Update to BGD23489.E of 2 April 1996 on the treatment of Biharis in Bangladesh [BGD41287.E]

Entre 240 000 (USCR 2002; IPS 25 juill. 2002) et 300 000 (USCR 2002) Biharis vivent actuellement au Bangladesh dans quelque 66 (IPS 25 juill. 2002; The New York Times 13 mai 2000; Daily Excelsior 24 nov. 2001) à 81 (IJRL 2000, 66) camps. Par ailleurs, un article de novembre 2001 du Daily Excelsior signale que les Biharis estiment leur population à 238 000 personnes tandis que les autorités bangladaises l'évaluent à 400 000 (24 nov. 2001).

Pour une liste complète des camps et de leurs emplacements, veuillez consulter l'article de Sumit Sen intitulé « Stateless Refugees and the Right to Return: The Bihari Refugees of South Asia - Part 2 », publié en 2000 dans l'International Journal of Refugee Law, volume 12, numéro 1, et disponible dans tous les Centres de documentation régionaux.

Même si le gouvernement du Bangladesh offre gratuitement l'électricité, l'eau et une ration de blé aux Biharis habitant dans les camps (The New York Times 13 mai 2000), les conditions de vie y sont lamentables (IJRL 2000, 64; USCR 1998; Asia Times Online 21 mars 2000). La plupart des Biharis demeurent soit dans des logements d'une seule pièce bâtis par le gouvernement bangladais en 1971, soit dans des immeubles d'habitation que le gouvernement a pris à sa charge (USCR 1998). Bien que la population ait plus que doublé dans plusieurs camps, il n'en est pas de même pour la quantité de logements (ibid.). L'eau y est rare et la conditions sanitaires, inadéquates (Asia Times Online 21 mars 2000).

Par exemple, dans le camp de Genève de Mohammadpur, à Dacca, des familles de dix à douze personnes habitent dans des baraques mesurant environ huit pieds sur dix pieds (IPS 25 juill. 2002). En outre, le camp ne possède que 240 toilettes et 36 bains pour desservir une population de 18 000 à 20 000 personnes (ibid.).

Beaucoup d'enfants biharis ne fréquentent pas l'école (USCR 1998). Les écoles à l'extérieur des camps ont tendance à être trop coûteuses pour de nombreux Biharis et si les familles veulent que leurs enfants fréquentent l'école du camp ? ces écoles étant offertes dans certains camps seulement ? elles doivent payer le salaire des enseignants et tout le matériel scolaire (ibid.).

Puisque le gouvernement ne reconnaît pas la citoyenneté bangladaise aux Biharis, ceux-ci [traduction] « ne peuvent pas [avoir accès] aux institutions officielles et semi-officielles, comme les écoles » (IJRL 2000, 65). De nombreux jeunes Biharis ont pu se trouver des emplois comme tireurs de pousse-pousse, cireurs de souliers ou barbiers (Daily Excelsior 24 nov. 2001); d'autres travaillent dans l'industrie du vêtement, dans le domaine de [traduction] « [l']exploitation artisanale » ou pour d'autres petites entreprises (Asia Times Online 21 mars 2000).

Le rapport annuel de 2002 sur le Bangladesh publié par le Comité américain pour les réfugiés (United States Committee for Refugees - USCR) ajoute que la criminalité dans les camps pose un problème supplémentaire (USCR 2002). Des jeunes femmes biharis seraient la cible de trafiquants du sexe (ibid.) et de proxénètes (Asia Times Online 21 mars 2000); cependant, il y a raison de croire que des filles entrent volontairement dans le commerce du sexe afin de quitter les camps (ibid.). Un article de juillet 2002 de l'Agence France-Presse (AFP) mentionne aussi la forte criminalité dans ces camps et fait remarquer que le trafic de la drogue constitue une préoccupation particulière (28 juill. 2002).

Même si les Biharis ne sont pas obligés de vivre dans ces camps, beaucoup n'ont pas les moyens d'habiter ailleurs en raison d'un manque de ressources (The New York Times 13 mai 2000; USCR 1998). Par contre, certains Biharis demeurent dans les camps car le fait [traduction] « de vivre avec d'autres Biharis les sécurise » (ibid.).

Lors d'une visite au Bangladesh en 2002, le président pakistanais a promis au premier ministre bangladais que les Biharis seraient rapatriés; toutefois, il soutient qu'ils ne peuvent être rapatriés tant que la situation des trois millions de réfugiés afghans n'est pas réglée (The Daily Star 31 juill. 2002; ibid. 30 août 2002).

Le Rabita Trust (Pakistan 17 oct. 2001), dont le fonds de fiducie est d'une valeur d'environ 400 millions $US (The Statesman 21 janv. 2003), a été créé par une [traduction] « agence internationale islamique » afin d'aider au rapatriement des Biharis; cependant, l'argent n'a jamais été utilisé (ibid.; The New York Times 13 mai 2000; Pakistan 17 oct. 2001). Le 12 octobre 2001, le Rabita Trust a été ajouté à la « liste exhaustive des terroristes et des groupes terroristes visés par le décret 13224 » (Comprehensive List of Terrorists and Groups Identified Under Executive Order 13224 ) qui [traduction] « gèle les actifs des organisations et des personnes associées au terrorisme » (É.-U. 31 déc. 2001). Selon un communiqué de presse du département du Trésor des États-Unis, le Rabita Trust a été qualifié d'organisation non gouvernementale (ONG) qui a [traduction] « aidé Al-Qaïda sur les plans logistique et financier » (6 sept. 2002).

Un article de novembre 2002 publié par Asian Affairs mentionne que des [traduction] « dirigeants du comité de rapatriement général des Pakistanais abandonnées (Stranded Pakistanis General Repatriation Committee - SPGRC) délivreraient à des Bengalis et à des Biharis des fausses pièces d'identité attestant que ce sont des Pakistanais abandonnés, et ce afin de les envoyer à l'étranger ». Selon cet article, les dirigeants du SPGRC exigeaient de l'argent en échange de ces fausses pièces d'identité dont les détenteurs, en se [traduction] « faisant passer » pour des Pakistanais abandonnés, demandaient ensuite l'asile dans des pays comme la Suède, la France, l'Allemagne, l'Italie et les États-Unis (Asian Affairs nov. 2002). Aucune source qui puisse corroborer l'information fournie ci-dessus n'a pu être trouvée par la Direction des recherches dans les délais prescrits pour la réponse à la demande d'information.

Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais prescrits. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile ou de statut de réfugié.

Références


Agence France-Presse (AFP). 28 juillet 2002. « Displaced "Pakistanis" Hope Musharraf Will Let Them Leave Bangladesh ». (NEXIS)

Asian Affairs [Norholt, R.-U.]. Novembre 2002. « The Leftovers of History: Bihari Muslims in Bangladesh ». http://www.asianaffairs.com/nov2002/exclusive_the_leftovers.htm [Date de consultation : 7 avr. 2003]

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The Daily Star [Dacca]. 30 août 2002. Moonis Ahmar. « Pakistan: The Forgotten Citizens ». http://www.dailystarnews.com/200208/30/n2083008.htm [Date de consultation : 7 avr. 2003]

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