The Banyamulenge (Munyamulenge) ethnic group; whether members of this group are targeted by government authorities [RDC35883.E]

À propos des deux mots Banyamulenge et Munyamulenge, il convient de signaler que le préfixe « mu » désigne le singulier et le préfixe « ba » le pluriel (Delmas 1950).

Les sources consultées par la Direction des recherches indiquent que les Banyamulenge sont des Tutsis congolais du Sud-Kivu [province située dans l'Est de la RDC] (Willame févr. 1997; Turner 20 nov. 1997; ICG 17 nov. 1998, partie 1, 2.1.1). Originaires du Rwanda, ils se sont installés dans cette région, il y a un ou deux siècles (Refugees International 30 mars 2000; Willame févr. 1997; Lemarchand 6 nov. 1997).

Dans Zaïre : état de crise et perspectives futures, document publié pour le compte de WRITENET, Jean-Claude Willame écrit ce qui suit, au sujet des Banyamulenge :

Les Banyamulenge (littéralement les gens de Mulenge, petite agglomération située près d'Uvira au pied des montagnes de l'Itombwe au Sud-Kivu) sont originairement des éleveurs tutsi arrivés au Zaïre il y a un ou deux siècles. Longtemps considérés comme des Zaïrois à part entière, ils auront cependant tendance à vivre en autarcie et auront des rapports parfois difficiles avec certaines ethnies locales. A partir de la fin des années 60, les réfugiés tutsi du Rwanda auront tendance à s'agglutiner autour de l'appellation Banyamulenge pour se faire enregistrer comme citoyens zaïrois à part entière (févr. 1997)

Dans sa livraison du 30 mars 2000, Refugees International révèle que [traduction] « dans les provinces du Sud-Kivu et du Nord-Kivu, les discours haineux et la violence généralisée ont augmenté de façon alarmante » et que cette violence vise quelque 150 000 Banyamulenge qui risquent d'être la cible d'une attaque violente de la part des Maï-Maï [milices tribales pro-Kabila du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, voir RDC33309.F du 14 décembre 1999] (ibid). Selon la même source d'information, le droit à la nationalité des Banyamulenge, mise en cause par les autorités congolaises malgré leur présence au Congo depuis deux siècles, a été l'un des enjeux principaux de la guerre de 1996 qui a porté le président Kabila au pouvoir [en mai 1997] (ibid.).

Devant le sous-comité des questions africaines du House International Relations Committee du Congrès des États-Unis, la secrétaire adjointe aux Affaires africaines, Susan E. Rice, dans une déclaration faite le 15 septembre 1998, expliquait que

[traduction]
le gouvernement congolais n'a pas pu résoudre la question cruciale de la nationalité des Banyamulenge de manière à s'assurer que les membres de l'ethnie tutsie qui vivent au Congo depuis des générations peuvent jouir des droits et des privilèges nationaux. Ce sont ces échecs qui ont été à l'origine de l'insécurité que connaît la région et qui ont conduit à la situation périlleuse actuelle (États-Unis 15 sept. 1998).

Un article paru dans Peace Magazine, publication du Canadian Disarmament Information Service (CANDIS), explique que c'est la tentative faite par les autorités congolaises pour priver les Banyamulenge de leur nationalité congolaise qui a été à l'origine de la première rébellion qui a renversé l'ancien président Mobutu en mai 1997, et que la rébellion actuelle a commencé parce que le président Kabila a voulu isoler ces mêmes Banyamulenge ( sept. 2000). L'auteur de l'article avance, en outre, [traduction] « qu'il est logique de penser que si les autorités congolaises avaient traité les Banyamulenge comme des concitoyens, une grande partie de l'effusion de sang en RDC aurait pu être évitée » (ibid.).

Dans son rapport annuel 2000, Amnesty International écrit que [traduction] « le gouvernement [de la RDC] et ses sympathisants continuent la persécution des membres de l'ethnie tutsie et de ceux qui ont des liens familiaux avec ces derniers ».

Pour plus d'information sur le traitement des Tutsis congolais par les autorités gouvernementales et par la population en général, veuillez consulter RDC35624.F du 11 octobre 2000.

Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais prescrits. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile ou de statut de réfugié.

Références


Peace Magazine [Toronto]. Septembre 2000. Omar, Abdul. « Challenges of Human Security in Africa ». Canadian Disarmament Information Service (CANDIS). (NEXIS)

Amnesty International. 2000. Annual Report 2000. http://www.amnesty.org/web/ar2000web.nsf/Africa [Date de consultation : 30 nov. 2000].

Delmas, Léon. 1950. Généalogies de la noblesse (les Batutsi) du Ruanda. Kabgayi : Vicariat apostolique du Ruanda.

États-Unis. 15 septembre 2000. Rice, Susan E., Secrétaire adjointe aux Affaires africaines. Statement Before the Subcommittee on Africa, House International Relations Committee. Office of Central African Affairs. Bureau of African Affairs http://mtholyoke.ed/acad/intrel/rice.htm [Date de consultation : 1er déc. 2000]

International Crisis Group (ICG). 17 novembre 1998. A Briefing on the Internal and External Players in the Central African Conflict. http://www.crisisweb.org/projects/congo/reports/ca04main1.htm [Date de consultation : 30 nov. 2000]

Lemarchand, René. 6 novembre 1997. « Patterns of State Collapse and Reconstruction in Central Africa: Reflections on the Crisis in the Great Lake ». Dans African Studies Quarterly. http://web.africa.ufl.edu/asq/index.htm. [Date de consultation : 30 nov. 2000].

Refugees International [Washington, D.C]. 31 mars 2000. « Congo-Kinshasa; An Urgent Call for Peaceful Dialogue in Eastern DRC ». (NEXIS/AN).

Turner, Thomas. 2 novembre 1997. « Kabila Returns, In a Cloud of Uncertainty ». Dans African Studies Quarterly. http://web.africa.ufl.edu/asq/v1/3/3.htm [Date de consultation : 30 nov. 2000]

Willame, Jean-Claude. Février 1997. Zaïre : état de crise et perspectivies futures. WRITENET. http://unhcr.ch/refworld/country/writenet/wrizaifr.htm [Date de consultation : 30 nov. 2000]