Syrie: Renforcer la recherche des personnes enlevées par l'EI

 
Les autorités locales devraient accorder une haute priorité à la recherche des disparus
 

(Beyrouth, le 28 août 2020) - Les autorités locales du nord de la Syrie n'ont guère progressé dans les recherches de personnes enlevées par l'Etat islamique plus d'un an après la défaite territoriale de ce groupe, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Les autorités devraient rapidement consacrer des ressources pour savoir ce qu’il est advenu des milliers de personnes disparues.

Tout au long de sa présence en Syrie, l'Etat islamique (EI, ou Daech) a commis des exactions atroces contre la population civile, y compris l'enlèvement de milliers de personnes à leur domicile, aux points de contrôle et sur leurs lieux de travail, suivi dans de nombreux cas d’exécutions. L'EI ciblait en particulier les habitants perçus comme susceptibles d’entraver son expansion ou de résister sa gouvernance. Les enlèvements et les disparitions ont semé la peur et la confusion, ont réduit au silence les voix qui exprimaient leur opposition, et ont servi d’avertissement à d’autres habitants qui auraient pu être tentés de résister.

« Les autorités locales dans les zones syriennes précédemment contrôlées par l'EI devraient accorder une haute priorité aux recherches des personnes enlevées », a déclaré Sara Kayyali, chercheuse sur la Syrie à Human Rights Watch. « Suite à la défaite de l’EI et au placement en détention de nombreux suspects, les autorités ont en principe accès à la zone et aux informations requises. Ce qu’il faut maintenant, c’est la volonté politique afin de trouver des réponses. »

Aucun segment de la population syrienne n'a été épargné. Human Rights Watch a documenté des enlèvements de soldats syriens, d'activistes kurdes, d’opposants et de journalistes.

En février 2020, Human Rights Watch a publié un rapport qui exhortait les autorités locales à consacrer des ressources à ces efforts, notamment en créant un système centralisé pour communiquer avec les familles des personnes enlevées, en cherchant à obtenir des informations clés auprès de suspects de l'EI, et en exhumant les fosses communes.

Le 7 avril, le Conseil démocratique syrien (SDC) dirigé par les Kurdes dans le nord-est de la Syrie a annoncé la création d'un groupe de travail pour traiter la question des détenus, mais le travail de ce groupe n’a guère avancé.

Le communiqué complet en anglais, avec des exemples de cas de personnes « disparues », est en ligne ici.