China: Treatment of Patriotic Christian Churches and church members by authorities, including the Public Security Bureau (PSB) (2016-August 2019) [CHN106341.E]

Direction des recherches, Commission de l’immigration et du statut de réfugié du Canada

1. Aperçu

Selon l’International Religious Freedom Report for 2018 du Département d’État des États-Unis, [traduction] « seulement les groupes religieux appartenant à l’une des cinq "associations religieuses patriotiques" approuvées par l’État » peuvent s’enregistrer auprès du gouvernement et sont autorisés à tenir des services religieux (É.-U. 21 juin 2019, 1). Un rapport de Freedom House sur la religion en Chine affirme que les [traduction] « associations "patriotiques" » affiliées à chacune des cinq religions reconnues officiellement sont le « fondement » du contrôle du Parti communiste chinois (PCC) sur les activités religieuses (Freedom House 27 févr. 2017, 15). Des sources affirment que les organisations patriotiques chrétiennes sont les suivantes :

  • le Mouvement patriotique des trois autonomies (Three-Self Patriotic Movement – TSPM) [protestants (DW 6 août 2015)];
  • le Conseil chrétien [chinois (CFR 11 oct. 2018a)] (China Christian Council) [également protestants (DW 6 août 2015)];
  • l’Association patriotique catholique (Catholic Patriotic Association) [aussi appelée l’Association catholique patriotique chinoise (Chinese Patriotic Catholic Association) (CFR 11 oct. 2018a)] (DW 6 août 2015; CFR 11 oct. 2018a).

Des sources expliquent que ces organisations sont supervisées par l’Administration d’État des affaires religieuses (State Administration for Religious Affairs – SARA) (CFR 11 oct. 2018a; É.-U. 21 juin 2019, 6). D’après certaines sources, la SARA a été fusionnée au Département du front commun (United Front Work Department – UFWD) [en mars 2018 (É.-U. 21 juin 2019, 6)], ce qui place la SARA sous le contrôle du PCC (ChinaAid 10 juill. 2019; Koesel, et al. 1er avr. 2019, 76; É.-U. 21 juin 2019, 6).

D’après Freedom House, le gouvernement participe souvent à la gestion des activités des églises enregistrées, y compris au choix des sujets des sermons (Freedom House 27 févr. 2017, 45). La même source affirme que les églises enregistrées doivent fournir une liste de leurs membres aux responsables du gouvernement (Freedom House 27 févr. 2017, 45). Dans une communication écrite envoyée à la Direction des recherches, un professeur adjoint de politique comparée à l’Université de Montréal qui effectue des recherches sur le contrôle des groupes religieux par l’État, y compris les maisons-églises [1] [clandestines] en Chine, a expliqué ceci :

Les chefs religieux des églises approuvées par l’État ne peuvent pas faire du prosélytisme en public. Ils peuvent prêcher uniquement à l’intérieur de leur lieu de culte approuvé par l’État. Ils ne peuvent pas voyager à l’extérieur de leur localité ni sortir du pays sans l’autorisation du gouvernement. Ils doivent être patriotiques; cela signifie de montrer une certaine forme d’allégeance au [PCC] pendant les offices religieux. Leurs chefs religieux doivent être formés dans l’un des séminaires de l’État (professeur adjoint 18 juill. 2019).

Allant dans le même sens, le Council on Foreign Relations (CFR), éditeur et groupe de réflexion non partisan indépendant établi à New York (CFR s.d.), affirme que pour s’enregistrer à titre d’organisation chrétienne approuvée par l’État, les chefs religieux doivent recevoir une formation pour [traduction] « "adapter" la doctrine à la pensée du gouvernement et du PCC » (CFR 11 oct. 2018a).

Selon Freedom House, les membres des clergés approuvés par l’État ne sont pas tous des [traduction] « porte-parole du parti »; certains sont « des adeptes religieux avisés qui ont tenté de travailler de l’intérieur du système pour défendre les intérêts de leurs ouailles » (Freedom House 27 févr. 2017, 16). La même source ajoute qu’il y a aussi [traduction] « de nombreux cas où des chefs [religieux], que le [PCC] a tenté de développer comme des "modèles" loyaux, ont subséquemment "fait défection" » (Freedom House 27 févr. 2017, 16). Selon une recherche sur les protestants dans quatre villes chinoises effectuée par Ray [Yun] Wang, professeur adjoint de l’Institut supérieur d’études est-asiatiques (Graduate Institute of East Asian Studies) à l’Université nationale Chengchi (NCCU) (Wang s.d.), cité dans un article d’une revue sur le protestantisme en Chine, les églises du TSPM dans une ville se [traduction] « plaignent régulièrement » aux autorités locales au sujet des « "activités religieuses illégales" » des maisons-églises, alors que des chefs du TSPM dans des villes voisines ont fourni des ressources à des groupes protestants non enregistrés (Koesel, et al. 1er avr. 2019, 78).

2. Nouveau règlement sur les affaires religieuses et restrictions imposées aux églises approuvées par l’État

Selon des sources, sous Xi Jinping, il y a eu un changement de l’orientation de la politique sur la religion vers la [traduction] « sinologisation » de la religion (Freedom House 27 févr. 2017, 50; Vermander 25 févr. 2019, 3; É.-U. 10 oct. 2018, 1-2). Des sources précisent que la [traduction] « sinologisation » du christianisme exige de rendre la religion compatible avec le socialisme chinois (Freedom House 27 févr. 2017, 50; CFR 11 oct. 2018a). Un nouveau règlement sur les affaires religieuses, entré en vigueur en février 2018 (Vermander 25 févr. 2019, 4; ChinaAid 10 juill. 2019; É.-U. 10 oct. 2018, 3), représente un appel plus ferme à la sinologisation de la religion (Vermander 25 févr. 2019, 4) ou à une [traduction] « mise en application » de la sinologisation à l’échelle nationale (ChinaAid 10 juill. 2019). Des sources affirment que le nouveau règlement limite les activités religieuses aux lieux approuvés et aux chefs des églises ayant des qualifications officielles (Church Times 29 juin 2018; É.-U. 10 oct. 2018, 3).

Au cours d’un entretien téléphonique avec la Direction des recherches, le président de l’Association d’aide à la Chine (ChinaAid Association – ChinaAid) — une organisation chrétienne de défense des droits de la personne située aux États-Unis qui [traduction] « s’emploie à promouvoir la liberté de religion et la primauté du droit en Chine » (ChinaAid s.d.) —, a affirmé qu’au titre du nouveau règlement, les membres du personnel religieux nommés aux églises approuvées par l’État doivent prêter publiquement des serments d’allégeance à l’idéologie communiste et aux chefs du parti et, dans [traduction] « certaines régions », placer le portrait de Xi Jinping dans l’église (ChinaAid 10 juill. 2019). La même source a ajouté qu’il y a une nouvelle exigence selon laquelle l’assemblée d’une église approuvée par l’État doit chanter l’hymne national avant le culte (ChinaAid 10 juill. 2019). De même, le 2018 Religious Freedom Report des États-Unis affirme que les autorités ont [traduction] « fait pression » sur des assemblées dans des églises pour qu’elles « récitent » l’hymne national avant de chanter des hymnes chrétiens et pour qu’elles posent d’autres gestes pour montrer qu’elles sont « plus » loyales envers le PCC qu’envers l’église (É.-U. 21 juin 2019, 25).

Selon le professeur adjoint, les règles du nouveau règlement sur la religion ne sont [traduction] « pas si différentes de ce qu’elles étaient » auparavant et la « majorité » des églises approuvées par l’État n’ont pas de « problèmes majeurs » avec l’État (professeur adjoint 18 juill. 2019). Aux dires du président de ChinaAid, la mise en œuvre du nouveau règlement a été plus stricte dans les régions où la tension ethnique est grande et où il y a une forte concentration de chrétiens, y compris au Xinjiang, au Henan, au Guizhou, à Beijing, au Guangdong et dans l’Anhui (ChinaAid 10 juill. 2019). Au cours d’un entretien téléphonique avec la Direction des recherches, un professeur agrégé de sciences politiques à l’Université Loyola au Maryland — qui effectue des recherches sur les églises protestantes (approuvées par l’État et non enregistrées) en Chine — a affirmé qu’il y a un [traduction] « durcissement » des restrictions sur les églises approuvées par l’État tout en soulignant qu’il y a des différences importantes entre les régions (professeur agrégé 29 juill. 2019).

Selon un rapport de 2018 de la Commission exécutive du Congrès sur la Chine (Congressional-Executive Commission on China – CECC), des États-Unis, citant des sources de ChinaAid et de Radio Free Asia, dans le cadre de la campagne de sinologisation de Xi Jinping, les mesures mises en place pour augmenter le contrôle sur les églises protestantes approuvées par l’État dans [traduction] « certaines régions locales » comprennent notamment l’installation de caméras de surveillance, le retrait des croix des églises et l’établissement de « groupes officiels au niveau des villages » pour surveiller les activités religieuses (É.-U. 10 oct. 2018, 6). Le représentant de ChinaAid a ajouté que des caméras dotées de la technologie de reconnaissance faciale, couvrant [traduction] « toutes » les parties de l’église, ont été installées dans des églises approuvées par l’État et que les églises approuvées par l’État au Zhejiang doivent réserver des offices au chef local du parti qui peut faire des prêches correctifs » si le sermon du prédicateur est « incompatible » avec l’idéologie du parti (ChinaAid 10 juill. 2019). Toutefois, dans une communication écrite envoyée à la Direction des recherches, un auteur et journaliste qui vit à Beijing, qui a écrit au sujet de la société chinoise et la religion, y compris le christianisme, a écrit que la sinologisation vise principalement les églises clandestines et que le [traduction] « seul problème » auquel font face les églises approuvées par l’État est la présence des caméras de surveillance placées à l’entrée des églises (auteur 8 juill. 2019).

Des sources affirment qu’il y a une augmentation des restrictions sur la capacité des enfants de participer à des activités religieuses et de recevoir une éducation religieuse (Freedom House 27 févr. 2017, 2, 7; ChinaAid 10 juill. 2019). Selon le 2018 Religious Freedom Report des États-Unis, les autorités du Liaoning ont commencé à surveiller les églises enregistrées de plus près en juillet 2018, y compris en [traduction] « faisant pression » sur les jeunes adultes de plus de 18 ans pour qu’ils ne participent pas aux offices religieux (É.-U. 21 juin 2019, 23). Sans nommer les provinces en question, dans un article publié dans le Church Times, un journal du Royaume-Uni portant principalement sur les questions anglicanes (Church Times s.d.), Chloë Starr, une professeure agrégée de théologie et de christianisme asiatique à l’École de théologie de l’Université Yale (Yale Divinity School), affirme que dans quatre provinces, il a été [traduction] « interdit » aux enfants de fréquenter des églises approuvées par l’État alors que les églises ailleurs continuent de faire l’école du dimanche sans ingérence, « mais elles ne sont pas autorisées à baptiser toute personne âgée de moins de 18 ans » (Church Times 29 juin 2018).

3. Traitement réservé par les autorités aux églises enregistrées

Freedom House affirme que sous Xi Jinping, les [traduction] « cibles de la persécution religieuse » se sont élargies pour inclure les chefs religieux et les lieux de cultes approuvés par l’État (Freedom House 27 févr. 2017, 7). De même, le CFR observe que la [traduction] « répression étatique » contre les maisons-églises et les organisations chrétiennes approuvées par l’État a augmenté au cours des dernières années, y compris par le retrait des croix sur le toit d’édifices, des démolitions forcées d’églises et le harcèlement et l’emprisonnement de pasteurs et de prêtres (CFR 11 oct. 2018b). L’Annual Report 2018 de la Commission des États-Unis sur la liberté de religion dans le monde (US Commission on International Religious Freedom – USCIRF) explique que même si [traduction] « la majeure partie de la persécution ne vise pas le TSPM officiel », des églises approuvées par l’État ont également fait l’objet de destruction de biens et de retraits de croix (É.-U. 25 avr. 2018, 5).

Selon des sources, il y a eu une campagne pour retirer les croix des églises au Zhejiang de 2013 à [2016 (Freedom House 27 févr. 2017, 47)], y compris celles des églises approuvées par l’État (Freedom House 27 févr. 2017, 47; professeur adjoint 18 juill. 2019). Selon Freedom House, [traduction] « [au] moins » 1 500 églises ont été visées, en « majorité » des églises protestantes; toutefois, « plusieurs dizaines de lieux de culte catholiques » ont également été touchés (Freedom House 27 févr. 2017, 47). Le professeur adjoint a expliqué que les églises qui ont été prises pour cible au Zhejiang attiraient particulièrement l’attention et donnaient l’impression que les chrétiens étaient [traduction] « nombreux » et « sembl[aient] avoir été prises pour cible parce qu’elles étaient trop visibles plutôt que pour des motifs politiques » (professeur adjoint 18 juill. 2019). De même, sans fournir plus de détails sur la source exacte du document gouvernemental, Fenggang Yang, directeur du Center on Religion and Chinese Society (CRCS) à l’Université Purdue, a affirmé lors d’une entrevue avec Deutsche Welle (DW) qu’un document gouvernemental interne de 2013 montrait que l’objectif de la campagne était de [traduction] « réduire la visibilité publique du christianisme » (DW 6 août 2015).

Le président de ChinaAid a affirmé que le nombre d’organisations gouvernementales autorisées à prendre des mesures contre les activités religieuses irrégulières a été augmenté pour passer de 5 à 40, et qu'elles comprennent notamment l’Institut de prévision des séismes (Institute of Earthquake Forecasting – IEF); dans certains cas, des églises approuvées par l’État ont reçu des ordonnances de l’IEF pour retirer des croix (ChinaAid 10 juill. 2019). Parmi les sources qu’elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n’a pas trouvé d'autres renseignements allant dans le même sens, ni aucun renseignement additionnel, y compris sur la liste des organisations autorisées à prendre des mesures contre les activités religieuses.

3.1 Traitement réservé aux membres

Le rapport de la CECC des États-Unis soutient que le PSB est [traduction] « généralement responsable de l’application des lois contre les activités religieuses que les autorités considèrent comme illégales » (É.-U. 10 oct. 2018, 3). Le professeur adjoint a affirmé que sauf en cas [traduction] « d’incident », le PSB ne s’occupe pas des églises approuvées par l’État, car elles relèvent de la compétence de la SARA; il souligne que les incidents « semblent plutôt rares » (professeur adjoint 18 juill. 2019). L’auteur vivant à Beijing a affirmé que les églises approuvées par l’État ne subissent [traduction] « pas trop de pression » tout en soulignant que cela n’empêche pas l’existence de « cas particuliers de persécution » (auteur 8 juill. 2019). Le professeur agrégé a affirmé qu’il n’est au courant d’aucun cas où le PSB a arrêté ou harcelé des paroissiens ordinaires (professeur agrégé 29 juill. 2019). La même source a ajouté que le PCC traite les chefs des églises différemment des fidèles ordinaires et qu’il peut y avoir des [traduction] « pressions » « en coulisse » à l’insu des fidèles ordinaires, car le système est conçu pour que les fidèles ordinaires ignorent les processus au niveau des chefs (professeur agrégé 29 juill. 2019). Toutefois, la source a également affirmé que la mise en application du nouveau règlement sur la religion est un [traduction] « signal » du gouvernement central aux responsables des paliers inférieurs qu’il y a un souhait de « réprimer la religion à tous les niveaux » (professeur agrégé 29 juill. 2019). Parmi les sources qu’elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n’a pas trouvé d'autres renseignements allant dans le même sens, ni aucun renseignement additionnel.

Le professeur agrégé affirmé que le traitement réservé est [traduction] « typiquement » pire dans les régions rurales où les responsables locaux sont moins préoccupés par la couverture médiatique internationale, sont moins formés pour suivre les politiques ou ont le sentiment qu’ils peuvent éviter les conséquences, mais il a ajouté que le traitement peut également varier dans les grandes villes (professeur agrégé 29 juill. 2019). La même source a remarqué qu’il existe également une différence entre les classes où les [traduction] « églises de cols blancs intellectuels » sont traitées avec plus de clémence que les églises ayant des congrégations de niveaux inférieurs (professeur agrégé 29 juill. 2019). La même source a précisé que ce sont des [traduction] « principes généraux » et que la situation peut être différente lorsqu’il y a une « campagne ciblée venant d’en haut », y compris la présente campagne (professeur agrégé 29 juill. 2019). Parmi les sources qu’elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n’a pas trouvé d'autres renseignements allant dans le même sens, ni aucun renseignement additionnel.

3.2 Traitement réservé par les autorités aux églises de l’Association patriotique catholique

Des sources relèvent que le Vatican et la Chine ont [provisoirement (É.-U. 21 juin 2019, 21)] conclu une entente en 2018 pour [conjointement (The Wall Street Journal 28 juin 2019)] sélectionner les évêques (The Wall Street Journal 28 juin 2019; Reuters 28 juin 2019; É.-U. 21 juin 2019, 21). Selon des sources, le Vatican appuie les évêques et les prêtres catholiques s’enregistrant auprès des autorités de l’État (professeur agrégé 29 juill. 2019; The Wall Street Journal 28 juin 2019). Le professeur a affirmé que cette entente est peut-être l’impulsion qui a mené à la mise en place des autres restrictions imposées aux églises catholiques enregistrées (professeur agrégé 29 juill. 2019). Selon des directives du Vatican pour le clergé en Chine, citées dans un article de Reuters, les membres du clergé catholique qui ont refusé de signer les formulaires officiels d’enregistrement ont fait l’objet [traduction] « d’intimidation » (Reuters 28 juin 2019).

Des sources affirment que le Bureau des affaires ethniques et religieuses (Bureau of Ethnic and Religious Affairs) a envoyé une lettre le 11 juin 2018 à la paroisse [ou au diocèse] de Shijiazhuang, au Hebei et à la [section locale (Fu 2 oct. 2018, 5)] de l'Association patriotique catholique [ou Commission] demandant le retrait ou l’exclusion d’un prêtre qui a mené un pèlerinage dans la province du Shanxi (Fu 2 oct. 2018, 5; UCANews.com 11 juill. 2018). Selon l’Union of Catholic Asian News (UCANews.com), une [traduction] « source d’actualités catholique indépendante en Asie » (UCANews.com s.d.), des responsables ont invoqué la campagne de sinologisation et le nouveau règlement sur la religion comme fondement de la décision (UCANews.com 11 juill. 2018). Parmi les sources qu’elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n’a pas trouvé d'autres renseignements allant dans le même sens, ni aucun renseignement sur l’issue de cette affaire. Parmi les sources qu’elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n’a trouvé aucun autre renseignement sur le traitement que réservent les autorités aux membres des églises de l’Association patriotique catholique.

3.3 Traitement réservé par les autorités aux églises protestantes approuvées par l’État

Selon Freedom House, la campagne pour retirer les croix au Zhejiang comprenait [traduction] « le ciblage à grande échelle des églises affiliées au TSPM » (Freedom House 27 févr. 2017, 47-48). La même source affirme que des pasteurs d’églises approuvés par l’État ainsi que des chefs religieux d’associations patriotiques qui ont résisté au retrait de croix au Zhejiang ont été détenus ou emprisonnés, y compris Bao Guohua, un membre du Conseil chrétien chinois et pasteur dans une église approuvée par l’État; en février 2016, il a été emprisonné et condamné à 14 ans de prison (Freedom House 27 févr. 2017, 47-48). Gu (Joseph) Yuese, président du Conseil chrétien du Zhejiang (Zhejiang Christian Council) et pasteur d’une [traduction] « méga-église » approuvée par l’État, a été retiré du Conseil chrétien chinois et du TSPM et détenu de janvier à mars 2016 (Freedom House 27 févr. 2017, 48). Selon le rapport de l’USCIRF, M. Gu a été libéré de prison en décembre 2017 après avoir été arrêté à de multiples reprises par les autorités; la source souligne aussi qu’il a été congédié de son poste de pasteur et retiré de la section locale du Conseil chrétien chinois (É.-U. 25 avr. 2018, 5). Le représentant de ChinaAid a aussi affirmé que deux chefs d’églises du Zhejiang ont été arrêtés, y compris Joseph Gu (ChinaAid 10 juill. 2019). Freedom House affirme qu’avant 2013, il était [traduction] « excessivement rare » que des chefs d’églises du TSPM subissent un tel traitement (Freedom House 27 févr. 2017, 48).

Sans fournir d’autres détails, le représentant de ChinaAid a affirmé qu’un chef d’une église du TSPM au Qinghai a été détenu (ChinaAid 10 juill. 2019). Dans Bitter Winter, magazine italien en ligne qui publie [traduction] « des nouvelles, des documents et des témoignages concernant la persécution visant toutes les religions en Chine » (Bitter Winter s.d.), on peut lire que six prédicateurs d’une église du TSPM au Qinghai qui s’étaient rendu à Ouroumtsi au Xinjiang ont été battus et détenus (Bitter Winter 1er sept. 2018). Parmi les sources qu’elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n’a pas trouvé d'autres renseignements allant dans le même sens, ni aucun renseignement additionnel.

Des sources affirment qu’une femme qui a protesté contre la démolition d’une église du TSPM dans le comté de Luyi au Henan en décembre 2018 a été battue par deux policiers (É.-U. 21 juin 2019, 14; Bitter Winter 8 janv. 2019).

Parmi les sources qu’elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n’a pas trouvé d'autres renseignements sur le traitement que réservent les autorités aux membres des églises approuvées par l’État.

Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l’aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais fixés. Cette réponse n’apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d’une demande d’asile. Veuillez trouver ci-dessous les sources consultées pour la réponse à cette demande d’information.

Note

[1] Les maisons-églises sont des communautés religieuses non enregistrées (É.-U. 10 oct. 2018, 7).

Références

Auteur. 8 juillet 2019. Communication écrite envoyée à la Direction des recherches.

Bitter Winter. 8 janvier 2019. Jiang Tao. « Christmas Gift for Henan: Church Destroyed ». [Date de consultation : 19 juill. 2019]

Bitter Winter. 1er septembre 2018. Ma Xiagu. « Qinghai Preachers Beaten Brutally While in Detention ». [Date de consultation : 18 juill. 2019]

Bitter Winter. S.d. « About ». [Date de consultation : 18 juill. 2019]

ChinaAid Association (ChinaAid). 10 juillet 2019. Entretien téléphonique avec le président. ChinaAid Association (ChinaAid). S.d. « Our Mission ». [Date de consultation : 16 juill. 2019]

Church Times. 29 juin 2018. Chloë Starr. « Recognised by the State — if with Conditions ». [Date de consultation : 25 juill. 2019]

Church Times. S.d. « About the Church Times ». [Date de consultation : 25 juill. 2019]

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Council on Foreign Relations (CFR). S.d. « About CFR ». [Date de consultation : 1er août 2019]

Deutsche Welle (DW). 6 août 2015. Gabriel Domínguez interviewant Fenggang Yang. « Expert: China Aiming to ‘Reduce Christianity’s Public Profile’ ». [Date de consultation : 17 juill. 2019]

États-Unis (É.-U.). 21 juin 2019. Department of State. « China (Includes Tibet, Xinjiang, Hong Kong and Macau) ». International Religious Freedom Report for 2018. [Date de consultation : 17 juill. 2019]

États-Unis (É.-U.). 10 octobre 2018. Congressional-Executive Commission on China (CECC). « Freedom of Religion ». Annual Report 2018. [Date de consultation : 10 juill. 2019]

États-Unis (É.-U.). 25 avril 2018. US Commission on International Religious Freedom (USCIRF). « China (Tier 1) ». Annual Report 2018. [Date de consultation : 17 juill. 2019]

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Fu, Bob. 2 octobre 2018. Religious Freedom in China. Témoignage écrit présenté au Comité judiciaire (Judiciary Committee) du Sous-comité sur la Constitution (Subcommittee on the Constitution) à Washington, D.C. [Date de consultation : 17 juill. 2019]

Koesel, Karrie J., Yizhi Hu et Joshua Pine. 1er avril 2019. « Official Protestantism in China ». Review of Religion and Chinese Society. Vol. 6, no 1. [Date de consultation : 17 juill. 2019]

Professeur adjoint, Université de Montréal. 18 juillet 2019. Communication écrite envoyée à la Direction des recherches.

Professeur agrégé, Loyola University Maryland. 29 juillet 2019. Entretien téléphonique avec la Direction des recherches.

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Union of Catholic Asian News (UCANews.com). S.d. « About Us ». [Date de consultation : 17 juill. 2019]

Vermander, Benoȋt. 25 février 2019. « Sinicizing Religions, Sinicizing Religious Studies ». Religions. Vol. 10, no 2. [Date de consultation : 25 juill. 2019]

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Wang, Yun. S.d. « Sample Syllabus for Human Security ». [Date de consultation : 30 juill. 2019]

Autres sources consultées

Sources orales : Hong Kong Christian Council; maître de conférence en théologie qui effectue des recherches sur le christianisme en Chine; professeur agrégé de sciences politiques qui étudie les questions religieuses et la politique chinoises; professeur agrégé de sociologie qui effectue des recherches sur la religion en Chine; professeur d’arts libéraux qui effectue des recherches sur les croyances chrétiennes en Chine; professeur de sciences politiques qui effectue des recherches sur la relation entre le gouvernement de la Chine et les protestants; professeur de sciences politiques qui effectue des recherches sur l’intersection de la religion et de la politique en Chine; professeur d’études religieuses qui effectue des recherches sur le gouvernement, la société et les protestants en Chine.

Sites Internet, y compris : Amnesty International; AsiaNews.it; BBC; China Daily; ecoi.net; Hong Kong Christian Council; Human Rights Watch; Nations Unies – Refworld; South China Morning Post; La Voix de l’Amérique; World Watch Monitor; Xinhua News Agency.