Iran: Information about the Gonabadi dervishes, including their origin, history in Iran, leaders, ideology, practice; and the treatment of dervishes and their family members by society and authorities in Iran, including whether dervishes can practice their faith in Iran (1965-2014) [IRN104957.E]

Iran : information sur les derviches gonabadi, y compris sur leur origine, leur histoire en Iran, leurs dirigeants, leur idéologie et leur pratique; information sur le traitement que réservent la société et les autorités iraniennes aux derviches et aux membres de leur famille, y compris sur la possibilité pour les derviches de vivre leur foi en Iran (1965-2014)

Direction des recherches, Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada, Ottawa

1. Aperçu
1.1 Histoire des derviches gonabadi en Iran

Selon des sources, l’ordre gonabadi [gunabadi] en Iran est l’une des trois grandes confréries de l’ordre des soufis nematollahi [ni’matullahi] [1] (Lewisohn 1998, 447; Mohajed 2004; Van den Bos 2013, 148). L’ordre gonabadi se considère comme appartenant à l’islam chiite (ibid.; FIDH et LDDHI oct. 2010, 23; AI juin 2014, 115). Cet ordre tire son nom de la ville de Gonabad, située dans la province du Khorasan, où est né le sultan Ali Shah, un des grands maîtres de l’ordre (Majzooban Noor 26 juin 2011).

D’après des sources, l’ordre gonabadi est la plus grande confrérie soufie d’Iran (Van den Bos 2013, 148; RFE/RL 8 mars 2014). Les chiffres vont de plus de deux millions (ibid. 7 sept. 2011) à cinq millions au moins de derviches dans ce pays (Human Rights Watch 25 juill. 2013). Des sources ajoutent que les membres de l’ordre vivent dans toutes les régions de l’Iran (ibid.; IOPHRI 21 nov. 2011, 4; RFE/RL 7 sept. 2011), dont les grandes villes de Téhéran et d’Ispahan (ibid.).

1.2 Idéologie et pratique des derviches gonabadi en Iran

Au cours d’un entretien téléphonique avec la Direction des recherches, un professeur en sciences politiques et en politique publique de l’Université York dont les recherches portent sur la politique et le fondamentalisme religieux au Moyen-Orient a déclaré que différents ordres soufis chiites, dont l’ordre gonabadi, ont un grand nombre de croyances religieuses en commun (professeur 27 août 2014). Au cours d’un entretien téléphonique avec la Direction des recherches, un maître de conférences de l’Institut des études arabes et islamiques (Institute of Arab and Islamic Studies) de l’Université d’Exeter qui a publié de nombreux articles sur le soufisme en Iran et sur l’ordre gonabadi a expliqué que les croyances éthiques fondamentales de cet ordre peuvent se résumer par les mots suivants : [traduction] « désintéressement, générosité, largesse de la vision spirituelle et tolérance religieuse » (maître de conférences 4 sept. 2014). Comme ils se réclament du soufisme, les derviches gonabadi ont une pratique et un rapport avec Dieu qui sont intérieurs, personnels et spirituels (ibid.). Par ailleurs, contrairement aux autres confréries du soufisme, [traduction] « le chef des derviches gonabadi a interdit l’ascétisme et le retrait du monde », et les derviches n’ont pas une tenue vestimentaire particulière (IHRDC 12 sept. 2014, 1).

Dans un article publié dans l'Encyclopaedia of Islam, l’érudit Matthijs Van den Bos signale que, selon d’autres sources, les maîtres gonabadi sont souvent jugés [traduction] « sobres » dans leur doctrine et que l’ordre fait montre « [d’]ambivalence politique » envers l’État iranien postrévolutionnaire (Van den Bos 2013, 150). En revanche, selon un article universitaire sur l’ordre nematollahi publié dans le Bulletin of the School of Oriental and African Studies,

[traduction]

[l]es soufis gonabadi demeurent des adeptes actifs de l’idéologie fondamentaliste de la République islamique, un point de vue politique qui témoigne de l’importance qu’attache la confrérie à la préservation de l’accent mis sur les lois dans les enseignements islamiques (hifz-i zhair) et de sa préoccupation à l’égard des affaires relevant uniquement de la charia (Lewisohn 1998, 453).

Selon un autre article sur le profil socioculturel du soufisme, publié dans la même revue, le premier principe de la confrérie gonabadi est [traduction] « "l’allégeance" au qutb, le chef actuel réel de l’ordre », qui est considéré comme « le représentant de l’imam sur Terre » (ibid. 1999, 52). Le maître de conférences précise que les [traduction] « soufis gonabadi considèrent le qutb comme un guide qui joue le rôle de directeur spirituel » (maître de conférences 4 sept. 2014). Deux sources affirment que ce principe est contraire à la tradition islamique chiite du moujtahid [2], l’autorité religieuse entre une personne et Dieu (ibid.; professeur 27 août 2014). Selon le maître de conférences,

[traduction]

[u]ne partie de l’animosité qui règne en Iran entre le chiisme clérical préconisé par l’État et le soufisme est liée à l’opposition qui existe depuis cinq siècles entre les clercs musulmans chiites (appelés mujtahid […]) et les soufis […]. Les pratiques fondamentales des derviches gonabadi sont toutefois identiques à la pratique ordinaire des chiites pour ce qui est de la pratique et des croyances théologiques normales, par exemple la prière rituelle cinq fois par jour, le jeûne pendant le ramadan et le versement d’aumônes, des pratiques que les soufis ont en commun avec le reste des musulmans chiites (et même sunnites) (4 sept. 2014).

De même, dans un article d’Al-Monitor, un site Internet de nouvelles du Moyen-Orient, on dit que [traduction] « le manque d’intérêt des soufis pour l’islam exotérique et les règles religieuses a toujours été un motif de discorde entre les soufis et les clercs » et que ce conflit « a toujours existé » (1er déc. 2013).

Selon le maître de conférences, les derviches gonabadi sont, en tant que soufis, fidèles à l’utilisation de la musique dans leurs cérémonies et aux écrits de poètes soufis tels que Rumi (4 sept. 2014). M. Van den Bos fait état d’une autre pratique de l’ordre des soufis gonabadi, soit celle du dhikr, [traduction] « un exercice spirituel soufi consistant à répéter un nom divin, collectivement ou individuellement, en silence ou à haute voix, avec ou sans mouvement » (Van den Bos 2013, 150).

Les membres de l’ordre gonabadi se réunissent toutes les semaines dans des hosseinieh [husayniyya] (centres de prières ou lieux de culte soufis) (ibid., 151; AI févr. 2009, 3; maître de conférences 4 sept. 2014). Des sources affirment que les rencontres hebdomadaires se tiennent généralement les jeudis et dimanches soirs (ibid.; Van den Bos 2013, 151). Selon le maître de conférences, les membres se réunissent pendant une à trois heures, écoutent ensemble de la musique et des sermons et récitent des prières (maître de conférences 4 sept. 2014). Les hommes et les femmes sont séparés à ces occasions (ibid.).

1.3 Structure organisationnelle de l'ordre gonabadi en Iran

Le maître de conférences a fourni les renseignements suivants sur la structure organisationnelle de l’ordre gonabadi :

  • le chef de l’ordre gonabadi est le grand maître (qutb ou pir);
  • le grand maître en Iran nomme environ 5 ou 6 shaykhs (guides spirituels), qui relèvent de lui et qui ont le pouvoir d’initier des personnes à l’ordre;
  • sous les guides spirituels se trouve un certain nombre de chefs de la prière, qui dirigent les prières dans différents lieux de culte soufis : chacun des quelque 30 lieux de culte d’Iran a son propre chef de la prière, et quelques privilégiés ont leur propre shaykh;
  • sous les chefs de la prière, on retrouve les derviches ou membres de l’ordre;
  • chacun des membres finance l’ordre gonabadi par des dons en argent ou d’autres contributions telles que des terres, que l’ordre utilisera (ibid.).

Il est écrit dans l’article scientifique sur le profil socioculturel du soufisme publié dans le Bulletin of the School of Oriental and African Studies que le grand maître est nommé par succession héréditaire dans l’ordre gonabadi (Lewisohn 1999, 53).

Des sources font observer que le grand maître actuel de l’ordre gonabadi en Iran est Nour Ali Tabandeh [Majdhub Ali Shah; Nur Ali Tabanda; Noor-Ali Tabandeh] (AI juin 2014, 115; maître de conférences 4 sept. 2014) [3].

2. Traitement réservé aux derviches gonabadi en Iran
2.1 Liberté de culte en Iran, de 1979 à septembre 2014
2.1.1 Lois

L’Iran a ratifié le Pacte international relatif aux droits civils et politiques de 1966, qui prévoit à l’article 18 la liberté de culte et la liberté de pratiquer ou de [version française des Nations Unies] « manifester » sa religion (Nations Unies 1966). Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme en République islamique d’Iran déclare toutefois que l’Iran a failli à ses obligations internationales en matière de droits de la personne, y compris en matière de liberté de culte (ibid. 13 mars 2014, paragr. 2-3).

La constitution de la République islamique d’Iran (The Constitution of the Islamic Republic of Iran) prévoit que la religion officielle de l’État est l’Islam (Iran 1979, art. 12). La constitution prescrit que les [traduction] « Iraniens zoroastriens, juifs et chrétiens sont reconnus comme les seules minorités religieuses » non musulmanes (ibid., art. 13). La constitution prévoit en outre que les citoyens iraniens jouissent de droits égaux, quelles que soient [traduction] « la couleur, la race, la langue, etc. » (ibid., art. 19) et qu'ils sont égaux devant la loi (ibid., paragr. 3(14), art. 20).

Selon le Minority Rights Group International (MRG), [traduction] « la discrimination fondée sur la religion et l’ethnicité est monnaie courante en Iran », malgré ces garanties constitutionnelles (juill. 2014). De même, la Commission des États-Unis sur la liberté religieuse internationale (United States Commission on International Religious Freedom - USCIRF) déclare dans son rapport annuel 2014 que la constitution de l’Iran [traduction] « est discriminatoire envers ses citoyens sur le plan de la religion ou des croyances, car tous les règlements et lois sont fondés uniquement sur les critères islamiques chiites » (É.-U. 2014, 59). On peut lire dans l’International Religious Freedom Report for 2013, publié par le Département d’État des États-Unis, que [traduction] « la constitution et les autres lois et politiques restreignent terriblement la liberté de culte » et que, « en pratique, le gouvernement a fortement limité la liberté de culte » (ibid. 2013a, 1, 3). Selon le rapport de l’USCIRF de 2013,

[traduction]

[le] gouvernement de l’Iran continue de se livrer à des violations flagrantes, systématiques et soutenues de la liberté de culte. […] Au cours de la dernière année, les conditions déjà déplorables de la liberté de culte ont continué de se détériorer, particulièrement pour les minorités religieuses, […] [dont] les musulmans soufis (ibid. 2013b, 71).

2.2 Traitement réservé par la société

Parmi les sources qu’elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches a trouvé peu d’information sur le traitement réservé aux derviches gonabadi par la société iranienne.

Selon deux sources, des membres de l’ordre gonabadi ont perdu leur emploi en raison de leur affiliation à cet ordre (Van den Bos 2013, 151; FIDH et LDDHI oct. 2010, 24). Dans une communication écrite envoyée à la Direction des recherches, un représentant de l’Iran Human Rights Documentation Center (IHRDC), [traduction] « organisme indépendant sans but lucratif » dont le siège social se trouve aux États-Unis et dont la mission est de monter un « dossier historique complet et objectif de la situation des droits de la personne en Iran » (IHRDC s.d.), a déclaré que [traduction] « les derviches gonabadi et les personnes affiliées à ce groupe peuvent être limités dans leur droit de travailler » et a donné l’exemple d’une personne qui a été « mise sur la liste noire » d’une agence de diffusion de l’État (ibid. 12 sept. 2014). La même source a signalé que les gonabadi [traduction] « risquent d'être congédiés d’emplois gouvernementaux en raison de leur foi », renvoyant à une autre personne qui a été congédiée du poste qu’elle occupait au gouvernement en raison de ses croyances religieuses (ibid.). Selon un rapport coproduit par la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) et la Ligue de défense des droits de l’homme en Iran (LDDHI), organisme iranien de défense des droits de la personne dont le siège est situé en France, trois enseignants et trois professeurs ont été expulsés de leur travail en raison de leur affiliation à l’ordre gonabadi nematollahi (FIDH et LDDHI oct. 2010, 24). Amnesty International (AI) fait observer [traduction] « [qu’]au moins » quatre enseignants ont été congédiés en 2008 en raison de leur participation aux pratiques de l’ordre (AI févr. 2009, 3). Des sources signalent également que des avocats ont perdu leur droit d’exercer parce qu’ils avaient représenté des derviches gonabadi (ibid. févr. 2012, 32; FIDH et LDDHI oct. 2010, 24). Selon AI, un avocat s’est vu retirer son droit d’exercice pendant cinq ans parce qu’il avait représenté un derviche gonabadi (AI févr. 2009, 4).

2.3 Traitement réservé par les autorités, y compris par les forces de sécurité et l’appareil judiciaire, de 1965 à 2014
2.3.1 De 1965 à 1979

D’après le maître de conférences, de 1965 à 1979, l’ordre gonabadi [traduction] « a continué de connaître une période de grande expansion », qui avait débuté des siècles auparavant (maître de conférences 4 sept. 2014). Il a aussi expliqué que, pendant cette période, l’ordre avait essuyé les attaques isolées des clercs islamiques, mais que le grand public lui accordait sa faveur et que ses membres étaient autorisés à publier des livres et à ouvrir des lieux de culte soufis partout en Iran (ibid.). Parmi les sources qu’elle a consultées dans les délais fixés concernant cette période, la Direction des recherches n’a trouvé aucune information allant dans le même sens ni aucun autre renseignement.

2.3.2 De 1979 (la révolution islamique) à 2004

Al-Monitor affirme que, depuis la révolution islamique, les soufis sont [traduction] « soumis à des pressions » de la part du gouvernement iranien et que « les aînés soufis ont été accusés d’atteinte à l’ordre public et à la sécurité nationale et [qu'ils ont été] condamnés pour ces raisons » (1er déc. 2013). De même, il est écrit dans un article publié en 2009 dans Iranian Studies que les derviches de tous les ordres soufis ont [traduction] « souffert de harcèlement grave aux mains de l’État fondamentaliste au cours des trente dernières années » (Lewisohn 2009, 298). Freedom House déclare que [traduction] « les derviches gonabadi semblent persécutés en raison de leur interprétation plus ouverte de l’islam et de la popularité croissante de leurs croyances, que les clercs chiites de l’Iran considèrent comme une menace » (2012).

Des sources signalent qu’un important lieu de culte soufi à Téhéran a été incendié en 1979 (Van den Bos 2013, 150; Lewisohn 1998, 452) et que le régime a emprisonné certains des shaykhs et des derviches qui fréquentaient l’établissement (ibid.). On peut également lire dans l’article publié en 1998 dans le Bulletin of the School of Oriental and African Studies qu’au début des années 1990, le principal cimetière gonabadi à Téhéran a été détruit [traduction] « pour faire plus de place au culte public, au dire des ayatollahs » (ibid., 452-453).

2.3.3 De 2005 à 2013

Selon des sources, le harcèlement des soufis a pris de l’ampleur depuis l’arrivée au pouvoir du président Ahmadinejad en août 2005 (MRG juill. 2014; RFE/RL 12 oct. 2006). De même, M. Van den Bos signale que, depuis, [traduction] « la situation de l’ordre [gonabadi] s’est considérablement détériorée » (Van den Bos 2013, 151). Il explique que les clercs ont lancé des fatwas contre les soufis, lesquelles [traduction] « ont souvent été suivies de violence et de destruction » (ibid.). AI fait observer qu’en 2006, l’ayatollah Lankarani a déclaré que les soufis [traduction] « trompaient la jeunesse iranienne » et que « tout contact avec eux était interdit » (juin 2014, 115). Radio Europe libre/Radio liberté (Radio Free Europe/Radio Liberty - RFE/RL) signale que, selon un représentant de l’ordre gonabadi, la fatwa de l’ayatollah en 2006 précisait également que tout contact avec les soufis, en particulier la confrérie gonabadi, était interdit (RFE/RL 12 oct. 2006).

Selon un rapport de l’International Organization to Preserve Human Rights in Iran (IOPHRI), [traduction] « initiative indépendante de militants européens et américains pour les droits de la personne » (IOPHRI s.d.), entre 2006 et 2011, [traduction] « les attaques contre les derviches sont devenues plus fréquentes et plus organisées », sous la « direction » du guide suprême Ali Khameini (ibid. 21 nov. 2011, 4). Des sources affirment qu’Ali Khameini a dénoncé le soufisme ou [traduction] « les faux mysticismes » dans un discours (AI 12 avr. 2013; Van den Bos 2013, 152) qu'il a prononcé en novembre 2010 (ibid.).

Selon deux sources, la réélection de Mahmoud Ahmadinejad en 2009 a engendré encore plus de répression de l’ordre, parce que le grand maître Tabandeh appuyait le candidat présidentiel de l’opposition, Mehdi Karrubi (ibid.; FIDH et LDDHI oct. 2010, 24).

Dans le rapport de 2010 produit par la FIDH et la LDDHI, il est écrit que [traduction] « l’ordre gonabadi nematollahi a récemment fait l’objet de persécutions plus graves » (ibid., 23). De même, AI signale que [traduction] « les derviches gonabadi […] se sont de plus en plus heurtés au harcèlement au cours des dernières années » (12 avr. 2013).

Des sources font état du fait que plusieurs lieux de culte gonabadi ont été détruits (FIDH et LDDHI oct. 2010, 24; Van den Bos 2013, 151). En février 2006, le lieu de culte gonabadi a été détruit dans la ville de Qom (ibid.; RFE/RL 12 oct. 2006). Des sources signalent que les forces de sécurité ont attaqué et blessé de nombreux derviches gonabadi pendant cet incident (ibid.; Lewisohn 2009, 298). Selon deux sources, à la suite de cet incident, plus de mille derviches gonabadi ont été emprisonnés (IOPHRI 21 nov. 2011, 4; Lewisohn 2009, 298) et certains ont été détenus pendant des mois par les forces policières (ibid.). RFE/RL a fait état de centaines de prisonniers à ce moment-là (RFE/RL 12 oct. 2006). RFE/RL a également déclaré qu’en mai 2006, 52 soufis et leurs avocats avaient été condamnés à des peines d’emprisonnement et à la flagellation pour leur participation à l’incident de février 2006 (ibid.).

En novembre 2007, le lieu de culte gonabadi de la ville de Borujerd a été détruit (FIDH et LDDHI oct. 2010, 24; Van den Bos 2013, 151). D’après l’exposé de synthèse publié dans la revue scientifique Iranian Studies en 2009, la milice Basij du régime, de même que les forces de sécurité de l’État, ont incendié le lieu de culte, blessé 70 derviches gonabadi et emprisonné [traduction] « plus de 150 » derviches et « sympathisants » (Lewisohn 2009, 299).

Le lieu de culte gonabadi d’Ispahan a été détruit en février 2009 (Van den Bos 2013, 151; FIDH et LDDHI oct. 2010, 24). RFE/RL a signalé en 2009 que, le jour suivant la démolition du lieu de culte d’Ispahan par les autorités locales, les forces de sécurité avaient attaqué un groupe de derviches, utilisant la force et des gaz lacrymogènes (RFE/RL 19 févr. 2009). Un certain nombre de derviches ont été blessés et, selon les déclarations, plusieurs ont été emprisonnés (ibid.). Le rapport de la FIDH et de la LDDHI fait observer que les lieux de culte gonabadi des villes d’Ahvaz, d’Omidiyeh et de Karaj avaient également été attaqués entre 2008 et 2010 (FIDH et LDDHI oct. 2010, 24).

Selon le rapport de 2013 publié par l’USCIRF, [traduction] « [a]u cours des dernières années, les autorités ont détenu des centaines de musulmans soufis, en particulier des derviches gonabadi nematollahi, condamnant un grand nombre d’entre eux à des peines d’emprisonnement et de flagellation et à des amendes » (É.-U. 2013b, 73). AI a signalé en 2009 qu’un derviche gonabadi avait été flagellé à 74 reprises après avoir été reconnu coupable de [traduction] « diffamation verbale » parce qu’il s’était plaint publiquement de mauvais traitements reçus de la part d’un représentant du ministère du Renseignement (Ministry of Intelligence) (5 févr. 2009, 4).

Dans son rapport de mars 2014 sur la situation des droits de l’homme en Iran, le Rapporteur spécial des Nations Unies a expliqué

[traduction]

[qu'a]u cours des dernières années, les autorités ont ciblé les musulmans derviches (c’est-à-dire soufis), y compris les membres de l’ordre gonabadi nematollahi. […] [D]epuis 2008, 90 derviches ont été convoqués au ministère du Renseignement pour des interrogatoires, 391 ont été convoqués devant les tribunaux publics et révolutionnaires, et au moins 238 ont été arrêtés. Collectivement, ces actions ont entraîné au moins 970 poursuites depuis 2008, et certaines affaires sont toujours en instance (Nations Unies 13 mars 2014, 11).

D’après des sources, 24 derviches gonabadi ont été condamnés en mai 2010 à des peines d’emprisonnement et de flagellation parce qu’ils avaient participé à une manifestation en 2009 dans la ville de Gonabad (FIDH et LDDHI oct. 2010, 24; AI juin 2010, 20). Les manifestants s’opposaient à la détention du gardien d’un cimetière derviche à Bidokht, qui avait autorisé un enterrement dans le cimetière, ce qui enfreignait une ordonnance gouvernementale interdisant de tels enterrements (ibid.; FIDH et LDDHI oct. 2010, 24). Selon le rapport de la FIDH et de la LDDHI, les peines ont pris la forme d’un emprisonnement de 91 jours à 5 mois, de coups de fouet et « [d’]exil interne » (ibid.).

Des sources affirment que, le 5 septembre 2011, un derviche gonabadi a été tué et que plusieurs personnes ont été blessées pendant une attaque gouvernementale menée par la milice Basij contre les derviches gonabadi à Kavar, dans la province de Fars, dans le sud-ouest du pays (RFE/RL 7 sept. 2011; IOPHRI 21 nov. 2011, 5; É.-U. 2013b, 73). Selon deux sources, au moins 60 gonabadi ont été arrêtés (ibid.; AI févr. 2012, 49). Par contre, l’IOPHRI signale qu’il y a eu 29 arrestations, dont des avocats gonabadi et des administrateurs de Majzooban Noor, le site Internet de nouvelles de l’ordre gonabadi nematollahi [4] (IOPHRI 21 nov. 2011, 6-8). On peut lire dans le rapport de l’USCIRF de 2013 que sept demeurent emprisonnés : trois sont affiliés au site Internet Majzooban Noor et quatre sont des avocats gonabadi qui défendaient les derviches devant les tribunaux (É.-U. 2013b, 73). Le rapport de 2013 signale que trois avocats gonabadi demeurent à la prison d’Evin et qu'à la fin de 2011, ils ont été accusés, en vertu du code pénal islamique, d’avoir [traduction] « "insulté le guide suprême", "colporté des mensonges" et appartenu à un "groupe déviant" » (ibid., 74).

Des sources affirment que les médias de l’État iranien ont continué de vilipender le soufisme en 2013 et en 2014 (ibid. 2014, 60; Van den Bos 2013, 152), en particulier l’ordre gonabadi (ibid.). Selon Majzooban Noor, les forces policières ont intégré [traduction] « des discussions et des exposés contre le soufisme et le mysticisme islamique » dans les cours d’idéologie que les policiers doivent suivre (Majzooban Noor 5 mai 2014). Selon la même source, le cours est donné par un clerc qui a écrit un livre intitulé Materialistic Spiders, lequel contient des allégations et des commentaires offensants contre le soufisme, [traduction] « en particulier l’ordre gonabadi » (ibid.). Parmi les sources qu’elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n’a trouvé aucun autre renseignement allant dans le même sens.

Des sources signalent des cas de mauvais traitements à l’endroit de derviches gonabadi pendant leur détention (AI 12 avr. 2013; Human Rights Watch 25 juill. 2013). Human Rights Watch fait observer que des derviches gonabadi ont été condamnés à l’issue de procès injustes (ibid.). Les plaintes formulées portaient notamment sur :

  • le fait de ne pas avoir été informés des accusations pesant contre eux au moment de l’arrestation (IHRDC 28 mars 2013);
  • le fait de ne pas avoir eu accès à un avocat (ibid., 12 sept. 2014; AI 12 avr. 2013; É.-U. 2013a, 10);
  • le fait que leurs avocats ne sont pas autorisés à examiner les éléments retenus contre eux (ibid.; ICHRI 27 mars 2014).

Deux sources ont également attiré l’attention sur le fait que des derviches gonabadi incarcérés sont soumis à des conditions d’hygiène déplorables en détention (ibid. 8 mai 2012; IHRDC 28 mars 2013). Selon des sources, des derviches gonabadi ont été battus et agressés pendant leur détention (ibid.; Majzooban Noor 19 avr. 2014; Human Rights Watch 25 juill. 2013). On peut d’ailleurs lire dans l’International Religious Freedom Report for 2013 que des derviches ont été soumis à de [traduction] « mauvais traitements » (É.-U. 2013a, 10). Des sources affirment ce qui suit concernant des derviches gonabadi en détention :

  • on leur a refusé des soins et des traitements médicaux (Majzooban Noor 1er juill. 2014; RFE/RL 8 mars 2014; IHRDC 12 sept. 2014, 5);
  • certains ont été mis en isolement cellulaire pendant des périodes allant de un à six mois (ibid. 28 mars 2013; Majzooban Noor 8 mai 2014; Human Rights Watch 25 juill. 2013);
  • on a refusé que des membres de leur famille leur rendent visite (ibid.; Majzooban Noor 10 août 2014; IHRDC 28 mars 2013);
  • ils ont été transférés illégalement (ICHRI 11 mars 2014; Majzooban Noor 25 août 2014) ou transférés à des endroits inconnus (ibid.; ibid. 21 août 2014);
  • certains ont été emprisonnés plus longtemps que ne le prescrivait leur peine (ibid. 2 juill. 2014; ICHRI 8 mai 2012).

2.3.4 De juin 2013 à septembre 2014

Selon Human Rights Watch, depuis l’arrivée au pouvoir du président Rohani, en 2013, [traduction] « la situation générale en matière de droits […] ne s’est pas beaucoup améliorée » (15 mars 2014). De même, des sources font observer que le président Rohani n’a pas tenu les promesses qu’il avait faites pendant sa campagne, à savoir de défendre les droits des minorités religieuses (É.-U. 2014, 59; Majzooban Noor 10 août 2014). Le rédacteur en chef de Majzooban Noor affirme que les forces de sécurité qui ont exercé des pressions sur les derviches gonabadi par le passé demeurent au pouvoir et que, depuis l’arrivée de Hassan Rohani, [traduction] « des peines d’emprisonnement ont été imposées à un certain nombre de derviches » (RFE/RL 8 mars 2014). D’autres sources signalent également que plusieurs derviches gonabadi ont été reconnus coupables en juillet 2013 de divers chefs d’accusation, dont [traduction] « d'appartenir à un groupe déviant » (É.-U. 2013a, 10) et de porter atteinte à la « sécurité nationale » ou de la mettre en danger (ibid.; ICHRI 27 mars 2014). De même, Human Rights Watch souligne qu’en juillet 2013, les tribunaux révolutionnaires de Téhéran et de Chiraz ont condamné 11 membres de l’ordre gonabadi à des peines d’emprisonnement variant de 1 à 10,5 ans, en raison de leurs [traduction] « activités pacifiques » (15 mars 2014). L’International Campaign for Human Rights in Iran (ICHRI), organisation sans but lucratif non partisane et indépendante de défense des droits de la personne située à New York (ICHRI s.d.), affirme également que, parmi les derviches condamnés en juillet 2013, quatre étaient des avocats qui représentaient des derviches gonabadi en justice et qui exploitaient le site Internet Majzooban Noor (ibid. 27 mars 2014).

D’après le rapport de l’USCIRF de 2014, [traduction] « le gouvernement de l’Iran […] a intensifié le harcèlement et les arrestations visant la minorité musulmane soufie, dont d’éminents chefs de l’ordre gonabadi nematollahi, et il a aussi multiplié les restrictions applicables aux lieux de culte et détruit des centres de prière soufis » (60). Human Rights Watch signale par ailleurs que [traduction] « [l]es autorités ont systématiquement ciblé des minorités religieuses et ethniques et [qu']elles ont réservé le traitement le plus brutal aux […] membres de l’ordre soufi gonabadi nematollahi », traitement qui s'est notamment manifesté par « l’arrestation de leurs membres et la destruction de leurs lieux de culte » (15 mars 2014). Des sources ajoutent que les autorités iraniennes ont attaqué et qu'elles ont endommagé au moins un lieu de culte soufi en 2013 (Van den Bos 2013, 151; É.-U. 2013b, 74).

Selon le Rapporteur spécial des Nations Unies, 19 derviches gonabadi étaient toujours en détention le 3 janvier 2014 (Nations Unies 13 mars 2014, 10). Un grand nombre d’entre eux seraient des avocats gonabadi qui représentaient des derviches, ou des membres du site Internet Majzooban Noor (Majzooban Noor 8 mai 2014; IOPHRI 21 nov. 2011, 6, 8). D’après le rapport du Rapporteur spécial des Nations Unies, les derviches gonabadi ont été accusés de diverses infractions en vertu du code pénal islamique, dont [traduction] « la perturbation de l’ordre public », « l’assemblée et la collusion contre la sécurité nationale », « l’insulte au guide suprême », « la propagande contre le système », « l’agitation de la conscience publique » et « l’appartenance à des organisations qui visent à perturber la sécurité nationale » (Nations Unies 13 mars 2013, 24, 26, 32, 54-55). Les derviches gonabadi reconnus coupables ont reçu des peines allant de sept ans et six mois à dix ans et six mois (ibid.). Selon des sources, quatre derviches gonabadi qui étaient détenus en 2013 ont également été reconnus coupables [traduction] « [d’]inimitié à l’égard de Dieu (moharebeh) » (ibid.; Majzooban Noor 4 juin 2014). Selon Majzooban Noor, le cumul des peines d’emprisonnement pour ces quatre derviches gonabadi s’élève à 28 ans d’exil en Iran, dans les villes de Zabol, de Dezfoul, de Maragheh et de Sardasht (ibid.). La même source signale que trois autres derviches gonabadi ont été déclarés coupables [traduction] « [d’]inimitié à l’égard de Dieu » et qu'ils ont été condamnés à la « déportation à perpétuité » (ibid.). On peut lire dans le rapport des Nations Unies qu’un derviche accusé de la même infraction ([traduction] « inimitié à l’égard de Dieu ») a été condamné à 15 ans et 6 mois de prison en 2004 (Nations Unies 13 mars 2014, 55). Parmi les sources qu’elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n’a trouvé aucun autre renseignement allant dans le même sens.

Selon Majzooban Noor, le 8 mars 2014, plus de 2 000 derviches gonabadi ont manifesté devant les bureaux de la cour de justice principale de Téhéran contre le manque de soins médicaux dont étaient victimes deux derviches gonabadi détenus (Al-Monitor 16 mars 2014; ICHRI 11 mars 2014). D’après l’ICHRI, les forces policières ont agressé les derviches (ibid.). Al-Monitor dit qu’environ 200 derviches ont été arrêtés (16 mars 2014). L’ICHRI fait toutefois état de l’arrestation de quelque 326 derviches (ICHRI 11 mars 2014). Les deux sources signalent que les détenus ont tous été libérés le jour suivant (ibid.; Al-Monitor 16 mars 2014).

Selon Majzooban Noor, des derviches gonabadi auraient récemment été convoqués et interrogés par le ministère du Renseignement (Majzooban Noor 26 avr. 2014). La même source signale également que les foyers de plusieurs derviches gonabadi auraient récemment été cambriolés et que des objets religieux gonabadi y auraient été dérobés (ibid. 17 mai 2014). Parmi les sources qu’elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n’a trouvé aucun autre renseignement allant dans le même sens.

Deux sources font observer que plusieurs derviches gonabadi emprisonnés ont entamé une autre grève de la faim pour protester contre leurs conditions de détention (Majzooban Noor 6 sept. 2014; Reporters sans frontières 12 sept. 2014). Selon Reporters sans frontières, la grève de la faim a commencé le 31 août 2014 (ibid.).

2.4 Traitement réservé aux membres des familles par les autorités

Selon l'IOPHRI, les forces de sécurité [traduction] « ont harcelé et maltraité » la famille du directeur d'un site Internet gonabadi en septembre 2011 (21 nov. 2011, 9). L'ICHRI affirme qu'en 2012, la famille d'un derviche gonabadi emprisonné a été [traduction] « harcelée » et « interrogée pendant cinq heures » par des représentants gouvernementaux et qu'elle n'a pas été traitée « correctement » par les autorités lorsqu'elle allait rendre visite au prisonnier (8 mai 2012).

D'après Human Rights Watch, le rédacteur en chef de Majzooban Noor, Farhad Nouri, a déclaré que sa mère avait été arrêtée en septembre 2011 et qu'elle avait été gardée environ trois semaines en isolement cellulaire dans un centre de détention; elle a ensuite été libérée, puis accusée et poursuivie en justice (Human Rights Watch 25 juill. 2013). Il a dit qu'il croyait que les autorités s'en étaient prises à elle pour qu'il se livre (ibid.). Selon l'article, Farhad Nouri a fui l'Iran en 2011 (ibid.). Ce dernier a également dit à Majzooban Noor que les autorités menaçaient encore les familles de certains derviches gonabadi emprisonnés, parce qu'elles avaient parlé aux médias des conditions de détention (Majzooban Noor 10 août 2014). Par ailleurs, le maître de conférences a expliqué qu'à l'heure actuelle, des familles gonabadi entières sont [traduction] « mises sous surveillance si un membre de la famille est interrogé ou qu'il est détenu par les autorités », et que des membres de la famille sont menacés et qu'ils sont mis en garde de ne pas parler à la presse de la situation (4 sept. 2014). Parmi les sources qu'elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n'a trouvé aucun renseignement allant dans le même sens.

3. Protection offerte par l'État

Le Rapporteur spécial des Nations Unies signale [traduction] « la non-conformité au principe de la primauté du droit, de même que l'absence d'enquêtes sur les plaintes et de poursuites devant les tribunaux pour ceux qui violent les droits de la personne » en Iran (Nations Unies 13 mars 2014, paragr. 3). Il écrit également que les lois, les politiques, les attitudes et les pratiques iraniennes qui, de l'avis des Nations Unies, vont à l'encontre des droits de la personne [traduction] « continuent malheureusement impunément, persistent à miner l'indépendance des corps judiciaires de l'État et annulent les sauvegardes qui garantissent des procès équitables » (ibid., paragr. 5). L'International Religious Freedom Report for 2013 précise en outre que

[traduction]

[l]e gouvernement n'a pas pris les mesures nécessaires pour contrer la discrimination, les contraintes, et les attaques occasionnelles dont sont l'objet les minorités religieuses. Les autorités n'ont jamais mené d'enquêtes sur des crimes commis contre des membres des groupes religieux minoritaires et leurs biens, y compris leurs lieux de culte et leurs cimetières (É.-U. 2013a, 15).

En ce qui concerne la possibilité pour les derviches gonabadi, en particulier, d'obtenir une protection de l'État, Majzooban Noor affirme que, [traduction] « malheureusement, malgré toutes les plaintes des derviches, il n'y a pas d'arrestation ni de procédure judiciaire à l'encontre de ceux qui ont causé tous ces conflits » (4 juin 2014).

En réponse aux affirmations, dans son rapport de 2014, du Rapporteur spécial des Nations Unies sur le traitement réservé à l'ordre gonabadi en Iran, le gouvernement de l'Iran a déclaré que [traduction] « [l]es derviches sont des citoyens de la République islamique d'Iran et [qu'ils] sont par conséquent protégés par la constitution et les lois pertinentes » (Iran [2014], 9). De plus, en réponse aux préoccupations exprimées par le Rapporteur spécial des Nations Unies sur l'application du principe de la primauté du droit par l'État, l'Iran a affirmé

[traduction]

[...] [qu']il ne peut y avoir d'arrestations arbitraires dans le pays. Lorsqu'ils instruisent des plaintes déposées par des membres de la population, les magistrats se conforment complètement et sans compromis au principe de la primauté du droit. Les victimes possibles peuvent facilement obtenir des dommages-intérêts en déposant des plaintes (ibid., 1).

Parmi les sources qu'elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n'a trouvé aucun autre renseignement.

Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais fixés. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile. Veuillez trouver ci-dessous les sources consultées pour la réponse à cette demande d'information.

Notes

[1] L'ordre nematollahi était l'un des deux principaux ordres soufis en Iran aux 19e et 20e siècles (Lewisohn 1998, 438). Le soufisme se définit comme le mysticisme islamique (BBC 8 sept. 2009). On trouve des ordres soufis chez les sunnites, les chiites et d'autres groupes islamiques (ibid.).

[2] Le moujtahid se définit comme [traduction] « une personne qui s'engage avec détermination dans la voie de la religion » (maître de conférences 4 sept. 2014). Selon le maître de conférences,

[traduction]

[l]es croyants chiites iraniens (non soufis) suivent habituellement un moujtahid compétent en matière de théologie et de culte, et ces moujtahidin nient presque tous le droit et la légitimité des maîtres soufis (qutb ou pir) d'offrir un accompagnement spirituel à leurs propres disciples parce qu'ils croient que les principes soufis de la relation entre le maître et son disciple sont hérétiques et déviants (ibid.).

[3] Les grands maîtres précédents de l'ordre gonabadi comprennent le sultan Ali Shah (Hajji Mulla Gunabadi) (d. 1909); Nur Ali Shah II (d. 1918); Salih Ali Shah (Hajj Muhammad Hasan) (d. 1966); Rida Ali Shah (Sultan Husayn Tabanda Gunabadi) (d. 1992); et Mahbub Ali Shah (Hajj Ali Tabanda) (d. 1997) (Lewisohn 1998, 451; Mojahed 2004).

[4] Selon RFE/RL, le site Internet Majzooban Noor, [traduction] « site Internet consacré aux nouvelles et à l'information sur les derviches gonabadi en Iran, a été bloqué plus de 40 fois depuis son lancement, en 2007 », et les autorités iraniennes ont arrêté la plupart de ses fondateurs (RFE/RL 20 juin 2014). Selon le rédacteur en chef du site, qui exerce ses fonctions depuis l'extérieur de l'Iran, [traduction] « les soufis qui sont actifs dans le cyberespace sont attaqués par les autorités iraniennes » (ibid.).

Références

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Autres sources consultées

Sources orales : Les tentatives faites pour joindre dans les délais voulus les personnes et organisations suivantes ont été infructueuses : Foundation for Democracy in Iran; Human Rights in Iran Unit; International Campaign for Human Rights in Iran; International Organization to Preserve Human Rights in Iran. Un chargé de cours en études internationales, University of London; un professeur adjoint, Institute of Iranian Studies, University of Gottingen, Allemagne; et un représentant, Iran Human Rights Documentation Center, ont aussi été consultés.

Sites Internet, y compris : Al Jazeera; BBC; Committee of Human Rights Reporters; ecoi.net; Encyclopedia of Philosophy, 2nd ed.; États-Unis – Department of State; Factiva; Foreign Policy; Freedom House; Human Rights Activists News Agency; Huffington Post; ISIM Newsletter; National Council of Resistance of Iran; Nations Unies – Haut-Commissariat pour les réfugiés, Refworld.