Situation of Protestants and treatment by authorities, particularly in Fujian and Guangdong (2001 - 2005) [CHN100387.E]

Information générale

Les estimations du nombre de protestants en Chine varient selon les sources consultées par la Direction des recherches. Le gouvernement de Chine affirme que le mouvement patriotique de la triple autonomie, organisme protestant officiel, compte plus de 15 millions d'adeptes, des représentants des églises protestantes soutiennent quant à eux que le nombre de pratiquants qui fréquentent les églises enregistrées s'élève à 20 millions (International Religious Freedom Report 2004 15 sept. 2004). Les estimations du nombre de protestants qui appartiennent à des groupes religieux [traduction] « non enregistrés » varient entre 30 millions et 50 millions (Christian Science Monitor 8 mars 2004; U.S. News & World Report 30 avr. 2001; voir aussi International Religious Freedom Report 2004 15 sept. 2004, sect. 1). Certains universitaires évaluent le nombre total de protestants en Chine à 90 millions (ibid.).

Des sources d'information s'entendent pour dire que le nombre de protestants augmente (ibid.; Christian Science Monitor 24 déc. 2003; The Economist 21 avr. 2005), surtout au sein des intellectuels urbains, des gens d'affaires et des étudiants d'université (ibid.; The Washington Post 24 déc. 2002). La province du Henan, le [traduction] « Bethléem » de la Chine (Christian Science Monitor 8 mars 2004), compterait le plus grand nombre de chrétiens parmi toutes les provinces de Chine, à savoir environ cinq millions de pratiquants, dont la plupart fréquentent des églises [traduction] « domiciliaires » (SCMP 9 janv. 2002; voir aussi U.S. News & World Report 30 avr. 2001). De plus en plus de groupes protestants sont également présents dans les régions rurales pauvres du Fujian et d'autres provinces côtières (SCMP 9 janv. 2002).

Pratique du protestantisme en Chine

Les confessions protestantes se sont multipliées rapidement en Chine par suite des mouvements évangéliques (The Washington Post 24 déc. 2002; voir aussi U.S. News & World Report 30 avr. 2001). Selon le Washington Post, il y a eu une hausse vertigineuse de [traduction] « l'adhésion aux groupes pratiquant la guérison spirituelle, l'imposition des mains, la glossolalie et les baptêmes de tout le corps, ainsi qu'aux groupes organisant des séances de prières de trois jours et trois nuits » (24 déc. 2002). Certains réseaux d'églises clandestines, surtout dans les régions rurales, seraient bien organisés et recevraient des fonds et de la formation de l'étranger, ce qui leur permettrait d'augmenter rapidement le nombre de leurs membres (U.S. News & World Report 30 avr. 2001). À la campagne, les groupes protestants forment des prédicateurs qui sont ensuite envoyés pour établir leur propre église ou répandre l'Évangile dans d'autres villages ou provinces (ibid.). Selon le Washington Post, le mouvement évangélique s'est même infiltré dans l'Église officielle (24 déc. 2002). Par conséquent, dans certaines régions, la différence entre les congrégations officielles et non enregistrées est floue (Washington Post 24 déc. 2002); en même temps, toutefois, le Christian Science Monitor a mentionné l'existence d'un malaise croissant entre les églises officielles et les églises [traduction] « domiciliaires » (24 déc. 2003). Le gouvernement aurait tenté de mettre fin au mouvement évangélique (Christian Science Monitor 24 déc. 2003; voir aussi BBC 9 nov. 2004) en limitant l'enregistrement des nouvelles églises, même si les congrégations officielles débordent de membres (Christian Science Monitor 24 déc. 2003).

Néanmoins, on a entamé en 2004 la construction de deux nouvelles églises protestantes à Beijing, dont chacune devait avoir une capacité de 4 000 à 5 000 personnes (ibid. 8 mars 2004). Selon le Christian Science Monitor, au moins cinq autres églises devaient être construites à Beijing (ibid.). Le journal a également mentionné que le long de la côte sud-est de Chine, les protestants membres de l'Église non officielle participaient à des groupes d'étude sur la Bible, à des répétitions de chœurs et à des groupes de bénévoles (ibid.).

Dans certaines régions, les écoles du dimanche et les groupes d'étude sur la Bible clandestins ont attiré l'attention des autorités qui estimaient que ces rencontres pouvaient fomenter la dissension (ibid. 8 mars 2004; ibid. 24 déc. 2003; Washington Post 24 déc. 2002). Par exemple, à Wenzhou en 2001, le bureau local des affaires religieuses a fait circuler un document interdisant les écoles du dimanche et a ensuite organisé des descentes dans les églises (ibid.). Toutefois, dans les grandes villes comme Beijing et Shanghai, des projets pilotes d'écoles du dimanche ont été lancés dans certaines églises, et le gouvernement central aurait informé les représentants officiels étrangers que ces écoles étaient légales (ibid.).

Une politique de 1998 appelée [traduction] « campagne de construction théologique », mise en œuvre dans les séminaires protestants officiels, fait la promotion des [traduction] « quatre réfutations, à savoir que la Bible n'est pas le mot de Dieu, que la mère de Jésus n'était pas vierge, que la résurrection n'est qu'un mythe et qu'il n'y a pas de "deuxième avènement" » (Christian Science Monitor 24 déc. 2003). L'Église officielle nie également le concept du salut individuel (ibid.). Selon des sources d'information, les églises [traduction] « domiciliaires » ont rapidement pris de l'expansion [traduction] « en raison d'un décret du gouvernement interdisant aux pasteurs [de l'Église officielle] de prêcher le message chrétien dans son intégralité » (UPI 20 févr. 2004; voir aussi BBC 9 nov. 2004).

Traitement des protestants

En général, le traitement des chrétiens varierait d'un endroit à l'autre (Christian Science Monitor 8 mars 2004; ibid. 24 déc. 2003; Freedom House 23 août 2004; International Religious Freedom Report 2004 15 sept. 2004, sect. 2; UPI 20 févr. 2004; voir aussi Chan et Carlson 2005, 16). Selon le Christian Science Monitor, on trouverait dans la politique officielle [traduction] « à la fois l'acceptation et des restrictions, et ce dans un contexte où les responsables tentent de faire face » au nombre croissant de chrétiens (8 mars 2004). Kim-Kwong Chan et Eric R. Carlson, co-rédacteurs d'un guide de recherche sur les affaires religieuses en Chine, ont souligné ce qui suit :

[traduction]
en raison de problèmes de coordination à tous les niveaux dans un pays aussi vaste que la Chine, les effets de la mise en œuvre de la politique du Parti en matière de liberté de religion varient, allant du renforcement de la religion à la suppression de celle-ci. Ce sont les conjonctures politiques locales qui déterminent l'application définitive de la politique sur la religion [...] Par conséquent, il faut être extrêmement prudent lorsque l'on interprète la mise en œuvre de la politique sur la religion, puisque la Chine compte des milliers d'administrations locales où les compétences administratives et les connaissances techniques des cadres en matière de religion varient grandement (2005, 16).

L'application du règlement sur la religion est plus sévère dans les régions urbaines comme Beijing et Shanghai que dans les régions rurales et le sud de la Chine, où les autorités surveillent moins attentivement les activités non officielles des églises et s'ingèrent moins dans celles-ci (Christian Science Monitor 24 déc. 2003). Selon le ministère de l'Intérieur (Department of State) des États-Unis, [traduction] « en général, quelques dizaines de membres ou moins participent aux rencontres des églises domiciliaires dans les centres urbains, tandis que les rencontres des églises protestantes non enregistrées dans les petites villes et les régions rurales peuvent attirer des centaines de membres » (International Religious Freedom Report 2004 15 sept. 2004, sect. 2). Le ministère de l'Intérieur des États-Unis a également signalé [traduction] « qu'en l'absence de lignes directrices transparentes, les représentants officiels jouissent d'un pouvoir discrétionnaire considérable pour déterminer si les "églises domiciliaires" enfreignent le règlement » (ibid.). Les représentants de la sécurité locale et les dirigeants du Parti communiste décideraient parfois d'appliquer certaines dispositions réglementaires sur la religion à des fins personnelles et pour extorquer de l'argent aux responsables des églises [traduction] « domiciliaires » (UPI 20 févr. 2004; U.S. News & World Report 30 avr. 2001). Selon le secrétaire exécutif du conseil chrétien de Hong Kong (Hong Kong Christian Council), qui se rend régulièrement en Chine continentale pour évaluer la situation de la liberté religieuse et dont la dernière visite en Chine remonte à août 2005, un grand nombre d'arrestations signalées de dirigeants religieux, surtout dans les régions rurales de la Chine centrale, sont le fait des représentants locaux qui tentent d'extorquer de l'argent aux églises non enregistrées (1er sept. 2005a).

L'organisation Christian Solidarity Worldwide soutient qu'au fur et à mesure que s'accroît le nombre de chrétiens, les mesures de répression du gouvernement deviennent plus systématiques et ciblent des rencontres à grande échelle (BBC 9 nov. 2004). En juin 2005, les responsables de la sécurité auraient effectué simultanément des descentes dans 100 églises [traduction] « domiciliaires » de la région de Changchun, capitale de la province du Jilin (China Aid Association 9 juin 2005). La plupart des quelque 600 dirigeants et membres de l'église arrêtés ont été libérés après une détention de 24 à 48 heures (ibid.). Toutefois, au 9 juin 2005, environ 100 dirigeants religieux étaient encore détenus dans différents centres de détention (ibid.). Des livres ont aussi été confisqués au cours de ces descentes (ibid.). Puisque des étudiants et des professeurs d'université formaient la forte majorité des membres des églises où il y a eu des descentes, l'association d'aide à la Chine (China Aid Association) croit que la campagne était peut-être une tentative faite par les autorités pour annihiler l'influence de l'Église non officielle dans les campus universitaires (ibid.).

Entre juin et novembre 2004, l'organisation Christian Solidarity Worldwide aurait constitué un dossier sur trois arrestations massives de chrétiens, dont chacune a entraîné la détention de plus de 100 personnes (BBC 9 nov. 2004). En avril 2004, dans le nord de la Chine, des collègues du révérend Xu Shuangfu, fondateur et dirigeant de l'église des serviteurs des trois grades (san ban pú rén), ainsi que des fidèles de cette église, auraient été arrêtés, et la police aurait effectué des descentes dans leur maison et saisi leurs biens (Freedom House 19 mai 2004). Les familles des détenus ont par la suite été surveillées et on a menacé d'arrêter les familles qui posaient des questions sur leurs proches (ibid.). Le révérend Xu, dont l'église compterait des millions d'adeptes, aurait été enlevé par la police à Harbin, dans la province du Heilongjiang (ibid.). Amnesty International a signalé l'arrestation de divers dirigeants religieux en 2004, principalement dans les provinces orientales du Zhejiang, du Jiangsu et du Hebei (BBC 9 nov. 2004). Selon l'organisation de défense des droits religieux Voice of the Martyrs (VOM), en 2004, les autorités ont aussi arrêté un groupe de protestants clandestins pour avoir participé à l'enregistrement d'une bande vidéo, produite par des Américains, sur les activités d'une église non enregistrée dans une des régions de la Chine; la source d'information n'indique pas l'emplacement précis de cette église (UPI 20 févr. 2004).

Le South China Morning Post a mentionné au début de 2002 que le gouvernement ciblait surtout les [traduction] « mouvements évangéliques dirigés par des personnes charismatiques », mais l'on ne sait pas quels groupes répondent à cette description (9 janv. 2002). Le Christian Science Monitor a souligné le 24 décembre 2003 que les autorités avaient récemment ciblé des évangélistes de la province du Henan et des dirigeants d'églises [traduction] « domiciliaires » à Shanghai. En 2004, la même publication a signalé qu'un historien ecclésiastique et un organisateur d'activités religieuses associés au mouvement évangélique du Henan avaient été arrêtés pour avoir divulgué des secrets d'État (8 mars 2004).

En 1995, une circulaire publiée par le Conseil d'État et le Comité central du Parti communiste qualifiait certains groupes protestants de [traduction] « sectes maléfiques » et les a prohibés (Chan et Carlson 2005, 14-15). Il s'agissait notamment des Crieurs, de l'Église de la plénitude, de l'Église du Nouveau Testament, de l'Éclair de l'Orient et de l'Église de l'Esprit (ibid., 15). Selon Chan et Carlson, depuis l'adoption en 1999 d'une résolution interdisant les sectes, laquelle visait spécialement le Falun Gong, [traduction] « le gouvernement s'efforce d'appliquer cette résolution à tous les groupes qualifiés de "sectes maléfiques" » (ibid.). Des groupes de défense des droits de la personne ont déclaré que par suite de l'adoption de la résolution de 1999 interdisant les sectes, les autorités ont pris des mesures de répression à l'endroit de plus d'une dizaine de groupes évangéliques chrétiens (AFP 9 oct. 2002; voir aussi SCMP 9 janv. 2002). Toutefois, une source d'information a signalé que puisque les autorités concentrent leurs efforts sur le Falun Gong, il y a eu une diminution des arrestations et du harcèlement des membres d'églises non enregistrées dans certaines régions (U.S. News & World Report 30 avr. 2001).

En juillet 2005, des sources d'information ont signalé que Cai Zhuohua, pasteur protestant de la région de Beijing, avait subi un procès au côté de son épouse et de deux autres membres de la congrégation relativement à des accusations de [traduction] « pratiques commerciales illégales » pour avoir imprimé plus de 200 000 exemplaires d'ouvrages chrétiens (BBC 7 juill. 2005; VOM 7 juill. 2005). Il convient de faire remarquer que les Chinois ont le droit de posséder des bibles, mais qu'un seul organisme a le droit de les imprimer, et que ce sont les églises enregistrées qui s'occupent de leur vente (BBC 7 juill. 2005). L'avocat de l'accusé a souligné que les livres imprimés par Cai Zhuohua n'étaient pas destinés à la vente, et qu'ils devaient plutôt être distribués aux membres de la congrégation (ibid.; voir aussi VOM 7 juill. 2005). Le verdict devait être rendu à une date ultérieure (VOM 7 juill. 2005). Au 16 août 2005, aucune information sur le verdict n'avait été trouvée parmi les sources consultées par la Direction des recherches.

Tout en reconnaissant que des dirigeants religieux se faisaient parfois arrêter en Chine, le secrétaire exécutif du conseil chrétien de Hong Kong déclare dans une communication écrite à la Direction des recherches que selon le gouvernement central actuel, l'attitude à adopter vis-à-vis des groupes chrétiens non enregistrés doit être un mélange de dissuasion et de tolérance (1er sept. 2005a). Les autorités sont très conscientes des activités des groupes religieux non enregistrés, et des dirigeants sont arrêtés régulièrement, non pas en raison de la politique sur la religion, mais plutôt lorsque les rencontres des groupes religieux non enregistrés [traduction] « deviennent trop violentes ou visibles » ou lorsque les représentants locaux tentent d'extorquer de l'argent aux églises non enregistrées (secrétaire exécutif 1er sept. 2005a). Le secrétaire exécutif a également signalé une tendance persistante dans certaines régions de Chine, très peu connue hors du pays, selon laquelle les sites et les organismes religieux s'enregistrent auprès des autorités locales, mais non auprès du mouvement patriotique de la triple autonomie (ibid. 1er sept. 2005b). Par exemple, l'Église chrétienne de Yanji s'est enregistrée au milieu des années 1990 auprès des autorités locales de Yanji, dans la province du Jilin, mais non auprès du mouvement patriotique de la triple autonomie (ibid.). Aucune information corroborante n'a été trouvée parmi les sources consultées par la Direction des recherches. Selon The Economist, le gouvernement de Chine est [traduction] « moins hostile » envers les protestants non enregistrés qu'envers les catholiques non enregistrés; toutefois, le gouvernement craint que les églises [traduction] « domiciliaires » ne servent de couverture aux dissidents (21 avr. 2005).

Le Christian Science Monitor a fait remarquer en 2004 que les autorités des principales villes de Chine avaient commencé à traiter moins durement les protestants non enregistrés : par exemple, une assemblée publique de jeunes évangélistes a pu se tenir à Shanghai, [traduction] « l'une des villes les moins tolérantes » (8 mars 2004); toutefois, Charles Burton, professeur agrégé de politologie à l'université Brock qui a effectué des missions d'enquête en Chine, a mentionné que les groupes religieux à Shanghai entretenaient [traduction] « d'excellentes » relations avec les autorités locales (24 avr. 2003, 16). Dans une autre ville, des ministres chinois de l'étranger ont reçu la permission de parler dans des églises [traduction] « domiciliaires » (Christian Science Monitor 8 mars 2004). En 2002, cinq protestants chinois de la province du Hubei, condamnés à mort pour avoir mis sur pied un groupe religieux non enregistré considéré par les autorités comme une [traduction] « secte maléfique », ont eu droit droit à un nouveau procès par suite d'un appel (AFP 9 oct. 2002). Dans la province du Hubei, douze membres de l'Église du Sud de la Chine, église non enregistrée, ont également eu droit à un nouveau procès, la haute cour ayant déterminé que les preuves ayant entraîné les condamnations initiales étaient insuffisantes (ibid.).

Selon The Economist, les tentatives faites par le gouvernement pour tenir la bride haute aux groupes religieux [traduction] « s'affaiblissent » (21 avr. 2005). Des articles antérieurs signalaient que le gouvernement communiste ne savait trop comment gérer la croissance rapide et [traduction] « surprenante » du nombre de chrétiens au pays (UPI 20 févr. 2004), et que les responsables du Parti étaient même [traduction] « consternés » (Christian Science Monitor 24 déc. 2003). Selon The Washington Post, le gouvernement communiste, en partie à cause de cette croissance, a été obligé, [traduction] « dans certaines régions », de déléguer les tâches de surveillance à l'Église officielle et de reconsidérer ses politiques [traduction] « répressives » antérieures (24 déc. 2002). Il semble que le gouvernement de Chine reconnaisse, dans une certaine mesure, la croissance rapide du christianisme et ses avantages possibles pour une [traduction] « population affamée de spiritualité » (Christian Science Monitor 8 mars 2004). Selon des observateurs, le gouvernement a l'intention d'empêcher toute organisation religieuse étrangère de s'implanter en Chine (Burton 24 avr. 2003, 5, 27; Chan et Carlson 2005, 23). Kim-Kwong Chan et Eric Carlson signalent que, selon le gouvernement, la religion doit aider à [traduction] « atténuer l'effet des transformations de la société résultant de l'adhésion de la Chine [à l'Organisation mondiale du commerce] tout en en bloquant les influences étrangères indésirables » (2005, 22). Par conséquent, selon la politique sur la religion énoncée par l'Administration d'État des affaires religieuses, la religion et la société socialiste chinoise doivent apprendre à s'adapter l'une à l'autre; le [traduction] « gouvernement ne favorisera pas le développement de la religion [ni ne] la supprimera par la force » (Chan et Carlson 2005, 22).

Fujian et Guangdong

Human Rights in China (HRIC) souligne dans une communication écrite du 4 août 2005 à la Direction des recherches que les chrétiens étaient maltraités dans le sud de la Chine, notamment dans les régions rurales; toutefois, en raison du manque de renseignements sur le sujet, l'organisme n'a pu entrer dans les détails. Cependant, le secrétaire exécutif du conseil chrétien de Hong Kong a fait remarquer que le Fujian et le Guangdong appliquaient [traduction] « la politique la plus libérale de la Chine en matière de religion, particulièrement en ce qui concerne le christianisme » (secrétaire exécutif 1er sept. 2005a). Le secrétaire exécutif s'est rendu sur les lieux et a rencontré des représentants des autorités locales qui, en général, tolèrent les activités des groupes chrétiens non enregistrés (ibid.). Même si les autorités sont plus tolérantes dans les régions rurales que dans les centres urbains, elles prennent habituellement des mesures pour décourager les activités religieuses des groupes ayant des contacts avec l'extérieur de la Chine (ibid.). Le secrétaire exécutif a déclaré qu'il connaissait certaines églises non enregistrées, des écoles bibliques, des associations et même des missionnaires qui exerçaient leurs activités depuis des années avec la permission des autorités (1er sept. 2005a). Il a cité à titre d'exemple l'église non enregistrée de Damazhan, dirigée par le pasteur Samuel Lamb à Guangzhou, qui tient des rencontres quotidiennes depuis 20 ans sans ingérence de la part des autorités (ibid.). Le secrétaire exécutif a souligné que, lorsqu'il y a eu des arrestations, étaient ciblés les groupes comme les Crieurs et l'Éclair de l'Orient, considérés comme [traduction] « hérétiques » par nombre de chrétiens (ibid.).

Aucune information additionnelle sur la situation particulière des protestants au Fujian et au Guangdong n'a pu être trouvée parmi les sources consultées par la Direction des recherches.

Nouveau règlement sur la religion

Un nouveau règlement sur les affaires religieuses, conçu pour protéger les droits des personnes participant à des activités religieuses [traduction] « normales [et] légitimes » en Chine, est entré en vigueur le 1er mars 2005 (AI 21 déc. 2004; BBC 19 déc. 2004; Boston Globe 1er mars 2005). Le règlement définit notamment le rôle des différents bureaux et des différentes sections de l'administration publique relativement à la supervision des activités religieuses (AI 21 déc. 2004; Chan et Carlson 2005, 24; Spiegel 14 mars 2005). Toutefois, selon AI et Mickey Spiegel, agent de recherche principal de Human Rights Watch pour les questions touchant la Chine, le règlement ne définit pas le terme [traduction] « normal » (AI 21 déc. 2004; Spiegel 14 mars 2005); cependant, Chan et Carlson font remarquer que tout groupe qui n'est pas considéré comme [traduction] « normal » risque d'être qualifié de [traduction] « secte » par les autorités (2005, 23). Mickey Spiegel, chercheur principal sur la Chine de HRW, a mentionné dans son témoignage devant la commission exécutive du Congrès sur la Chine (Congressional-Executive Commission on China) des États-Unis que le nouveau règlement ne précisait pas quels étaient les droits des organisations religieuses et des citoyens (Spiegel 14 mars 2005). Selon lui, le nouveau règlement [traduction] « codifie davantage les règles limitant la pratique religieuse en Chine et le mécanisme bureaucratique pour les appliquer » (ibid.). Même si les nouvelles dispositions interdisent à toute organisation ou personne d'obliger quelqu'un à [traduction] « croire ou à ne pas croire, quelle que soit la religion » (ibid.; voir aussi BBC 19 déc. 2004), des observateurs soulignent qu'il ne faut pas considérer le nouveau règlement comme un assouplissement de la politique en matière de religion (AI 21 déc. 2004; BBC 19 déc. 2004; Chan et Carlson 2005, 24; Spiegel 14 mars 2005). Chan et Carlson concluent que le règlement n'offre aucune protection aux groupes religieux non enregistrés, dont la situation pourrait, en fin de compte, [traduction] « empirer » (2005, 24).

Toutefois, le secrétaire exécutif du conseil chrétien de Hong Kong signale que le nouveau règlement permet aux sites et aux organismes religieux de s'enregistrer auprès des autorités locales sans devoir également s'enregistrer auprès du mouvement patriotique de la triple autonomie, pratique qui, selon lui, existait déjà dans certaines régions de la Chine depuis la fin des années 1980 (1er sept. 2005b). L'incorporation de cette pratique dans le règlement serait un signe que la politique sur la religion de la Chine s'assouplit, et le secrétaire exécutif s'attend à ce que le gouvernement de Chine continue de préciser les droits et les obligations des organismes religieux du pays (secrétaire exécutif 1er sept. 2005a).

Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais prescrits. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile. Veuillez trouver ci-dessous la liste des autres sources consultées pour la réponse à cette demande d'information.

Références


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Burton, Charles. 24 avril 2003. Transcription d'une conférence téléphonique avec la Commission de l'immigration et du statut de réfugié.

Chan, Kim-Kwong et Eric R. Carlson. 2005. Religious Freedom in China: Policy, Administration, and Regulation; A Research Handbook. Santa Barbara (Californie, É.-U.) : Institute for the Study of American Religion.

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Spiegel, Mickey. 14 mars 2005. Témoignage. Dans : États-Unis. 14 mars 2005. Congressional-Executive Commission on China. « China's New Regulation on Religious Affairs: A Paradigm Shift? Testimony of Mickey Spiegel ». http://www.cecc.gov/pages/roundtables/031405/Spiegel.php [Date de consultation : 17 mars 2005]

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The Washington Post. 24 décembre 2002. John Pomfret. « Evangelicals on the Rise in Land of Mao; Despite Crackdowns, Protestant Religious Groups Flourishing in China ».

Autres sources consultées


Une source orale n'a pas pu fournir de l'information dans les délais prescrits pour cette réponse.

Sites Internet, y compris : Amity News Service, Asia Times Online, Campagne du Jubilé, Christian Solidarity Worldwide, Churches Together in Britain and Ireland, Human Rights Watch.