public, privé et sans but lucratif », firme dirigée par Timothy Schwartz, qui « mène des recherches et travaille sur l'île d'Hispaniola depuis 27 ans » (Socio-Dig s.d.), et dont l'équipe a sondé 451 ménages dans le but d'examiner la vie dans la région rurale de Grand'Anse, on peut lire que, [traduction] « [d]ans les communautés rurales d'Haïti, il est socialement acceptable que les hommes s'engagent dans des unions avec plus d'une femme. Les hommes peuvent bâtir des maisons et élever des enfants avec ces femmes, chacune étant désignée comme étant la conjointe (« madam ») de l'homme. Il n'est pas acceptable pour les femmes de s'engager dans plusieurs unions en même temps » (Socio-Dig 6 oct. 2018, 17).

L'OCDE fait observer que [traduction] « la loi de 2012 sur la paternité, la maternité et la filiation permet aux femmes, mariées ou non, d'enregistrer leurs enfants, au même titre que les hommes » (OCDE 7 déc. 2018, 8).

Pour obtenir des renseignements sur la situation des femmes en Haïti et sur la violence contre les femmes, y compris la violence sexuelle, veuillez consulter la réponse à la demande d'information HTI106291 publiée en juin 2019. Parmi les sources qu'elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n'a trouvé aucun renseignement sur la situation des femmes qui ne sont pas en situation de précarité et le traitement qui leur est réservé.

5. Services de soutien

Pour obtenir des renseignements sur la protection offerte par l'État aux femmes victimes de violence et les services de soutien à leur disposition, veuillez consulter la réponse à la demande d'information HTI106291 publiée en juin 2019.

Dans le rapport du BINUH de février 2020, on peut lire que le PNUD [version française des Nations Unies] « travaille également avec les entreprises dirigées par des femmes à Port-au-Prince pour leur permettre d'accéder aux ressources et aux opportunités nécessaires pour soutenir leur transition vers le marché officiel » (Nations Unies 13 févr. 2020, paragr. 41).

D'après le rapport de l'OFPRA, qui cite une militante féministe, les objectifs du ministère à la Condition féminine et aux Droits des femmes (MCFDF) sont les suivant : « "la prévention et la sanction de la violence faite aux femmes, le développement de la participation politique des femmes, la lutte pour une éducation non sexiste, leur autonomisation et leur intégration à des postes décisionnels dans les administrations publiques et privées" » (France 2017, 55). Sans fournir de précisions additionnelles, la même source ajoute ce qui suit, en citant des représentantes de Solidarité pour les femmes haïtiennes (Solidarite Fanm Ayisyèn – SOFA) [voir ci-après la description de cet organisme] :

Si ce ministère est menacé de suppression à chaque changement de gouvernement et s'il dispose, avec moins d'1 % du budget total de l'État, de marges de manœuvre extrêmement limitées, il a contribué à certaines améliorations en matière de reconnaissance légale des violences faites aux femmes (France 2017, 55).

Parmi les sources qu'elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n'a trouvé aucun renseignement sur les programmes et les activités du MCFDF.

Selon le rapport de l'OFPRA, qui cite Nicole Phillips, auteure d'un chapitre dans un ouvrage universitaire sur le rôle des mouvements populaires dans la lutte contre la violence sexuelle en Haïti, « [l]es femmes subviennent à leurs besoins grâce à leur communauté, familiale, rurale ou de quartier » (France 2017, 53).

Dans le Bilan commun de pays préparé par les Nations Unies en 2017, on peut lire que le ministère responsable de l'égalité des genres et de la mise en œuvre de la politique d'égalité des genres a de « faibles capacités » et « n'est pas efficace », en raison de contraintes financières et techniques (Nations Unies juin 2017, 104). La même source qualifie l'engagement et les capacités des autres ministères en matière d'égalité de genre de « faibles », fait état de « l'absence » de mesures de soutien juridique et social pour assurer que les institutions répondent efficacement aux problèmes d'inégalité du genre, et ajoute que les capacités des ONG œuvrant pour la promotion de l'égalité de sexes sont « faibles » en raison de la faiblesse des capacités institutionnelles, humaines et financières (Nations Unies juin 2017, 104).

Selon le rapport de l'OFPRA, il y a de nombreuses organisations de femmes en Haïti (France 2017, 56). Voici des exemples d'associations de femmes en Haïti :

  • l'Association femmes soleil d'Haïti (Asosyasyon Fanm Soley Dayiti - AFASDA), une association nationale non partisane comptant 3 000 membres et 17 sections locales dans le Nord du pays, 3 dans le Nord-Est et 2 dans l'Ouest; les activités de l'AFASDA comprennent la mobilisation des femmes pour les élections, la coordination d'un programme visant à promouvoir un dialogue national et la recherche « de nouvelles opportunités pour les femmes d'exercer leur plein potentiel et de contribuer efficacement à la reconstruction d'une meilleure société » (AFASDA s.d.);
  • Kay Fanm « est une organisation haïtienne de promotion et de défense des droits des femmes fondée en 1984. Première maison d'hébergement de l'histoire du pays pour femmes et filles violentées, l'organisation travaille également à renforcer les situations socioéconomiques des femmes et leurs conditions féminines. En tant qu'organisation féministe et centre d'accompagnement pour femmes victimes de violences, Kay Fanm joue aussi un rôle de lobby politique de défense des intérêts des femmes (Kay Fanm s.d.);
  • SOFA est un organisme social féministe qui compte 10 000 membres dans sept départements et qui rassemble principalement des paysannes, des femmes vivant dans les quartiers populaires et des femmes professionnelles; il offre divers services, y compris le soutien aux femmes victimes de violence, une clinique gynécologique, des moulins à grains, un atelier textile (dont la mise en place est en cours), et une école agricole féministe (en construction) (SOFA s.d.).

Pour obtenir des renseignements sur les services offerts par la société civile aux femmes victimes de violence, veuillez consulter la réponse à la demande d'information HTI106291 publiée en juin 2019.

Pour obtenir des renseignements sur la situation des femmes vivant seules, y compris les services de soutien à leur disposition, veuillez consulter la réponse à la demande d'information HTI105995 publiée en octobre 2017.

Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais fixés. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile. Veuillez trouver ci-dessous les sources consultées pour la réponse à cette demande d'information.

Note

[1] Ce rapport a été préparé pour HEKS/EPER, une œuvre d'entraide des Églises protestantes de Suisse qui met l'accent sur [version française de HEKS/EPER] « le développement des communautés rurales, l'aide humanitaire et la collaboration avec les Églises » (HEKS/EPER s.d.).

Références

Asosyasyon Fanm Soley Dayiti (AFASDA). S.d. « Impact ». [Date de consultation : 7 août 2020]

Banque mondiale. S.d. « Female Headed Households (% of households with a female head) – Haiti ». [Date de consultation : 24 juin 2020]

Bertelsmann Stiftung. 2020. « Haiti Country Report ». Bertelsmann Stiftung's Transformation Index (BTI) 2020. [Date de consultation : 17 juin 2020]

Chr. Michelsen Institute (CMI). Juin 2020. Marianne Tøraasen. « Women's Status in Haiti Ten Years After the Earthquake ». (CMI Brief No. 2020:07) [Date de consultation : 20 juill. 2020]

Copenhagen Consensus Center. S.d. « Our Approach ». [Date de consultation : 10 août 2020]

États-Unis (É.-U.). 11 mars 2020. Department of State. « Haiti ». Country Reports on Human Rights Practices for 2019. [Date de consultation : 16 juin 2020]

France. 2017. Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) avec la participation de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA). Rapport de mission en République d'Haïti - du 26 mars au 7 avril 2017. [Date de consultation : 15 juin 2020]

Freedom House. 4 mars 2020. « Haiti ». Freedom in the World 2020. [Date de consultation : 15 juin 2020]

Gender Action. 2018. Eliza McCullough, Elaine Zuckerman et Amy Van Zanen. Gender Justice Scorecard: IFIs in Haiti. [Date de consultation : 25 juin 2020]

Haddjeri, Sarah. 24 septembre 2019. « The Importance of Education for Girls and Women in Haiti ». NATO Association of Canada (NAOC). [Date de consultation : 13 juill. 2020]

Heart to Heart International. S.d.a. « Our Mission ». [Date de consultation : 29 juin 2020]

Heart to Heart International. S.d.b. « Women of Haiti ». [Date de consultation : 29 juin 2020]

HEKS/EPER. S.d. « Who We Are ». [Date de consultation : 10 août 2020]

Igarapé Institute. Juin 2017. Athena Kolbe, et al. Haitian Women's Experiences of Recovery from Hurricane Matthew. Strategic Note 26. [Date de consultation : 7 août 2020]

Kay Fanm. S.d. « À propos ». [Date de consultation : 13 juill. 2020]

Nations Unies. 15 juin 2020. Conseil de sécurité. United Nations Integrated Office in Haiti: Report of the Secretary-General. (S/2020/537) [Date de consultation : 18 juin 2020]

Nations Unies. 13 février 2020. Conseil de sécurité. United Nations Integrated Office in Haiti: Report of the Secretary-General. (S/2020/123) [Date de consultation : 18 juin 2020]

Nations Unies. Juin 2017. Équipe pays des Nations Unies en Haïti. Haïti : Bilan commun de pays. [Date de consultation : 18 juin 2020]

Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). 7 décembre 2018. « Haiti ». Social Institutions and Gender Index (SIGI). [Date de consultation : 12 juin 2020]

Socio-Digital Research Group (Socio-Dig). 6 octobre 2018. Timothy Schwartz, et al. Baseline, Value Chains, & Notab Information Network. [Date de consultation : 20 juill. 2020]

Socio-Digital Research Group (Socio-Dig). S.d. « About ». [Date de consultation : 10 août 2020]

Solidarite Fanm Ayisyèn (SOFA). S.d. « Qui sommes-nous? ». [Date de consultation : 10 août 2020]

Torchenaud, Mélissa, Jacques Philippe Estime et Samuel Philip Jean-Louis. 7 avril 2017. Human Rights on the Labour Market. Haïti Priorise, Copenhagen Consensus Center. [Date de consultation : 16 juin 2020]

Autres sources consultées

Sources orales : Bureau des droits humains en Haïti; Haïti – Office de la protection du citoyen; Institute for Justice and Democracy in Haiti; Réseau national de défense des droits humains.

Sites Internet, y compris : Amnesty International; Banque interaméricaine de développement; Commonwealth Human Rights Initiative; ecoi.net; Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge; Human Rights Watch; Nations Unies – Haut Commissariat pour les réfugiés, Organisation pour l'alimentation et l'agriculture, Organisation internationale du Travail, Refworld; The New Humanitarian.