Cameroon: Prevalence of forced marriage of women 18 years of age and older, including in the cities of Douala and Yaoundé; whether the economic situation or the level of education of women has an impact on forced marriages; protection provided to victims of forced marriages (2012-May 2013) [CMR104411.FE]

Cameroun : information sur la fréquence des mariages forcés pour les femmes de 18 ans et plus, y compris dans les villes de Douala et de Yaoundé; information indiquant si la situation économique ou le niveau de scolarisation des femmes ont une incidence sur les mariages forcés; protection offerte aux victimes de mariage forcé (2012-mai 2013)

Direction des recherches, Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada, Ottawa

1. Contexte culturel

Dans une communication écrite envoyée à la Direction des recherches, la coordinatrice de l'Association de lutte contre les violences faites aux femmes (ALVF), une ONG située à Yaoundé qui milite pour l'élimination de la violence dont les femmes et les filles sont victimes dans les espaces privés, publics ou politiques au Cameroun (Programme international de formations s.d.), a signalé qu'il n'est pas fréquent au pays de parler publiquement de mariage forcé chez les jeunes femmes de 18 ans et plus (ALVF 3 mai 2013). Elle a ajouté qu'au pays, une grande valeur est accordée au mariage et que cela est dû à un contexte traditionnel, conservateur et patriarcal (ibid.). Par conséquent, elle a ajouté qu'une femme qui n'est pas mariée n'est pas bien considérée (ibid.). De même, dans une communication écrite envoyée à la Direction des recherches, une représentante du ministère de la Promotion de la femme et de la Famille du Cameroun a signalé que le fait d'être mariée à un homme permet à une femme de s'assurer d'avoir droit [traduction] « au respect et à la dignité » (Cameroun 2 mai 2013).

Par ailleurs, au Cameroun, l'âge de la majorité est fixée à 21 ans (Association vocation notaire 2012; Human Rights Watch mars 2013, 14).

2. Mariages forcés pour les femmes de 18 ans et plus

La coordinatrice de l'ALVF considère, d'après son expérience et les médias, que pour des raisons religieuses ou financières, il arrive que des Camerounaises de 18 ans et plus soient « obligées de se marier à des prétendants choisis ou identifiés par leurs proches » (ALVF 3 mai 2013). La coordinatrice de l'ALVF a ajouté que les femmes de 18 ans et plus qui sont peu scolarisées et qui proviennent de milieux défavorisés sont plus « exposées aux abus de toute sortes [dont] le mariage forcé » (ibid.). Elle a aussi précisé que les femmes de 18 ans et plus ayant une bonne situation économique ou ayant complété plusieurs années d'étude « connaissent relativement leurs droits, sont plus ou moins indépendantes et par conséquent, [elles] ont plus d'opportunité pour choisir leur futur époux » (ibid.). De plus, selon la coordonnatrice, cette situation s'avérerait être la même dans les grandes villes comme Douala et Yaoundé (ibid.). De même, une représentante de la Fédération internationale des femmes juristes (FIDA), une ONG internationale fondée en 1944 à Mexico qui jouit d'un statut consultatif auprès des Nations Unies et dont la mission est de [traduction] « promouvoir le bien-être des femmes et des enfants » (FIDA s.d.), a affirmé qu'au Cameroun, des femmes âgées de 18 ans et plus qui seraient peu scolarisées ou qui auraient peu d'indépendance sur le plan économique pourraient être victimes de mariage forcé (FIDA 5 mai 2013). Elle ajouté que les femmes de 18 ans et plus qui sont scolarisées peuvent également être victimes de mariage forcé, notamment si elles ont fait l'objet d'un mariage arrangé établi bien auparavant (ibid.). Par contre, la représentante du ministère de la Promotion de la femme et de la Famille a affirmé qu'à son avis, les mariages forcés sont [traduction] « courants » à Yaoundé et à Douala, mais que « [g]énéralement, il est impossible qu'une femme de 18 ans et plus qui est scolarisée ou qui a une bonne situation économique puisse être victime d'un mariage forcé, car elle a acquis les compétences nécessaires pour survivre » (Cameroun 2 mai 2103). Parmi les sources qu'elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n'a trouvé aucune autre information allant en ce sens, ni aucune autre information sur la fréquence des mariages forcés pour les femmes de 18 ans et plus, y compris dans les villes de Douala et de Yaoundé.

3. Protection offerte aux femmes victimes de mariage forcé

D'après des sources, les femmes de 18 ans et plus ne désirant pas se marier peuvent trouver de l'aide auprès des autorités judiciaires et des ONG qui luttent contre les violences faites aux femmes, comme l'ALVF et l'Association des femmes juristes du Cameroun (ALVF 3 mai 2013; Cameroun 2 mai 2013). La représentante du ministère de la Promotion de la femme et de la Famille a ajouté que ces femmes peuvent également bénéficier de la protection prévue par l'État auprès du ministère de la Promotion de la femme et de la Famille, du ministère des Affaires sociales, du palais de justice et de certaines autres ONG, comme Plan Cameroun, Cameroon Association for the Protection and Education of the Child et l'Association pour la promotion de l'autonomie et des droits de la fille/femme (ibid.). Elle a expliqué que ces structures offrent, entre autres, de l'aide psycho-sociale, de l'assistance juridique, des soins de santé, de l'information, de la formation, du mentorat et des bourses (ibid.).

La représentante de la FIDA a signalé que la FIDA offre notamment de l'aide juridique aux victimes de mariage forcé (FIDA 5 mai 2013). Toutefois, elle ajouté que l'organisation ne dispose pas d'un refuge pour accueillir celles qui, à la suite d'un mariage forcé, tentent de fuir un mari qui les bat, et par conséquent, leurs [traduction] « services ne peuvent pas être efficaces en l'absence d'un tel refuge » (ibid.).

Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais fixés. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile. Veuillez trouver ci-dessous les sources consultées pour la réponse à cette demande d'information.

Références

Association de lutte contre les violences faites aux femmes (ALVF). 3 mai 2013. Communication écrite envoyée à la Direction des recherches par la coordinatrice.

Association vocation notaire. 2012. « Cameroun ». Guide de droit comparé, famille et patrimoine. [Date de consultation : 7 mai 2013]

Cameroun. 2 mai 2013. Ministère de la Promotion de la femme et de la Famille. Communication écrite envoyée à la Direction des recherches par une représentante.

Fédération internationale des femmes juristes (FIDA). 5 mai 2013. Communication écrite envoyée à la Direction des recherches par une représentante.

_____. S.d. « Who We Are ». [Date de consultation : 6 mai 2013]

Human Rights Watch. Mars 2013. Coupables par association : violations des droits humains commises dans l'application de la loi contre l'homosexualité au Cameroun. [Date de consultation : 7 mai 2013]

Programme international de formations aux méthodes d'exigibilité des droits économiques, sociaux et culturels (DESC). S.d. « Association de lutte contre les violences faites aux femmes - ALVF ». [Date de consultation : 6 mai 2013]

Autres sources consultées

Sources orales : Les tentatives faites pour joindre les personnes et les organisations suivantes ont été infructueuses : chercheur postdoctoral, Free University of Amsterdam; Child Care Cameroon; Department of Sociology and Anthropology, Denison University; Jeunesse verte du Cameroun; African and African American Studies Program, Carleton College; Reach Out; Rural Women Development Center.

Sites Internet, y compris : Adolescence, Idée, Action; Africa 4 Women's Rights, African Centre for Democracy and Human Rights Studies; Afrik.com; AllAfrica.com; Amnesty International; Association pour la promotion de l'autonomie et des droits de la fille/femme; Cameroon Tribune; ecoi.net; Factiva; Femmes-Santé-Développement; Girls not Brides; International Women's Health Coalition; Jeune Afrique; Nations Unies – Refworld; Women in Law and Development in Africa.