Syria: Frequency of abductions and extortion of civilians committed by rebel groups; rebel groups particularly involved in these acts and their areas of operation in the country; whether rebel groups target a particular social group, including Christians [SYR104425.E]

Syrie : information sur la fréquence des enlèvements et l'extorsion de civils commis par des groupes rebelles; les groupes rebelles particulièrement impliqués dans ces actes et leurs zones d'activités au pays; information indiquant si les groupes rebelles ciblent des groupes sociaux particuliers, dont les chrétiens

Direction des recherches, Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada, Ottawa

1. Fréquence des enlèvements

D'après l'Agence France-Presse (AFP), il est [traduction] « impossible de savoir combien de personnes ont été enlevées » en Syrie (AFP 4 avr. 2013). On peut également lire dans le Washington Post qu'il est [traduction] « difficile de quantifier » l'ampleur de la menace d'enlèvement (23 avr. 2013).

L'AFP a affirmé que, selon les estimations du directeur du Syrian Observatory of Human Rights, un groupe de défense des droits de la personne établi à Londres, de 2 000 à 3 000 personnes ont été enlevées de mars 2011 à septembre 2012 (19 sept. 2012). En avril 2013, le même directeur aurait déclaré que [traduction] « plusieurs centaines de personnes ont été enlevées en raison de leur religion, et des milliers d'autres pour de l'argent » (cité dans AFP 4 avr. 2013). D'après l'International Rescue Committee (IRC), une organisation de New York venant en aide aux populations de réfugiés partout dans le monde, les enlèvements en Syrie sont [traduction] « répandus » et des « milliers » de personnes ont disparu (janv. 2013, 6). Selon La Presse canadienne, des [traduction] « centaines » d'enlèvements fondés sur la religion [enlèvements visant à promouvoir une religion] ont été commis dans le nord (7 mars 2013).

Plusieurs sources signalent que le nombre d'enlèvements a augmenté (Washington Post 23 avr. 2013; Xinhua 16 mars 2013; The Telegraph 7 sept. 2012). Selon les explications de l'AFP, le nombre d'enlèvements augmente lorsque la violence augmente (19 sept. 2012), alors que le Washington Post affirme que les enlèvements ont augmenté parce que le conflit est passé des zones rurales aux zones urbaines (23 avr. 2013).

Plusieurs sources signalent que les enlèvements par des groupes rebelles ont lieu dans un contexte [traduction] « de mépris de la loi » (BBC 26 nov. 2012; The Christian Science Monitor 14 mai 2013; Washington Post 23 avr. 2013) et « d'anarchie » accrus (BBC 26 nov. 2012; AFP 19 sept. 2012; Nations Unies 13 mai 2013).

Les groupes rebelles peuvent commettre des enlèvements pour des motifs politiques (AFP 19 sept. 2012; AI 14 mars 2013, 4), comme le fait d'appartenir au Parti baas, qui est au pouvoir (ibid.), pour des motifs liés à la religion (AFP 4 avr. 2013; AI 14 mars 2013, 4), en vue de l'échange de prisonniers (AFP 4 avr. 2013; AI 14 mars 2013, 4) ou pour obtenir des rançons (AFP 4 avr. 2013; AI 14 mars 2013, 4; Washington Post 23 avr. 2013). Certains groupes rebelles auraient enlevé des personnes contre rançon, afin d'acheter des armes (ibid.; Xinhua 16 mars 2013), ou auraient demandé à être payés en munitions (AFP 19 sept. 2012).

2. Extorsion

Des sources soulignent que l'extorsion constitue un problème dans les zones sous l'emprise de groupes rebelles (AFP 2 nov. 2012; VOA 28 mars 2013; Carnegie Middle East Center 3 avr. 2013). L'AFP signale que l'extorsion par des groupes rebelles [traduction] « est devenue courante » (2 nov. 2012). Selon des médias, des actes d'extorsion sont signalés, particulièrement dans le nord de la Syrie (AFP 30 nov. 2012; VOA 28 mars 2013).

Reuters signale que des hommes d'affaires et des industriels à Alep ont fait l'objet d'extorsion par des groupes rebelles (24 oct. 2012). D'après la même source, nombre de propriétaires d'usines donnent de l'argent à des gangs en échange de leur protection, et les paiements mensuels sont de l'ordre de 4 000 $ à 5 000 $ plus un versement initial pouvant aller jusqu'à 100 000 $ selon la taille de l'usine (Reuters 24 oct. 2012). Reuters souligne qu'il y a eu plusieurs cas d'usines incendiées ou de personnes tuées à titre de représailles parce que les sommes exigées n'avaient pas été payées (24 oct. 2012). On peut également lire dans le Globe and Mail que des groupes rebelles ont également recours à l'extorsion à Alep (15 mars 2013).

Le Carnegie Middle East Center, un groupe de réflexion sur la politique publique à Beyrouth qui se concentre sur des questions politiques et socioéconomiques régionales (s.d.), souligne que l'extorsion est l'une des raisons pour lesquelles des civils quittent certaines zones sous le contrôle de groupes rebelles (Carnegie Middle East Center 3 avr. 2013). L'Internal Displacement Monitoring Centre (IDMC), une organisation de surveillance internationale à Genève qui a été établie par le Conseil norvégien pour les réfugiés (s.d.), affirme aussi que [traduction] « l'intimidation » dans les régions sous l'emprise de groupes rebelles constitue l'une des causes des déplacements (IDMC 31 juill. 2012, 8-9).

3. Implication des groupes rebelles

Des sources signalent que certains enlèvements dans les zones sous l'emprise de groupes rebelles ou dans les zones litigieuses sont commis par des [traduction] « gangs criminels » (Xinhua 16 mars 2013), des groupes armés sans liens avec des groupes rebelles (The Christian Science Monitor 14 mai 2013), ou encore par des groupes armés « se présentant comme des groupes rebelles ou des milices loyalistes » qui commettent des enlèvements à « des fins d'extorsion » (ANSA 29 janv. 2013).

D'après plusieurs sources, de multiples groupes sont impliqués dans des enlèvements, et la différence est ténue entre activités rebelles et activités criminelles (AFP 19 sept. 2012; Globe and Mail 15 mars 2013; Nations Unies 13 mai 2013). Un militant à Alep, cité par l'AFP, a déclaré que [traduction] « certains voleurs se font passer pour des rebelles, certains rebelles agissent comme des criminels et des partisans armés du régime agissent en justiciers » (AFP 19 sept. 2012). Selon un autre militant à Alep, certains des groupes rebelles actifs dans cette région [traduction] « ne sont que des groupes criminels organisés » qui commettent des enlèvements, des actes d'extorsion et d'autres crimes (Globe and Mail 15 mars 2013). D'après le directeur du Syrian Observatory of Human Rights, [traduction] « des groupes soutenant le régime et des groupes s'opposant au régime enlèvement des membres des groupes adverses, afin d'échanger des prisonniers ou d'exiger des sommes d'argent, alors [qu'il y a] d'autres groupes de criminels qui cherchent seulement à extorquer une rançon des familles des victimes » (cité dans AFP 19 sept. 2012). Selon les Réseaux d'information régionaux intégrés (IRIN) des Nations Unies, [traduction] « des centaines de milices et de bataillons différents opèrent sur le terrain », et chaque groupe suit ses propres règles (Nations Unies 13 mai 2013). De même, Human Rights Watch souligne que nombre de groupes rebelles qui commettent des violations, comme des enlèvements, ne font pas partie d'une structure de commandement organisée et ne suivent pas les ordres du Conseil national syrien (Syrian National Council - SNC) (20 mars 2012).

Plusieurs sources soulignent que l'Armée syrienne libre (Free Syrian Army - FSA) est responsable de certains enlèvements (The Telegraph 7 sept. 2012; The Christian Science Monitor 10 août 2012; Human Rights Watch 20 mars 2012; AI 14 mars 2013, 3). Certaines sources font état d'enlèvements commis par une faction [traduction] « corrompue » de la FSA à Alep (USA Today 13 mai 2013; The Christian Science Monitor 14 mai 2013), ou par des groupes armés « se faisant passer » pour des membres de la FSA (The Christian Science Monitor 14 mai 2013; Human Rights Watch 20 mars 2012; BBC 26 nov. 2012).

Voici le nom de brigades et de groupes rebelles particuliers qui auraient commis des enlèvements, comme en font état des médias et des organisations de défense des droits de la personne :

  • brigade Abu Bakr al-Siddiq à Alep (The Telegraph 7 sept. 2012);
  • brigade rebelle Suqoor al-Sham (AFP 4 avr. 2013);
  • bataillon Al-Nur à Saraqeb, un groupe salafiste ne faisant pas partie de la FSA (Human Rights Watch 20 mars 2012);
  • brigade Asifat al-Shimal, un groupe exerçant ses activités dans le nord de la Syrie, près de la frontière avec la Turquie, et qui serait responsable de l'enlèvement de 11 Libanais chiites traversant la Syrie à leur retour d'un pèlerinage en Iran (AI 14 mars 2013, 4);
  • brigade al-Baraa', un groupe lié à la FSA qui aurait enlevé 48 otages iraniens, les aurait détenus du mois d'août 2012 à janvier 2013, puis les aurait libérés en échange de 2 130 civils syriens détenus par les autorités (ibid.). Cette brigade exercerait ses activités à Damas et dans les banlieues de Damas (ibid.).

D'après Voice of America (VOA), un diffuseur d'information financé par le gouvernement des États-Unis (s.d.), les bataillons Farouq dans le nord sont reconnus pour leurs actes d'extorsion, entre autres crimes (28 mars 2013). Ce groupe rebelle contrôle les passages frontaliers [traduction] « lucratifs » vers la Turquie à Tal Abyad et à Bab al Hawa (VOA 28 mars 2013).

3.1 Lieux des enlèvements

Selon le directeur de Human Rights Watch pour le Moyen-Orient, des enlèvements sont [traduction] « commis soit dans des régions qui ne sont pas sous le contrôle du gouvernement, soit dans d'autres régions avec l'accord tacite des shabiha [miliciens soutenant le gouvernement] ou des membres des services de sécurités » (cité dans le Washington Post 23 avr. 2013).

Des sources soulignent que des enlèvements ont été commis dans les endroits suivants :

  • Damas (BBC 26 nov. 2012; AFP 19 sept. 2012; Washington Post 23 avr. 2013). D'après l'Associated Press (AP), il y a eu une hausse marquée du nombre d'enlèvements à Damas (24 avr. 2013);
  • Dummar, un district résidentiel à 10 minutes de Damas, connu pour ses [traduction] « nombreux incidents d'enlèvements » (BBC 26 nov. 2012);
  • Yarmuk, un camp de réfugiés palestiniens dans le sud de Damas ( augmentation marquée du nombre d'enlèvements) (AFP 19 sept. 2012);
  • Alep (ibid.; USA Today 13 mai 2013; The Christian Science Monitor 14 mai 2013);
  • dans la région entre Alep et Damas (AFP 4 avr. 2013);
  • villages dans la province d'Alep au nord (augmentation marquée du nombre d'enlèvements), y compris Zahraa et Nabul (ibid. 19 sept. 2012);
  • nord de la Syrie (AP 24 avr. 2013; La Presse canadienne 7 mars 2013). L'AP fait état d'une hausse marquée du nombre d'enlèvements dans le nord de la Syrie (24 avr. 2013);
  • Ras-al-Ayn, dans le nord-est de la Syrie (USA Today 19 avr. 2013);
  • Jebel Al-Krud (Asharq Al-Awsat 14 mars 2013);
  • gouvernorat d'Al-Hasakah dans le nord-est de la Syrie (New York Times 14 févr. 2013);
  • province d'Idlib dans le nord de la Syrie (AP 16 févr. 2013);
  • Taftanaz, un village dans la province d'Idlib (Human Rights Watch 20 mars 2012);
  • Saraqeb (AFP 2 nov. 2012; Human Rights Watch 20 mars 2012). D'après l'AFP, Saraqeb est [traduction] « particulièrement reconnue pour les enlèvements » (2 nov. 2012);
  • al-Bab (The Telegraph 7 sept. 2012);
  • Homs (Human Rights Watch 20 mars 2012; Reuters 26 janv. 2012).

4. Cibles des enlèvements

L'Agenzia Nazionale Stampa Associata (ANSA), une agence de presse à Rome, signale que la menace d'enlèvements en Syrie [traduction] « touche les membres de tous les groupes et de toutes les factions dans le cadre d'une guerre qui est également alimentée par des vendettas personnelles et des vendettas entre clans, des règlements de comptes, des rivalités en raison de ressources restreintes, la recherche excessive de profit et la criminalité courante » (ANSA 29 janv. 2013). De même, le Washington Post qualifie [traduction] « d'entreprise criminelle » la menace croissante d'enlèvement qui plane sur les Syriens « ordinaires » dans le contexte de l'augmentation de l'anarchie et du recours accru aux enlèvements contre rançon (23 avr. 2013). Outre la menace à l'égard des hommes, des sources signalent des cas d'enlèvement d'enfants (BBC 26 nov. 2012; ANSA 29 janv. 2013; New York Times 14 févr. 2013) et de femmes (Reuters 26 janv. 2012; IRC janv. 2013, 6). L'IRC dit avoir été informé de cas de femmes et de jeunes filles qui auraient été enlevées et violées (janv. 2013, 6).

Des sources signalent que des rebelles ont enlevé des personnes riches (BBC 26 nov. 2012; The Telegraph 7 sept. 2012). D'après plusieurs sources, des hommes d'affaires ont été ciblés à des fins d'enlèvement (BBC 26 nov. 2012; Washington Post 23 avr. 2013; Xinhua 16 mars 2013). Reuters signale que, selon la chambre de commerce, au moins 100 hommes d'affaires ont été enlevés depuis le début du conflit (24 oct. 2012). D'après certains médias, des groupes rebelles ont enlevé des professionnels (Washington Post 23 avr. 2013; Xinhua 16 mars 2013), notamment des médecins (Washington Post 23 avr. 2013). Human Rights Watch donne l'exemple d'une personne travaillant à l'administration de l'hôpital national à Alep qui a été enlevée et détenue à Saraqeb par les forces de l'opposition (Human Rights Watch 20 mars 2012).

Plusieurs sources soulignent que des sympathisants civils du gouvernement ont été enlevés (GCR2P 15 mars 2013, 2; AFP 4 avr. 2013). Des réfugiés à la frontière de la Jordanie, tel qu'en fait état le The Christian Science Monitor, ont affirmé que des membres de la famille de personnes liées au régime ont disparu (The Christian Science Monitor 10 août 2012).

Certaines sources signalent que les minorités en Syrie sont la cible d'enlèvements par des groupes rebelles (The Irish Times 4 mai 2013; AI 14 mars 2013, 3; AFP 4 avr. 2013). D'après un chercheur de Human Rights Watch, tel qu'en fait état l'AFP, les membres de minorités religieuses sont plus vulnérables aux enlèvements, car ils sont perçus comme des sympathisants du gouvernement (4 avr. 2013). Amnesty International (AI) souligne que les minorités, notamment les musulmans alaouites, les musulmans chiites et les chrétiens sont souvent perçus comme des [traduction] « sympathisants du gouvernement », bien que certains membres de ces groupes appuient l'opposition (14 mars 2013, 3). AI a constaté que certains des enlèvements de membres de groupes minoritaires ont été commis dans le contexte de leur présumée association avec le gouvernement (à titre d'informateurs, de collaborateurs ou de membres de milices progouvernementales), alors que d'autres ont été commis uniquement en raison de [traduction] « l'appartenance religieuse » (14 mars 2013, 3). L'AFP signale que la [traduction] « haine liée à la religion » est plus courante comme motif d'enlèvement dans les zones de conflit militaire, où différentes communautés religieuses vivent à proximité les unes des autres (AFP 4 avr. 2013).

Plusieurs sources font état du fait que les victimes d'enlèvements comprennent des alaouites (Human Rights Watch 20 mars 2012; Reuters 26 janv. 2012; ANSA 29 janv. 2013). D'après Reuters, les alaouites sont une branche de l'islam chiite [ou chi'ite], et de nombreux alaouites ont fait partie de l'élite militaire et politique du régime Assad (26 janv. 2012). Des sources affirment qu'Assad est un alaouite (AI 14 mars 2013, 3), mais ce ne sont pas tous les alaouites qui appuient le régime Assad (ibid.; Reuters 26 janv. 2012). Human Rights Watch donne l'exemple d'un alaouite dont les parents âgés ont été enlevés de leur domicile à Karam el Zeytoun, Homs, par un gang armé (20 mars 2012, 4). Comme l'a précisé le fils du couple, les ravisseurs auraient demandé en rançon de l'argent et des armes, mais qu'ils auraient tué le couple le jour suivant (ibid.). Le fils a déclaré que ses parents n'avaient aucun lien avec le gouvernement et que la religion et l'argent constituaient les motifs de l'enlèvement (ibid.). Parmi les sources qu'elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n'a trouvé aucune autre information corroborant ce récit.

Plusieurs sources font état d'enlèvements de sunnites par des chiites et d'enlèvement de chiites par des sunnites (ANSA 29 janv. 2013; AP 16 févr. 2013; Reuters 26 janv. 2012). Des chiites de Zahraa et de Nabul, dans la région rurale d'Alep, affirment que plus de 100 membres de leur parenté ont été enlevés par des rebelles, qui auraient exigé comme rançon 1 500 balles par personne (AFP 19 sept. 2012).

L'ANSA signale que d'autres minorités syriennes sont visées par la menace d'enlèvement, notamment les Druzes, les Kurdes et les Arméniens (29 janv. 2013). Human Rights Watch déclare que des civils de pays présumés appuyer le régime Assad, comme la Russie, l'Ukraine et l'Iran, ont également fait l'objet de menaces de la part de groupes rebelles et ont été victimes d'enlèvements (22 déc. 2012). Le 17 décembre 2012, deux travailleurs russes et un travailleur italien auraient été enlevés par des agresseurs inconnus à Latakia (Human Rights Watch 22 déc. 2012). En octobre 2012, une journaliste ukrainienne a été enlevée par des rebelles, qui l'accusaient d'appuyer l'armée syrienne (ibid.). Certaines sources font aussi état de l'enlèvement de chiites libanais (ibid.; ANSA 29 janv. 2013; AI 14 mars 2013, 4), ainsi que de l'enlèvement de ressortissants iraniens par la FSA (Human Rights Watch 22 déc. 2012; The Christian Science Monitor 10 août 2012; AI 14 mars 2013, 4).

4.1 Chrétiens ciblés

Des médias signalent que des chrétiens ont été enlevés par des groupes rebelles (ANSA 29 janv. 2013; Al Jazeera 22 avr. 2013; USA Today 19 avr. 2013), notamment à : Alep (Al Jazeera 22 avr. 2013), Ras-al-Ayn (USA Today 19 avr. 2013) et Saraqeb (AFP 2 nov. 2012).

Plusieurs sources font état d'un cas d'enlèvement très médiatisé qui a eu lieu en avril 2013; deux archevêques d'Alep-un évêque orthodoxe syrien, Yohanna Ibrahim, et un évêque orthodoxe grec, Boulos Yaziji-ont été enlevés alors qu'ils se déplaçaient en voiture entre Alep et la frontière avec la Turquie (The Irish Times 4 mai 2013; AP 24 avr. 2013; Al Jazeera 22 avr. 2013). D'après Al Jazeera, l'incident a eu lieu dans le village de Kfar Dael, sur la route entre Bab al Hawa et Alep (22 avr. 2013). Bien que des médias affirment qu'il n'est pas clair qui est responsable de l'enlèvement des évêques (AP 24 avr. 2013; Al Jazeera 22 avr. 2013; Reuters 23 avr. 2013), certaines personnes reçues en entrevue sont d'avis que les ravisseurs sont des combattants tchétchènes (AP 24 avr. 2013; The Irish Times 4 mai 2013; Reuters 23 avr. 2013), qui ont des liens avec le groupe Jabhat al-Nusra (AP 24 avr. 2013). Le chef du conseil des rebelles à Alep aurait déclaré que le groupe n'était pas responsable de l'enlèvement (Reuters 23 avr. 2013). Deux sources affirment que les évêques étaient partis en mission, afin de négocier la libération de deux prêtres enlevés précédemment (The Irish Times 4 mai 2013; Reuters 23 avr. 2013), alors qu'une autre source déclare que les évêques faisaient du travail humanitaire dans la province d'Alep (Al Jazeera 22 avr. 2013). Leur chauffeur aurait été tué par les ravisseurs (AP 24 avr. 2013). On peut lire dans l'Irish Times qu'au 4 mai 2013, les évêques étaient toujours détenus (4 mai 2013).

L'AFP signale que, le 29 octobre 2012, neuf hommes chrétiens, dont sept Arméniens, ont été enlevés près de Saraqeb, lorsque l'autocar à bord duquel ils se trouvaient et qui faisait le trajet de Beyrouth à Alep a dû s'arrêter à un poste de contrôle (AFP 2 nov. 2012). Un militant syrien a déclaré que le Front Al-Nusra (Al-Nusra Front), un groupe [traduction] « extrémiste islamiste », était responsable (ibid.). Une source de la communauté arménienne à Alep a déclaré que les hommes étaient détenus par Jund Allah, un groupe proche du Front Al-Nusra (ibid.). Une des victimes a été libérée afin qu'elle obtienne une rançon de 3,3 millions de livres syriennes (48 000 $) pour amorcer les négociations en vue de la libération des autres hommes, dont son fils (ibid.). Selon un membre de la communauté arménienne d'Alep, l'enlèvement était également motivé par l'argent parce qu'ils [traduction] « [s]avent que les chrétiens ont de l'argent et qu'ils paieront » (AFP 2 nov. 2012). Parmi les sources qu'elle a consultées dans les délais fixés au sujet de cet incident, la Direction des recherches n'a trouvé aucune autre information allant en ce sens.

En ce qui concerne un autre incident signalé par l'AFP, un chrétien âgé de 37 ans a dit avoir été enlevé par la brigade rebelle Suqoor al-Sham en raison de ses liens avec le Parti social nationaliste syrien, qui appuie le régime (AFP 4 avr. 2013). Il dit avoir été détenu pendant plusieurs semaines et avoir été soumis à la [traduction] « torture », mais il a par la suite été libéré lors d'un échange de prisonniers (AFP 4 avr. 2013).

Le vicaire de Mardin, une ville turque où vivent des réfugiés syriens dans un monastère syrien orthodoxe, a déclaré que des gangs de rebelles armés ont ciblé des chrétiens dans le gouvernorat d'Al-Hasakah, une région dans le nord-est de la Syrie qui selon lui [traduction] « a sombré dans l'anarchie » (New York Times 14 févr. 2013).

On peut lire dans l'Irish Times que des chrétiens et d'autres minorités ont été la cible d'enlèvements par des [traduction] « factions rebelles de fondamentalistes musulmans radicaux » (4 mai 2013). La même source affirme que les chrétiens se sentent [traduction] « particulièrement menacés » par le groupe Jabhat al-Nusra (The Irish Times 4 mai 2013). D'après certaines sources, il s'agit d'un groupe islamiste lié à Al-Qaïda (ibid.; USA Today 19 avr. 2013).

L'IDMC signale que le bataillon al-Faruq de la FSA aurait imposé des [traduction] « "taxes" » aux chrétiens (IDMC 31 juill. 2012, 9).

5. Recours pour les victimes

D'après le Christian Science Monitor, [traduction] « [l]'opposition a créé des unités de police, des tribunaux et des prisons provisoires, mais le taux de criminalité a augmenté beaucoup plus rapidement que les mesures prises pour contrôler la criminalité » (14 mai 2013). On peut lire dans Asharq Al-Awsat, un quotidien de langue arabe de Londres publié dans 14 villes sur quatre continents (s.d.), que la FSA a tenté d'établir une unité de police à Jebel Al-Krud lorsque les forces du régime ont été vaincues, mais l'opération, qui comptait 40 au début, n'a plus compté par la suite que quatre bénévoles en raison de l'absence de fonds pour les salaires (14 mars 2013).

Un article publié par le Carnegie Middle East Center attire l'attention sur le fait que ni le SNC ni la FSA ne sont en mesure d'exercer un contrôle sur les groupes rebelles [traduction] « disparates » (3 avr. 2013). De même, La Presse canadienne souligne que le SNC [traduction] « n'a aucune autorité sur les combattants au sol » (7 mars 2013).

Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais fixés. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile. Veuillez trouver ci-dessous les sources consultées pour la réponse à cette demande d'information.

Références

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Reuters. 23 avril 2013. Oliver Holmes. « Syrian Rebels Say They Are Looking for Kidnapped Bishops ». (Factiva)

_____. 24 octobre 2012. « Mideast Money--Aleppo Business leaders Targeted in Syria Violence ». (Factiva)

_____. 26 janvier 2012. « In Tumultuous Syrian City, Kidnapping Trade Booms ». [Date de consultation : 17 mai 2013]

The Telegraph. 7 septembre 2012. Ruth Sherlock Beirut. « Epidemic of Kidnappings Breaks out in Syria ». (Factiva)

USA Today. 13 mai 2013. Tom A. Peter. « Syrians Losing Patience, Confidence in Revolution ». (Factiva)

_____. 19 avril 2013. Balint Szlanko. « Syrian Militias Making Life Miserable in Village; Locals Caught in Struggle Between Competing Factions ». (Factiva)

Voice of America (VOA). 28 mars 2013. Jamie Dettmer. « Lawlessness Spreading in Rebel-Held Syria ». (Factiva)

_____. S.d. « Overview ». [Date de consultation : 30 mai 2013]

Washington Post. 23 avril 2013. Babak Dehghanpisheh et Suzan Haidamous. « In Syria, Kidnappings on the Rise as Lawlessness Spreads ». (Factiva)

Xinhua. 16 mars 2013. « Feature: Abduction Turns into Multi-Million-Dollar Business in Syria ». (Factiva)

Autres sources consultées

Sources orales : Les tentatives faites pour joindre des représentants des organisations suivantes ont été infructueuses: Human Rights Watch, Syrian Network for Human Rights. Un représentant du Center for Civilians in Conflict n'a pas été en mesure de fournir des renseignements.

Sites Internet, y compris : Albawaba; Alkarama; Arabic Network for Human Rights Information; Center for Civilians in Conflict; Christian Solidarity Worldwide; ecoi.net; ECRE; États-Unis — Congressional Research Service; Washington Institute for Near East Policy; Freedom House; Human Rights First; Institute of War and Peace Reporting; International Crisis Group; International Federation for Human Rights; Jamestown Foundation; MSF; Middle East Media Research Institute; Middle East Review of International Affairs; Minorities at Risk; Minority Rights Group International; Nations Unies — IRIN, Refworld, ReliefWeb; Organisation mondiale contre la torture; Radio Free Europe/Radio Liberty; Revue Migrations Forcées; Syrian Human Rights Committee; Syrian Network for Human Rights; Syrian Observatory for Human Rights.