Extent of mixed marriages, especially between Afro-Guyanese and Indo-Guyanese citizens; treatment by state and society of mixed marriage couples and their children; the availability of state protection (2003-May 2004) [GUY42623.E]

Fréquence des mariages mixtes

Des sources universitaires ont fait état de la difficulté d'estimer le nombre des mariages mixtes entre les citoyens afro-guyaniens et indo-guyaniens (Hernandez-Ramdwar 1997; Shibata 1998). Selon Camille Hernandez-Ramdwar, les personnes d'origine multiethnique sont généralement regroupées dans une catégorie appelée [traduction] « mixte » (1997, 3). Les statistiques démographiques du Guyana révèlent que les personnes d'origine [traduction] « mixte » représentent entre 7 p. 100 (É.-U. 18 déc. 2003; Nations Unies 8 janv. 2004) et 12 p. 100 (É.-U. nov. 2003) de la population du pays.

En outre, Mme Hernandez-Ramdwar fait valoir que l'identification multiethnique est guidée par des facteurs comme l'appartenance à une collectivité et que les personnes d'origine mixte ont tendance à [traduction] « se rapprocher du groupe qu'elles connaissent le mieux [...] [et] dans lequel elles se sentent le plus acceptées » (1997, 7). Le climat sociopolitique peut également jouer un rôle dans la détermination de l'identité ethnique (Hernandez-Ramdwar 1997). Par exemple,

[traduction]
[...] pendant l'émergence du mouvement Black Power à la fin des années 1960 et au début des années 1970, ou sous le régime Burnham au Guyana, il est probable que de nombreuses personnes d'origine multiethnique pouvaient revendiquer une identité africaine, mais l'avaient précédemment refusée; elles choisissent maintenant de la revendiquer. Dans le même ordre d'idées, lorsque l'intérêt s'est accru pour la création d'une identité indienne attrayante, distincte et homogène à Trinité et au Guyana (en particulier avec les élections du PPP [Parti populaire progressiste] au Guyana en 1992 et de la coalition gouvernementale de l'UNC [Congrès national uni] à Trinité-et-Tobago en 1995, tous deux perçus comme des partis « indiens »), s'identifier uniquement comme Indien est devenu plus attrayant pour les personnes d'origine partiellement indienne (ibid.).

Traitement que réserve la société aux couples unis en mariage mixte

Le 6 mai 2004, au cours d'un entretien téléphonique, une professeure agrégée de sociologie et d'études sur l'équité de l'Université de Toronto était d'accord avec l'analyse de Mme Hernandez-Ramdwar. Toutefois, elle a également mentionné que puisqu'une personne d'origine multiethnique pourrait ne pas correspondre à une identité purement afro-guyanienne ou indo-guyanienne, elle pourrait faire l'objet de haine raciale (Université de Toronto 6 mai 2004). Même si la professeure soulignait qu'elle n'était au courant d'aucun incident visant une personne d'ascendance mixte au cours des dernières années, elle a dirigé la Direction des recherches vers le rapport de janvier 2004 sur le Guyana du Rapporteur spécial des Nations Unies sur les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l'intolérance qui y est associée, qui décrit les problèmes racistes dont souffre le pays dans son ensemble (ibid.).

Dans un chapitre intitulé « Crossing Racialized Boundaries: Intermarriage between "Africans" and "Indians" in Contemporary Guyana », dans le livre Cross-Cultural Marriage, Yoshiko Shibata souligne qu'au Guyana, les attitudes concernant le mariage s'appuient sur des idées profondément enracinées et selon lesquelles il faudrait épouser une personne de la même religion ou du même groupe ethnique que soi, et que les mariages mixtes prêtent à la controverse, en particulier entre les Afro-Guyaniens et les Indo-Guyaniens (Shibata 1998, 87). En outre, Mme Shibata fait valoir que les femmes qui ont une relation interethnique sont les principales cibles de l'hostilité et de la violence (ibid., 96). Mme Shibata soutient aussi que le lieu de résidence joue un rôle à l'égard du degré d'hostilité raciale puisqu'il semble que [traduction] « le degré de ségrégation, de préjugés raciaux et de tensions est plus important dans les communautés à prédominance indienne que dans les communautés africaines » (ibid., 97). Néanmoins, si un couple mixte et leurs enfants se heurtent à une intolérance raciale insoutenable, ils pourraient envisager de déménager dans une communauté plus cosmopolite en ville ou ailleurs (ibid.).

En ce qui concerne l'acceptation, Mme Shibata affirme que les femmes afro-guyaniennes mariées à des hommes indo-guyaniens connaissent beaucoup plus de difficultés à s'intégrer à leur belle-famille indo-guyanienne, et que les familles élargies afro-guyaniennes étaient plus enclines à accepter une femme indo-guyanienne (ibid.). Mme Hernandez-Ramdwar souligne également que les enfants issus de mariages entre Afro-Guyaniens et Indo-Guyaniens sont souvent appelés « dougla », un mot hindi signifiant [traduction] « bâtard » ou « métissé », et qu'ils sont susceptibles d'être rejetés par leur parenté indo-guyanienne, mais acceptés par leur parenté afro-guyanienne (1997, 3). En avril 2004, selon un article paru dans le Stabroek News, une personne appelée à présenter des observations au cours d'une enquête de la Commission sur les relations ethniques (Ethnic Relations Commission - ERC) au Guyana a affirmé que [traduction] « les Indiens du Guyana pourraient s'objecter aux mariages mixtes parce que, de leur point de vue, ces unions pourraient perturber leurs traditions culturelles et religieuses » (23 avr. 2004).

Traitement réservé par l'État et protection offerte par l'État

En ce qui a trait à la protection offerte par l'État, le Rapporteur spécial des Nations Unies sur les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l'intolérance qui y est associée a mentionné que le gouvernement du Guyana avait adopté des lois visant à combattre la discrimination raciale (Nations Unies 8 janv. 2004, 7-8). En 1977, le Guyana a ratifié la Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale (ibid. 21 mars 2003). Toutefois, le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) a souligné que le Guyana manque à ses obligations de communication de rapports et a affirmé qu'il n'avait pas envoyé un seul rapport depuis la ratification de la convention (ibid. 9 mars 2004). Dans des points de presse de mars 2003 et 2004 du HCDH, le Guyana a reçu deux prorogations de délai pour présenter son premier rapport, la dernière échéance étant maintenant fixée au 30 septembre 2004 (ibid.).

La constitution de 1980 du Guyana garantit également aux [traduction] « citoyens du Guyana les droits et libertés fondamentaux reconnus par la Déclaration universelle des droits de l'homme, nommément le droit à la vie, la liberté, l'égalité, la non-discrimination ainsi que les libertés de conscience, d'opinion, de circulation » (ibid. 8 janv. 2004, 7). En outre, la loi de 2002 modifiant la loi sur l'hostilité raciale a été renforcée le 26 septembre 2003 afin de prévoir des peines plus sévères pour quiconque est reconnu coupable d'avoir incité à la haine raciale (ibid., 12).

Toutefois, la professeure agrégée de sociologie et d'études sur l'équité de l'Université de Toronto a affirmé qu'il n'y a en fait aucun recours ou aucune protection offerte par l'État pour les gens ordinaires qui souhaitent signaler qu'ils ont été la cible d'hostilité raciale (6 mai 2004). En outre, le gouvernement a créé la Commission sur les relations ethniques en 2003, et la professeure a mentionné qu'une incertitude demeure quant à la façon dont la Commission aidera les citoyens ordinaires victimes d'hostilité raciale (Université de Toronto 6 mai 2004). Veuillez consulter GUY42611.EF du 6 mai 2004 pour obtenir de l'information sur la situation et l'efficacité de l'ERC. Le Rapporteur spécial des Nations Unies a également mentionné que [traduction] « la polarisation ethnique des principales institutions chargées de l'application de la loi - la police et l'armée - n'est pas sans contribuer grandement à l'envenimement du climat d'insécurité qui pèse si lourdement sur toutes les communautés » (Nations Unies 8 janv. 2004, 3).

Pour obtenir plus d'information sur la protection offerte par l'État au Guyana, veuillez consulter l'exposé de juillet 2003 de la Direction des recherches intitulé Guyana : violence criminelle et réponse policière.

Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais prescrits. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile. Veuillez trouver ci-dessous la liste des autres sources consultées pour la réponse à cette demande d'information.

Références


États-Unis (É.-U.). 18 décembre 2003. CIA World Factbook. « Guyana ». http://www.cia.gov/cia/publications/factbook/geos/gy.html [Date de consultation : 5 mai 2004]

_____. Novembre 2003. « Background Note: Guyana ». Département d'État des États-Unis. Washington, DC. http://www.state.gov/r/pa/ei/bgn/1984pf.htm [Date de consultation : 5 mai 2004]

Hernandez-Ramdwar, Camille. 1997. Vol. 13. « Multiracial Identities in Trinidad and Guyana: Exaltation and Ambiguity ». Latin American Issues. http://webpub.allegheny.edu/group/LAS/LatinAmIssues/Articles/Vol13/LAI_vol_13_section_IV.html [Date de consultation : 28 avr. 2004]

Nations Unies. 9 mars 2004. Haut commissaire aux droits de l'homme (HCDH). Comité pour l'élimination de la discrimination raciale. Decision (1) 64 on Guyana: Guyana. 09/03/2004. (CERD/C/64 Dec.1) http://www.unhchr.ch/tbs/doc.nsf/(Symbol)/CERD.C.64.Dec.1.En?Opendocument [Date de consultation : 5 mai 2004]

_____. 8 janvier 2004. Conseil économique et social (ECOSOC). Racism, Racial discrimination, Xenophobia and All Forms of Discrimination: Mission to Guyana and Trinidad and Tobago. (E/CN.4/2004/18/Add.1) http://www.unhchr.ch/huridocda/huridoca.nsf [Date de consultation : 25 mai 2004]

_____. 21 mars 2003. Comité pour l'élimination de la discrimination raciale. Prevention of Racial Discrimination, Including Early Warning Measures and Urgent Action Procedures. (CERD/C/62/Dec.2) http://www.unhchr.ch/tbs/doc.nsf/(Symbol)/CERD.C.62.Dec.2.En?Opendocument [Date de consultation : 5 mai 2004]

Shibata, Yoshiko. 1998. « Crossing Racialized Boundaries: Intermarriage between "Africans" and "Indians" in Contemporary Guyana ». Cross-Cultural Marriage. Sous la direction de Rosemary Breger et Rosanna Hill. Oxford : Berg.

Stabroek News [Georgetown]. 23 avril 2004. « India's Caste System Does Not Exist Here - Mootoo Tells Kean Gibson Book Inquiry ». http://www.landofsixpeoples.com/news402/ns404236.htm [Date de consultation : 3 mai 2004]

Université de Toronto. 6 mai 2004. Entretien téléphonique avec une professeure agrégée de sociologie et d'études sur l'équité.

Autres sources consultées


Deux sources orales n'ont pas répondu à une demande d'information dans les délais prescrits.

Sites Internet, y compris : Guyana Chronicle [Georgetown], World News Connection/Dialog.

Associated documents