Sri Lanka : information sur les conséquences de la pandémie de COVID-19, y compris sur les conditions de détention, l’accès à la justice et la situation socioéconomique dans les grandes villes (2019-mai 2021) [LKA200596.EF]

Direction des recherches, Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada

1. Aperçu

Selon des sources, le premier cas de COVID-19 au Sri Lanka, un touriste de la Chine, a été confirmé le 27 janvier 2020 (AP 27 janv. 2020; Reuters 27 janv. 2020). Des sources soulignent que le premier cas de COVID-19 parmi la population du pays a été signalé en mars 2020 (Wickramasinghe 1er févr. 2021, 2; Banque mondiale 9 avr. 2021, 9).

La Banque mondiale estime que la population du Sri Lanka s’élevait à 21 803 000 habitants en 2019 (Banque mondiale 2019). D’après le tableau de bord de la COVID-19 du Bureau de promotion de la santé (Health Promotion Bureau) du Sri Lanka, en date du 3 mai 2021, il y avait 111 753 cas confirmés de COVID-19 et 696 décès liés à la COVID-19 (Sri Lanka 3 mai 2021). L’OMS signale que, en date du 21 avril 2021, 927 711 doses de vaccins contre la COVID-19 avaient été administrées au Sri Lanka (Nations Unies 3 mai 2021).

Un article d’Al Jazeera paru en mars 2020 signale que, en mars 2020, le gouvernement du Sri Lanka a interrompu tous les vols commerciaux venant de l’étranger vers son territoire [traduction] « au moins jusqu’au » 25 mars 2020, a mis en place une quarantaine obligatoire de 14 jours pour les voyageurs revenant au Sri Lanka d’un pays « où une éclosion importante de COVID-19 a été signalée », et a imposé un couvre-feu « appliqué rigoureusement » (Al Jazeera 23 mars 2020). D’après un rapport publié en avril 2021 par la Banque mondiale sur le développement économique et les répercussions économiques de la COVID-19 au Sri Lanka, le gouvernement du Sri Lanka a adopté en mars 2020 des mesures visant à contenir la COVID-19, notamment la suspension de l’afflux de touristes, un couvre-feu (en vigueur de la mi-mars 2020 à juin 2020), la recherche des contacts, la quarantaine et l’isolement (Banque mondiale 9 avr. 2021, 9). La même source souligne qu’un confinement national, qui a entraîné [traduction] « une interdiction quasi totale de se déplacer », était en vigueur du 20 mars au 16 avril 2020 (Banque mondiale 9 avr. 2021, 23), et que le secteur du tourisme a été [traduction] « paralysé » par la fermeture des aéroports d’avril à décembre 2020 (Banque mondiale 9 avr. 2021, 11).

Pour obtenir des renseignements additionnels au sujet de la réponse du gouvernement à la COVID-19, veuillez consulter la réponse à la demande d’information LKA200592 publiée en avril 2021.

2. Conséquences socioéconomiques de la COVID-19

D’après le rapport de la Banque mondiale, [traduction] « l’économie du Sri Lanka a reculé de 3,6 p. 100 en 2020, ce qui représente le pire bilan économique jamais enregistré » (Banque mondiale 9 avr. 2021, 6). Dans une fiche d’information parue en avril 2021 sur le Sri Lanka, la Banque asiatique de développement (Asian Development Bank - ADB) [1] signale que la COVID-19 et les restrictions qu’elle a entraînées [traduction] « se sont répercutées sur la plupart des grands secteurs » de l’économie du Sri Lanka (ADB avr. 2021, 1). La même source signale que les attentats du dimanche de Pâques [2] en 2019 avaient déjà eu des conséquences [traduction] « importantes » sur la croissance économique du Sri Lanka, particulièrement l’industrie touristique (ADB avr. 2021, 1). Dans un article publié en février 2021 dans la revue Asian Survey [3], Nira Wickramasinghe, professeure et titulaire de la chaire d’études sud-asiatiques modernes à l’Université de Leiden aux Pays-Bas, fait observer que la fermeture des frontières du Sri Lanka a eu un effet sur [traduction] « toutes les industries associées au tourisme » (Wickramasinghe 1er févr. 2021, 211, 214). La même source souligne que les transferts de fonds provenant de proches travaillant à l’étranger ont également été [traduction] « gravement » touchés parce que « des milliers » de travailleurs migrants sri-lankais ont perdu leur emploi à cause de la COVID-19 (Wickramasinghe 1er févr. 2021, 214).

D’après l’enquête du quatrième trimestre sur la population active, menée par le Service du recensement et des statistiques (Department of Census and Statistics) du Sri Lanka et couvrant les mois d’octobre, de novembre et de décembre 2020, un total de 8 031 233 personnes occupaient un emploi au quatrième trimestre de 2020, comparativement à 8 180 693 en 2019 et à 8 015 166 en 2018 (Sri Lanka 2020, 4). La même source signale que le taux de chômage était de 5,2 p. 100 au quatrième trimestre de 2020, comparativement à 4,8 p. 100 en 2019 et à 4,4 p. 100 en 2018 (Sri Lanka 2020, 4). Selon l’enquête sur la population active, le taux de chômage chez les hommes était de 4,1 p. 100 au quatrième trimestre de 2020, comparativement à 3,3 p. 100 en 2019 et à 3,0 p. 100 en 2018; le taux de chômage chez les femmes était de 7,5 p. 100 au quatrième trimestre de 2020, comparativement à 7,4 p. 100 en 2019 et à 7,1 p. 100 en 2018 (Sri Lanka 2020, 4). Selon la même enquête, le taux de chômage chez les jeunes (âgés de 15 à 24 ans) était de 25,7 p. 100 (Sri Lanka 2020, 3). L’enquête sur la population active précise que le taux de chômage chez les jeunes était [traduction] « le plus élevé » parmi tous les groupes d’âge (Sri Lanka 2020, 3). La même source signale que le taux de chômage chez les jeunes de genre masculin était de 22,2 p. 100 et que, chez les jeunes de genre féminin, il était de 33,3 p. 100 (Sri Lanka 2020, 3).

D’après l’enquête sur la population active, [traduction] « le [taux de] chômage est plus élevé chez les femmes que chez les hommes, quel que soit le groupe d’âge » (Sri Lanka 2020, 3). Dans un article publié en février 2021 par l’Entité des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes (ONU Femmes), on peut lire que les conséquences socioéconomiques de la COVID-19 ont été [traduction] « "graves" » pour les femmes au Sri Lanka parce que de nombreuses femmes « "ont des emplois informels précaires et souvent mal rémunérés" » (Nations Unies 26 févr. 2021).

Selon le rapport de la Banque mondiale, les mesures prises par le gouvernement du Sri Lanka pour contenir la première vague de COVID-19 ont nui aux secteurs du tourisme, de la construction et du transport, et le déclin de la demande internationale a nui à l’industrie du textile (Banque mondiale 9 avr. 2021, 6). La même source signale que la construction et la fabrication de textiles [traduction] « ont subi les chocs les plus importants » et que, dans l’ensemble, l’activité industrielle a reculé de 6,9 p. 100 en 2020 (Banque mondiale 9 avr. 2021, 11). D’après le rapport de la Banque mondiale, le [traduction] « faible » rendement dans les secteurs du transport, du tourisme et des services personnels en raison des restrictions de déplacement liées à la COVID-19 a fait baisser l’activité de 1,5 p. 100 dans le secteur des services (Banque mondiale 9 avr. 2021, 11). La même source signale que la production agricole a diminué de 2,4 p. 100 à cause d’interruptions dans la chaîne d’approvisionnement (Banque mondiale 9 avr. 2021, 11). Selon l’enquête sur la population active, sur les 8 031 233 personnes qui occupaient un emploi au quatrième trimestre de 2020, 44,8 p. 100 travaillaient dans le secteur des services, 29 p. 100 dans le secteur agricole, et 26,2 p. 100 dans le secteur industriel (Sri Lanka 2020, 4).

La Banque mondiale signale dans son rapport que la COVID-19 [traduction] « a porté un rude coup à l’économie et effacé des progrès accomplis dans le passé en matière de réduction de la pauvreté » (Banque mondiale 9 avr. 2021, 23). La même source fait observer que la COVID-19 [traduction] « a mené à une augmentation de la pauvreté à la suite de la détérioration du marché du travail » (Banque mondiale 9 avr. 2021, 11). Selon le rapport de la Banque mondiale, les secteurs qui avaient généré [traduction] « la majorité des nouveaux emplois au cours des dernières années », notamment ceux de la construction, du transport, de la fabrication, de l’alimentation et de l’hébergement, ont été « particulièrement » touchés (Banque mondiale 9 avr. 2021, 23). La même source signale que les travailleurs du secteur industriel ont été plus touchés que les travailleurs des secteurs de l’agriculture et des services (Banque mondiale 9 avr. 2021, 11). Le rapport de la Banque mondiale souligne que [traduction] « le gouvernement [du Sri Lanka] a mis en place plusieurs programmes de soutien des moyens de subsistance » et que « des mesures d’atténuation ont été lancées par l’entremise de régimes d’aide sociale existants » (Banque mondiale 9 avr. 2021, 28).

3. COVID-19 et situation socioéconomique à Colombo

Parmi les sources qu’elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n’a trouvé aucun renseignement concernant les conséquences de la COVID-19 sur la situation socioéconomique à Colombo.

4. COVID-19 et conditions de détention

Dans un rapport sur les prisons publié en décembre 2020 par la Commission des droits de la personne du Sri Lanka (Human Rights Commission of Sri Lanka - HRCSL) [4] et fondé sur des questionnaires, des entrevues et des inspections menées dans 20 prisons du Sri Lanka, on peut lire que [traduction] « les prisons sont fortement surpeuplées, et un grand nombre de détenus sont en attente d’un procès », et que les conséquences du surpeuplement carcéral sont, entre autres, « le manque d’accès aux soins de santé, les taux plus élevés de maladies, la mauvaise prestation des programmes de réadaptation et de soutien psychosocial, et les problèmes liés au maintien de l’ordre en raison d’agents de prison inefficaces » (Sri Lanka 3 déc. 2020, iii, 1). Selon un rapport publié en juin 2020 par le Centre de politiques alternatives (Centre for Policy Alternatives - CPA) [5] portant sur les problèmes liés à l’emprisonnement au Sri Lanka, il y a un [traduction] « [s]urpeuplement grave » dans les prisons, et celles-ci « ne disposent pas des installations sanitaires les plus élémentaires et manquent cruellement de salles de bains » (CPA juin 2020, 32). La même source souligne que [traduction] « [d]es problèmes systémiques à l’intérieur des prisons du Sri Lanka exposent les détenus et le personnel à des risques accrus en raison de la contagiosité du virus et des restrictions mises en place pour contenir sa propagation à l’intérieur du pays » (CPA juin 2020, 7). Dans un article du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) publié en juillet 2020, on peut lire que [traduction] « plus de » 60 000 personnes ont été arrêtées pour des violations de couvre-feu entre mars et juin 2020, et que « [l]es arrestations liées au couvre-feu, qui s’ajoutent à la situation des prisons déjà surpeuplées dont le taux d’occupation équivaut à deux fois et demie leur capacité, mettent en péril les impératifs de santé et de sécurité liés à la COVID-19 » (Nations Unies 15 juill. 2020). Selon un article paru en décembre 2020 dans le journal indien The Hindu, les prisons du Sri Lanka accueillent actuellement [traduction] « plus de » 30 000 détenus, soit « plus de » trois fois leur capacité (The Hindu 10 déc. 2020). De même, dans un article publié en décembre 2020 par l’Associated Press (AP), on peut lire que [traduction] « les prisons sri-lankaises sont fortement surchargées : plus de 32 000 détenus sont entassés dans des établissements destinés à en accueillir 11 000 » (AP 1er déc. 2020). D’après l’article du Hindu, le commissaire général des prisons a déclaré, au cours d’une entrevue en juillet 2020, que [traduction] « les prisons "dans les environs de Colombo et d’autres grandes villes" fonctionnent à près de "400 p. 100 de leur capacité" » (The Hindu 10 déc. 2020).

Dans un article publié en novembre 2020 par News First, un site d’actualités sri-lankais (News First s.d.), on peut lire que, d’après le ministre d’État chargé de la réforme des prisons et de la réadaptation des prisonniers (State Minister of Prison Reforms and Prisoners' Rehabilitation), 1,5 p. 100 de la population carcérale totale avait été exposée à la COVID-19 et 438 cas de COVID-19 avaient été signalés dans les prisons sri-lankaises, dont 12 cas chez les agents de prison (News First 17 nov. 2020). Des sources signalent que [traduction] « [p]lus de » (AP 1er déc. 2020) ou [traduction] « [e]nviron » (BBC 30 nov. 2020) 1 000 cas de COVID-19 ont été signalés dans les prisons (AP 1er déc. 2020; BBC 30 nov. 2020). L’article du Hindu souligne que, d’après les autorités, en date du 10 décembre 2020, 2 643 détenus et 94 membres du personnel pénitentiaire avaient obtenu un résultat positif au test de dépistage de la COVID-19 (The Hindu 10 déc. 2020). Le Morning, un journal sri-lankais (The Morning s.d.), fait état de 4 395 cas de COVID-19 chez les détenus au Sri Lanka en date du 25 janvier 2021 (The Morning 25 janv. 2021).

Selon des sources, en mars 2020, une [traduction] « émeute » (AP 22 mars 2020; Satkunanathan 3 avr. 2020) ou [version française d’Amnesty International] « une contestation liée au COVID-19 » (Amnesty International 30 nov. 2020) à la prison d’Anuradhapura, dans la province du Centre-Nord, a entraîné la mort de deux détenus et a fait [six (AP 22 mars 2020; Sakunanathan 3 avr. 2020)] blessés (AP 22 mars 2020; Satkunanathan 3 avr. 2020; Amnesty International 30 nov. 2020). Dans un article paru en mars, l’AP écrit que les détenus de la prison d’Anuradhapura [traduction] « se sont bagarrés avec des gardiens et certains ont tenté de s’évader » pendant une manifestation, et cite le président du Comité pour la protection des droits des prisonniers (Committee for Protecting Rights of Prisoners - CPRP) [6] selon qui « les détenus manifestaient contre le surpeuplement et la mauvaise qualité des repas », après deux semaines d’interdiction de recevoir des visiteurs, qui apportent « souvent » des repas faits à la maison (AP 22 mars 2020).

D’après des sources, 11 détenus ont été tués et [traduction] « plus d’une » centaine ont subi des blessures lorsque des gardiens ont tiré des coups de feu à la suite d’un soulèvement dans la prison de Mahara, dans la province de l’Ouest, en novembre 2020 (AP 1er déc. 2020; Fernando 11 déc. 2020). Dans un article paru en novembre 2020, la BBC signale que des détenus à la prison de Mahara [traduction] « avaient déclenché des manifestations au milieu d’une vague d’infections de coronavirus dans les prisons, afin de réclamer une libération sous caution anticipée et de meilleures installations » (BBC 30 nov. 2020). Selon un article publié en décembre 2020 par la Press Trust of India (PTI), une agence de presse indienne, le rapport provisoire du comité de cinq membres chargé d’enquêter sur l’émeute à la prison de Mahara signalait que des craintes liées à la COVID-19 étaient à l’origine de la manifestation (PTI 12 déc. 2020). La même source souligne que les détenus étaient inquiets en raison du [traduction] « nombre élevé » de patients atteints de la COVID-19 qui étaient détenus à la prison, et qu’ils « avaient raison d’exprimer leurs craintes concernant leur santé et leur sécurité » (PTI 12 déc. 2020).

Dans l’article de l’AP de décembre 2020, on peut lire que [traduction] « [l’]agitation liée à la pandémie s’est accrue dans les prisons surpeuplées du Sri Lanka », et que les détenus dans « plusieurs » prisons organisaient des manifestations au fur et à mesure que le nombre de cas de COVID-19 augmentait (AP 1er déc. 2020). D’après un article d’Amnesty International publié à la fin de novembre 2020, l’incident à la prison de Mahara était la troisième fois où [version française d’Amnesty International] « la force meurtrière » était utilisée contre des détenus au Sri Lanka depuis le début de la pandémie de COVID-19 (Amnesty International 30 nov. 2020). Des sources font observer que, en décembre 2020, après l’émeute à la prison de Mahara, les autorités ont accordé l’amnistie à 637 détenus (AFP 1er déc. 2020) ou à 607 prisonniers (DW 1er déc. 2020). Dans un article paru en janvier 2021, News First signale que, d’après le Service des prisons (Department of Prisons) du Sri Lanka, 12 329 détenus et [traduction] « suspects » ont été libérés depuis le 1er décembre [2020], soit 11 203 « suspects » et 1 126 détenus (News First 16 janv. 2021).

5. COVID-19 et accès à la justice

Selon l’article du PNUD, avant la pandémie de COVID-19, le Sri Lanka avait un arriéré de [traduction] « plus de » 750 000 dossiers en instance devant les tribunaux, et cet arriéré a été « considérablement aggravé en raison des protocoles de confinement, qui empêchaient l’application des procédures judiciaires et les témoignages de vive voix en personne » (Nations Unies 15 juill. 2020). La même source souligne que [traduction] « [l]es retards dans la tenue des audiences ont eu pour effet de prolonger la détention des personnes en attente d’un procès et des détenus admissibles à une libération anticipée » (Nations Unies 15 juill. 2020). Dans un rapport paru en septembre 2020, le Centre international pour l’entreprise privée [7] signale que les mesures gouvernementales contre la COVID-19 ont eu une incidence sur le système judiciaire du Sri Lanka et que, depuis mars 2020, [traduction] « le fonctionnement normal » des tribunaux au Sri Lanka a été « perturbé » (Centre international pour l’entreprise privée 16 sept. 2020, 1). Dans une directive de mars 2020, le Secrétariat de la Commission des services judiciaires (Judicial Service Commission - JSC) du Sri Lanka demande aux hautes cours, aux tribunaux de district, aux cours de magistrat et aux tribunaux du travail de ne pas tenir d’audiences publiques et de reporter les dossiers, à l’exception des affaires liées à la mise en liberté sous caution ou [traduction] « [d]e toute autre affaire qui, de l’avis du juge, doit être instruite sans délai » (Sri Lanka 19 mars 2020, 1). La même directive recommande de suivre les procédures judiciaires en mode virtuel pour les ordonnances liées à la prolongation de la détention (Sri Lanka 19 mars 2020, 1). D’après l’article du PNUD, le 11 juin 2020, le cabinet du Sri Lanka a approuvé l’augmentation du nombre d’audiences à distance afin de réduire [traduction] « les retards excessifs au sein du secteur judiciaire, où le délai moyen pour mener à bien une affaire pénale est de 17 ans » (Nations Unies 15 juill. 2020).

Dans le rapport du Centre international pour l’entreprise privée, on peut lire que [traduction] « l’application sélective des droits à une procédure équitable, souvent à l’exclusion des minorités ou des personnes qui critiquent ouvertement le gouvernement, le bouddhisme ou le clergé bouddhiste », qui existait avant la pandémie de COVID-19, a été « amplifiée » par la pandémie (Centre international pour l’entreprise privée 16 sept. 2020, 4). La même source signale [traduction] « [qu’]il y a davantage de place pour la sélectivité et les abus de procédure, car l’accès aux salles d’audience et aux juges qui appliquent la loi est limité, malgré les mesures mises en place par la JSC » (Centre international pour l’entreprise privée 16 sept. 2020, 4). Parmi les sources qu’elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n’a pas trouvé d’autres renseignements allant dans le même sens.

Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais fixés. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile. Veuillez trouver ci-dessous les sources consultées pour la réponse à cette demande d'information.

Notes

[1] La Banque asiatique de développement (Asian Development Bank - ADB) est [traduction] « une banque de développement multilatérale qui appartient à ses 68 pays membres, [dont] 49 de la région de l’Asie et du Pacifique et 19 d’autres régions du monde » (ADB avr. 2021, 4). L’ADB vient en aide aux pays membres en développement au moyen d’outils tels que [traduction] « la concertation politique, les prêts, les investissements en capital, les garanties, les subventions et l’assistance technique » (ADB avr. 2021, 4).

[2] Selon Freedom House, le dimanche de Pâques 2019, trois églises chrétiennes et trois hôtels ont été la cible de bombes humaines originaires du Sri Lanka qui soutiennent être liées à l’État islamique; ces attentats ont fait 269 victimes (Freedom House 4 mars 2020).

[3] Asian Survey est une revue universitaire de la University of California Press (UC Press) qui publie des articles sur un éventail de sujets, dont la diplomatie, le désarmement, la défense, les forces militaires, la modernisation, l’ethnicité, la violence ethnique, le nationalisme économique, les élections et le capitalisme mondial, en particulier dans les pays de l’Asie du Sud, du Sud-Est et de l’Est (Asian Survey s.d.).

[4] La Commission des droits de la personne du Sri Lanka (Human Rights Commission of Sri Lanka - HRCSL) est une commission indépendante qui est chargée de promouvoir et de surveiller la protection des droits garantis par la constitution et de veiller à ce que le gouvernement du Sri Lanka se conforme aux normes internationales en matière de droits de la personne (Sri Lanka s.d.).

[5] Le Centre de politiques alternatives (Centre for Policy Alternatives - CPA) est une organisation non partisane à Colombo qui s’intéresse particulièrement aux politiques publiques et qui milite pour [traduction] « des politiques différentes menant à la résolution pacifique des conflits et à la gouvernance démocratique » (CPA s.d.).

[6] Le Comité pour la protection des droits des prisonniers (Committee for Protecting Rights of Prisoners - CPRP) est une ONG sri-lankaise qui offre des services d’assistance juridique et milite pour les droits des prisonniers (CPRP s.d.).

[7] Le Centre international pour l’entreprise privée est un institut de la Fondation nationale pour la démocratie et est affilié à la Chambre de commerce des États-Unis (US Chamber of Commerce) qui [version française du Centre international pour l’entreprise privée] « renforce la démocratie dans le monde par le biais de la réforme orientée sur le marché et sur l’entreprise privée » (Centre international pour l’entreprise privée s.d.). La NED est une fondation indépendante à but non lucratif, financée [traduction] « dans une large mesure » par le Congrès des États-Unis, qui a pour mission de favoriser le développement d’institutions démocratiques, notamment en accordant des subventions aux ONG étrangères qui « visent des objectifs démocratiques » (NED s.d.).

Références

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Sri Lanka. 3 décembre 2020. Human Rights Commission of Sri Lanka (HRCSL). Prison Study by the Human Rights Commission of Sri Lanka. [Date de consultation : 19 avr. 2021]

Sri Lanka. 19 mars 2020. Judicial Service Commission (JSC) Secretariat. Measures in View of Preventing the Spread of COVID-19 Virus. [Date de consultation : 30 avr. 2021]

Sri Lanka. 2020. Ministry of Finance, Department of Census and Statistics. Sri Lanka Labour Force Survey 4th Quarter – 2020. [Date de consultation : 30 avr. 2021]

Sri Lanka. S.d. Human Rights Commission of Sri Lanka (HRCSL). « About Us ». [Date de consultation : 30 avr. 2021]

Wickramasinghe, Nira. 1er février 2021. « Sri Lanka in 2020: Return to Rajapaksa Regnum ». Asian Survey. Vol. 61, no 1. [Date de consultation : 29 mars 2021]

Autres sources consultées

Sources orales : Center for Human Rights and Development; Centre for Policy Alternatives; Committee for Protecting Rights of Prisoners; Human Rights Commission South Asia; INFORM Human Rights Documentation Centre; Law & Society Trust; Rights Now Collective for Democracy; Sri Lanka – Human Rights Commission of Sri Lanka.

Sites Internet, y compris : Adayaalam Centre for Policy Research; Asylum Research Centre; Australie – Department of Foreign Affairs and Trade; Bertelsmann Stiftung; Birkbeck, University of London – World Prison Brief; Brookings Institution; Business Standard; Ceylon Today; Colombo Telegraph; Comité international de la Croix-Rouge; Commission internationale de juristes; Council on Foreign Relations; Daily Mirror [Sri Lanka]; Daily News [Sri Lanka]; Danish Trade Union Development Agency; Danemark – Danish Immigration Service; East Asia Forum; ecoi.net; EconomyNext; France – Office français de protection des réfugiés et apatrides; Gender and COVID-19 Working Group; The Guardian; INFORM Human Rights Documentation Centre; Institute of Policy Studies of Sri Lanka; International Crisis Group; The Island; Johns Hopkins University & Medicine – Coronavirus Resource Center; KPMG International; Law & Society Trust; The New York Times; Nations Unies – Haut-Commissariat aux droits de l’homme, Office contre la drogue et le crime, Refworld, UNICEF; Norvège – Landinfo; Organisation de coopération et de développement économiques; PricewaterhouseCoopers; Royaume-Uni – Home Office; South Asia Monitor; Sri Lanka – Department of Prisons; Swiss Refugee Council; Union européenne – European Asylum Support Office; Verité Research; The Washington Post.