The situation of homosexuals in Senegal, in particular the attitudes of the authorities and society toward homosexuals; legal implications; state protection available to homosexuals [SEN42246.FE]

D'après Behind the Mask, le site Web des gays et lesbiennes en Afrique, la population sénégalaise est à 92 p. 100 musulmane, et la religion musulmane interdit à ses adhérents de pratiquer l'homosexualité (s.d.). Par ailleurs, cette pratique est très mal vue par la société (AFP 3 nov. 2003; Behind the Mask s.d.; Niang et al. nov. 2001; Wal Fadjri 4 déc. 2003).

En outre, la vie des hommes homosexuels serait cactérisée par la violence et le rejet (Behind the Mask s.d.; Niang et aI. Wal Fadjri 4 déc. 2003.).

Une étude menée auprès de 250 homosexuels à Dakar en 2001 par des chercheurs du Programme national de lutte contre le SIDA (PNLS), en collaboration avec ceux de l'université Cheikh Anta Diop et du Programme Horizons, a révélé qu'il existe deux catégories d'homosexuels dans la société sénégalaise, la première catégorie étant composée des ibbis :

les Ibbis sont plus enclins à adopter des maniérismes féminins et à être moins dominateurs dans les interactions sexuelles. Bien que la société rejette formellement l'homosexualité, les Ibbis n'en bénéficient pas moins d'une grande considération dans certains milieux. Par exemple, les Ibbis peuvent souvent entretenir des relations avec des femmes dotées de pouvoir politique ou économique et pour lesquelles ils accomplissent d'importantes cérémonies et fonctions sociales. Dans plusieurs quartiers, les Ibbis jouissent de la protection de la communauté tout entière (Niang et al. nov. 2001).

Le deuxième groupe d'homosexuels comprend les Yoos ou « généralement les partenaires pénétrant [qui] ne se considèrent pas eux-mêmes comme des homosexuels » (ibid.). Les auteurs de l'étude ajoutent qu'au-delà de ces catégories, « il existe d'autres sous-catégories basées sur l'âge, le statut, et le type de relation » (ibid.).

Toujours selon cette source, sur un échantillon de 250 hommes homosexuels,

quarante trois pour cent (43%) [...] ont été violés au moins une fois en dehors de leur foyers familial; 37% au cours des 12 derniers mois. Treize pour cent (13%) révèlent avoir été violés par un policier. Près de la moitié des 250 hommes interrogés avait subi des agressions verbales (notamment des injures et des menaces) de la part de leur famille [...]. Beaucoup ont aussi fait état d'agressions physiques (exemples : coups, jets de pierre) de la part de leurs familles, de membres de la communauté, et de la police [...]. Nombre d'entre eux ont souligné l'importance de maintenir le secret de leurs penchants et relations sexuelles parce qu'une éventuelle révélation de celles-ci les conduirait à l'ostracisme, la stigmatisation, les injures, ou les agressions physiques (ibid.).

Une source signale que pour masquer leur homosexualité, la plupart des homosexuels sont aussi bisexuels (ibid.; Wal Fadjri 4 déc. 2003).

Behind the Mask constate que les homosexuels seraient une source de honte pour leurs familles (s.d.). Pour cette raison, ces dernières refuseraient d'enterrer leurs proches homosexuels dans les même cimetières (Behind the Mask s.d.). En outre, il arrive parfois que des gens refusent d'assister aux funérailles de leurs parents homosexuels (ibid.).

Le 14 juillet 2001, le ministère de l'Intérieur serait intervenu pour bloquer la tenue d'une grande réunion prévue par les gays et lesbiennes et aurait averti les administrateurs des hôtels et d'autres établissements de ne pas accueillir les participants à cette réunion, en disant que [traduction] « cette réunion va à l'encontre de nos mœurs » (ibid. 14 juill. 2001.

Toujours selon Behind the Mask, le paragraphe 319 (3) du Code pénal sénégalais tel que modifié par la Loi no 66-16 du 12 février 1966, prévoit que,

sans préjudice des peines plus graves prévues par les alinéas qui précèdent ou par les articles 320 et 321 du présent Code, sera puni d'un emprisonnement d'un an à cinq ans et d'une amende de 100 000 à 1500 000 francs, quiconque aura commis un acte impudique ou contre nature avec un individu de son sexe. Si l'acte a été commis avec un mineur de 21 ans, le maximum de la peine sera toujours prononcé (s.d.).

Selon une source, «depuis 2000, les homosexuels sont cités parmi les groupes à risques dans les programmes de lutte contre le sida au Sénégal » (Wal Fadjri 4 déc. 2003). Par contre, ae stigmatisation contre les homosexualité serait tellement poussée que des sidéens homosexuels craignent d'aller se faire soigner aux centres sanitaires (ibid.). Cependant, une organisation nongouvernementale (ONG) s'occupe d'eux (ibid.). L'ONG qui a « crée un réseau qui intervient dans cinq localités du pays », et maintenant, les sidéens peuvent se faire soigner à la clinique des maladies infectieuses de Fann qui coordonne les activités de lutte contre le sida (ibid.). Wal Fadjri ne précisait pas, cependant, le nom cette ONG.

Selon Behind the Mask, il existe une organisation de défense des gays appelée « Groupe Andligeey » présidée par Serigne M'Bodji (janv. 2001). Mohamed Tiam serait le trésorier de l'organisation (Behind the Mask janv. 2001). En janvier 2001, ce groupe aurait bénéficié de l'assistance du PNLS et de l'Alliance nationale contre le sida (ibid.).

Pour plus d'information sur la situation des homosexuels au Sénégal, veuillez consulter le rapport ci-annexé.

Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais prescrits. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile ou de statut de réfugié. Veuillez trouver ci-dessous la liste des autres sources consultées pour la réponse à cette demande d'information.

Références


Agence France-Presse (AFP). 3 novembre 2003. « En Afrique, condamnation quasi-unanime de l'homosexualité ». (Dialog)

Behind the Mask. 14 juillet 2001. « Senegal: Meeting "Cuts Across our Morals" ». http://www.mask.org.za/SECTIONS/AfricaPerCountry/ABC/senegal/senegal_3.htm [Date de consultation : 16 déc. 2003]

_____. Janvier 2001. « Senegal: Gays Organize ». http://www.mask.org.za/SECTIONS/AfricaPerCountry/ABC/senegal/senegal_2.htm [Date de consultation : 17 déc. 2003]

_____. S.d.. « About Sengal x. http://www.mask.org.za/SECTIONS/AfricaPerCountry/ABC/senegal/senegal_index.html [Date de consultation : 15 déc. 2003]

Niang, Cheikh Ibrahima, et al. Novembre 2001. Satisfaire les besoins de santé des hommes qui ont des rapports sexuels avec d'autres hommes au Sénégal. Résumé de recherche. http://www.popcouncil.org/horizons/ressum/msmsenegal/msmsenegalfr.html [Date de consultation : 16 déc. 2003]

Wal Fadjri [Dakar]. 4 décembre 2003. Assané Saada. « Lutte contre le sida : les homosexuels, des malades comme les autres ». http://fr.allafrica.com/stories/printable/200312040510.html [Date de consultation : 16 déc. 2003]

Document annexé


Niang, Cheikh Ibrahima, et al. Septembre 2002. Satisfaire les besoins de santé des hommes qui ont des rapports sexuels avec d'autres hommes au Sénégal. http://www.popcouncil.org/pdfs/horizons/msmsenegalfr.pdf [Date de consultation : 22 déc. 2003], 23 p.

Autres sources consultées


Africa Research Bulletin :

Political, Cultural and Social Series

Afrique/Asie

Amnesty International. Rapports annuels

L'Autre Afrique

Dossier de pays du Centre des ressources. Sénégal

Sites Internet :

All Africa.com

Population Council

Moteur de recherche :

Google

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