Homosexuals in Haiti, their situation and treatment; state protection available to them (2002-December 2004) [HTI43201.FE]

Selon un professeur de sociologie de l'Université du Québec à Montréal et spécialiste des questions touchant Haïti, l'homosexualité, réalité « à peine explorée » et occultée, est « encore "une aberration" dans la société haïtienne », ce qui fait en sorte que seulement quelques personnes ont osé s'identifier publiquement comme homosexuels (1er déc. 2004).

Le site Internet Globalgayz.com présente un commentaire sur le séjour en Haïti de son chroniqueur, Richard Ammon (févr. 2003). Selon l'auteur, l'homosexualité est légale en Haïti, [traduction] « mais non tolérée par la culture majoritairement chrétienne » (Globalgayz.com févr. 2003). La violence envers les homosexuels serait rare, bien qu'un témoin, un Haïtien-américain homosexuel vivant de nouveau en Haïti, rapporte que deux homosexuels auraient été brûlés vifs dans leur maison [traduction] « il y a quelques années » (ibid.). L'auteur indique qu'il n'y a pas de loi pour protéger ceux qui se déclarent ouvertement homosexuels, mais que plusieurs relations homosexuelles ou lesbiennes ne sont pas détectées ou connues de tous; ceci s'explique par le fait que la promiscuité des femmes est davantage acceptée alors que les hommes invoquent souvent des liens de parenté (ibid.).

Aucune corroboration de l'information fournie par Globalgayz.com n'a pu être trouvée parmi les sources consultées par la Direction des recherches.

Par ailleurs, un « plan stratégique national » du ministère de la Santé publique et de la Population d'Haïti mentionne la vulnérabilité des homosexuels face au SIDA en raison du fait que l'homosexualité n'est pas socialement acceptée et que les relations y sont plutôt « clandestines » (Haïti 2002; John Hopkins févr. 2004). Une revue de la littérature sur le VIH/SIDA en Haïti mentionne que les deux seules organisations qui travaillent auprès des « hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes » sont Family Health International et le Groupe de recherche et d'action anti-SIDA et anti-discrimination sexuelle (GRASADIS) (John Hopkins févr. 2004).

Réalisé en 2002 par Anne Lescot et Laurence Magloire pour la compagnie DigitAL LM Films Productions, le documentaire, Des hommes et des dieux aborde les liens entre homosexualité et la pratique du vaudou en Haïti :

Ce documentaire de caractère ethnographique, tourné en Haïti, décrit un certain groupe d'individus: les homosexuels et travestis, dans un contexte donné : le vaudou. La mise en relation de ces deux mondes nous conduit dans un univers symbolique particulier, où les non-dits de la société civile donnent à s'exprimer, parfois dans la plus grande extraversion et théâtralité, parfois avec une émotion profonde. Une émotion reflétant la quête de sens et de reconnaissance d'individus marginalisés dans un pays où l'évocation de l'homosexualité, et qui plus est du travestissement, reste encore tabou. Le vaudou devient alors un espace libérateur, d'expression ou chacun, quelque soit son orientation sexuelle peut trouver protection et réconfort (ALGI 30 oct. 2002).

Globalgayz.com souligne également que le vaudou a un effet important sur la population haïtienne et qu'au sein du vaudou, il n'y a pas de discrimination à l'égard des gais et lesbiennes (févr. 2003).

Dans le magazine en ligne Haïtiwebs, l'homosexualité est abordée sous l'angle de la prostitution des jeunes hommes et des enfants de la rue : « [e]n Haïti, presque tous les enfants de la rue ont déjà eu des relations sexuelles précoces et/ou sont homosexuels. On prétend que le phénomène de prostitution des garçons a été introduit en Haïti par des touristes. Aujourd'hui, le problème s'est étendu » (HaïtiWebs.com 17 mai 2000).

Aucune autre information sur l'homosexualité en Haïti et la protection offerte par l'État aux homosexuels n'a pu être trouvée parmi les sources consultées par la Direction des recherches.

Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais prescrits. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile. Veuillez trouver ci-dessous la liste des autres sources consultées pour la réponse à cette demande d'information.

Références


Associations des lesbiennes et des gais sur Internet (ALGI), Montréal. 30 octobre 2002. « Des hommes et des dieux - Communiqué ». http://www.algi.qc.ca/forum/arts/messages/574.html [Date de consultation : 29 nov. 2004]

Globalgayz.com. Février 2003. Richard Ammon. « Gay Haiti 2003 ». http://www.globalgayz.com/g-haiti.html [Date de consultation : 2 déc. 2004]

Haïtiwebs.com. 17 mai 2000. « Haïti, entre le plaisir et la mort; le phénomène de la prostitution et le SIDA chez les enfants en Haïti ». http://www.haitiwebs.com/biblio/html/16.shtml [Date de consultation : 2 déc. 2004]

Haïti. Mars 2002. Institut Haïtien de l'Enfance (IHE). Ministère de la Santé Publique et de la Population. Plan stratégique national pour la prévention et le contrôle des IST et du VIH/SIDA en Haïti: 2002-2006. http://mirror.undp.org/haiti/usg/Documents/PlanStrategique.doc [Date de consultation : 29 nov. 2004]

John Hopkins Bloomberg School of Public Health, Baltimore, MD. Février 2004. Center for Communication Programs. VIH/SIDA Haïti: une revue de la littérature. http://www.jhuccp.org/africa/haiti/LitreviewAIDS_fr.pdf [Date de consultation : 29 nov. 2004]

Professeur de sociologie à l'Université du Québec à Montréal. 1er décembre 2004. Communication écrite envoyée à la Direction des recherches.

Autres sources consultées


Sites Internet, y compris : Amnesty International, Alterpresse, Freedom House, Haïti en marche, Haïtiglobalvillage.com, Haïti Info, Haïtionline.com, Haïti Progrès, Haïti-Référence, Haitian Times, Human Rights Watch, Miami Herald, Moun, National Coalition for Haitian Rights, Le Nouvelliste, Organisation des États américains, Planet Out, Radio Métropole, Resource Centre of the Americas, Washington Office on Latin America.