Information on the "Association ivoirienne pour la défense des droits des femmes" (AIDF); date of foundation; structure of the organization; name of the presidents (current and past); role of the AIDF within the state apparatus and how it is viewed by the state and the populace (February 2006) [CIV101134.E]

L'Association ivoirienne pour la défense des droits des femmes (AIDF) a été créée en 1992 à l'initiative de ces femmes « qui luttent contre la violence dont elles sont victimes et pour leurs droits élémentaires » (L'inter 23 oct. 1999). En octobre 1999, l'AIDF, avec l'appui du Fonds des Nations Unies pour le développement (UNFPA), a lancé une campagne intensive contre « toutes les pratiques traditionnelles dégradantes pour la femme » (ibid.).

Selon le site Internet Ashoka, organisation favorisant l'essor de la société civile à l'aide de l'entreprenariat social, l'AIDF a été fondée par Constance Yaï [traduction] « afin de mettre en commun la volonté d'avancer de quelque trois cents militants issus de divers milieux » (1998). Le site Internet Ashoka a également signalé que l'AIDF

[traduction]
[était] structuré autour des objectifs thématiques suivants : sensibiliser la population à la violence conjugale, servir de groupe de lobbying politique en vue d'une réforme législative et donner un soutien affectif aux femmes battues. Sa stratégie comporte trois volets : premièrement, inciter les femmes à former des associations politiques ayant des objectifs précis de réformes; deuxièmement, organiser des discussions et des formations communautaires avec des chefs et les auteurs de mutilation génitale; troisièmement, ouvrir un refuge pour femmes battues (1998).

Un sondage effectué par l'AIDF en juillet 1998 (Afrol.com s.d.) en Côte d'Ivoire a révélé que près de [traduction] « 90 p. 100 des personnes interrogées avaient été victimes de violence chez elles. À la suite du sondage, l'AIDF a recueilli 18 000 signatures pour une pétition visant à obliger le gouvernement à adopter des lois plus sévères contre la violence conjugale » (Nations Unies 21 févr. 2006). Selon UNIFEM, l'AIDF a également [traduction] « milité contre la MGF [mutilation génitale des femmes] et les mariages de mineurs » (ibid.).

Le Report on Female Genital Mutilation (FGM) or Female Genital Cutting (FGC) publié en 2001 indiquait que l'AIDF

[traduction]
[a]vait collaboré avec des comités locaux pour femmes, des dirigeants religieux et le gouvernement afin de sensibiliser la population aux problèmes sanitaires liés à cette pratique. [L'AIDF] a [également] organisé des séminaires auxquels ont participé des femmes qui pratiquaient ces opérations et d'autres qui militaient contre la MGF, ainsi que des séminaires pour sensibiliser les autorités politiques et administratives nationales et locales, les chefs traditionnels, et les policiers et gendarmes aux conséquences néfastes de cette pratique (États-Unis 1er juin 2001).

En janvier 2000, Constance Yaï, présidente de l'AIDF, a été nommée ministre de la Famille et de la Promotion des femmes (ibid.). Pendant son mandat, Constance Yaï

[traduction]
a profité de toutes les occasions, comme le lancement de projets économiques, pour parler aux femmes et aux autorités locales des conséquences néfastes pour les femmes des pratiques traditionnelles préjudiciables. La ministre a également lancé un programme de formation de base en gestion et de création de projets économiques modestes à l'intention des exciseurs prêts à abandonner cette pratique (ibid.)

.

En juillet 2000, [traduction] « l'AIDF a formé un comité national dont les membres provenaient d'institutions nationales et internationales d'Abidjan [et dont l'objectif était] d'établir des programmes et de prendre des mesures en vue de réduire les inégalités sociales et d'émettre des recommandations pour lutter contre la violence contre les femmes » (San Diego State University s.d.). En octobre 2000, Henriette Lagou a remplacé Constance Yaï au poste de ministre de la Famille, de la Condition féminine et de l'Enfance (AFP 28 oct. 2000; voir aussi San Diego State University s.d.). Les Country Reports 2001 ont signalé que le 28 février 2001, [traduction] « Constance Yaï, ancienne ministre, militante des droits de la femme [et présidente de l'AIDF] a déclaré à l'Agence France-Presse (AFP) que la police avait harcelé sa famille, car elle avait demandé que des accusations soient portées contre des membres des forces de sécurité qui auraient violé plusieurs filles durant les manifestations de décembre 2000 » (4 mars 2002, sect. 1.d et sect. 5).

Des représentants de l'AIDF ont déclaré qu'en 2003, [traduction] « la violence conjugale (habituellement des voies de fait) était fréquente et souvent la cause de divorces » (Country Reports 2004 28 févr. 2005, sect. 5). En 2003, l'AIDF gérait un refuge pour femmes battues, qui, semble-t-il, accueillait presque 18 personnes par semaine (ibid.).

Selon un article de décembre 2005 affiché sur le site Internet Abidjan.net et portant sur la profanation de la tombe de Hadja Nabintou Cissé, [mère de l'ancien premier ministre Alassane Dramane Ouattara], Korotoumou Diaby, présidente de l'AIDF, a été scandalisée par cet acte (Nord-Sud 21 déc. 2005). Aucune information sur le rôle de l'AIDF au sein de l'appareil de l'État ni sur l'opinion que l'État et la population ont de l'AIDF n'a été trouvée parmi les sources consultées par la Direction des recherches non plus que sur le double statut éventuel de présidente de l'AIDF et ministre du gouvernement de Constance Yaï .

Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais prescrits. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile. Veuillez trouver ci-dessous la liste des autres sources consultées pour la réponse à cette demande d'information.

Références


Afrol.com. S.d. « Gender Profiles: Côte d'Ivoire. Violence Against Women ». http://www.afrol.com/Categories/Women/profiles/civ_women.htm [Date de consultation : 13 mars 2006]

Agence France-Presse (AFP). 28 octobre 2000. « Voici la liste du gouvernement formé vendredi par le président Laurent Gbagbo, comprenant 23 ministres ». http://www.presseci.com/linter/articles/2204-750.html [Date de consultation : 13 mars 2006]

Ashoka. 1998. « Ashoka Fellow Profile: Constance Yaï ». http://www.ashoka.org/fellows/viewprofile3.cfm?reid=96916 [Date de consultation : 13 mars 2006]

Country Reports on Human Rights Practices for 2004. 28 février 2005. « Côte d'Ivoire ». United States Department of State. http://www.state.gov/g/drl/rls/hrrpt/2004/41599.htm [Date de consultation : 13 mars 2006]

Country Reports on Human Rights Practices for 2001. 4 mars 2002. « Côte d'Ivoire ». United States Department of State. http://www.state.gov/g/drl/rls/hrrpt/2001/af/8355.htm [Date de consultation : 13 mars 2006]

États-Unis (É.-U.). 1er juin 2001. Office of the Senior Coordinator for International Women's Issues. Côte d'Ivoire: Report on Female Genital Mutilation (FGM) or Female Genital Cutting (FGC). http://state.gov/g/wi/rls/rep/crfgm/10094.htm [Date de consultation : 13 mars 2006]

L'inter [Abidjan]. 23 octobre 1999. Nicole Bancouly. « AIDF Lancement - Campagne contre les mutilations génitales féminines ». http://www.presseci.com/linter/articles/567-452.html [Date de consultation : 5 mars 2006]

Nations Unies. 21 février 2006. Fonds de développement des Nations Unies pour la femme (UNIFEM). « Women's Peace - Building Activities in Côte d'Ivoire ». Côte d'Ivoire: Gender Profile. http://www.womenwarpeace.org/cote/cote.htm [Date de consultation : 13 mars 2006]

Nord-Sud [Abidjan]. 21 décembre 2005. « Déclaration de l'Association ivoirienne pour la défense des droits des femmes (AIDF) ». http://news.abidjan.net/article/?n=165938 [Date de consultation : 2 mars 2006]

San Diego State University. S.d. Robert Winslow. « Côte d'Ivoire ». Crime and Society: A Comparative Criminology Tour of the World. http://www-rohan.sdsu.edu/faculty/rwinslow/africa/cote_divoire.html [Date de consultation : 13 mars 2006]

Autres sources consultées


Sources orales : Les tentatives faites pour joindre l'Association ivoirienne pour la défense des droits des femmes (AIDF) ont été infructueuses.

Sites Internet, y compris : Africa Confidential, Afrique-Express.com, AllAfrica.com, Amnesty International (AI), Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Factiva, Freedom House, Genre en Action, Human Rights Internet, Human Rights Watch (HRW), Jeune Afrique, Marche mondiale des femmes, ONG Femmes actives de Côte d'Ivoire, Organisation mondiale contre la torture (OMCT), Peace Women, ReliefWeb, S.O.S. Violences Sexuelles.