Update to NGA33175.E of 5 November 1999 on the Ogboni "cult"/fraternity [NGA36833.E]

À la fin décembre 2000, The Guardian a signalé que le chef Adeleke Oyenuga, qui occupe un poste [traduction] « d'olouwo au sein de la confrérie des aborigènes ogbonis du Nigeria [Ogboni Aborigene Fraternity of Nigeria] », ne pouvait pas dire avec certitude à quel moment les Ogbonis ont fait leur apparition au Nigeria (31 déc. 2000a). Oyenuga a énuméré les [traduction] « souches » d'Ogbonis suivantes :

[traduction]
il y a d'abord Osougbo gbede que l'on considère normalement comme appartenant aux obas [rois]. C'est pour les chefs parmi les obas. Il y a la Confrérie des aborigènes ogbonis du Nigeria, il y a l'Iwoule Ogboni qui, croit-on, est réservé aux quatre anciens. On a l'Ogboni Otou Ife puis l'Ogboni Arapa Nika, qui est venu d'Akoko dans l'État d'Ondo, l'Ogboni Ara Ife, l'Ogboni Akala, l'Ogboni Agamasa, l'Ogboni Ogenete et aussi la Confrérie réformée des Ogbonis (Reformed Ogboni Fraternity - ROF) qui est issue de la Confrérie des aborigènes ogbonis. Je suis membre de tous ces groupes sauf la ROF (ibid.).

Répondant à une question sur les différences entre les souches, Oyenuga a déclaré ce qui suit :

[traduction]
Il y a de multiples différences en ce sens que leur culte n'est pas semblable bien qu'ils vénèrent tous Edan qui est comme un dieu.
Ainsi, c'est un fait que si vous êtes membre de la Confrérie des aborigènes mais que vous n'êtes pas initié à l'Ogboni Osougbo, vous ne pouvez pas faire valoir cette appartenance aux Aborigènes pour participer à une cérémonie des Osougbos. Si vous le faites, vous en subirez les conséquences. C'est comme ça que ça se passe pour tous ces groupes.
Toutefois, les Osougbos, étant donné qu'ils sont les chef des obas peuvent assister aux cérémonies des Aborigènes parce qu'ils sont des membres respectés de la société.
Il n'est donc pas explicitement possible pour un membre de l'un de ces groupes de s'introduire de force dans un autre groupe. Les Aborigènes peuvent, dans la plupart des cas, participer à une cérémonie de la ROF parce que celle-ci est issue des Aborigènes et que ceux-ci peuvent parler sa langue. C'est la langue (mode de communication) qui trahit quiconque cherche à usurper une identité (ibid.).

Oyenuga s'est présenté comme [traduction] « un traditionaliste dans l'âme » et a déclaré qu'il était devenu un membre des Ogbonis en raison de l'aide que ce groupe fournit [traduction] « en des moments difficiles » et aussi en raison de l'entraide des membres (ibid.).

Interrogé sur la date de la fondation du groupe traditionnel des Ogbonis, le chef Emmanuel Olatounji Akinyemi, olouwo de l'iledi (assemblée locale) Iyadamilola I des aborigènes ogbonis à Imota et a déclaré que personne ne savait quand les Ogbonis ont vu le jour. [Traduction] « Ce que l'on sait des Ogbonis, c'est qu'ils existaient avant l'ère coloniale, qu'ils régnaient avec les obas, qu'ils gouvernaient et tranchaient les questions selon les usages traditionnels et qu'ils étaient si méticuleux que, quand les colonisateurs sont arrivés ils ont jugé leur système si robuste qu'ils n'ont pas pu le changer » (ibid. 31 déc. 2000b).

The Guardian signale que

[traduction]
selon Otounba David Adekounle Olaiya Adeniji, olori apena [deuxième dirigeant] de la ROF, cette organisation n'admet que les personnes qui croient en Dieu et qui rejettent le fétichisme comme mode de vie. On ne sait pas si les autres groupes adhèrent à ce principe.
Selon les observations de l'hebdomadaire The Guardian On Sunday, la plupart des membres des diverses souches sont soit des chrétiens, soit des musulmans, ce qui signifie qu'ils n'appartiennent aux Ogbonis que pour élargir leurs relations sociales et pour pouvoir compter sur une aide fraternelle en cas de besoin [...]
Bien que les diverses souches se chamaillent, elles ont un adversaire commun, l'Église. Cet antagonisme total s'expliquerait par le fait que [pour l'Église] les Ogbonis sont des fétichistes anti-Dieu. Cette croyance est encore vivace puisque certains députés de la Chambre des représentants tentent de bannir la société [...]
Oshowole [un représentant de la ROF] a dit que les gens ont de la difficulté à définir les Ogbonis à cause du sens du terme dans la langue yorouba. « Dans les Saintes Écritures, par exemple, au chapitre 23, verset 23 d'Ézéchiel, l'équivalent de l'expression "[...] chefs illustres" en langue yorouba est Awon Ogboni ti oni okiki.
Selon lui, le mot [Ogboni] désigne un dignitaire qui aide à l'administration d'un domaine. « C'est la raison pour laquelle dans les villes et communautés des Yoroubas, le conseil suprême des chefs comprend les Ogbonis. Ceux qui portent ce titre ne sont pas fétichistes et n'adorent pas les idoles; ils sont plutôt les administrateurs de leur communauté et guident les Obas », ajoute-t-il (ibid.).

Au sujet encore de la réputation qu'on les Ogbonis d'être des fétichistes, le chef Adeleke Oyenuga, olori olouwo de la souche Ogboni Oloufe [« également olouwo alakoso de la Confrérie des aborigènes ogbonis du Nigeria (division d'Ikorodou) »], a déclaré que

[traduction]
bien que les Ogbonis de toute souche n'aient pas le droit de faire quoi que ce soit de diabolique, ils sont encouragés à se soutenir mutuellement puisqu'on leur enseigne à se considérer comme des frères. Et c'est pour cela qu'ils sont appelés omo iyas. « Notre tradition veut que nous soyons toujours prêts à aider nos compagnons, les autres omo iyas, et c'est peut-être pour cette raison que des gens disent que nous faisons partie d'une secte », a-t-il fait remarquer (ibid.).

Les renseignements qui suivent ont été obtenus d'un site Web qui dit être celui de la Confrérie réformée des Ogbonis (Reformed Ogboni Fraternity - ROF) et qui donne comme adresse postale 38 Abeokouta Street, Eboute Metta, Lagos, Nigeria (s.d.a).

[Traduction]
La ROF a été instituée le 18 décembre 1914 à Oboun Eko (Lagos). Son ancien nom était Egbe Ogboni Onigbagbo, qui pourrait se traduire par Confrérie des Ogbonis chrétiens. À l'origine, c'était une société créée exclusivement pour les chrétiens puisque le but premier du fondateur était de cimenter les liens de véracité, d'amour et de sincérité entre les chrétiens pour prêter main forte aux propagateurs de la foi de l'Église (s.d.b.).

La société [traduction] « a été enregistrée en bonne et due forme et a reçu son certificat de constitution en personne morale » le 17 juin 1943 (ibid.). Selon sa constitution, la société ROF poursuit les buts et objectifs suivants :

[traduction]
1(a) S'associer pour faire la promotion du principe de la Paternité universelle de Dieu - l'Oeil qui voit tout - et de la Fraternité universelle des hommes, sans discrimination fondée sur la race, la couleur, la croyance, le sexe, la religion ou les allégeances politiques.
(b) S'associer en vue principalement de mieux connaître Dieu de telle sorte que toutes les entreprises de la ROF soient conformes à Sa Sainte Volonté.
2. Répandre la pratique de la bienveillance, de la charité et de la chasteté.
3. Apporter une aide (à titre de devoir obligatoire) à tous les Frères et Sœurs pauvres et en détresse de la ROF, sans nuire à soi-même ou à ses proches, et sans injustice envers ceux qui ne sont pas membres de la ROF.
4. S'occuper des restes mortels de tout membre décédé en fournissant un cercueil d'un coût raisonnable et en enterrant ses restes de façon décente dans le sein de la Terre Mère.
5. Inculquer dans l'esprit de tous les membres la pratique constante de la règle d'or : « faites à autrui (aux membres comme aux non-membres) ce que vous voudriez qu'on vous fasse. ».
6. Procurer à la ROF les fonds nécessaires à la poursuite de ses activités prévues dans la présente constitution.
7. Respecter les lois et la Constitution de la République fédérale du Nigeria et ceux de tout autre pays où l'on réside (1998).

Le chef Otounba David Adelkounle Olaiya Adeniji, olori apena (un des dirigeants) de la ROF et [traduction] « jusqu'à sa retraite en 1976 sous-commissaire de la police », a expliqué la nature de la ROF au journal The Guardian :

[traduction]
la ROF est tout ce qui est propre, saint, transparent et honorable. Elle n'a rien à voir avec les pratiques fétichistes et il en est ainsi depuis la fondation de la Confrérie en 1914, l'année même où le Nigeria a été unifié par un archidiacre anglican, feu Thomas Adesina Jacobson Ogounbiyi [...]
La ROF a été fondée à Isale-Eko sous le nom d'Ogbonis chrétiens, mais quand les amis et les admirateurs de l'archidiacre Ogounbiyi ont vu avec émerveillement ce qui avait été ainsi créé, des femmes et des hommes chrétiens et non chrétiens ont demandé à devenir membres et la société ne pouvait plus porter le nom d'Ogbonis chrétiens. C'est ce qui a conduit à la nouvelle appellation de Confrérie réformée des Ogbonis (31 déc. 2000c).

À la question de savoir pourquoi la ROF utilise le mot Ogboni, l'olori apena a déclaré ce qui suit :

[traduction]
Le terme Ogboni déroute beaucoup de gens, y compris les membres de l'Église. Mais leurs inquiétudes seraient dissipées s'ils se donnaient la peine de découvrir ce que ce mot signifie.
Ogboni désigne un groupe de sages aînés qui conseillent l'oba [roi d'une ville] sur les questions se rapportant à la ville - ils soutiennent l'oba nuit et jour et sont toujours présents au tribunal de l'oba.
Dans ces temps-là, ils dirigeaient la ville de manière à ce que toutes les disputes qui y surgissaient soient réglées. À l'époque moderne, nous disons qu'ils forment le tribunal de l'oba. Quand les Européens sont arrivés, ils ont trouvé cette institution, et ont voulu trouver des moyens de la bannir mais ont découvert qu'il s'agissait d'une société puissante.
Ils ont aussi découvert les choses à faire et à éviter. Ils ont été heureux de constater qu'il s'agissait d'une société pacifique. Ce que vous devriez faire, c'est de vous renseigner sur l'histoire d'Abeokuta - l'histoire des Ogbonis à Abeokouta.
Pourquoi des gens auraient-ils à craindre les Ogbonis? Ses membres agissent toujours avec droiture. Ils demeurent toujours fermes dans leurs décisions et n'agissent pas sous l'empire des sentiments. Alors, s'ils décident qu'une personne doit être tuée, cette personne est tuée parce que leur jugement est fondé sur une enquête transparente.
Je peux aussi vous assurer que la façon dont les enquêtes sont menées n'est pas arbitraire et que le jugement est solide. Par exemple, si une personne était accusée de meurtre ou de vol, des émissaires seraient envoyés vers les sentiers qui mènent au ruisseau ou vers les sentiers qui mènent à la ferme pour écouter en cachette ce que les passants diraient au sujet de la personne accusée. S'il advenait que la majorité de ceux-ci pensent qu'elle le méritait bien, que ce n'est pas sa première fois, cette personne serait jugée. Mais s'ils disent que ce n'était pas une mauvaise personne et qu'il y a erreur, alors la personne finirait par se faire libérer.
Ainsi, le jugement tient compte de l'opinion des gens et ce sont les messages rapportés à l'oba qui, au bout de la ligne, déterminent ce qui adviendra d'un accusé. Ce processus était la pièce maîtresse de tout jugement rendu dans n'importe quelle affaire et les Ogbonis avaient l'habitude de le coordonner (ibid.).

Au sujet des buts et des objectifs de la ROF, l'olori apena a déclaré ce qui suit :

[traduction]
nous nous associons principalement pour mieux connaître Dieu afin que toutes les entreprises de la ROF soient conformes à Sa Sainte Volonté. Nous cherchons avant tout à rendre meilleurs les bons chrétiens et musulmans. Nous répandons la pratique de la bienveillance, de la charité et de la chasteté.
La poursuite de nos buts et objectifs amène chaque membre à apporter une aide (à titre de devoir obligatoire) à tous les autres membres et non-membres pauvres et en détresse, sans nuire à soi-même ou à ses proches, et sans commettre d'injustice envers ceux qui ne sont pas membres de la ROF.
Tout en essayant d'inculquer la règle d'or dans l'esprit de tous les membres, pour qu'ils fassent à autrui (membres et non-membres) ce que ils voudraient qu'on leur fasse, nous veillons à ce que nos membres, en qualité de citoyens responsables, respectent les lois et la Constitution de la République fédérale du Nigeria ainsi que ceux de tout autre pays où ils résident.

Au sujet des allégations selon lesquelles [traduction] « des actes répréhensibles sont commis en [leur] sein », l'olori apena a affirmé ce qui suit :

[traduction]
certains d'entre eux, je veux dire les gens qui disent des choses semblables à notre sujet, ont été soit incapables de réussir notre examen de passage et de devenir des membres, soit renvoyés pour avoir passé outre à nos règles. Certaines de ces personnes racontent toutes sortes de bêtises parce qu'elles n'ont pas réussi à se faire admettre dans notre groupe.
D'autres encore vous auraient même dit que ce bâtiment est consacré au joujou [rites animistes marqués par des sacrifices d'animaux] ou que nous tuons des gens. Je tiens à vous dire que nulle part dans le présent bâtiment aucun bélier n'est abattu. Si nous tuions et transportions des bébés comme ils l'ont souvent allégué, la police serait intervenue puisque nous sommes dans une métropole. Là où je veux en venir, c'est que vous ne trouverez pas de membres de la ROF qui soient impliqués dans des crimes ou qui soient de connivence avec d'autres personnes pour commettre des crimes. Nous vaquons à nos affaires de façon très religieuse. Nous n'admettons pas n'importe qui. Nous d'acceptons que des gens qui ont découvert que nos membres sont exceptionnels dans leur communauté (ibid.).

Pour avoir des renseignements généraux sur les Ogbonis, voir l'article joint du journal The Guardian du 31 décembre 2000, ainsi que NGA36163.E et NGA36834.E du 13 mars 2001, NGA35268.E du 31 août 2000, NGA34255.E du 14 avril 2000, NGA33762.E du 7 février 2000, NGA33175.E du 6 novembre 1999 et NGA8434.E du 7 mai 1991.

Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais prescrits. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile ou de statut de réfugié.

Références


The Guardian [Lagos]. 31 décembre 2001a. Lekan Fadeyi. « We Are Misunderstood, Says Oyenuga ». http://www.ngrguardiannews.com/ibru/br808007.html [Date de consultation : 14 févr. 2001]

_____. 31 décembre 2000b. Lekan Fadeyi. « Perceptions of Ogboni ». http://www.ngrguardiannews.com/ibru/br808006.html [Date de consultation : 14 févr. 2001]

_____. 31 décembre 2001c. Lekan Fadeyi. « "ROF is Not a Secret Society" ». http://www.ngrguardiannews.com/ibru/br808007.html [Date de consultation : 14 févr. 2001]

The Reformed Ogboni Fraternity, Lagos. S.d.a. « Contact ». http://www.rof-nigeria.org [Date de consultation : 16 févr. 2001]

_____. S.d.b. « The Reformed Ogboni Fraternity: The History ». http://www.rof-nigeria.org [Date de consultation : 16 févr. 2001]

_____. 1998. « Constitution of the Reformed Ogboni Fraternity Incorporated ». http://www.rof-nigeria.org [Date de consultation : 16 févr. 2001]

Document annexé


The Guardian [Lagos]. 31 décembre 2000. Dickson Adeyanju. « What Has the Church Got to Do With Ogboni? ». http://www.ngrguardiannews.com/ibru/br808005.html [Date de consultation : 14 févr. 2001]

Autres sources consultées


Bases de données de la CISR

LEXIS-NEXIS

RefMonde

World News Connection (WNC)

Sites Internet, y compris :

The Guardian [Lagos].

Nigeria Media Monitor

The Nigeria News Network

Post Express [Lagos].

Vanguard [Apapa].

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