Document #1075060
IRB – Immigration and Refugee Board of Canada (Author)
Aucune mention d'un groupe appelé « Amasekaya » n'a pu être trouvée parmi les sources consultées par la Direction des recherches. Par contre, des sources d'information concordantes font état de l'existence d'une organisation appelée « PA Amasekanya » [Puissance d'autodéfense Amasekanya ] (Country Reports 2004 28 févr. 2005, sect. 2b; Net Press 4 avr. 2005; AFP 20 janv. 2005).
Décrit comme étant un [traduction] « mouvement radical tutsi » (Country Reports 2004 28 févr. 2005, sect. 2b; voir aussi AFP 20 janv. 2005) ou un [traduction] « mouvement anti-génocide » (Net Press 4 avr. 2005), le groupe PA Amasekanya est présidé par Diomède Rutamucero (AFP 20 janv. 2005; Net Press 4 avr. 2005; ibid. 24 nov. 2004).
Joint par téléphone à Bujumbura le 21 avril 2005, le président de PA Amasekanya a fourni les renseignements qui suivent à propos de son groupe.
Le groupe PA Amesekanya a été fondé en 1994 à la suite du « génocide » perpétré en 1993 contre les Tutsis par les autorités gouvernementales alors en place. Le groupe lutte pour qu'aucun autre génocide ne se produise dans la région des Grands Lacs africains en général et au Burundi en particulier. En outre, le groupe dénonce la présence, au sein des autorités gouvernementales, des auteurs de ce génocide. Il s'oppose également à la présence des forces des Nations Unies au Burundi, forces qui soutiendraient le régime « génocidaire », et aux accords d'Arusha qui sont à l'origine du gouvernement de transition actuellement en place.
À ses débuts, le groupe PA Amasekanya était composé essentiellement de jeunes. Cependant, aujourd'hui, il englobe des membres de tous les âges, des deux sexes et de tous les groupes ethniques. On trouve de petits comités de membres de PA Amasekanya sur tout le territoire national et même à l'étranger, notamment en Belgique, aux Pays Bas, en France et au Canada. Le groupe ne délivre pas de cartes de membre, étant donné qu'il n'est pas reconnu par les autorités gouvernementales et pour éviter que ses membres ne soient débusqués et arrêtés. Néanmoins, tout membre qui le désire peut obtenir une attestation auprès du président de l'organisation. Dans un tel cas, le dirigeant de PA Amasekanya vérifie la participation de cette personne auprès du comité auquel elle appartiendrait (chaque comité dispose d'un registre des membres) avant d'émettre une attestation. Toute attestation de PA Amasekanya est délivrée sur un papier portant l'en-tête de l'organisation et porte le cachet du groupe ainsi que la signature de son président.
Le 20 février 2005, au cours d'un entretien téléphonique, un journaliste de NetPresse, agence de presse privée du Burundi, a signalé que les membres du groupe PA Amasekanya organisent souvent, à Bujumbura, des manifestions non autorisées au cours desquelles des affrontements avec les forces de sécurité sont fréquents. Il a ajouté qu'à l'exception de leur président, qui est souvent détenu pour une longue période, la plupart des militants du groupe sont arrêtés et détenus pour quelques heures ou quelques jours, puis libérés (ibid.).
Des sources concordantes font état de l'arrestation et de la détention, à plusieurs reprises, du président du groupe PA Amasekanya (AFP 20 janv. 2005; Net Press 24 nov. 2004; ibid. 17 janv. 2003). Par ailleurs, au cours de l'année 2004, selon les Country Reports 2004, le gouvernement burundais de transition a maintes fois refusé que les membres du groupe manifestent (28 févr. 2005, sect. 2.b). Les Country Reports 2004 ajoutent qu'entre le 22 février et le 2 mai 2004, environ 67 membres de ce groupe ont été arrêtés (ibid.).
Par ailleurs, dans son programme de nouvelles diffusé le 29 mars 2004, la radio FM locale Bonesha mentionnait que, le 28 mars 2004, 15 des membres du groupe PA Amasekanya avaient été arrêtés par la division spéciale burundaise. Dans son émission diffusée le 24 mars 2004, la même radio signalait que la gendarmerie avait empêché la tenue d'une manifestation planifiée par les membres du groupe PA Amasekanya (Bonesha 24 mars 2004).
Pour plus d'information sur le groupe PA Amasekanya, veuillez consulter BDI40655.F du 4 février 2003.
Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais prescrits. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile. Veuillez trouver ci-dessous la liste des autres sources consultées pour la réponse à cette demande d'information.
Références
Agence France Presse (AFP). 20 janvier
2005. « Burundi Court Acquits Radical Tutsi Leader ».
(Dialog)
Bonesha [Bujumbura, en français].
29 mars 2004. « Programme Summary of Burundi's Bonesha FM
Radio News ». (WNC/Dialog)
_____. 24 mars 2004. « Programme
Summary of Burundi's Bonesha FM Radio News 1115 GM »
(WNC/Dialog)
Country Reports on Human Rights
Practices for 2004. 28 février 2005. Département
d'État des États-Unis. Washington, D.C. http://www.state.gov/g/drl/rls/hrrpt/2004/41591.htm
[Date de consultation : 22 avr. 2005]
Net Press [Bujumbura]. 20 avril 2005.
Entretien téléphonique avec un journaliste.
_____. 4 avril 2005. « Burundi:
Tutsi Group Wants UN to Act Against «Genocidal Terrorists
». (BBC International Reports/Dialog)
_____. 8 mars 2005. « Burundians
Politicians Say 28 February Referendum Undemocratic ». (BBC
International Reports/Dialog)
_____. 24 novembre 2004. «
Burundi: Tutsi Group Leader Complains to UN Security Council for
Unfair Arrest ». (BBC International Reports/Dialog)
_____. 17 janvier 2003. «
Chronology of Events During 2002 ». (Dialog)
Puissance d'autodéfence
Amasekanya (PA Amasekanya). 22 avril 2005. Entretien
téléphonique avec le président.
Autres sources consultées
Publications : Africa
Confidential, Africa Research Bulletin, dossier de
pays du Centre des ressources, Jeune
Afrique/L'intelligent, Keesing's Record of World
Events.
Sites Internet, y compris :
AllAfrica, Amnesty International, BBC Africa, Human Rights Watch
(HRW), IRIN, International Crisis Group (ICG), ITEKA.